Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site archéologique Droulers et son centre d'interprétation

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Saint-Anicet

Thématique :

  • Patrimoine autochtone

Usage :

  • Non applicable

Carte

Description

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha correspond à l'emplacement d'un village aménagé au XVe siècle par des iroquoiens du Saint-Laurent. Le site comprend, notamment, des vestiges de foyers, de fosses garde-manger ou à déchets et d'autres structures associées à une dizaine de maisons longues. L'ensemble est implanté sur un coteau rocailleux. Le terrain du site archéologique, d'une superficie d'un peu plus de 19 000 mètres carrés, est en grande partie gazonné. Des installations récentes, constituant un centre d'interprétation, s'élèvent sur la portion est du terrain. Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha est situé en milieu agricole, dans la municipalité de Saint-Anicet.

Ce bien est classé site patrimonial. Le classement exclut les constructions du centre d'interprétation, qui sont toutefois comprises dans un site patrimonial cité.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-05-18

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2016-06-20
 
Citation Site patrimonial Municipalité (Saint-Anicet) 2005-06-06
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 2007-06-08
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le site correspond à l'emplacement d'un village aménagé vers le milieu du XVe siècle par des Iroquoiens du Saint-Laurent, qui occupaient alors un vaste territoire s'étendant du lac Ontario à l'estuaire du Saint-Laurent. Ce peuple semi-sédentaire pratiquait l'agriculture et cultivait notamment le maïs, les haricots, les courges et le tournesol. Plusieurs établissements liés aux Iroquoiens du Saint-Laurent ont été identifiés dans le secteur de Saint-Anicet, où les coteaux pierreux semblent avoir été privilégiés parce qu'ils offraient des avantages importants, dont des sols mieux drainés, une plus grande fertilité du terreau de culture et une position stratégique pour surveiller les environs. Le village correspondant au site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha était vraisemblablement constitué de dix à quinze maisons longues, pouvant atteindre une trentaine de mètres de longueur et formées d'une charpente de perches de bois probablement recouverte d'écorce. Le village était habité par une population estimée à environ 500 individus. Le site semble avoir été occupé pendant une vingtaine d'années. Cette occupation est nettement plus longue que la période habituelle d'une dizaine d'années après lesquelles le sol appauvri et l'épuisement de certaines ressources environnantes entraînaient un déménagement. Après l'abandon du village par les Iroquoiens du Saint-Laurent, le site subit peu de perturbations. La population euroquébécoise s'établit dans la région à partir du XIXe siècle, mais le secteur conserve à ce jour sa vocation essentiellement agricole. Ce site constitue un témoin précieux de l'histoire de l'Iroquoisie laurentienne.

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Découvert en 1994, le site a depuis fait l'objet de plusieurs interventions archéologiques. Ce site constitue la plus importante source d'information au Québec pour comprendre les sociétés iroquoiennes du Saint-Laurent. Par sa situation au sommet d'une crête rocheuse, en retrait du fleuve Saint-Laurent, dans l'arrière-pays, ce site illustre les modes d'appropriation du territoire de ce groupe amérindien. Les vestiges qui ont été découverts, notamment les alignements de foyers et de fosses, permettent de mieux connaître la disposition et l'organisation des maisons longues. Certains éléments laissent supposer la présence d'une palissade autour du groupe d'habitations. Les restes osseux et végétaux qui y ont été découverts témoignent du régime alimentaire des occupants, constitué des espèces cultivées ainsi que du résultat d'activités de cueillette, de chasse et de pêche. Les nombreuses pipes en argile rappellent l'importance de l'usage du tabac. Les objets variés retrouvés sur le site, notamment les vases en céramique ainsi que les outils en os et en pierre témoignent des activités domestiques et artisanales des habitants du village. La provenance de matières premières utilisées pour la fabrication de certains de ces objets évoque l'étendue de leurs réseaux d'échanges. Grâce à l'emplacement du site sur un terrain pierreux moins sujet à l'érosion que les sols sablonneux, au sol au pH alcalin ainsi qu'à l'absence de perturbations importantes, les vestiges et les artéfacts enfouis dans le site présentent un excellent état de conservation. Le site Droulers-Tsiionhiakwatha est ainsi le plus vaste et le plus représentatif des sites archéologiques de villages iroquoiens connus à ce jour au Québec, dont plusieurs se trouvent dans les environs de Saint-Anicet. Par ailleurs, le site, dont plusieurs sections n'ont pas encore été explorées, conserve un potentiel de recherche considérable.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation sur un coteau rocailleux, dans un secteur agricole de la municipalité de Saint-Anicet;
- la superficie de son terrain d'environ 19 200 mètres carrés;
- les vestiges liés à la présence d'une douzaine de maisons longues, dont les foyers et les fosses garde-manger ou à déchets;
- les portions résiduelles du site.

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Informations historiques

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha correspond au site d'un village habité au XVe siècle par des Iroquoiens du Saint-Laurent. Entre 1300 et 1500, environ 25 nations de langue iroquoienne habitaient à l'est des Grands Lacs. Les Iroquoiens du Saint-Laurent, qui formaient une de ces nations, occupaient un vaste territoire s'étalant du lac Ontario à l'estuaire du Saint-Laurent. Ce peuple semi-sédentaire pratiquait une agriculture basée sur le maïs, mais cultivait aussi le haricot, la courge, le tournesol et le tabac. Ils habitaient dans des villages regroupant plusieurs maisons longues, abritant chacune plusieurs familles. Ces villages étaient généralement occupés durant une dizaine d'années, après quoi la baisse de fertilité du sol et la raréfaction des ressources dans les environs immédiats entraînaient un déménagement vers un autre site.

Plusieurs sites découverts dans les environs de Saint-Anicet témoignent de la présence des Iroquoiens du Saint-Laurent dans la région; les plus anciens datent du début du XIVe siècle et les plus tardifs, du milieu du XVIe siècle. Le site Droulers-Tsiionhiakwatha correspond à un village considéré comme le chef-lieu de la zone occupée par les Iroquoiens de Saint-Anicet. Le village a vraisemblablement été occupé pendant une vingtaine d'années, période inhabituellement longue, au cours de la seconde moitié du XVe siècle. L'ensemble, probablement ceint d'une palissade, était constitué de dix à quinze maisons longues pouvant atteindre une trentaine de mètres de longueur. Le village était habité par une population estimée à environ 500 individus. Le lieu choisi est un coteau pierreux, qui offrait plusieurs avantages par rapport aux zones sablonneuses, dont un meilleur drainage, une plus grande fertilité du terreau et une position stratégique pour surveiller les environs. La nature du sol nécessitait toutefois d'importants travaux d'épierrage.

Après son abandon par les Iroquoiens, le site reste inoccupé pendant plusieurs siècles. L'établissement de la population euroquébécoise ne s'amorce qu'au début du XIXe siècle dans la région. Le secteur prend alors à nouveau une vocation agricole qu'il conserve jusqu'à aujourd'hui.

Dès le XIXe siècle, quelques découvertes d'artéfacts d'origine amérindienne sont rapportées dans les environs de Saint-Anicet. Dans les années 1970, un fragment de hache iroquoienne est repéré lors de travaux d'excavation à proximité de l'actuel site archéologique. En 1994, le site Droulers-Tsiionhiakwatha est découvert et a depuis fait l'objet de nombreuses interventions archéologiques, notamment dans le cadre d'école de fouilles de l'Université de Montréal.

Grâce à l'emplacement du site sur un terrain pierreux moins sujet à l'érosion, au pH alcalin du sol ainsi qu'à l'absence de perturbations importantes, les vestiges et les artéfacts enfouis dans le site présentent un excellent état de conservation. Outre les vestiges conservés sur place, des dizaines de milliers d'artéfacts ont été mis au jour. Ce site s'est avéré être le plus vaste et le plus représentatif des sites associés à des villages iroquoiens connus à ce jour au Québec.

En 2000, la Corporation les Aventuriers de l'archéologie dans le Haut-Saint-Laurent et la MRC du Haut-Saint-Laurent, avec la collaboration de la communauté mohawk d'Akwesasne, ont mis sur pied le Centre d'interprétation du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha. Un village iroquoien palissadé de trois maisons longues et comptant plusieurs autres structures est reconstitué sur la portion est du site. En 2005, l'endroit est constitué site du patrimoine par la municipalité de Saint-Anicet.

Le site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha est classé en 2017. Cette protection s'applique au sol et aux vestiges archéologiques qui s'y trouvent, non aux bâtiments et structures construits pour le centre d'interprétation.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Le Haut-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Saint-Anicet

Adresse :

  • 1800, chemin Leahy

Latitude :

45° 4' 58.7"

Longitude :

-74° 18' 53.9"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 487 988
  • Lot 5 487 989

Code Borden

BgFn-1      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • DESROSIERS, Pierre et Michel PLOURDE. « Recherche sur l'histoire des Amérindiens au Québec ». Archéologia. No 359 (1999), s.p.
  • GAGNÉ, Michel. La conservation intégrée du patrimoine archéologique amérindien en milieu rural. Rapport inédit déposé au ministère de la Culture et des Communications, dans le cadre du Répertoire Canadien des Lieux de Patrimoine (RCLP). s.l. 2006. s.p.
  • TREMBLAY, Roland et al. Les Iroquoiens du Saint-Laurent : peuple du maïs. Montréal, Les Éditions de l'Homme / Pointe-à-Callière, Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, 2006. 139 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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