Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

École du Cap-Diamant

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • École du Cap-au-Diamant
  • École Monseigneur-Signay

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1841 – 1842 (Construction)

Usage :

  • Services et institutions (Écoles primaires et secondaires)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (4)

Personnes associées (10)

Carte

Description

L'école du Cap-Diamant est un ancien établissement d'enseignement d'influence néoclassique érigé en 1841 et 1842. L'édifice en pierre de plan rectangulaire est coiffé d'un toit à deux versants droits surmonté d'un clocheton. Les murs pignons, prolongés par un coupe-feu et une souche de cheminée, servent chacun d'appui à une annexe à quatre niveaux. En raison de la déclivité du terrain, la façade donnant sur la rue Champlain compte deux étages et demi, alors que celle donnant sur le boulevard Champlain en compte un de plus. Cette dernière comprend deux galeries de pleine longueur, au rez-de-chaussée et au premier étage. L'école du Cap-Diamant est comprise entre le cap Diamant et le fleuve Saint-Laurent.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il se trouve dans le site patrimonial du Vieux-Québec.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1967-05-01
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité, 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

L'école du Cap-Diamant présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'édifice constitue un témoin important de la présence irlandaise dans la basse-ville de Québec au XIXe siècle. En effet, le quartier Près-de-Ville (compris dans l'actuel quartier Cap-Blanc) se densifie au cours de la première moitié de ce siècle, alors que Québec accueille des milliers d'immigrants, notamment des Irlandais catholiques fuyant les mauvaises conditions économiques et les famines sévissant dans leur pays. Ces derniers, qui atteignent en 1861 près de 75 pour cent de la population du quartier, constituent une main-d'oeuvre abondante pour les anses à bois qui se succèdent le long du fleuve Saint-Laurent, de Sillery jusqu'au port de Québec. Joseph Signay (1778-1850), curé de la paroisse Notre-Dame-de-Québec, fonde en 1816 une école catholique pour les garçons du Près-de-Ville et en assume personnellement les frais. L'année suivante, il acquiert une maison dans le quartier et la fait agrandir pour y installer l'école. Celle-ci comprend des classes françaises et anglaises. Le bâtiment est détruit par le feu en 1839, et Signay, devenu archevêque de Québec, entreprend aussitôt les démarches pour la reconstruction. La nouvelle école, bâtie en 1841 et 1842, est confiée aux Frères des écoles chrétiennes en 1849. Trois ans plus tard, elle accueille la chapelle de la desserte Saint-Laurent-du-Havre, récemment instituée par la paroisse de Notre-Dame-de-Québec. Cette desserte, réclamée depuis plus d'une décennie par les francophones du Près-de-Ville, deviendra la paroisse Notre-Dame-de-la-Garde. À partir de 1875, la chapelle est connue sous le nom de St. Michael's Chapel. L'enseignement prend fin en 1885, lorsque l'édifice est cédé par l'archevêque de Québec à la paroisse irlandaise St. Patrick et devient la St. Lawrence Chapel. En 1893, la chapelle prend le vocable de Our Lady of Perpetual Help. Utilisée comme lieu de culte sous la direction des Rédemptoristes jusqu'en 1962, l'école du Cap-Diamant demeure un symbole de la population de travailleurs maritimes qui habitait ce quartier et de l'immigration irlandaise à Québec.

L'école du Cap-Diamant présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment témoigne de l'influence du néoclassicisme sur l'architecture urbaine d'inspiration française. Le néoclassicisme, utilisé principalement dans l'architecture publique en Angleterre au XVIIIe siècle, puise ses éléments dans la tradition classique européenne. Il est introduit au Bas-Canada par les architectes britanniques, les traités et livres de modèles. L'école est érigée d'après des plans attribués à Thomas Baillairgé (1791-1859), membre important d'une dynastie d'architectes, dont les réalisations ont marqué l'architecture québécoise du XIXe siècle. L'intérêt de celui-ci pour le néoclassicisme influence ses créations. L'école se rattache à la tradition urbaine d'inspiration française par sa maçonnerie de pierre et ses murs coupe-feu, tandis que la rigueur et le caractère monumental du néoclassicisme se reflètent dans l'ordonnance régulière et la disposition symétrique des ouvertures, la hiérarchie établie dans leur hauteur suivant les étages ainsi que dans la sobriété des élévations. Ainsi, l'école constitue un exemple éloquent du style développé par Baillairgé.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de l'école du Cap-Diamant liées à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur un terrain bordé par deux voies publiques, entre le cap Diamant et le fleuve Saint-Laurent, dans le quartier Cap-Blanc, dans le site patrimonial du Vieux-Québec;
- la présence du clocheton indiquant les fonctions éducative et religieuse du bâtiment;
- son volume, dont le plan rectangulaire à trois étages et demi ainsi que le toit à deux versants droits surmonté d'un clocheton hexagonal (tambour, coupole, flèche);
- les éléments rattachés à l'influence néoclassique, dont l'ordonnance et la disposition symétrique des ouvertures, la hiérarchie dans la hauteur des fenêtres suivant les étages, la présence de galeries sur toute la longueur de la façade arrière (au rez-de-chaussée et au premier étage) ainsi que la sobriété des élévations;
- les éléments rattachés à l'influence de l'architecture urbaine d'inspiration française, dont la maçonnerie en pierre de Château-Richer, la couverture en tôle à la canadienne ainsi que les murs pignons prolongés par des coupe-feu appuyés sur des corbeaux de pierre et par de larges souches de cheminée;
- les ouvertures, dont les fenêtres à battants à petits carreaux, les lucarnes à croupe et la porte principale en bois à vitrage surmontée d'une imposte en anse de panier;
- les éléments décoratifs, dont les chambranles en bois et les consoles en pierre supportant le débord du toit.

Haut de la page

Informations historiques

La construction de l'école du Cap-Diamant est une initiative de Joseph Signay (1778-1850), curé de la paroisse Notre-Dame-de-Québec de 1814 à 1831 et archevêque de Québec de 1833 à 1850.

Dès la fin du XVIIIe siècle, le quartier Près-de-Ville (secteur compris dans l'actuel quartier Cap-Blanc) est occupé par des catholiques exerçant le métier de navigateur et par des journaliers. Il se densifie rapidement au cours de la première moitié du XIXe siècle, alors que Québec accueille des milliers d'immigrants, notamment des Irlandais catholiques fuyant les mauvaises conditions économiques ainsi que les famines sévissant dans leur pays. Ces derniers, qui atteignent en 1861 près de 75 pour cent de la population du quartier, constituent une main-d'oeuvre abondante pour les anses à bois qui se succèdent le long du fleuve Saint-Laurent, de Sillery jusqu'au port de Québec. Ce quartier attire la sympathie du curé Signay, qui souhaite offrir une éducation catholique aux jeunes qui ne peuvent fréquenter les écoles de la ville en raison de leur éloignement et de leur pauvreté. En 1816, il fonde donc une école pour garçons et en assume personnellement les frais. L'année suivante, il acquiert une maison dans le quartier et la fait agrandir pour y installer l'école. Celle-ci comprend des classes françaises et anglaises. Le bâtiment est détruit par le feu en 1839, et Signay entreprend aussitôt les démarches pour la reconstruction. Certains vestiges du bâtiment incendié sont utilisés lors de l'érection de la nouvelle école en 1841 et 1842. Les plans sont attribués à l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859); le maître maçon Pierre Gauvreau (1813-1884) et le menuisier Jacques Vézina (1805-1858) exécutent les travaux. En raison de la déclivité du terrain, la façade du côté du fleuve (boulevard Champlain) comprend un niveau de plus que celle du côté de la rue Champlain et est bordée d'une cour-anglaise, un fossé formant un dégagement et donnant accès au bâtiment. À l'intérieur, l'école comprend le logement de l'enseignant.

En 1849, l'école du Cap-Diamant est confiée aux Frères des écoles chrétiennes. Ces derniers prennent alors la relève de l'enseignant François-Xavier Allard, en fonction depuis 1826.

En 1852, l'édifice accueille la chapelle de la desserte Saint-Laurent-du-Havre, instituée par la paroisse de Notre-Dame-de-Québec. Cette desserte, réclamée depuis plus d'une décennie par les francophones du Près-de-Ville, deviendra la paroisse Notre-Dame-de-la-Garde. À partir de 1875, le bâtiment loge la St. Michael's Chapel, tandis que l'enseignement se poursuit jusqu'en 1884, année où les classes anglaises sont déménagées à l'école Saint-Patrice à la haute-ville. L'année suivante, l'école est cédée par l'archevêque de Québec, Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau (1820-1898), à la Congregation of the Catholics of Quebec Speaking the English Language (incorporée à la paroisse St. Patrick depuis 1856) qui y établit la St. Lawrence Chapel. En 1893, la chapelle prend le vocable de Our Lady of Perpetual Help. L'ancienne école, confiée aux Rédemptoristes, est utilisée comme lieu de culte jusqu'en 1962.

L'école du Cap-Diamant est classée en 1967. Elle est restaurée vers la fin des années 1960 par la société d'architectes Laroche, Ritchot, Déry et Robitaille, qui occupe l'immeuble par la suite. L'ouverture du boulevard Champlain entre 1960 et 1970 entraîne le déplacement de la façade principale du côté de la rue Champlain. En 1990, l'école est recyclée en huit logements en copropriété d'après les plans de l'architecte Claude Demers. C'est au cours de ces travaux qu'une annexe latérale est ajoutée au sud pour faire pendant à celle déjà en place.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 477, rue Champlain
  • 481, rue Champlain

Lieux-dits :

  • Cap-Blanc

Latitude :

46° 48' 7.656"

Longitude :

-71° 12' 36.123"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Cité de Québec (quartier Champlain) Absent 2411-1

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • ALLARD, Nicole. Thomas Baillairgé, 1791-1859, « le plus grand architecte du Bas-Canada », Jérôme Demers. Québec, Éditions Continuité, 1989. 15 p.
  • CHASSÉ, Sonia. « Signay, Joseph ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GAUMOND, Michel. « École du Cap-Diamant ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 109-109.
  • GRACE, Robert. « L'apport de l'immigration: l'exemple des Irlandais ». COURVILLE, Serge et Robert GARON. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 2001, p. 180-184.
  • GRIGNON, Marc et Luc NOPPEN. L'art de l'architecte: trois siècles de dessin d'architecture à Québec. Québec, Musée du Québec/Université Laval, 1983. 293 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Lieux de culte situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Ville de Québec, 1994. s.p.
  • NOPPEN, Luc. « Baillairgé, Thomas ». BENOIT, Jean. Dobell, Richard Reid [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/ShowBioPrintable.asp?BioId=37880
  • Patri-Arch. Étude d'ensemble du quartier Cap-Blanc : Synthèse et recommandations. Québec, Ville de Québec, Service de l'aménagement du territoire , 2002. 36 p.
  • PROVOST, Honorius. Notre-Dame-de-la-Garde de Québec, 1877-1977. Cahiers d'histoire, 30. Québec, Société historique de Québec, 1977. 277 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013