Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site Philippe-Aubert-de-Gaspé

Carte

Description

Le site Philippe-Aubert-de-Gaspé est un ensemble agricole aménagé aux XVIIIe et XIXe siècles. Il comprend un vaste terrain où se trouvent un fournil, un caveau à légumes, une zone archéologique ainsi qu'un belvédère aménagé sur une falaise. Le fournil, construit vers 1764, est un petit bâtiment en bois et en pierre de plan en « T » et coiffé d'un toit à croupes. Il abrite également le puits. Le caveau à légumes en pierre, datant du XIXe siècle, est de forme rectangulaire, encastré dans une butte de terre. Seule la façade est visible de l'extérieur. Depuis 2007, le site comprend la reconstitution d'un ancien manoir seigneurial, près des fondations du manoir original. Il s'agit d'une habitation en bois de plan en « U », s'élevant sur un étage et demi, et coiffée d'un toit à deux versants droits à forte pente. Le vaste terrain du site, qui s'étend sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, est traversé par la route 132. Le four à pain est localisé en bordure de la route; le caveau se situe plus près du fleuve, entouré de champs. La zone archéologique et le manoir se trouvent entre les deux. Le site Philippe-Aubert-de-Gaspé est implanté entre le fleuve et une falaise, dans la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique au terrain et à l'enveloppe extérieure des bâtiments qui s'y élèvent.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Saint-Jean-Port-Joli) 2006-05-01
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le site Philippe-Aubert-de-Gaspé présente un intérêt pour sa valeur historique. Le site fait à l'origine partie du domaine de la seigneurie de Port-Joly. Aujourd'hui, il témoigne de plus de trois siècles d'occupation. Le domaine comprend un manoir, servant à la fois de résidence et de bureau au seigneur. La demeure est généralement plus grande que les autres habitations. Tout autour, se trouvent divers bâtiments nécessaires à la subsistance du seigneur et de ses censitaires. La seigneurie de Port-Joly est concédée en 1677 à Noël Langlois-Traversy (1651-1693). Celui-ci la revend quelques années plus tard à Charles Aubert de la Chesnaye (1632-1702), marchand de Québec. Un premier manoir seigneurial est vraisemblablement construit sur le site dès le début du XVIIIe siècle. À la mort du seigneur, la propriété passe aux mains de son fils Pierre Aubert de Gaspé (1676-1731). Elle se transmet ainsi pendant trois générations. Le premier manoir, incendié en 1759 par les Britanniques lors de la Conquête, est reconstruit vers 1763. Celui-ci est habité par Philippe Aubert de Gaspé (1786-1871), dernier seigneur de Port-Joly avant l'abolition du régime seigneurial (1854). De Gaspé exerce d'abord le droit. Il fait partie de la haute bourgeoisie de Québec, où il habite durant la première partie de sa vie. Trouvé coupable de détournement de fonds, il s'installe avec sa famille dans son domaine de Saint-Jean-Port-Joli, où il y vit retiré. C'est là qu'il rédige la première oeuvre littéraire d'importance au Canada, le roman « Les Anciens Canadiens » (1863). À sa mort, la propriété est vendue à une famille de cultivateurs. Un incendie détruit le manoir en 1909. Le site perpétue la mémoire de Philippe Aubert de Gaspé. L'endroit rappelle l'époque du régime seigneurial.

Le site présente également un intérêt patrimonial pour ses valeurs archéologique et ethnologique. L'ensemble des dépendances agricoles demeurées en place, les vestiges de bâtiments mis à jour ainsi que le manoir reconstruit évoquent certains aspects de la vie rurale aux XVIIIe et XIXe siècles. Fondée en 1987 par des citoyens, la Corporation Philippe-Aubert-de-Gaspé commande des fouilles archéologiques; elles sont exécutées de 1988 à 1990. Ces fouilles révèlent notamment les fondations d'un ancien cellier dont la construction est probablement antérieure à 1759. Cette structure est un rare témoin d'une technique pour conserver les denrées alimentaires aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le caveau à légumes, construit plus tard au XIXe siècle, tient une fonction similaire. Il est situé au milieu des champs et aménagé sous terre. Le fournil, l'un des plus anciens conservés au Québec, est un témoin matériel d'un savoir-faire traditionnel. Le site Philippe-Aubert-de-Gaspé joue un rôle dans la transmission de connaissances sur le mode de vie à l'époque seigneuriale.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. L'environnement naturel du site comprend des paysages agraires et maritimes. Ceux-ci sont observables depuis le belvédère aménagé sur la falaise du côté sud de la route. Ce promontoir naturel permet de visualiser le découpage territorial propre au régime seigneurial. Enfin, le site est traversé par l'ancien chemin du Roy, une voie qui longe le fleuve et relie les villages riverains dès l'époque de la Nouvelle-France. Le fournil est en bordure de celle-ci; le caveau à légumes se situe plus près du fleuve. La zone archéologique et le manoir sont entre les deux. Le site Philippe-Aubert-de-Gaspé conserve une harmonie entre ses environnements humanisés et naturels.

Source: Municipalité de Saint-Jean-Port-Joli, 2008.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site Philippe-Aubert-de-Gaspé liés à ses valeurs historique, archéologique, ethnologique et paysagère comprennent, notamment :
- la présence du manoir, du fournil avec son puits, du caveau à légumes et de vestiges archéologiques;
- le manoir reconstitué, dont son plan en « U », son élévation d'un étage et demi, son toit à deux versants droits à forte pente et percé de deux lucarnes au centre, sa charpente et son parement en bois, ainsi que ses ouvertures disposées de manière symétrique;
- la zone archéologique comprenant les fondations du deuxième manoir seigneurial;
- le fournil (abritant également le puits) composé d'un volume rectangulaire en bois coiffé d'un toit à croupes, d'une cheminée en pierre et d'un second volume en pierre accolé à l'arrière et coiffé d'un toit à trois versants;
- le caveau à légumes en pierre de plan rectangulaire, coiffé d'un toit à deux versants, construit en majeure partie sous terre et ne comportant aucune fenêtre;
- le promontoire naturel situé du côté sud de la route;
- son vaste terrain en bordure du fleuve comprenant des champs et des arbres, traversé par la route 132 (ancien chemin du Roy);
- sa situation sur l'ancien territoire de la seigneurie de Port-Joly, entre le fleuve Saint-Laurent et une falaise boisée, dans la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli.

Haut de la page

Informations historiques

Le site Philippe-Aubert-de-Gaspé est situé sur l'ancien territoire de la seigneurie de Port-Joly. Cette seigneurie est concédée en 1677 à Noël Langlois-Traversy (1651-1693). Celui-ci la revend quelques années plus tard à Charles Aubert de la Chesnaye (1632-1702), marchand de Québec. Un premier manoir seigneurial est vraisemblablement construit sur le site dès le début du XVIIIe siècle. À la mort du seigneur, le domaine passe aux mains de son fils Pierre Aubert de Gaspé (1676-1731). Il se transmet ainsi de père en fils pendant trois générations.

Le premier manoir, incendié en 1759 par les Britanniques lors de la Conquête, est reconstruit vers 1763. Il s'agit d'une habitation en bois de taille modeste, puis agrandie au fil des ans jusqu'à adopter un plan en « U ». Le manoir possède plusieurs dépendances dispersées sur le domaine. Il subsiste aujourd'hui un fournil avec son puits (vers 1764), ainsi qu'un caveau à légumes, construit plus tard au XIXe siècle.

Le manoir est habité par Philippe Aubert de Gaspé (1786-1871), dernier seigneur de Port-Joly avant l'abolition du régime seigneurial (1854). Philippe Aubert de Gaspé exerce d'abord le droit. Il fait partie de la haute bourgeoisie de Québec, où il habite durant la première partie de sa vie. Trouvé coupable de détournement de fonds, il s'installe avec sa famille dans son domaine de Saint-Jean-Port-Joli où il y vit retiré. C'est là qu'il rédige la première oeuvre littéraire d'importance au Canada, un roman intitulé « Les Anciens Canadiens » (1863).

À la mort de Philippe Aubert en 1871, le domaine est vendu à une famille de cultivateurs. Un incendie détruit le manoir en 1909.

En 1987, des citoyens de Saint-Jean-Port-Joli fondent la Corporation Philippe-Aubert-de-Gaspé, dont l'objectif est notamment la reconstruction du manoir. La corporation commande des fouilles archéologiques; elles sont exécutées en trois campagnes de 1988 à 1990. Les fouilles révèlent, entre autres, les vestiges d'un ancien cellier ainsi que de nombreux artefacts.

Le site Philippe-Aubert-de-Gaspé est constitué en 2006. Le manoir est reconstruit en 2007 près des fondations du manoir original. Il abrite le Musée de la mémoire vivante, consacré au patrimoine immatériel.

Le site Philippe-Aubert-de-Gaspé est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • L'Islet

Municipalité :

  • Saint-Jean-Port-Joli

Latitude :

  • 47° 10' 13.1"

Longitude :

  • -70° 18' 31.7"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
L'Islet Paroisse de Saint-Jean-Port-Joli Absent 321 ptie

Code Borden

ChEn-1      

Haut de la page

Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CASTONGUAY, Jacques. La seigneurie de Philippe Aubert de Gaspé. Montréal, Éditions Fides, 1977. 159 p.
  • CASTONGUAY, Jacques. Seigneurs et seigneuresses. À l'époque des Aubert de Gaspé. Montréal, Éditions Fides, 2007. 161 p.
  • CHOUINARD, André. Le manoir Aubert de Gaspé : son histoire, son architecture. La Pocatière, Société historique de la Côte-du-Sud, 1986. 124 p.
  • LACOURCIÈRE, Luc. « Aubert de Gaspé, Philippe-Joseph ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013