Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Peinture (La Vision de saint Roch)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Mauricie

Date :

  • vers 1820 – vers 1830 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Beaux-arts > Peinture

Éléments associés

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Personnes associées (1)

Images

Description

Le tableau intitulé « La Vision de saint Roch » est une peinture religieuse exécutée durant les années 1820 ou 1830. Mesurant 180 cm de hauteur et 150 cm de largeur, cette huile sur toile représente la Vierge apparaissant à saint Roch. Vêtu d'un habit brun-vert et d'un manteau bleu, le saint pose un genou au sol et ouvre les bras tout en regardant Marie assise sur un nuage situé dans la partie supérieure gauche du tableau. Un chien se tient à droite du vieil homme, tandis que l'arrière-plan montre un paysage montagneux traversé par un cours d'eau. L'oeuvre est caractérisée par un contraste de couleurs sombres et claires où dominent les tons de brun, d'ocre et de gris.

Ce bien est classé objet patrimonial.

Dimensions :

  • hauteur : 180 centimètre(s)
  • largeur : 150 centimètre(s)

Médium :

  • Huile

Support :

  • Toile

Représentation iconographique :

  • Chien
  • Saint Roch
  • Vierge Marie

Sujet :

  • Religion

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1974-10-03
 

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Valeur patrimoniale

Le tableau intitulé « La Vision de saint Roch » présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec l'artiste qui l'a réalisé, Joseph Légaré (1795-1855). Ce peintre prolifique a représenté une multitude de sujets, et il est une figure marquante de l'histoire de l'art au Québec. Artiste autodidacte, Légaré apprend et pratique son art à Québec, où il est né. Il n'a jamais quitté la ville pour effectuer un apprentissage en Europe, comme c'était l'usage chez les artistes de cette époque. À ses débuts, il perfectionne son art en copiant des tableaux religieux de maîtres européens. Bénéficiant des encouragements du clergé et de la forte demande en matière de peinture religieuse, Légaré produit plusieurs interprétations d'oeuvres anciennes et développe peu à peu des compositions originales. Durant sa carrière, il conçoit des portraits, des scènes de genre et de la peinture d'histoire, en plus d'être le premier artiste canadien-français à peindre des paysages. Il immortalise aussi en peinture des événements dramatiques survenus à Québec, comme l'épidémie de choléra de 1832 et les incendies des quartiers Saint-Roch et Saint-Jean en 1845. Parallèlement à son travail artistique, Légaré est actif dans le milieu politique et au sein de diverses organisations philanthropiques et culturelles. Il constitue en outre une importante collection de tableaux européens qu'il rend accessible au public. Le tableau représentant saint Roch, réalisé durant les années 1820 ou 1830 pour la paroisse de l'Immaculée-Conception de Trois-Rivières, est d'ailleurs inspiré d'une oeuvre acquise par Légaré en 1820 pour sa propre collection. La toile témoigne du processus créatif de Légaré durant la première phase de sa carrière et rappelle l'intérêt de ce dernier pour la peinture européenne.

Le tableau présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Cette oeuvre témoigne de la transmission et de l'interprétation de modèles dans la peinture religieuse au Québec. Légaré fait partie des jeunes artistes ayant accès aux tableaux importés par les abbés Louis-Joseph (1766-1848) et Philippe-Jean-Louis Desjardins (1753-1833) puis mis en vente à Québec en 1817 et en 1820. Cet ensemble comprend des tableaux religieux de maîtres européens exécutés aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Le fonds de tableaux Desjardins constitue une importante source d'inspiration pour les artistes locaux qui disposent alors de peu de ressources pour parfaire leur formation. Légaré réalise de nombreuses copies de ces oeuvres en reprenant parfois la composition entière et parfois des détails qu'il amalgame pour créer de nouvelles toiles. Il acquiert personnellement une trentaine de pièces qui constitueront le noyau de sa collection, qui sera léguée au Séminaire de Québec à sa mort. Un des tableaux qu'il achète du fonds Desjardins est intitulé « Élie jetant son manteau à Élysée », une oeuvre réalisée par le peintre hollandais Matthias Stomer (1600-1650) et dont il s'inspire pour créer « La Vision de saint Roch ». L'oeuvre de Stomer illustre le prophète Élie montant au ciel à bord d'un char de feu et jetant son manteau à Élysée. Légaré reprend la partie inférieure de ce tableau et transforme Élysée en un saint Roch atteint de lèpre et arborant une plaie au genou. La Vierge Marie remplace Élie, tandis que le paysage demeure le même en arrière-plan. Saint Roch étant le patron des malades et des pestiférés, l'oeuvre pourrait dater du début des années 1830, époque où de grandes épidémies sévissent au Bas-Canada. Elle rappelle le rôle important de la copie dans le renouvellement iconographique et formel de l'art religieux du Québec au XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2011.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de « La Vision de saint Roch » liés à ses valeurs historique et artistique comprennent, notamment :
- ses dimensions, dont la hauteur de 180 cm et la largeur de 150 cm;
- les matériaux, dont la peinture à l'huile sur toile;
- le personnage de saint Roch doté d'une barbe blanche et d'une plaie au genou gauche, vêtu d'un habit brun-vert et d'un manteau bleu, posant le genou droit au sol et ouvrant les bras en regardant Marie;
- le personnage de la Vierge assise sur un nuage dans la partie supérieure gauche du tableau, vêtue de rouge et de bleu et tendant la main gauche vers saint Roch;
- le chien tenant un pain dans sa gueule, à droite de saint Roch;
- les éléments du décor, dont le paysage montagneux traversé d'un cours d'eau;
- le contraste entre les couleurs sombres et claires, dont les teintes de brun, de gris et d'ocre.

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Informations historiques

Le tableau intitulé « La Vision de saint Roch » est réalisé durant les années 1820 ou 1830 par Joseph Légaré (1795-1855), l'une des figures marquantes de l'histoire de l'art au Québec. Ce peintre autodidacte a représenté une multitude de sujets durant sa carrière, et il a appris et pratiqué son art à Québec, sa ville natale. À ses débuts, il perfectionne sa technique en copiant des tableaux religieux de maîtres européens, dont la plupart font partie de l'ensemble d'oeuvres importées par les abbés Louis-Joseph (1766-1848) et Philippe-Jean-Louis Desjardins (1753-1833). Plus tard, il conçoit des portraits, des scènes de genre et de la peinture d'histoire, en plus d'être le premier artiste canadien-français à peindre des paysages. Parallèlement à son travail artistique, Légaré est actif dans le milieu politique et au sein de diverses organisations philanthropiques et culturelles. Il constitue en outre une importante collection de tableaux européens qu'il rend accessible au public.

« La Vision de saint Roch » est exécutée d'après un tableau du peintre hollandais Matthias Stomer (1600-1650) faisant partie des oeuvres importées par les Desjardins et mises en vente à Québec en 1817 et en 1820. Le fonds Desjardins comprend des tableaux religieux de maîtres européens peints aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Il constitue une importante source d'inspiration pour les jeunes artistes, tels que Légaré, qui disposent alors de peu de ressources pour parfaire leur formation. Légaré réalise de nombreuses copies de ces oeuvres, témoignant ainsi de la diffusion de nouveaux modèles iconographiques et esthétiques au Québec.

L'oeuvre originale de Stomer fait partie de la trentaine de tableaux du fonds Desjardins que Légaré acquiert pour sa propre collection. Elle illustre le prophète Élie montant au ciel à bord d'un char de feu et jetant son manteau à Élysée. Pour créer « La Vision de saint Roch », Légaré reprend la partie inférieure de ce tableau et transforme Élysée en un saint Roch atteint de lèpre et arborant une plaie au genou. La Vierge Marie remplace Élie, tandis que le paysage demeure le même en arrière-plan. Saint Roch étant le patron des malades et des pestiférés, l'oeuvre pourrait dater du début des années 1830, période où de grandes épidémies sévissent au Bas-Canada. À la même époque, Légaré a peint une autre version du sujet, qui fait maintenant partie de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec.

« La Vision de saint Roch » est commandée ou acquise peu après sa réalisation par la paroisse de l'Immaculée-Conception de Trois-Rivières afin de décorer les murs de l'église bâtie en 1710. L'oeuvre est sauvée des flammes durant l'incendie qui ravage le lieu de culte et une partie de la ville en 1908. Elle est placée en 1909 dans l'église de Saint-Philippe construite la même année. La collection d'art européen de Légaré, dont fait partie le tableau de Stomer, est léguée au Séminaire de Québec à la mort de l'artiste. Elle est aujourd'hui intégrée à celle du Musée de l'Amérique française.

Le tableau « La Vision de saint Roch » est classé en 1974, en même temps que deux autres toiles de Légaré et un tableau du frère Luc (1614-1685) faisant partie du trésor de la paroisse de Saint-Philippe, qui est fusionnée en 2002 à la paroisse de l'Immaculée-Conception-de-la-Sainte-Vierge. L'église est fermée au culte en 2007, et les oeuvres d'art classées qui s'y trouvaient sont dorénavant exposées à divers endroits dans l'évêché de Trois-Rivières et à la cathédrale de L'Assomption.

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Références

Contributeur de données :

Direction générale du patrimoine

Notices bibliographiques :

  • HARPER, J. Russell. Early painters and engravers in Canada. Toronto, University of Toronto Press, 1970. 376 p.
  • KAREL, David. Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord : peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes et orfèvres. Québec, Musée du Québec / Les Presses de l'Université Laval, 1992. 962 p.
  • LACROIX, Laurier. « Oeuvres d'art de l'église de Saint-Philippe ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 165-167.
  • MORISSET, Gérard. La peinture traditionnelle au Canada français. Montréal, Cercle du livre de France, 1960. 216 p.
  • PORTER, John R. Joseph Légaré, 1795-1855 : l'oeuvre : catalogue raisonné. Ottawa, Galerie nationale du Canada, 1978. 157 p.
  • PORTER, John R. « Légaré, Joseph ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • PORTER, John R. « Légaré, Joseph ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

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