Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Vieille gare de Saint-Jérôme

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Gare de Saint-Jérôme
  • Gare ferroviaire du Canadien Pacifique
  • Vieille gare de Saint-Jérôme

Région administrative :

  • Laurentides

Municipalité :

  • Saint-Jérôme

Date :

  • 1897 (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Gares et autres structures ferroviaires)

Éléments associés

Groupes associés (2)

Images

Carte

Description

La vieille gare de Saint-Jérôme est une installation d'accueil construite en 1897. L'édifice en pierre de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffé d'un toit à croupes percé de longues lucarnes rampantes. Ses murs sont protégés par de larges avant-toits supportés par des consoles. Une saillie est adossée à l'un des longs pans. La gare est située en bordure d'un parc linéaire, dans le secteur historique de la ville de Saint-Jérôme.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Saint-Jérôme) 2005-04-19
 
Désignation (Canada) Gare ferroviaire patrimoniale Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1994-01-01
 

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Valeur patrimoniale

La vieille gare de Saint-Jérôme présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment témoigne de l'importance du réseau ferroviaire dans le développement de Saint-Jérôme et des Laurentides. Le curé Antoine Labelle (1833-1891) est intimement associé à l'histoire du réseau ferroviaire. Il intercède dès 1869 auprès de différentes instances pour sa mise en place. Il organise une corvée du bois à l'hiver 1871 et 1872 pour convaincre les autorités de la nécessité d'un chemin de fer. Désirant contrer l'exode des Canadiens français vers les États-Unis ou l'Ouest canadien, il préconise le développement économique et industriel de la région. La mise en place du réseau joue un rôle déterminant dans la colonisation, le développement industriel et l'essor touristique de cette région, surnommée « Pays-d'en-Haut ». Inaugurée en 1876 par la Quebec, Montreal, Ottawa and Occidental (QMOO), la ligne Montréal-Saint-Jérôme assure l'approvisionnement des colons et l'acheminement du bois de chauffage vers la métropole. À Saint-Jérôme, une maison privée sert de gare avant la construction d'un premier bâtiment destiné à cette fin en 1877. En 1882, la compagnie Canadien Pacifique (CP) achète le réseau de la QMOO et le complète. Elle permet ainsi l'accès aux municipalités plus au nord, dont Sainte-Agathe, Saint-Jovite, Labelle, Nominingue, Mont-Tremblant, puis Mont-Laurier en 1909. En 1897, le CP remplace la gare de Saint-Jérôme par l'édifice actuel, plus prestigieux et imposant, afin de répondre à l'accroissement de sa clientèle. L'architecture élaborée de la gare confirme l'importance de Saint-Jérôme comme porte d'entrée de la région. Au XXe siècle, la gare participe, en outre, à l'essor touristique des Laurentides. Elle donne accès aux stations de ski qui sont en croissance.

La vieille gare de Saint-Jérôme présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice se distingue des gares des Laurentides par la qualité de son architecture et par sa conception par un ingénieur en chef du Canadien Pacifique. L'édifice est un exemple de l'influence de l'architecte Henry Hobson Richardson (1838-1886) et du courant dit « richardsonien ». Celui-ci marque l'architecture de nombreuses gares ferroviaires à cette époque. Ce style réinterprète librement l'architecture romane du XIe siècle en évoquant son caractère massif, son langage formel dont ses arcs en plein cintre et ses surfaces texturées. La gare se rattache à ce courant par son grand volume rectangulaire d'un étage, bien ancré au sol, et ses murs bas en maçonnerie en pierre à surface rugueuse et ceinturés par un bandeau en pierre. Tous ces éléments confèrent une impression d'élégante solidité. Son imposante toiture à croupe est percée de lucarnes rampantes et possède des avant-toits débordants supportés par des consoles en bois. Ces éléments assurent une protection contre les intempéries. Cette gare est située en milieu rural. Elle se rattache cependant à celles de type urbain par ses dimensions imposantes, ses murs en maçonnerie, ses immenses trottoirs en bois. Son plan est aussi conçu pour accueillir de nombreux voyageurs. L'aménagement intérieur, exempt de logement pour les employés, se caractérise par la présence d'une cuisine et d'un restaurant, comme les gares des métropoles. La vieille gare de Saint-Jérôme est l'une des plus prestigieuses des Laurentides et constitue un bel exemple de gare de type urbain en région.

Source : Ville de Saint-Jérôme, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la vieille gare de Saint-Jérôme liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en bordure du parc linéaire du P'tit-Train-du-Nord, à proximité de la rivière du Nord;
- sa localisation au coeur du secteur historique de la ville de Saint-Jérôme, à proximité de la cathédrale et du presbytère;
- son volume, dont ses grandes dimensions, son plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, la haute toiture à croupes, les avant-toits débordants, la saillie d'un des longs pans;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre calcaire (élévations, bandeaux, cheminée), les éléments architecturaux en bois (ouvertures, ornementation);
- ses ouvertures, dont les portes à vitrage surmontées d'impostes (certains à deux vantaux), les fenêtres rectangulaires à petits carreaux (certaines groupées par deux ou trois), les lucarnes rampantes;
- l'ornementation, dont le bandeau en pierre, les consoles en bois, les boiseries;
- la cheminée.

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Informations historiques

La vieille gare de Saint-Jérôme est le premier jalon du réseau ferroviaire des Laurentides. Elle fait figure de porte d'entrée de cette région surnommée « Pays-d'en-Haut ». Située au bord de la rivière du Nord, à une soixantaine de kilomètres de Montréal, Saint-Jérôme connaît dès 1860 une activité économique. Le curé Antoine Labelle (1833-1891) est un visionnaire et un ardent défenseur de la colonisation. Il joue un rôle majeur dans l'implantation du réseau ferroviaire et dans le développement industriel et économique de Saint-Jérôme. Inaugurée en 1876 par la Quebec, Montreal, Ottawa and Occidental (QMOO), la ligne Montréal-Saint-Jérôme assure l'approvisionnement des colons et l'acheminement du bois de chauffage vers la métropole. En 1882, la compagnie Canadien Pacifique (CP) achète le réseau et complète sur plusieurs décennies l'accès aux municipalités plus au nord. Elle dessert ainsi Sainte-Agathe, Saint-Jovite, Labelle, Nominingue, Mont-Tremblant, puis Mont-Laurier en 1909.

À Saint-Jérôme, une maison privée sert d'abord de gare avant la construction d'un bâtiment destiné à cette fin en 1877. En 1897, le CP remplace le bâtiment de 1877 par la gare actuelle, plus prestigieuse et imposante. De type urbain, cette dernière doit répondre à l'augmentation de la clientèle. Les plans du bâtiment, commandés spécifiquement pour l'érection de cette gare à un ingénieur du CP, s'inscrivent dans le courant de style richardsonien. Ce courant tire son origine des oeuvres d'Henry Hobson Richardson (1838-1886), qui influencent l'architecture publique et ferroviaire en Amérique du Nord. La vieille gare de Saint-Jérôme est la seule de la région à être construite en maçonnerie et à posséder un aménagement intérieur spacieux doté d'un restaurant. La vieille gare témoigne donc de l'intense activité qui règne au tournant du XXe siècle à Saint-Jérôme. La ville est alors en grande expansion et se transforme.

À partir des années 1920, le chemin de fer connaît un vif succès auprès des Montréalais. Durant l'hiver, ils sont des milliers à fréquenter les stations de ski alpin qui se développent au nord de la métropole. En été, ce sont les lacs et rivières qui retiennent leur attention.

L'expansion du réseau routier, dont l'autoroute 50 entreprise vers la fin des années 1950 et terminée dans les années 1970, entraîne le déclin du chemin de fer. En 1976, le CP met fin à ses activités de transport des passagers. À cause de la pression populaire, la compagnie, la Corporation de développement des Laurentides (CPL) et l'Association touristique des Laurentides (ATL) remettent en service le P'tit train du Nord. Elles offrent le service passager durant les fins de semaine. En 1981, le CP abandonne définitivement le réseau.

Un mouvement de sauvegarde et de conservation des gares voit le jour dans les Laurentides; un projet de réseau muséal est lancé en 1986. La Corporation des gares des Laurentides milite pour la conservation du patrimoine ferroviaire. Elle participe à la création du Parc linéaire du P'tit-Train-du-Nord, inauguré en 1996, ainsi qu'à l'organisation d'un réseau muséal des gares.

Rénovée en 1997, la vieille gare de Saint-Jérôme constitue maintenant un pôle récréotouristique majeur pour la région. Administrée par la Ville, elle abrite une salle multifonctionnelle pouvant servir à différents événements. Durant la saison estivale, un bureau d'information touristique y est ouvert, et la Société d'histoire des Laurentides anime un kiosque.

La vieille gare de Saint-Jérôme est citée en 2005.

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Emplacement

Region administrative :

  • Laurentides

MRC :

  • La Rivière-du-Nord

Municipalité :

  • Saint-Jérôme

Adresse :

  • 100, place de la Gare

Latitude :

  • 45° 46' 36.0"

Longitude :

  • -74° 0' 2.1"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Terrebonne Village de Saint-Jérôme Absent 500 ptie

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Rapport sur les gares ferroviaires. Vol. 3. s.l. s.l., 1995. s.p.
  • Ethnotech inc. Le patrimoine ferroviaire au Québec. Rapport synthèse. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1991. 111 p.
  • RUEL, Andrée et Barbara SALOMON DE FRIEDBERG. Les gares de chemins de fer au Québec. Analyse typologique et sélection. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 191 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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