Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Les Nouvelles-Casernes

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Arsenal de Québec
  • Arsenal fédéral
  • Cartoucherie de Québec
  • Casernes de l'Hôtel-Dieu

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1749 – 1752 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Services et institutions (Installations de défense militaire)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (1)

Carte

Description

Les Nouvelles-Casernes constituent un ouvrage militaire érigé de 1749 à 1752 et dont certaines parties ont été reconstruites au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Le bâtiment en pierre comprend sept sections et présente un plan en parallélogramme allongé. Les différentes sections, séparées par des murs coupe-feu, ont des élévations de deux étages à deux étages et demi et sont coiffées de toits à deux versants droits ou plats. Le bâtiment est implanté sur le coteau de la Potasse, le long des fortifications, dans le parc de l'Artillerie, dans l'arrondissement de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment, aux éléments intérieurs des sections 1, 2, 3, 4 et 7, ainsi qu'à l'ensemble des caves voûtées.

Les Nouvelles-Casernes sont situées dans le site patrimonial du Vieux-Québec.

Le bâtiment fait partie d'un vaste site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-18

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2012-07-12
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

Les Nouvelles-Casernes présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur historique. Le bâtiment, construit à la fin du Régime français, témoigne de plus de 200 ans d'activités militaires. Au cours des années 1740, les risques d'une invasion britannique donnent lieu à une importante augmentation des effectifs militaires dans la ville de Québec. Afin de combler les besoins de logement des soldats et de promouvoir la discipline des troupes, les autorités coloniales autorisent l'aménagement d'un secteur de casernement dans l'actuel parc de l'Artillerie. La redoute Dauphine est transformée en résidence pour soldats en 1749, et de nouvelles casernes sont érigées sur le coteau de la Potasse de 1749 à 1752. Le bâtiment accueille notamment les troupes franches de la Marine, des entrepôts et des salles d'armes. Après la guerre de la Conquête (1754-1760), l'armée britannique prend possession des Nouvelles-Casernes. Les soldats de l'Artillerie royale et le service du Board of Ordnance sont les principaux occupants du bâtiment jusqu'en 1871. Après le départ de la garnison britannique, les Nouvelles-Casernes sont cédées au gouvernement canadien. En 1880, le bâtiment est réaménagé afin d'y accueillir la première usine de munitions canadienne. En 1901, l'endroit prend le nom d'Arsenal fédéral. Les ouvriers qui y travaillent participent à l'effort de guerre du Canada au cours des deux guerres mondiales. L'usine cesse ses activités en 1964. Les Nouvelles-Casernes constituent un témoin privilégié de la période coloniale française et de l'histoire militaire du Québec.

Les Nouvelles-Casernes présentent également un intérêt patrimonial pour leur valeur architecturale. Le bâtiment constitue un exemple unique de l'architecture militaire française du milieu du XVIIIe siècle. Érigées selon les plans de l'ingénieur du roi Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (1682-1756), les Nouvelles-Casernes sont intégrées au système de fortification de la ville de Québec. Le bâtiment est adossé au nord à une courtine dotée de canonnières. L'ensemble, composé de sept sections s'étendant sur plus de 160 mètres, est considéré comme le plus long édifice érigé en Nouvelle-France. Plusieurs éléments d'origine ont été conservés, dont les salles voûtées et les portes en enfilade. Par ailleurs, le bâtiment témoigne des modifications apportées aux constructions pour les adapter à de nouveaux besoins. Des lucarnes ont notamment été percées au cours des années 1790 afin de rendre les combles habitables, et certaines divisions intérieures ont été modifiées pour accueillir les quartiers des officiers de l'Artillerie royale. Endommagées par deux incendies en 1816 et 1851, certaines sections ont également été reconstruites. La façade sud a toutefois conservé ses caractéristiques liées à l'architecture classique, dont l'avant-corps, la disposition symétrique des ouvertures, les chaînes d'angle, les jambes droites et les bandeaux. Au tournant du XXe siècle, une salle des chaudières et un laminoir sont érigés afin de combler l'espace laissé vacant depuis 1851. Les sections 5 et 6, dotées de larges ouvertures, sont représentatives de l'architecture industrielle de l'époque. Les Nouvelles-Casernes présentent plusieurs éléments architecturaux liés aux différentes phases d'occupation du bâtiment.

Les Nouvelles-Casernes présentent en outre un intérêt patrimonial pour leur valeur archéologique. Le sol du bâtiment renferme des vestiges de structures liées à d'anciens aménagements intérieurs. Des fouilles sommaires réalisées en 1975 ont permis de mettre à jour l'emplacement de deux escaliers, un probablement érigé au milieu du XVIIIe siècle et l'autre construit en 1818. Les Nouvelles-Casernes conservent un fort potentiel archéologique pouvant témoigner de l'évolution des espaces intérieurs et des activités qui s'y sont déroulées.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2012.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés des Nouvelles-Casernes liés à leurs valeurs historique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- leur emplacement sur le coteau de la Potasse;
- leur intégration au système de fortification de la ville;
- leur situation à l'intérieur du parc de l'Artillerie;
- leur volume, dont le plan composé de sept sections formant un parallélogramme allongé, les élévations de deux étages à deux étages et demi, l'avant-corps, les toits à deux versants droits et le toit plat;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre (certaines sections en brique), l'enduit imitant la pierre de taille, les parements en pierre à bossage ou en plaques métalliques, les toits en tôle (à la canadienne ou à baguettes) ainsi que les éléments architecturaux ou ornementaux en pierre de taille lisse ou en bois;
- les ouvertures, dont les portes (certaines à double vantail), les fenêtres rectangulaires, les fenêtres cintrées, les fenêtres rectangulaires jumelées (certaines superposées), les canonnières, les larges baies cintrées murées et les lucarnes à pignon;
- l'ornementation, dont les bandeaux, les chaînes d'angle, les jambes droites et les chambranles;
- les murs coupe-feu dotés de corbeaux;
- les arcs de décharge;
- les éléments intérieurs, dont les voûtes, les charpentes en bois, les portes en enfilade, les chambranles en pierre de taille lisse, les arcs de décharge et les foyers;
- les vestiges de structures associées aux anciens aménagements intérieurs, dont deux anciens escaliers.

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Informations historiques

Les Nouvelles-Casernes sont situées sur le coteau de la Potasse, dans la ville de Québec. Ce secteur, surplombant le site du palais de l'Intendant, est fortifié à partir de la fin du XVIIe siècle. En 1745, une nouvelle enceinte est érigée autour de la ville de Québec selon les plans de Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (1682-1756). Une courtine correspondant au mur nord des Nouvelles-Casernes est alors construite sur le coteau. Le mur de fortification est doté de plusieurs embrasures permettant le tir au canon vers l'embouchure de la rivière Saint-Charles et le palais de l'Intendant.

À cette époque, les risques d'une invasion britannique donnent lieu à une importante augmentation des effectifs militaires dans la capitale de la Nouvelle-France. Afin de combler les besoins de logement des soldats et de promouvoir la discipline des troupes, les autorités coloniales autorisent l'aménagement d'un secteur de casernement dans l'actuel parc de l'Artillerie. Chaussegros de Léry dresse alors les plans de nouvelles casernes. Elles sont érigées de 1749 à 1752.

Le bâtiment mesure plus de 160 mètres de long et comprend sept sections séparées par des murs coupe-feu. L'ensemble comporte quatre niveaux, dont les deux premiers sont voûtés. La façade sud est dotée d'un avant-corps, de fenêtres rythmées, de bandeaux et de chaînes d'angle et de jambes. Les Nouvelles-Casernes ont plusieurs fonctions et regroupent notamment des logements pour les troupes franches de la Marine, des entrepôts et des salles d'armes. La section 7, située à l'est, est réservée au corps de garde de la porte du Palais.

Après la guerre de la Conquête (1754-1760), l'armée britannique prend possession du bâtiment pour y caserner ses troupes, principalement celles de l'Artillerie royale. Le service du Board of Ordnance occupe également une partie des Nouvelles-Casernes. Dans les années 1790, le toit à deux versants droits est percé de lucarnes afin de rendre les combles habitables. Entre 1799 et 1804, le mur de fortification situé devant la façade nord est surhaussé. La section 7 est endommagée par les flammes en 1816, et plusieurs autres sections sont détruites par un incendie en 1851. Les sections incendiées ne sont que partiellement reconstruites l'année suivante. Un espace d'environ 45 mètres est laissé vacant entre les quatre premières sections et la section 7. La garnison britannique quitte Québec en 1871, et les Nouvelles-Casernes sont cédées au gouvernement canadien.

À la fin des années 1870, la milice canadienne connaît des problèmes d'approvisionnement en munitions. Pour corriger cette situation, les autorités gouvernementales décident d'aménager la première usine de cartouches canadienne dans les Nouvelles-Casernes. En 1880, quelques éléments intérieurs sont modifiés pour permettre l'installation de la machinerie. La cartoucherie est mise en fonction en 1882.

Au tournant du XXe siècle, deux nouveaux bâtiments sont érigés dans l'espace laissé vacant : une salle des chaudières (1898-1899) et un laminoir (1900-1901). Ces sections présentent une architecture très différente de celle des parties plus anciennes. La section 5 est dotée de hautes fenêtres cintrées, tandis que la section 6 présente une façade percée de nombreuses ouvertures et recouverte de plaques métalliques. En 1901, la cartoucherie est désignée sous le nom d'Arsenal fédéral. Les ouvriers qui y travaillent participent à l'effort de guerre du Canada au cours des deux guerres mondiales. L'usine cesse ses activités en 1964. Les Nouvelles-Casernes sont ensuite cédées à l'Hôtel-Dieu-de-Québec et demeurent inoccupées.

Des sondages archéologiques sont effectués à l'intérieur des Nouvelles-Casernes en 1975. D'anciennes structures sont alors mises au jour. Plusieurs secteurs entourant le bâtiment sont également fouillés au cours des années 1990.

Les Nouvelles-Casernes sont classées en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • rue de l'Arsenal

Localisation informelle :

Les Nouvelles Casernes sont situées le long des fortifications, à proximité de la redoute Dauphine et de l'Hôtel-Dieu de Québec.

Latitude :

  • 46° 48' 55.057"

Longitude :

  • -71° 12' 46.298"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 753 958
  • Lot 5 753 959

Code Borden

CeEt-403      

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Références

Notices bibliographiques :

  • CHARBONNEAU, André, Yvon DESLOGES et Marc LAFRANCE. Québec, ville fortifiée du XVIIe au XIXe siècle. Québec, Éditions du Pélican, 1982. 491 p.
  • CHARBONNEAU, André. Évolution structurale du Parc de l'Artillerie et du Bastion Saint-Jean. Vol. 1. Travail inédit. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1974. 153 p.
  • CHARBONNEAU, André. « Les Nouvelles Casernes : haut lieu de l'histoire militaire à Québec ». Cap-aux-Diamants. No 58 (1999), p. 25-29.
  • CHARBONNEAU, André. « Profil structural des Nouvelles Casernes ». s.a. Le Parc de l'Artillerie et les Fortifications de Québec : études historiques présentées à l'occasion de la conférence des Sociétés savantes. Ottawa, Parcs Canada, 1977, p. 9-26.
  • GUAY, Martin. Le Parc de l'Artillerie. Québec, Parcs Canada, 1999. s.p.
  • GUIMONT, Jacques et Mario SAVARD. Autour des nouvelles casernes. Québec, Éditions Continuité, 2002. 40 p.
  • PIÉLADUE, Gisèle. Fouilles archéologiques aux Nouvelles Casernes du Parc de l'Artillerie, Québec, 1975. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1977. 75 p.
  • s.a. Les travailleurs de l'Arsenal de Québec, 1879-1967. Ottawa, Parcs Canada, 1980. 46 p.
  • s.a. Parc de l'Artillerie, Québec, P.Q. : esquisse d'aménagement. Ottawa, Affaires indiennes et du Nord, 1974. 218 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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