Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de la Chute-Montmorency

Carte

Description

Le site patrimonial de la Chute-Montmorency est un territoire naturel comportant des constructions à vocation touristique et récréative.

Ce bien est classé site patrimonial. Il est constitué de la rivière et de la chute, haute de 84 mètres, d'éléments hydriques et géomorphologiques exceptionnels ainsi que d'aménagements, de structures, de bâtiments et de vestiges d'établissements agricoles du XVIIe siècle, de maisons de ferme du XVIIIe siècle, d'activités industrielles du XIXe et d'activités touristiques des XIXe et XXe siècles. Le site s'étend sur deux niveaux formés par une importante faille, soit le plateau de la rivière Montmorency et le bassin de la chute, à la hauteur du fleuve Saint-Laurent. L'escarpement est partiellement boisé.

La portion du site en amont de la chute forme un corridor long de plus de 2 km constitué de la rivière et de ses rives boisées. Elle présente des phénomènes géomorphologiques tels qu'un champ de dolines, des marmites, des dépôts de blocs erratiques, la chute des Marches-Naturelles, haute de 19 mètres et harnachée par des installations hydroélectriques, et l'entrée du réseau des grottes de Courville. À la limite nord, le site comprend les vestiges d'un moulin à scie. À cet endroit, son tracé bifurque vers l'est sur près de 1 km pour englober le lit fossilifère de la rivière Ferrée de même que l'entrée du réseau des grottes de Boischatel. Les eaux des rivières Ferrée et Montmorency sont captées par ces réseaux de grottes et forment des résurgences en plusieurs endroits.

Le secteur entre la chute et l'embouchure de la rivière couvre environ 1 km carré et englobe le parc de la Chute-Montmorency. À l'ouest de la chute, il comprend le manoir Montmorency, ses dépendances et la chute de la Dame Blanche, formée par les résurgences des grottes de Courville. Cette portion compte également les vestiges de moulins et des premières installations hydroélectriques. À l'est, il inclut un escarpement de schiste, une cédrière, des maisons datant du XVIIIe siècle ainsi qu'une redoute britannique reconstituée. Ce secteur offre des points de vue spectaculaires sur les environs.

Situé sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, face à l'île d'Orléans, le site patrimonial de la Chute-Montmorency est à 12 km du centre-ville de Québec. Il chevauche l'arrondissement municipal de Beauport de la ville de Québec et la municipalité de Boischatel, dont la frontière est constituée par la chute et la rivière Montmorency. Six sites archéologiques connus sont associés au lieu, qui comprend également deux immeubles patrimoniaux cités, soit les maisons Vézina (vers 1720) et Claude-Gilbert-et-Claire-Gagnon.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1994-12-15
Prise d'effet : 1993-12-20

Transfert de responsabilité

  • Déclaration de transfert de responsabilité (partiel) (Boischatel), 2015-09-30
    Prise d'effet : 2015-10-24
  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 
Déclassement partiel Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2004-10-21
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de la Chute-Montmorency présente un intérêt pour sa valeur historique. L'histoire du site est liée à diverses activités humaines et au territoire qui l'entoure. Son occupation remonte à la préhistoire, alors que le lieu est fréquenté par les Amérindiens. Dès 1542, la chute est utilisée comme point de repère par les explorateurs français. En 1603, Samuel de Champlain (vers 1570-1635) la nomme « Sault de Montmorency ». Le territoire environnant est l'un des premiers établissements euroquébécois de la vallée du Saint-Laurent. La rivière est, en effet, utilisée comme limite entre deux des premières seigneuries concédées en Nouvelle-France, Beauport (1634) et Beaupré (1636). Pendant le siège de Québec (1759), la chute et la rivière forment la ligne de démarcation entre les campements français et britanniques. La bataille de Montmorency se déroule à l'ouest de la chute. En 1780, le gouverneur sir Frederick Haldimand (1718-1791) fait ériger sa résidence d'été près de la chute, première villa palladienne construite au Canada. Dès le tournant du XIXe siècle, le site attire la population locale, les visiteurs étrangers et les artistes. À partir de 1880, il acquiert une grande notoriété grâce à sa vocation récréative. Des infrastructures touristiques sont aménagées, notamment deux hôtels. Le site est aussi utilisé à des fins industrielles entre 1811 et 1986 : moulins à scie, centrales hydroélectriques et usines de textile s'y installent. Des sites archéologiques témoignent de ces diverses activités. En 1967, le parc de la Chute-Montmorency est aménagé. De nos jours, le site patrimonial de la Chute-Montmorency est un lieu touristique de réputation internationale qui témoigne de la diversité des activités qui s'y sont déroulées.

Le site patrimonial de la Chute-Montmorency présente aussi un intérêt pour ses valeurs paysagère et emblématique. Il est remarquable pour ses éléments naturels auxquels s'intègrent des réalisations humaines architecturales, paysagères, touristiques et industrielles. Son attrait est dû, entre autres, à l'escarpement d'où se précipite la rivière Montmorency, impressionnante par sa hauteur - il s'agit de la plus haute chute du Québec - et son débit. Ce phénomène naturel s'accompagne de manifestations hydrologiques et géomorphologiques non moins spectaculaires, dont le « pain de sucre » qui se forme l'hiver par la congélation de la bruine de la chute, la cuvette que la chute a sculptée dans le schiste, les résurgences et les grottes. La chute, qui présente un fort potentiel emblématique, forme un point de repère et captive les visiteurs depuis l'époque de la Nouvelle-France. Son caractère sublime, qui répond à cette recherche d'émotions fortes devant le beau apparue avec le mouvement romantique au XVIIIe siècle, inspire de nombreux artistes et auteurs. Il s'agit aussi d'un lieu imaginaire peuplé de légendes, dont celle de la Dame blanche, illustrée dans le toponyme de l'une des chutes. L'endroit rappelle également, par la présence du manoir sur l'emplacement de la villa construite par le gouverneur Haldimand, une pratique encore inconnue au Québec et au Canada à la fin du XVIIIe siècle : la villégiature. Il constitue l'un des sites les plus spectaculaires parmi ceux recherchés par ses adeptes et un lieu de socialisation et de divertissement fort connu. Au XIXe siècle, il encadre les promenades dominicales et plusieurs activités sportives, abondamment représentées dans l'iconographie populaire. Parmi elles, l'escalade sur glace constitue encore aujourd'hui une activité fort populaire.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de la Chute-Montmorency liés à ses valeurs historique, paysagère et emblématique comprennent, notamment :
- sa situation sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, face à l'île d'Orléans, à 12 km à l'est du centre-ville de Québec;
- sa position chevauchant l'arrondissement municipal de Beauport de la Ville de Québec et la municipalité de Boischatel;
- les éléments bâtis témoignant des diverses activités humaines qui s'y sont déroulées, dont le manoir Montmorency et ses dépendances, la chapelle anglicane St. Mary's, la maison du gardien, la maison Wolfe, la redoute britannique de 1759 reconstituée, le pont enjambant le haut de la chute Montmorency, les piliers du pont de 1856, les vestiges industriels, notamment les installations hydroélectriques de la chute Montmorency et de la chute des Marches-Naturelles;
- les deux immeubles patrimoniaux cités, soit la maison Vézina et la maison de Claude-Gilbert-et-Claire-Gagnon;
- les sites archéologiques;
- les éléments naturels situés en amont de la chute Montmorency, dont la rivière Montmorency, ses rives boisées, la chute des Marches-Naturelles, les dolines, les formations de roches calcaires, les formations de marmites, les dépôts de blocs erratiques, les résurgences, l'entrée du réseau des grottes de Courville, le lit fossilifère de la rivière Ferrée et l'entrée du réseau des grottes de Boischatel;
- les éléments naturels situés dans le secteur de la chute Montmorency et en aval, dont la chute elle-même, l'escarpement partiellement boisé, la chute de la Dame Blanche, les boisés dont une cédrière, les résurgences, le bassin de la chute Montmorency, l'embouchure de la rivière Montmorency et les formations géologiques apparentes à cet endroit;
- les éléments construits datant des XVIIIe, XIXe et XXe siècles, dont les aménagements paysagers du parc de la Chute-Montmorency, les belvédères, les escaliers et les nombreux sentiers.

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Informations historiques

Le site de la Chute-Montmorency, où se concentrent une variété de phénomènes géologiques et naturels, porte les traces des activités humaines qui s'y sont déroulées.

Pendant la préhistoire, l'emplacement est fréquenté par les Amérindiens comme lieu de pêche. En 1542, Jean Fonteneau dit Alfonse (1484-1544), pilote de l'expédition de Jean-François de La Rocque de Roberval (vers 1500-1560), est le premier à utiliser la chute comme point de repère. C'est toutefois Samuel de Champlain (vers 1570-1635) qui la nomme, en 1603, en l'honneur de Charles de Montmorency (1537-1612), amiral de France.

Le territoire entourant la rivière et la chute est l'un des premiers lieux de peuplement de la Nouvelle-France. La rivière sert en effet de limite entre deux des premières seigneuries concédées, celles de Beauport (1634) et Beaupré (1636). Le secteur est alors utilisé à des fins agricoles.

Pendant le siège de Québec (1759), la rivière et la chute forment la frontière entre les campements des Français de Louis-Joseph de Montcalm (1712-1759) et des Britanniques de James Wolfe (1727-1759). Le 26 juillet, des Amérindiens dirigés par Charles-Michel Mouet de Langlade (vers 1729-1800 ou 1801) surprennent un détachement britannique commandé par Wolfe qui tente de traverser la rivière. Le 31 juillet, la bataille de Montmorency se déroule à l'ouest de la chute. Les Français repoussent alors les Britanniques qui risquent un débarquement dans la baie de Beauport.

Sous le Régime anglais, le site acquiert une vocation de villégiature. En 1780, le gouverneur sir Frederick Haldimand (1718-1791) y fait ériger sa résidence d'été, première villa palladienne au Canada et l'un des premiers domaines bourgeois de la région de Québec. Entre 1791 et 1794, la villa est louée au duc de Kent, le prince Edward Augustus (1767-1820), père de la reine Victoria (1819-1901). L'endroit est aussi visité par une population en quête de divertissement (glissade sur le pain de sucre, pique-niques) et plusieurs artistes attirés par son caractère sublime, dont James Peachey (mort en 1797), George Heriot (1759-1839) et Joseph Légaré (1818-1855). Ce lieu figure d'ailleurs parmi les sujets les plus illustrés au Québec et au Canada. Ses qualités attirent enfin quelques érudits, dont Henry David Thoreau (1817-1862) et sir James MacPherson Le Moine (1825-1912).

Entre 1797 et 1851, la villa est la propriété de Peter Patterson (1768-1851). En 1811, il achète le moulin à scie construit au pied de la chute par John Goudie (1775-1824). Dès ce moment, le bas de la chute vibre au rythme de cette industrie. George Benson Hall (1810-1876) habite la villa dès 1851 et exploite les moulins à scie qui resteront en activité jusqu'en 1892.

En septembre 1885, la Compagnie d'Éclairage Électrique de Québec et de Lévis met en service l'une des premières installations hydroélectriques au Québec, qui sert notamment à éclairer la terrasse Dufferin. La deuxième centrale Montmorency, aussi à l'avant-garde de la technologie de l'époque, est en fonction à partir de 1894. La centrale des Marches Naturelles est construite en 1905 à environ un kilomètre de la chute.

À partir des années 1880, le site acquiert une grande notoriété à des fins récréatives. L'hôtel Bureau et le Kent House Hotel, installé dans la villa en 1901, attirent les visiteurs. Le premier zoo québécois est créé en 1907. Un terrain de golf est aussi aménagé en 1915.

En 1889, la Montmorency Cotton Manufacturing Company (plus tard la Dominion Textile) s'établit au pied de la chute. Un chemin de fer la relie à la ville. Ce complexe industriel ferme ses portes en 1985.

En 1954, la maison Montmorency est achetée par les Dominicains. En 1967, un parc est aménagé du côté est de la rivière par le gouvernement du Québec, qui acquiert le domaine six ans plus tard.

Le site patrimonial de la Chute-Montmorency est classé en 1994. Une partie du site est déclassée en 2004.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • La Côte-de-Beaupré
  • Québec

Municipalité :

  • Boischatel
  • Québec

Latitude :

  • 46° 53' 24.8"

Longitude :

  • -71° 8' 40.1"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 988 512 Ptie
  • Lot 1 988 520
  • Lot 1 989 241
  • Lot 1 989 244
  • Lot 1 989 245

Code Borden

CfEs-22 CfEs-23 CfEs-26 CfEs-27
CfEs-28 CfEs-3 CfEs-32  

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOILY, Fleureska, Jean-Pierre FORTIN et Gisèle VÉZINA. La vie au Bas du Sault Montmorency : paroisse St-Grégoire, 1890-1990. Beauport, La Paroisse, 1989. 435 p.
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  • DIONNE-TOUSIGNANT, Madeleine, Stuart R. J. SUTHERLAND et Pierre TOUSIGNANT. « Haldimand, sir Frederick ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • DUMAS, Réginald-Marie. La Maison Montmorency. Courville, Maison Montmorency, 1960. 28 p.
  • EVANS, David. « Montmorency, chute ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
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  • GIROUX, Pierre. Expertise archéologique au parc de la Chute-Montmorency. s.l. Société des établissements de plein air du Québec / Société d'art et d'histoire de Beauport, 1994. 38 p.
  • GIROUX, Pierre. Expertise archéologique sur le site du manoir Montmorency. s.l. Société des établissements de plein air du Québec / Société d'art et d'histoire de Beauport, 1992. 57 p.
  • GIROUX, Pierre. Expertise archéologique sur le site du manoir Montmorency. s.l. Société des établissements de plein air du Québec / Société d'art et d'histoire de Beauport, 1993. 71 p.
  • GUINDON, Vianney. La maison du Sault Montmorency. Aperçu historique et évolution architecturale. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction du patrimoine, 1992. 25 p.
  • HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
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  • LAMBERT, Serge. La Côte-de-Beaupré, la fraîcheur des souvenirs. Sainte-Foy, Éditions GID, 2000. 215 p.
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  • LE MOINE, James MacPherson. Monographies et esquisses. Québec, Impr. de J. G. Gingras, 1885. 478 p.
  • LE MOINE, James MacPherson. Picturesque Quebec: A Sequel to Quebec Past and Present. Montréal, Dawson Brothers, 1882. 535 p.
  • LÉVESQUE, Guylaine. Le site de la chute Montmorency : synthèse de la fiche d'évaluation d'attribution d'un statut. Québec, Ministère de la Culture, 1993. 35 p.
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  • NOPPEN, Luc, Claude PAULETTE et Michel TREMBLAY. Québec : trois siècles d'architecture. Montréal, Libre expression, 1979. 440 p.
  • s.a. La Côte des beaux prés, chemin des ancêtres : un circuit pour connaître son patrimoine présent et passé. Château-Richer, Municipalité régionale de comté de La Côte-de-Beaupré, 1982. 52 p.
  • TRAP, Paul. « Mouet de Langlade, Charles-Michel ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca

Multimédias disponibles en ligne :

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