Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site du patrimoine de l'église de Saint-Venant-de-Paquette

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Description

Le site du patrimoine de l'église de Saint-Venant-de-Paquette est un ensemble religieux de tradition catholique. Le site comprend une église érigée de 1875 à 1877 et un cimetière. L'église en bois, d'inspiration néogothique, se compose d'une nef de plan rectangulaire terminée d'un chevet plat et d'une sacristie de plan rectangulaire surmontée d'un toit à deux versants droits adossée au chevet. La façade présente une tour-clocher centrale au pied de laquelle est aménagé un porche. Le cimetière, situé derrière l'église, se compose d'un vaste terrain au relief peu accusé, ponctué de monuments funéraires. Le site du patrimoine inclut un aménagement paysager élaboré et de nombreux arbres matures. Il est situé au coeur du noyau villageois de la municipalité de Saint-Venant-de-Paquette.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique aux terrains ainsi qu'à l'enveloppe extérieure des constructions qui s'y élèvent.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Saint-Venant-de-Paquette) 2004-12-20
 

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Valeur patrimoniale

Le site du patrimoine de l'église de Saint-Venant-de-Paquette présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Construit de 1875 à 1877, le lieu de culte témoigne de l'utilisation du style néogothique dans l'architecture religieuse catholique. Ce style préconise un retour à l'architecture médiévale. Il apparaît à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre. Son utilisation s'étend aux lieux de culte de différentes traditions religieuses à partir du milieu du XIXe siècle. L'Église catholique québécoise a parfois recours aux formes néogothiques dans la conception de ses lieux de culte après 1824. Cependant, ce style apparaît plus souvent dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du siècle suivant. En milieu rural, des éléments puisés au répertoire de l'architecture gothique sont employés en les intégrant à des édifices de facture plutôt traditionnelle. L'église de Saint-Venant en témoigne par son volume rectangulaire avec sa façade symétrique s'inscrivant dans le courant de l'architecture religieuse traditionnelle de cette époque. Sur ce corps de bâtiment sont ajoutés des ouvertures à arc brisé, des pinacles qui encadrent la façade et une tour-clocher centrale. L'église de Saint-Venant constitue donc un exemple de l'application de formes néogothiques sur certains lieux de culte catholiques construits en milieu rural.

Le site du patrimoine de l'église de Saint-Venant-de-Paquette présente aussi un intérêt pour sa valeur historique. Il constitue un témoin de l'établissement des catholiques francophones dans les Cantons-de-l'Est durant le dernier tiers du XIXe siècle. Une partie du canton de Hereford est occupée depuis le début du XIXe siècle par des colons venus des États-Unis. À partir de 1863, le secteur nord du canton se peuple en majorité de colons francophones et catholiques venus de la vallée du Richelieu. Ils s'y établissent grâce au soutien financier de l'abbé Jean-Baptiste Champeaux (1822-1905) et de ses demi-frères Flavien et Eusèbe-Henri Paquette, marchands. Vers 1875, le village de Paquetteville compte une scierie, une forge et un magasin général. Les plus vieilles stèles funéraires subsistant dans le cimetière indiquent que des inhumations y sont faites dès 1873, et l'église actuelle est construite de 1875 à 1877. La place centrale qu'occupent l'église et le cimetière dans le village démontre l'importance du peuplement catholique. Les patronymes relevés sur les stèles illustrent la prédominance de la population francophone dans cette partie du canton. Le site du patrimoine de l'église de Saint-Venant-de-Paquette constitue un témoin privilégié d'une forme particulière du peuplement des Cantons-de-l'Est. L'installation de catholiques francophones se fait grâce à des individus souvent issus du clergé, qui agissent comme agents de colonisation.

Le site présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. L'église est située légèrement en retrait de la voie publique. Le cimetière s'étend derrière l'église. Le site comporte un aménagement paysager élaboré comprenant plusieurs arbres matures. Il constitue le point de départ d'un réseau de sentiers « le Sentier poétique » incluant de nombreuses oeuvres d'art. Il constitue un élément essentiel du noyau villageois. La localisation du site dans un environnement montagneux, en milieu rural, le met en valeur. Il en fait aussi un repère important dans le paysage.

Source : Municipalité de Saint-Venant-de-Paquette, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site du patrimoine de l'église de Saint-Venant-de-Paquette liés à ses valeurs architecturale, historique et paysagère comprennent, notamment :
- les caractéristiques de l'église, entre autres son volume, dont la nef de plan rectangulaire terminée par un chevet plat, le toit à deux versants droits, les matériaux, dont le parement en planche posée à clins, le bois des éléments architecturaux (ouvertures, ornementation) et la couverture en tôle en plaque, les ouvertures, dont l'entrée principale à double vantail, les portes simples à panneaux, les ouvertures élancées à arc brisé ainsi que les ouvertures en losange du chevet, l'ornementation, dont les pilastres corniers, la corniche simple, les motifs quadrilobés sur les portes, les rejeteaux et les pinacles disposés sur des contreforts de chaque côté de la façade, la tour-clocher demi-hors-oeuvre, dont sa disposition au centre de la façade, son plan carré, sa première section comprenant l'entrée principale, la baie à double lancette et l'oculus en arc brisé, sa seconde section comprenant la chambre des cloches percée d'ouvertures jumelées à arc brisé et encadrée de colonnes engagées ainsi que la flèche, et la sacristie, dont son plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit à deux versants droits couvert de tôle en plaque, le parement en planche posée à clins, les fondations en pierre, les fenêtres rectangulaires à guillotine et à petits carreaux, l'ouverture triangulaire, les pilastres corniers, le porche surmonté d'un toit à deux versants droits;
- les caractéristiques du cimetière, entre autres la disposition à l'arrière de l'église de Saint-Venant, la simplicité du traitement paysager sur cette partie du site, la sobriété des stèles en pierre et la présence de plusieurs croix de fer forgé, ainsi que la disposition régulière des monuments funéraires en rangée;
- la localisation de l'église légèrement en retrait de la voie publique, l'aménagement du cimetière à l'arrière de l'église;
- sa situation sur un terrain paysager comportant de nombreux arbres matures;
- son emplacement à proximité de sentiers aménagés appelés le « Sentier poétique », en plein coeur du noyau villageois;
- sa localisation en milieu rural, dans un environnement montagneux.

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Informations historiques

La mission de Saint-Venant est fondée en 1862 par l'abbé Jean-Baptiste Champeaux (1822-1905). Né à Beloeil, Champeaux est ordonné prêtre en 1847. Il est affecté comme missionnaire dans les Cantons-de-l'Est. En 1857, il est nommé curé de Saint-Michel-de-Napierville. Champeaux fait construire la première chapelle de Saint-Venant en 1863. Avec ses demi-frères Flavien et Eusèbe-Henri Paquette, il achète des terres dans le canton de Hereford, procède à leur défrichement et finance la construction d'une scierie. Quelques familles francophones et catholiques venues de la vallée du Richelieu s'installent à Saint-Venant. Les plus anciennes traces d'inhumation subsistant dans le cimetière remontent à 1873, l'année suivant l'érection canonique de la paroisse.

Vers 1875, le village de Saint-Venant entre dans une ère de prospérité, grâce à la vigueur de l'industrie forestière et à la construction d'une gare par la compagnie ferroviaire Hereford Railway en 1889. Saint-Venant compte alors une scierie, une forge, un magasin général et un bureau de poste.

La construction de l'église de Saint-Venant commence en 1875 et se termine en 1877. Wolfred Lussier (1841-1883), le curé de la paroisse, est délégué par l'évêque de Sherbrooke, monseigneur Antoine Racine (1822-1893) pour la construction de l'église. Cette dernière est vraisemblablement érigée par corvée. L'église de Saint-Venant est un bon exemple d'utilisation de motifs tirés du style néogothique dans l'architecture religieuse catholique. Ce style est souvent utilisé dans l'édification des lieux de culte de différentes traditions religieuses au milieu du XIXe siècle. L'Église catholique québécoise a parfois recours aux formes néogothiques dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

En 1880, le clocher de l'église de Saint-Venant est construit tout en agrandissant l'église par la façade. En 1897, l'intérieur est achevé et l'architecte Jean-Baptiste Verret (1867-1903) en réalise le décor. Verret, originaire de Lorette, reçoit sa formation auprès de François-Xavier Berlinguet (1830-1916). En 1893, Verret s'installe à Sherbrooke et conçoit plusieurs églises du diocèse, dont celle de Saint-Patrice à Magog (1894), de Saint-Adolphe à Dudswell (1897-1899), de Saint-Herménégilde (1898-1899), de Sainte-Cécile à Whitton (1901) et de Saint-Hippolyte à Wotton (1902). Cet architecte reconstruit aussi le corps principal du Séminaire de Sherbrooke, dont la partie la plus élevée, la tour centrale, fait huit étages, en 1899. Il réalise aussi les plans de l'évêché de Rimouski.

Le décor intérieur de l'église, d'une grande qualité, est réalisé avec sept essences de bois locales, coupées sur les terres des paroissiens. Les lattes de bois sont vernies, non peintes, fait exceptionnel dans l'architecture religieuse catholique québécoise. Les tribunes ceinturant entièrement le lieu de culte constituent aussi un élément rare.

Dès 1900, le Conseil d'hygiène de la province de Québec exige la fermeture du cimetière situé derrière l'église, car les eaux de ruissellement du cimetière se dirigent vers un couvent. Cette situation accroît les risques de maladies pour ses occupants. Le site du nouveau cimetière n'est toutefois choisi qu'en 1930. Le nouveau lieu d'inhumation, situé au sud de l'église et du presbytère, est béni en 1935.

En 1984, le musée d'arts et d'objets religieux est ouvert dans les tribunes de l'église. En 1998, l'organisme à but non lucratif « Les Amis du patrimoine de Saint-Venant-de-Paquette » est formé, afin de protéger et de mettre en valeur l'église. La fabrique de Saint-Venant-de-Paquette est dissoute le 31 décembre 1999. L'organisme est propriétaire du lieu de culte depuis mars 2000.

Le site du patrimoine de l'église de Saint-Venant-de-Paquette est constitué en 2004. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Le site constitue le point de départ du « Sentier poétique » qui sillonne une partie du village.

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Coaticook

Municipalité :

  • Saint-Venant-de-Paquette

Adresse :

  • chemin du Village

Localisation informelle :

Situé à l'intersection du chemin du Village et de la rue Saint-Joseph.

Latitude :

  • 45° 7' 30.6"

Longitude :

  • -71° 27' 45.6"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Coaticook Canton de Hereford Rang A 11F pties

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUCLAIR, Marie-Josée et Paul LARAMÉE. Les quatre saisons des Cantons de l'Est. Outremont, Trécarré, 2002. 34 p.
  • Comité de l'album-souvenir. Paquetteville / St-Venant 1862-1987. Saint-Venant-de-Paquet, 1987. 240 p.
  • DANDENAULT, Roch. Histoire de Coaticook (1818-1976). Sherbrooke, Éd. Sherbrooke, 1976. 726 p.
  • GAGNON, Jean-François. « L'église de St-Venant passe aux mains des Amis du Patrimoine ». La Tribune, 26 avril 2000, p. E-7.
  • GRAVEL, Albert. « Précis historiques de quatre paroisses du diocèse de Sherbrooke : Sainte-Luce de Disraeli (Wolfe), Saint-Philémon de Stoke (Richmond), Saint-Stanislas d'Ascot Corner (Sherbrooke), Saint-Venant, Paquette (Compton) ». Pages d'histoire régionale (1964), p. 4-5.
  • LAPERRIÈRE, Hélène, dir. Promenades estriennes. Montréal, Éditions de l'Homme, 2005. 381 p.
  • PAQUETTE, Flavien. « Correspondance des lecteurs ». Le Pionnier, 26 novembre 1875, s.p.
  • SMEREKA, Miroslaw. Au-delà des divergences : histoire de la caisse populaire de Paquetteville, 1907-1974. Sherbrooke, Irecus / Éditions de l'Université de Sherbrooke, 1985. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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