Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Calvaire d'Oka

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Laurentides

Municipalité :

  • Oka

Date :

  • 1740 – 1742 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Calvaires, croix de chemin et chemins de croix)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (7)

Patrimoine mobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (2)

Images

Carte

Description

Le calvaire d'Oka est un chemin de croix formé de sept édicules érigés entre 1740 et 1742. Les petites chapelles, en moellons crépis, sont coiffées de toits en pavillon ou à deux versants. Elles sont dotées d'ouvertures cintrées ou rectangulaires. Les quatre premières chapelles bordent un sentier de montagne et les trois autres occupent le sommet. Le calvaire est situé au coeur du parc national d'Oka, dans la municipalité d'Oka.

Ce bien est classé site patrimonial. Des objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1982-11-04
 

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Valeur patrimoniale

Le calvaire d'Oka présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il constitue un témoin unique de l'évangélisation des Amérindiens aux XVIIe et XVIIIe siècles. Après la fondation de Québec en 1608, plusieurs communautés religieuses s'installent en Nouvelle-France pour répandre la parole de Dieu auprès des autochtones, et leur conversion soulève des problèmes d'ordre linguistique et culturel. Ces communautés emploient diverses techniques de persuasion, dont la constitution de missions en territoire amérindien, la traduction de textes religieux en langues autochtones et l'élaboration d'une imagerie biblique compréhensible par les Amérindiens et compatible avec leur culture. C'est en 1717 que la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes est concédée aux Sulpiciens, qui y déménagent leur mission du Sault-au-Récollet. Ils y regroupent des Amérindiens de quatre nations : Algonquins, Nipissings, Agnies et Hurons. En 1733, la mission compte environ 560 Amérindiens résidants. Le calvaire d'Oka est érigé entre 1740 et 1742, à l'initiative du sulpicien Hamon Le Guen (1687-1761). Il se compose de sept chapelles qui abritent des oeuvres d'art représentant des épisodes de la Passion. Contrairement à l'habitude qu'avaient les missionnaires de faire venir les autochtones dans leur chapelle, les Sulpiciens ont établi ce lieu de culte dans la montagne, un environnement familier aux Premières Nations afin de mieux les évangéliser. Ce chemin de croix constitue l'une des plus importantes manifestations de la vaste entreprise d'évangélisation des autochtones et il est le seul de ce type au Québec.

Le calvaire d'Oka présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il rappelle la dévotion au chemin de croix dans l'Occident chrétien. Au Moyen Âge, le pèlerinage en Palestine est très prisé des chrétiens, qui reçoivent des indulgences pour la visite des Lieux saints. Les franciscains obtiennent la garde des Lieux saints au XIIIe siècle et diffusent la dévotion au chemin de croix, qui se compose d'épisodes de la Passion du Christ et comprend habituellement entre sept et quatorze stations. Au XVe siècle, l'idée de recréer les lieux de la Passion dans un environnement naturel émerge, en raison du nombre restreint de fidèles pouvant accomplir le pèlerinage en Palestine. Le chemin de croix extérieur se compose d'édicules situés en montagne, qui sont autant de points d'arrêt pour la méditation. Le sentier renvoie au parcours du Christ et la montagne, au Golgotha. Cette dévotion connaît son apogée au XVIIIe siècle grâce au franciscain saint Léonard de Port-Maurice (1676-1751) qui, entre 1731 et 1751, aurait fait ériger plus de 500 chemins de croix en Europe. Contemporain de sa prédication, le calvaire d'Oka, avec ses sept chapelles disposées le long d'un sentier de montagne, est représentatif de cette tradition. Il est le plus ancien de ce type en Amérique et précède le célèbre chemin de croix d'Ouro Prêto (Brésil), commencé vers 1758.

Le calvaire d'Oka présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Il évoque une pratique religieuse autrefois très populaire au Québec, le pèlerinage. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, un renouveau extraordinaire pour cette pratique se produit en France, à Notre-Dame-de-Lourdes par exemple, et l'engouement gagne aussi le Québec. À l'occasion de fêtes religieuses, d'importantes foules convergent vers les lieux de pèlerinage par bateau ou par train afin de manifester leur foi. Certains anciens lieux de pèlerinage sont alors remis en valeur, comme ceux de Sainte-Anne-de-Beaupré et de Cap-de-la-Madeleine. Le calvaire d'Oka devient l'un des plus réputés à la fin du XIXe siècle, alors que les Amérindiens le désertent à la suite de tensions survenues avec les Sulpiciens au sujet des droits de propriété.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du calvaire d'Oka liés à ses valeurs historique et ethnologique comprennent, notamment :
- la situation des chapelles en bordure d'un sentier et au sommet de la montagne du Calvaire, au coeur du parc national d'Oka, dans la municipalité d'Oka;
- leur volume, dont les plans rectangulaire, trapézoïdal ou carré, les élévations d'un étage et les toits en pavillon ou à deux versants légèrement recourbés;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre crépie à l'extérieur et chaulée à l'intérieur, les couvertures en bardeaux de cèdre, les planchers de pierres plates ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en pierre ou en bois;
- les ouvertures, dont les baies rectangulaires à double vantail, les portes à double vantail surmontées d'un tympan cintré et les fenêtres cintrées;
- l'ornementation sobre, dont les chambranles en pierre de taille et les petites croix surmontant les faîtes des toits.

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Informations historiques

Après la fondation de Québec en 1608, plusieurs communautés religieuses s'installent en Nouvelle-France pour répandre la parole de Dieu auprès des autochtones, et leur conversion soulève des problèmes d'ordre linguistique et culturel. Ces communautés emploient diverses techniques de persuasion, dont la constitution de missions en territoire amérindien, la traduction de textes religieux en langues autochtones et l'élaboration d'une imagerie compréhensible par les Amérindiens et compatible avec leur culture. C'est en 1717 que la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes est concédée aux Sulpiciens, qui y déménagent leur mission du Sault-au-Récollet. Ils y regroupent des Amérindiens de quatre nations : Algonquins, Nipissings, Agnies et Hurons. En 1733, la mission compte environ 560 Amérindiens résidants. Le calvaire d'Oka est érigé entre 1740 et 1742, à l'initiative du sulpicien Hamon Le Guen (1687-1761), dans le but d'évangéliser les Amérindiens de la mission. Au moment de leur construction, les chapelles sont dotées de tableaux français représentant des épisodes de la Passion du Christ. Ces peintures, maintenant conservées dans l'église paroissiale de L'Annonciation à Oka, sont rapidement remplacées par des bas-reliefs polychromes en bois, qui résistent mieux au climat québécois. Six bas-reliefs ont été sculptés par François Guernon dit Belleville (vers 1740-1817) en 1775 et 1776 et l'autre par l'un des membres de l'atelier des Écores en 1816. Les chapelles à flanc de colline, qui n'avaient ni mur ni vantaux en façade à l'origine, ont été modifiées et l'ensemble a été rénové à quelques reprises au fil des ans.

Au Moyen Âge, le pèlerinage en Palestine est très prisé des chrétiens, qui reçoivent des indulgences pour la visite des Lieux saints. Les franciscains obtiennent la garde des Lieux saints au XIIIe siècle afin de guider les pèlerins et diffusent la dévotion au chemin de croix. Au XVe siècle, l'idée de recréer les lieux de la Passion dans un environnement naturel émerge, en raison du nombre restreint de fidèles pouvant faire le pèlerinage en Palestine. La dévotion du chemin de croix connaît son apogée au XVIIIe siècle avec la prédication du franciscain saint Léonard de Port-Maurice (1676-1751) qui, entre 1731 et 1751, aurait fait ériger plus de 500 chemins de croix en Europe. Le calvaire d'Oka est le plus ancien de ce type en Amérique et précède le célèbre chemin de croix d'Ouro Prêto (Brésil), commencé vers 1758.

À la suite de tensions survenues au sujet des droits de propriété de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, les Amérindiens désertent progressivement le calvaire d'Oka après 1867. Il devient alors un lieu de pèlerinage important, dont la popularité connaît son apogée au tournant du XXe siècle. La construction d'un quai permet, à partir de 1872, de faire venir par bateaux à vapeur de nombreux pèlerins montréalais, à l'occasion de la fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix, le 14 septembre. En 1889, les journaux mentionnent la présence à Oka, le jour du pèlerinage, d'une foule de 30 000 personnes. Au cours du XXe siècle, ce lieu de pèlerinage perd de la popularité pour ne recevoir que 5 000 personnes en 1948 et quelques centaines à la fin des années 1960. Les bas-reliefs sont retirés des chapelles en 1970 après avoir été la proie des vandales. À cette époque, les chapelles sont aussi en mauvais état.

Le calvaire d'Oka est classé en 1982, pour être ensuite restauré.

Les bas-reliefs sont retirés des édicules en 1970. Ils sont classés en 1973 et conservés pendant plusieurs années dans la sacristie de l'église de L'Annonciation d'Oka. En 2004, des copies réalisées par le sculpteur Georges Vincelli sont installées dans les édicules. Les oeuvres originales sont acquises en 2011 par le Musée de la civilisation.

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Emplacement

Region administrative :

  • Laurentides

MRC :

  • Deux-Montagnes

Municipalité :

  • Oka

Latitude :

45° 28' 55.1"

Longitude :

-74° 3' 53.5"

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Références

Notices bibliographiques :

  • CLOUTIER, Nicole. « Calvaire ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 403-404.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • O'NEIL, Jean. Oka. Montréal, Éditions du Ginkgo, 1987. 140 p.
  • PORTER, John R. et Jean TRUDEL. Le calvaire d'Oka. Ottawa, Galerie nationale du Canada, 1974. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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