Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site archéologique Droulers et son centre d'interprétation

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Saint-Anicet

Usage :

  • Non applicable

Carte

Description

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha renferme les vestiges d'un village occupé par des Iroquoiens du Saint-Laurent pendant le XVe siècle, ainsi que des installations récentes servant de centre d'interprétation. Le site se trouve à huit kilomètres du fleuve Saint-Laurent et à moins de 100 mètres d'un ruisseau se jetant dans la branche ouest de la rivière La Guerre. Il est situé sur un coteau rocailleux, surplombant une plaine, formé de dépôts glaciaires. L'extrémité sud du site est délimitée par le chemin Leahy. Le centre d'interprétation est la reconstitution d'un village iroquoien palissadé constitué de trois maisons longues, de postes de guet, de séchoirs à poisson, d'un jardin et d'un bâtiment d'accueil abritant une exposition permanente. Le centre d'interprétation prend place dans la portion est du terrain. Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha est situé dans la municipalité de Saint-Anicet.

Ce bien est cité site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2016-06-20
 
Citation Site patrimonial Municipalité (Saint-Anicet) 2005-06-06
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 2007-06-08
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et archéologique.

Ce site archéologique constitue à ce jour le plus important espace villageois amérindien préhistorique découvert sur le territoire québécois. Il a été occupé vers le milieu du XVe siècle par un groupe d'Iroquoiens du Saint-Laurent, des agriculteurs sédentaires de la famille culturelle et linguistique iroquoienne. Le village a été habité par une population estimée à plus de 500 individus pendant une période de temps plus longue que la majorité des autres villages de cette époque, lesquels étaient généralement occupés pendant dix ans. Il renfermait entre dix et quinze maisons longues et était possiblement entouré d'une palissade. Les maisons longues étaient constituées d'une charpente de perches de bois probablement recouverte d'écorce. Le site archéologique a été découvert en 1994 et a fait l'objet de plusieurs interventions depuis ce temps.

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha constitue la plus importante source d'information connue à ce jour au Québec pour comprendre les sociétés iroquoiennes du Saint-Laurent. Par sa situation au sommet d'une crête, en retrait du fleuve Saint-Laurent, dans l'arrière-pays, ce site nous renseigne sur les modes d'appropriation du territoire de ce groupe amérindien. Les restes osseux et végétaux, ainsi que les objets variés découverts sur le site, témoignent du régime alimentaire de ses occupants, de leurs activités domestiques et artisanales et de l'étendue de leurs réseaux d'échanges. Les vestiges enfouis dans le sol présentent un excellent état de conservation en raison de l'absence de perturbation. Le site de Droulers-Tsiionhiakwatha est ainsi le plus vaste et le plus représentatif des sites archéologiques de villages iroquoiens connus à ce jour au Québec, dont trois se trouvent dans les environs de Saint-Anicet. Il présente encore un potentiel de recherche considérable.

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Informations historiques

Au Québec, le Sylvicole supérieur (1000 à 1534 après J.-C.) correspond à la période de la préhistoire amérindienne précédant la venue des Européens. La vallée du Saint-Laurent est alors le territoire privilégié des Iroquoiens, Amérindiens d'un même groupe linguistique ayant adopté des traits culturels communs, dont la sédentarisation et la culture de plantes domestiquées. Les Iroquoiens du Saint-Laurent forment un ensemble culturel distinct avec ses propres caractéristiques identitaires. Cet ensemble culturel est lui-même divisé en différents sous-groupes et la région de Saint-Anicet semble correspondre à l'un d'eux.

Remontant au XIVe siècle de notre ère, les premiers Iroquoiens de la région de Saint-Anicet pratiquent une horticulture encore embryonnaire, qui ne constitue qu'un élément d'appoint dans leur alimentation. La situation évolue rapidement et la culture des plantes occupe une part de plus en plus importante dans les activités de subsistance. Les surplus récoltés favorisent une expansion démographique rapide entraînant la multiplication des villages.

Le village est fondé vraisemblablement vers 1450 par des communautés iroquoiennes s'étant regroupées. Localisé sur un coteau rocailleux non loin de la rivière La Guerre et enceint vraisemblablement d'une palissade de bois, ce village regroupe environ 400 personnes. Celles-ci vivent dans une quinzaine de maisons longues, grandes habitations construites de perches de bois et recouvertes d'écorce. À l'intérieur y sont alignés des foyers autour desquels se concentrent les activités domestiques des familles habitant les maisons.

Les Iroquoiens formaient une société matriarcale. La lignée se transmettait par la mère (système matrilinéaire) et lors des mariages, les hommes devaient quitter leur clan pour vivre dans celui de leur femme (système matrilocal). Les activités horticoles, la cueillette des plantes sauvages et la fabrication des vases en céramique sont l'affaire des femmes, tandis que la chasse, la pêche et les échanges occupent les hommes.

Les habitants ont développé un très haut niveau d'exploitation des ressources horticoles. En effet, non seulement les grains de maïs sont plus gros et plus abondants qu'ailleurs, mais pour la première fois au Québec, des graines de courge et de tournesol ont été découvertes. On estime que les champs en culture ont dû couvrir près de deux kilomètres autour du village. Le village étend également son influence au-delà de son enceinte avec l'établissement dans la région de sites satellites et de petits hameaux saisonniers exploitant diverses ressources du territoire. L'occupation du site semble avoir perduré pendant environ vingt ans, durée inhabituelle pour ce type d'établissement qui doit être déménagé lorsque les terres environnantes sont appauvries par les cultures intensives.

En 1826, la découverte fortuite d'artefacts amérindiens dans la région de Saint-Anicet annonce un potentiel qui ne sera révélé réellement qu'au siècle suivant, à la suite de nombreuses recherches archéologiques réalisées par la MRC du Haut-Saint-Laurent. Depuis 1994, des interventions archéologiques sont menées sur le site archéologique. En 2000, la Corporation les Aventuriers de l'archéologie dans le Haut-Saint-Laurent et la MRC du Haut-Saint-Laurent, avec la collaboration de la communauté Mohawk d'Akwesasne, ont mis sur pied le Centre d'interprétation du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha.

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha est constitué site du patrimoine en 2005. Il est considéré maintenant comme le plus grand espace villageois préhistorique du Québec. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Le Haut-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Saint-Anicet

Adresse :

  • 1800, chemin Leahy

Latitude :

45° 4' 58.7"

Longitude :

-74° 18' 53.9"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 487 988
  • Lot 5 487 989

Code Borden

BgFn-1      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • DESROSIERS, Pierre et Michel PLOURDE. « Recherche sur l'histoire des Amérindiens au Québec ». Archéologia. No 359 (1999), s.p.
  • GAGNÉ, Michel. La conservation intégrée du patrimoine archéologique amérindien en milieu rural. Rapport inédit déposé au ministère de la Culture et des Communications, dans le cadre du Répertoire Canadien des Lieux de Patrimoine (RCLP). s.l. 2006. s.p.
  • TREMBLAY, Roland et al. Les Iroquoiens du Saint-Laurent : peuple du maïs. Montréal, Les Éditions de l'Homme / Pointe-à-Callière, Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, 2006. 139 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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