Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Îlot des Palais

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site des Palais de l'intendant
  • Site historique et archéologique du Palais-de-l'Intendant

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Squares, parcs urbains et grands jardins)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (4)

Événements associés (8)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'îlot des Palais est un site historique et archéologique sur lequel les premières traces d'occupation humaine remontent au 14e siècle. Fréquenté sporadiquement par les Premières Nations de 1100 à 1300, le site devient sous le Régime français un haut-lieu administratif et économique. On y retrouve notamment un chantier naval vers 1660, la Brasserie du Roy entre 1668 et 1675 et le palais de l'Intendant à partir de 1686. Le site est réorganisé en 1713 à la suite d'un incendie ayant causé la destruction du palais. On construit en effet un second palais plus majestueux au nord de l'îlot alors que sur les ruines de son prédécesseur s'élèvent désormais les Magasins du Roi. Un nouvel incendie, moins important cette fois, détruit en 1725 une partie du second palais. On le reconstruit cette fois de manière plus sécuritaire tout en s'assurant de conserver son caractère monumental. Puis, sous le Régime britannique, le site se transforme. Il occupe désormais des fonctions militaires et résidentielles avant de se voir séparé en plusieurs lots individuels. Le site retrouve une certaine importance pour la ville à partir du milieu du 19e siècle quand la brasserie Boswell s'installe sur les ruines de la Brasserie du Roy situées au sud de l'actuel îlot des Palais. La brasserie Boswell devient, au milieu du 20e siècle, l'établissement brassicole le plus important de la ville. Elle est alors rachetée en 1952 par le consortium brassicole de la Canadian Breweries Limited avant de cesser ses activités à Québec en 1968.

L'îlot des Palais est aujourd'hui délimité par les rues Vallière, des Prairies, Saint-Nicolas et Saint-Vallier Est. On y retrouve deux ensembles architecturaux principaux ainsi qu'un parc urbain. Au nord du site se trouve l'ancien entrepôt à bière et à grain de la brasserie Boswell aménagé au 19e siècle sur les ruines du second palais de l'Intendant. Au sud-est se trouve la maison Fraser construite au 19e siècle sur les restes des prisons aménagées dans les Magasins du Roy sous le Régime français. Ayant notamment appartenu au boulanger James Clearihue et au marchand-épicier Alexandre Fraser, elle est rachetée à la fin du 19e siècle par Vesey Boswell qui y aménage de nouveaux bureaux pour la brasserie de son père. Enfin, un parc reprenant les grandes lignes de ceux aménagés au 18e siècle à l'époque des deuxième et troisième palais de l'Intendant se dressent sur la portion ouest du site.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Informations historiques

Libérée des eaux de la mer de Champlain, puis de celles du Lac Lampsilis, la région de Québec émerge. Puis, le niveau des eaux se stabilise. Une plage sablonneuse mêlée d'éclats de schiste et de petits galets apparaît au pied de l'escarpement de la haute ville, appelée aussi colline de Québec. Attirés par l'abondance du gibier et des espèces marines, les Amérindiens fréquentent le site à la belle saison. Des traces de pieux laissent croire à une présence saisonnière entre 1 100 à 1 300 de notre ère. Des restes de pierres dures pour la taille des outils et la découverte d'un grattoir et d'une herminette appuient cette hypothèse.

La première occupation permanente du site de l'îlot des Palais remonte au 17e siècle. Contrairement au secteur enclavé et surpeuplé de la Place Royale, plus au sud, la petite anse présente un intéressant potentiel de développement. Son relief en pente douce, sa proximité avec une rivière navigable de faible débit et la possibilité d'expansion vers l'ouest qu'elle présente incitent les autorités à exploiter le site. Une première occupation préindustrielle modifie le paysage de l'îlot. Au pied de la falaise, une imposante brasserie est aménagée à l'initiative de l'intendant Talon en 1668. L'année suivante, une « potasse » qui fabrique du savon s'installe à proximité. L'activité des deux entreprises ne dure toutefois que quelques années. Abandonnée en 1675, la brasserie est officiellement acquise par le roi Louis XIV en 1686. Il en fera la résidence officielle de l'Intendant de la colonie. Transformée et allongée, la brasserie devient un véritable palais. L'intendant et sa suite occupent la moitié de l'édifice alors que l'autre accueille la salle du Conseil Supérieur, une chapelle privée ainsi qu'une prison. Ce premier palais est détruit en 1713 par un incendie. Un nouveau palais, beaucoup plus somptueux, s'élève trois ans plus tard en face des ruines du précédent. Une cour d'honneur est aménagée, traversée en son centre par une allée majestueuse. Cette voie partage l'îlot en deux zones fonctionnelles : à l'est se trouve la zone publique et à l'ouest, la zone privée. Au même moment, les ruines du 1er palais sont converties en entrepôts, les Magasins du Roi. Ils abritent aussi la boulangerie, les prisons et un logis pour le geôlier. Le nouveau palais, incendié en 1725, est remplacé par un 3e palais, construit sur les mêmes fondations. Il reprend la forme et la longueur du palais précédent, mais un étage est ajouté et certaines modifications le rendant plus sécuritaire sont ajoutées.

Avec le départ de François Bigot, le dernier intendant de la Nouvelle-France, en 1760, l'îlot des Palais est investi par les autorités britanniques qui lui enjoignent des fonctions militaires et résidentielles. Les Magasins du roi, accidentellement incendiés en 1760, sont transformés, en partie, en unités d'habitation. En 1775, le 3e palais brûle quand les Américains assiègent la ville. Épargnées par le feu, les caves voûtées deviennent des entrepôts militaires. En 1780, la maison de l'officier-magasinier est aménagée à proximité. La réutilisation des ruines se poursuit avec la construction d'écuries royales et d'un logis pour cochers. En 1820, l'armée procède au lotissement des terrains longeant la rue Saint-Vallier. Le milieu du 19e siècle marque le retour de l'activité industrielle. Une fonderie s'installe en 1846 puis une brasserie en 1852. Progressivement, la brasserie Boswell acquiert les terrains résidentiels limitrophes puis devient propriétaire de la quasi-totalité de l'îlot. L'industrie prospère et est achetée en 1952 par le consortium de la Canadian Breweries Limited. Elle devient alors la brasserie Dow de Québec. La brasserie connaît toutefois une fin abrupte en 1968 suite au scandale de la maladie des « cœurs tigrés ». Une partie des installations est démantelée peu après.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Latitude :

  • 46° 48' 56.4"

Longitude :

  • -71° 12' 50.4"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 093 209

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGER, Réginald, Allison BAIN et Camille LAPOINTE. Le site archéologique du palais de l’intendant à Québec. Québec, Septentrion, 2019. 186 p.
  • AUGER, Réginald. « The Intendant's Palace site : urbanization of Québec City's Lower Town ». Post-Medieval Archaeology. Vol. 43, no 1 (2009), p. 156-170.
  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • FERLAND, Catherine. « De la bière et des hommes : Culture matérielle et aspects socioculturels de la brasserie au Canada (17e-18e siècles) ». Terrains et travaux. No 9 (2005), p. 32-50.
  • FISET, Richard. Brasseries et distilleries à Québec (1620-1900) : Profil d'archéologie industrielle. Université Laval, 2001. 538 p.
  • GARNEAU, Jean-Philippe. « Rendre justice en Nouvelle-France : les voies et les limites de l’obéissance ». Bulletin d'histoire politique. Vol. 18, no 1 (2009), p. 87-102.
  • LACHANCE, André. « Les prisons au Canada sous le Régime français ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 19, no 4 (1966), p. 561-565.
  • LANDRY, Philippe. Boissons alcooliques et leurs falsifications. Sainte-Anne de la Pocatière, Typographie de F.H. Proulx, 1867. 33 p.
  • LARUE, Hubert. Étude sur les industries de Québec. Québec, Atelier typographique de Léger Brousseau, 1870. 27 p.
  • MERCIER-MÉTHÉ, Rosalie. L'intendant de la Nouvelle-France et l'architecture : La convenance dans un contexte colonial. Cahiers d'archéologie du CELAT, 35. Québec, CELAT, 2012. 87 p.
  • MOUSSETTE, Marcel. « La bière à l’époque de Jean-Talon ». Cap-aux-Diamants. No 28 (1992), p. 18-20.
  • MOUSSETTE, Marcel. « Le palais de l’intendant ». AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008, p. 212-214.
  • MOUSSETTE, Marcel. Le site du Palais de l'Intendant à Québec : Genèse et structuration d'un lieu urbain. Nouveaux cahiers du CELAT, 10. Québec, Septentrion, 1994. 229 p.
  • MOUSSETTE, Marcel. « Québec 1713 : Le palais de l’intendant brûle ». Les Cahiers des dix. No 63 (2009), p. 69-100.
  • OUELLET, Marie-Eve. « Le Conseil souverain : l'écho de la justice royale ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 10-14.
  • PARENT, Caroline. Les modes d'hygiène au Palais au 18e siècle : une mise en scène de la société française. Université Laval, 2018. 204 p.
  • QUERREC, Lydia. Reconstitution des environnements holocènes et historiques dans le cours inférieur de la rivière Saint-Charles, Québec. Université Laval, 2012. 158 p.
  • SIMONEAU, Daniel. « The Intendant’s Palace site : new insight into its physical evolution and initial occupation ». Post-Medieval Archaeology. Vol. 43, no 1 (2009), p. 171-182.
  • Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

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