Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan

Carte

Description

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est un territoire d'une superficie de 106 kilomètres carrés comprenant une formation calcaire d'une cinquantaine d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs, ainsi que l'espace maritime autour et entre ces composantes. Cet archipel compte des phénomènes géomorphologiques spectaculaires tels que des monolithes d'érosion, une flore très diversifiée dont quelques espèces originales ou rares et une faune abondante surtout composée d'oiseaux marins. Ces éléments se répartissent en six habitats terrestres distincts, soit le littoral, la falaise, la forêt boréale, la tourbière, la lande et le lac, qui sont dans certains cas tous présents sur une même île.

L'archipel longe la côte nord du fleuve Saint-Laurent sur environ 90 kilomètres, de la Longue Pointe jusqu'à l'extrémité est de la baie Saint-Laurent. Il fait face à l'île d'Anticosti et chevauche une partie du territoire de la municipalité de Havre-Saint-Pierre et de la municipalité de Longue-Pointe-de-Mingan.

Ce bien est déclaré site patrimonial. Il compte plusieurs sites archéologiques inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Déclaration Site patrimonial Gouvernement du Québec 1978-11-15
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan présente un intérêt pour sa valeur paysagère. Ce territoire regroupe un ensemble d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs calcaires qui composent avec la mer omniprésente des tableaux tantôt inusités, tantôt pittoresques. L'archipel illustre 300 millions d'années d'érosion, dont les résultats les plus remarquables sont les gigantesques monolithes sur le pourtour des îles. Ils évoquent des êtres ou des objets familiers, tel que le rappelle leur nom commun (pots de fleurs) ou propre (la Montagnaise, le Château, la Bonne Femme de Niapiskau, la Porte du Sauvage, le Petit Percé, la Grenouille, la Botte, etc.). Les six habitats naturels accueillent une flore exceptionnelle par sa pluralité, son originalité et sa rareté, dont le chardon de la Minganie. Ils abritent aussi une faune abondante, surtout constituée d'oiseaux marins. L'archipel a fait l'objet de nombreux récits, poèmes et chansons. Les auteurs ayant écrit sur la Minganie, notamment le comte Henry de Puyjalon (1840-1905), Placide Vigneau (1842-1926) et Roland Jomphe (1917-2003), ont constitué une partie de ses légendes et de son folklore. L'archipel attire aujourd'hui des milliers de visiteurs venus s'évader dans la beauté sauvage de ses paysages.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur historique. L'archipel porte les traces d'au moins deux millénaires d'exploitation humaine. Les premiers occupants amérindiens, attirés par ses ressources marines, sont évoqués dans des sites vieux de 2 000 à 300 ans disséminés dans l'archipel. Des fours circulaires en pierre utilisés pour faire fondre la graisse des mammifères marins rappellent quant à eux les séjours saisonniers effectués par les baleiniers basques aux XVIe et XVIIe siècles ainsi que ceux, plus sporadiques, des Bretons et des Normands. Les vestiges d'un poste de traite témoignent pour leur part du commerce des fourrures durant le Régime français. Concédée en 1679 à Louis Jolliet (vers 1645-1700) et à Jacques de Lalande de Gayon, la seigneurie des îles et îlets de Mingan est exploitée aussi pour la pêche et la chasse aux mammifères marins. Après la Conquête (1760), ces activités sont reprises par des hommes d'affaires et des compagnies marchandes, dont la Compagnie de la Baie d'Hudson, propriétaire de l'archipel de 1832 à 1973. Cette exploitation s'amenuise dans les années 1850 avec la colonisation de la côte nord du fleuve Saint-Laurent, notamment par des Acadiens des îles de la Madeleine, qui profitent de l'archipel de différentes manières (havre hivernal pour les goélettes, bois de construction et de chauffage, foin, etc.). Dans le but de sécuriser la navigation, des phares sont construits en 1888 et en 1915. Par ailleurs, la coexistence de la Compagnie et des habitants de la Côte-Nord est illustrée par les vestiges d'une renardière, de maisons et d'une exploitation commerciale de mollusques et de homards. Depuis l'arrivée de l'industrie minière dans les années 1950, l'archipel sert de lieu de villégiature, et ses ressources sont désormais exploitées à des fins de loisir par les habitants de la Côte-Nord.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan liés à ses valeurs paysagère, historique et archéologique comprennent, notamment :
- l'archipel formé d'une cinquantaine d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs calcaires répartis le long de la côte nord du fleuve Saint-Laurent, en face de l'île d'Anticosti, dont l'île aux Perroquets, l'île de la Maison, la Caye Noire, l'île du Wreck, L'Îlot, l'île Nue de Mingan, l'île du Havre de Mingan, l'île à Bouleaux de Terre, Le Pain de Sucre, l'île à Bouleaux du Large, la Caye à la Tête de Cheval, la Caye à Cochon, La Grande Île, les Rochers de Granite, La Grosse Romaine, l'île Quarry, la Caye de Quarry, La Pile, La Petite Romaine, l'île Niapiskau, l'île à Joson, les Cayes à Meck, l'île à Gazon, l'île de la Pointe aux Morts, l'île du Fantôme, l'île à Firmin, l'île du Havre, l'île à Calculot, l'île aux Goélands, la Petite île au Marteau, la Grosse île au Marteau, la Caye à Foin, la Caye à Loups Marins, l'île Herbée, l'île de la Fausse Passe, l'île à Bouchard, l'île Saint-Charles, l'île aux Oiseaux, l'île à Calculot des Betchouanes, l'île Innu, l'île à Mouton, l'île à la Chasse, l'île Jaune, l'île du Havre à Étienne, l'île du Havre à Sauvage, la Petite île Sainte-Geneviève, l'île Sainte-Geneviève, ainsi que la Cormoraillère Sainte-Geneviève (regroupant deux rochers nommés Le Saint Est et Le Saint Ouest);
- les relations entre ces éléments terrestres et le fleuve;
- les formations géologiques spectaculaires, dont les monolithes d'érosion situés sur le pourtour des îles, les cuestas, les cannelures de glaciers, les falaises mortes, les arches littorales et les demi-cavernes situées à l'intérieur des îles en pleine forêt;
- les six habitats naturels, soit le littoral, la falaise, la forêt boréale, la tourbière, la lande et le lac;
- la flore exceptionnelle par sa pluralité, son originalité et sa rareté;
- la faune abondante;
- les sites amérindiens répartis dans l'archipel;
- les vestiges des fours circulaires en pierre utilisés pour faire fondre la graisse des mammifères marins sur l'île Nue de Mingan et sur l'île du Havre de Mingan;
- les vestiges d'un poste de traite français sur l'île du Havre de Mingan;
- le phare de l'île aux Perroquets et ses dépendances;
- le phare de la Petite île au Marteau et ses dépendances;
- les vestiges d'une renardière sur l'île du Havre;
- les vestiges de maisons sur l'île du Havre et sur l'île de la Maison;
- les vestiges d'une exploitation commerciale de mollusques et de homards sur l'île Saint-Charles;
- la sépulture du comte Henry de Puyjalon (1840-1905), à proximité de son habitation sur l'île à la Chasse;
- le potentiel archéologique du territoire.

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Informations historiques

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est un territoire qui commence à se former il y a 500 millions d'années, alors que des sédiments minéraux et organiques se déposent au fond de la mer bordant le Bouclier canadien pour constituer une plate-forme de roche calcaire qui émerge 200 millions d'années plus tard. Pendant les 300 millions d'années suivantes, elle est soumise à l'action des cours d'eau et de la mer qui découpe l'archipel et sculpte ses fameux monolithes d'érosion. Le soulèvement de la plate-forme et l'érosion ont aussi créé les cuestas, les cannelures de glaciers, les falaises mortes, les arches littorales et les demi-cavernes qui sont aujourd'hui situées à l'intérieur des îles en pleine forêt.

Les Amérindiens sont les premiers occupants de l'archipel. Ils y chassent notamment le phoque et récoltent des mollusques. Leurs passages saisonniers remontent à au moins 2 000 ans.

Aux XVIe et XVIIe siècles, les Basques, les Bretons et les Normands se rendent dans l'archipel pour y chasser la baleine et les autres mammifères marins, pêcher la morue et, à l'occasion, s'adonner au commerce des fourrures avec les Amérindiens. Les Basques débarquent sur les îles, où ils font sécher la morue et construisent des fours circulaires en pierre pour fondre la graisse des mammifères marins.

En 1679, l'archipel est concédé à Louis Jolliet (1645-1700) et à Jacques de Lalande de Gayon. Jusqu'à la fin du Régime français, les seigneurs des îles et îlets de Mingan font la traite des fourrures et exploitent l'eider, le loup-marin et le saumon. Après la Conquête (1760), ces activités sont reprises par des hommes d'affaires et des compagnies marchandes telle la Compagnie de la Baie d'Hudson, propriétaire de l'archipel de 1832 à 1973.

Dans les années 1850, des pêcheurs tentent de s'établir sur la côte nord du fleuve Saint-Laurent, mais ils sont délogés par la Compagnie. En 1854, le gouvernement légifère pour autoriser le peuplement de la Côte-Nord et, en 1858, pour abolir les privilèges de la Compagnie sur les rivières à saumon. Ces mesures permettent la fondation en 1857 du village de Pointe-aux-Esquimaux (renommé Havre-Saint-Pierre en 1927) par des Acadiens des îles de la Madeleine, et dans les années 1880, de celui de Longue-Pointe. Leurs habitants vivent de pêche et de chasse. Ils utilisent les anses de l'archipel comme abri hivernal pour leurs goélettes, et ses îles et îlots les fournissent en foin, bois, animaux à fourrure, oiseaux, mollusques et fruits sauvages.

L'archipel accueille sporadiquement des occupants, notamment l'île de la Maison et l'île du Havre, où la Compagnie fait l'élevage du renard pendant les trente premières années du XXe siècle. Afin de sécuriser la navigation, deux phares sont construits. Les deux premiers gardiens du phare érigé en 1888 sur l'île aux Perroquets, le comte Henry de Puyjalon (1840-1905) et Placide Vigneau (1842-1926), ont beaucoup écrit sur l'histoire et la nature de la Minganie. Le second phare est bâti en 1915 sur la Petite île au Marteau.

Avec l'arrivée de l'industrie minière dans les années 1950, l'archipel n'est plus exploité pour le commerce ou la subsistance par la population locale, mais à des fins de loisir. Muse du poète et chantre de la Minganie Roland Jomphe (1917-2003), il devient un lieu de villégiature qui, depuis la décennie 1980, est visité par un nombre croissant de touristes.

Le patrimoine naturel unique de l'archipel a, depuis le XIXe siècle, attiré l'attention des scientifiques, tel le frère Marie-Victorin (1885-1944). Afin de contrer le pillage des oeufs d'oiseaux sauvages, le gouvernement canadien impose des contrôles et y crée en 1925 deux sanctuaires d'oiseaux. Il acquiert l'archipel en 1983 et le désigne Réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan l'année suivante. Sa nature est depuis mise en valeur par des activités d'interprétation.

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est déclaré en 1978 par le gouvernement du Québec.

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Emplacement

Region administrative :

  • Côte-Nord

MRC :

  • Minganie

Municipalité :

  • Havre-Saint-Pierre
  • Longue-Pointe-de-Mingan

Lieux-dits :

  • Mingan

Localisation informelle :

L'arrondissement naturel de l'Archipel-de-Mingan longe la côte sur environ 90 kilomètres, à partir de la Longue-Pointe de Mingan jusqu'à l'extrémité est de la baie Saint-Laurent.

Latitude :

50° 12' 10.0"

Longitude :

-63° 28' 47.0"

Code Borden

EbCs-10 EbCs-11 EbCs-16 EbCs-17
EbCs-18 EbCt-2 EbCt-3 EbCt-6
EbCt-7 EbCu-3 EbCu-4 EbCv-23
EbCv-24 EbCv-26 EbCv-32 EbCw-46
EbCw-47 EbCw-48 EbCw-49 EbCw-50
EbCw-55 EbCw-56 EbCw-57 EbCx-1
EbDa-42 EbDa-43 EbDa-52 EbDa-6
EbDb-2 EbDb-3 EbDb-4 EbDb-5
EbDb-a      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BERUBE, André. « Archipel de Mingan ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 481-485.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • COUILLARD, Line, Pierre GRONDIN et al. Les îles de Mingan, des siècles à raconter. Québec, Ministère de l'Environnement, 1983. 241 p.
  • GAUTHIER LAROUCHE, Georges. Origine et formation de la toponymie de l'archipel de Mingan. Études et recherches toponymiques, 1. Québec, Gouvernement du Québec, Commission de toponymie, 1981. 165 p.
  • MARIE-VICTORIN, Frère et Frère ROLLAND-GERMAIN. Flore de l'Anticosti-Minganie. Montréal, Presses de l'université de Montréal, 1969. 527 p.
  • MOOGK, Peter N. « Talon, Jean ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • PELLETIER, Hervé. « L'archipel de Mingan : un jardin naturel fascinant ». Continuité. No 36 (1987), p. 63.
  • PELLETIER, Hervé. « La Minganie : le refuge d'une végétation exceptionnelle ». Milieu. No 33 (1986), p. 11-14.

Multimédias disponibles en ligne :

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