Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique du Poste-de-Traite-de-l'Ashuapmushuan

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Poste de traite de l'Ashuapmushuan
  • Site archéologique Ashuapmushuan

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Lac-Ashuapmushuan

Thématique :

  • Patrimoine autochtone (Patrimoine amérindien)
  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction commerciale (Postes de traite)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (1)

Carte

Description

Le site archéologique du Poste-de-Traite-de-l'Ashuapmushuan renferme les vestiges d'un ancien poste frontalier du réseau de commerce des fourrures de Tadoussac aux Régimes français et anglais ainsi que les vestiges de campements préhistoriques amérindiens. Il est situé sur une vaste presqu'île sur la rive nord-est du lac Ashuapmushuan et à l'embouchure de la rivière Ashuapmushuan, dans le territoire non organisé du Lac-Ashuapmushuan de la municipalité régionale de comté du Domaine-du-Roy.

Ce bien est classé site patrimonial. La protection s'applique à un terrain d'environ 23 hectares partiellement boisé en milieu forestier qui comprend les vestiges des fondations des bâtiments du poste. Le lieu comprend quatre sites archéologiques inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1989-02-22
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique du Poste-de-Traite-de-l'Ashuapmushuan présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme établissement ayant servi au commerce des fourrures. La traite constitue une activité économique fondamentale en Nouvelle-France qui se poursuit après la Conquête (1760). Établie par le gouverneur Jean de Lauson (vers 1584-1666) en 1652, la Traite de Tadoussac, également nommée Ferme du roi, peut être définie comme le privilège exclusif de chasse, de pêche et de commerce sur un certain territoire. Ces terres faisaient partie du Domaine du roi, c'est-à-dire qu'elles n'étaient pas concédées pour la colonisation et que les profits tirés de leur exploitation revenaient en principe au roi. La concession de la Traite de Tadoussac était adjugée aux enchères à un particulier ou à une compagnie qui en avait la jouissance pour un temps donné. Les comptoirs, qui occupent des endroits stratégiques en bordure d'un cours d'eau important, servent au troc des fourrures avec les Amérindiens ainsi qu'à l'entreposage, au triage et à l'emballage des pelleteries avant qu'elles soient acheminées vers les centres administratifs de la traite ou vers l'Europe. Fondé au tournant du XVIIIe siècle, Ashuapmushuan est un poste frontalier dépendant de celui de Chicoutimi pour son approvisionnement. Il marque la limite nord de la Traite de Tadoussac et a pour fonction la surveillance des concurrents, notamment la Compagnie de la Baie d'Hudson qui est active dans la région de la baie James. Son rôle est de s'assurer que les Amérindiens ne vendent pas leurs précieuses fourrures aux Britanniques qui offrent un meilleur prix que les Français. En plus du commerce des pelleteries avec les Amérindiens et de l'entreposage des marchandises, le poste sert aussi aux commis de lieu de subsistance et de logement. Il fournit également certains services aux Amérindiens tels que les soins aux malades. Sous le Régime anglais, le système français de la traite est maintenu au poste. Malgré quelques épisodes d'abandon, le poste de l'Ashuapmushuan est demeuré actif jusqu'en 1935 et témoigne ainsi de la traite des fourrures pendant plus de 200 ans.

Le site présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Les vestiges du poste côtoient trois sites préhistoriques permettant de retracer l'évolution des modes de vie sur quelque deux millénaires. Situé à la jonction de trois grandes voies de navigation, ce poste de traite semble avoir été fondé non loin de lieux traditionnellement fréquentés pour les rassemblements et le troc entre groupes amérindiens. L'emplacement du poste lui assure ainsi une présence amérindienne, depuis longtemps accoutumée à pratiquer les échanges dans la région. Les fouilles à l'emplacement du poste de traite ont mis en lumière son organisation interne, la vocation des espaces selon les époques et les différents modes de construction de ses bâtiments et structures. Le matériel récupéré concerne principalement des marchandises de traite et des objets liés à l'univers domestique. L'étude des occupations amérindiennes est très intéressante, notamment en regard de la période dite protohistorique, époque où les communautés amérindiennes n'ont toujours pas de contacts directs avec les Européens, mais commencent à s'approprier des éléments de leur culture matérielle par l'intermédiaire des réseaux d'échanges. Cela marque les débuts des transformations sociales chez les groupes amérindiens qui vont prendre de l'ampleur avec la venue des premiers explorateurs et surtout la fondation du poste de traite.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site archéologique du Poste-de-Traite-de-l'Ashuapmushuan liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation sur la rive nord-ouest du lac Ashuapmushuan, à l'embouchure de la rivière Ashuapmushuan et à proximité des rivières Normandin et Marquette;
- les vestiges archéologiques, dont les fondations des bâtiments anciens;
- la portion résiduelle renfermant des contextes archéologiques propices à la recherche et à l'interprétation du lieu.

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Informations historiques

Le site archéologique du Poste-de-Traite-de-l'Ashuapmushuan est lié au commerce des fourrures avec les Amérindiens. La traite constitue le principal moteur économique de la Nouvelle-France depuis le début de la colonie française. Dès 1569, un poste de traite est établi à Tadoussac qui devient par la suite le principal centre de traite du Domaine du roi. Toutefois, sa rentabilité baisse vers la moitié du XVIIe siècle. Afin de structurer le commerce et d'empêcher le commerce des fourrures entre les Britanniques et les Amérindiens vivant au nord de la vallée du Saint-Laurent, le gouverneur Jean de Lauson (vers 1584-1666) crée en 1652 la Traite de Tadoussac, également nommée Ferme du roi, partie intégrante du Domaine du roi. Ces terres ne sont pas concédées pour la colonisation et les profits tirés de leur exploitation reviennent en principe au roi. Aussi les Français décident-ils de remonter le Saguenay pour se rapprocher des Amérindiens et faciliter ainsi leur entreprise. Le centre de ce commerce se déplace à Chicoutimi où un poste est ouvert en 1676.

Fondée à Londres en 1668, la Compagnie de la Baie d'Hudson devient vite très active dans la région de la baie James grâce à sa position stratégique et du fait qu'elle achète les pelleteries à meilleur taux que les Français. Les autorités de la colonie française et les traiteurs craignent de perdre une importante part du marché. Afin de surveiller cette concurrence et d'assurer une mainmise sur les fourrures du Domaine du roi, le poste de l'Ashuapmushuan est érigé à la limite nord de la Traite de Tadoussac. La date exacte de fondation du poste n'est pas connue, mais elle se situe au tournant du XVIIIe siècle, les archives de cette époque ayant confondu l'appellation de ce poste de traite et celle du poste de Nicabau, de sorte que la première mention assurée de l'établissement remonte à 1732.

Il est de coutume à l'époque d'installer les postes de traite en des lieux déjà occupés par les Amérindiens. Le poste de l'Ashuapmushuan se situe en effet à un carrefour de voies navigables fréquentées par les Amérindiens et au centre desquelles se trouverait un lieu traditionnel de rassemblement et de troc. Les réseaux d'échanges ont d'ailleurs permis aux communautés locales d'acquérir des objets d'origine européenne avant même la venue des premiers explorateurs dans la région.

Bien qu'important stratégiquement, le poste d'Ashuapmushuan demeure un établissement secondaire dépendant de celui de Chicoutimi pour son approvisionnement en denrées. Les bâtiments ne semblent pas avoir été nombreux, puisqu'en 1732 on n'y compte qu'une maison, un magasin et une grande croix érigée. Il sert principalement pour le commerce avec les Amérindiens, mais certains services, dont les soins aux malades, semblent être fournis à ces derniers. La subsistance des commis du poste est principalement assurée par les denrées en provenance de Chicoutimi et les produits de la chasse et de la pêche.

La Conquête britannique n'affecte pas le système des Postes du Roi qui deviennent les King's Posts. Le système français de la traite est maintenu. À compter de 1850, les postes sont désormais loués à des traiteurs indépendants. L'établissement d'Ashuapmushuan demeure ouvert durant l'hiver au cours du XIXe siècle et semble avoir été rentable. À cette époque, il compte un potager, des bestiaux et un champ cultivé qui complètent les modes de subsistance des habitants du site. Malgré quelques moments d'abandon au cours de son histoire, le poste perdure tout de même jusqu'en 1935.

Depuis sa découverte en 1966, le site de ce poste de traite a fait l'objet de plusieurs recherches archéologiques qui ont fait ressortir la richesse de ses occupations historiques et préhistoriques.

Le site archéologique du Poste-de-Traite-de-l'Ashuapmushuan est classé en 1989.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Le Domaine-du-Roy

Municipalité :

  • Lac-Ashuapmushuan

Latitude :

  • 49° 11' 44.9"

Longitude :

  • -73° 47' 8.7"

Code Borden

DhFk-1 DhFk-12 DhFk-6 DhFk-7

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. « Site archéologique du Poste-de-Traite-de-l'Ashuapmushuan ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 26.
  • LAPOINTE, Camille. Le poste de Chamouchouane : étude des données archéologiques et historiques connues. s.l. Municipalité de Saint-Félicien / Ministère des Affaires Culturelles, 1987. 67 p.
  • SIMARD, R. Le poste de traite d'Ashuapmushuan, dossier de recherche (DhFk-1). Chicoutimi, Université du Québec à Chicoutimi, Centre de recherche du moyen nord, 1979. 226 p.

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