Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile

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Description

L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile est un ensemble religieux de tradition catholique. Il comprend la cathédrale de Sainte-Cécile, le palais épiscopal - évêché de Valleyfield, le couvent des soeurs de la Providence ainsi que le couvent des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie. La construction de ces édifices s'échelonne de 1894 à 1957. L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile est situé à proximité d'une rue commerciale, dans le noyau historique de Salaberry-de-Valleyfield.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments et aux terrains.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Salaberry-de-Valleyfield) 1997-02-18
 

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Valeur patrimoniale

L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il est représentatif des ensembles religieux présents dans les centres régionaux du Québec. Ceux-ci se composent généralement de bâtiments à vocation religieuse et éducative. Ils forment le coeur villageois de plusieurs agglomérations de la vallée du Saint-Laurent. L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile est situé à proximité de l'ancien canal de Beauharnois. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, cette voie d'accès favorise le développement industriel de Salaberry-de-Valleyfield. La rue de la Fabrique relie les édifices religieux à ce cours d'eau. La large rue et son terre-plein ajoutent de la monumentalité à cette perspective. Elle conduit à la cathédrale à laquelle se jouxtent le presbytère et les couvents. Les premiers bâtiments de chacune des institutions sont construits entre 1856 et 1884, établissant les bases de l'ensemble. Lors de la création du diocèse de Valleyfield en 1892, la paroisse de Sainte-Cécile est choisie comme siège épiscopal changeant le statut de l'église de Sainte-Cécile en cathédrale. Au fil des décennies, les institutions sont remplacées à cause d'incendies ou pour répondre à de nouveaux besoins. L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile rappelle l'importance de la paroisse dans la municipalité et dans la région.

L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Il témoigne de l'évolution des styles architecturaux des bâtiments religieux au cours de la première moitié du XXe siècle. Les bâtiments actuels de l'arrondissement sont construits entre 1894 et 1957. Le plus ancien bâtiment de l'ensemble est le couvent des soeurs de la Providence. En brique rouge, il est édifié d'après les plans de l'architecte L.-H. Thibodeau. Il se caractérise par l'élévation de trois étages et demi, le soubassement en pierre calcaire bosselée et l'ornementation, notamment les motifs sculptés des arcs des fenêtres. La cathédrale de Sainte-Cécile et le couvent des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie sont reconstruits à la suite d'un incendie en 1933. Le lieu de culte est conçu par l'architecte montréalais Henri Sicotte-Labelle (né en 1896), assisté des architectes Eugène Perron, Jean-Marie Lafleur (1902-1985) et Louis-Napoléon Audet (1881-1971). Il présente un plan en croix latine, une façade symétrique encadrée de deux tours et des éléments ornementaux inspirés du néogothique, dont les arcs brisés ainsi que le clocheton orné de crochets. Les architectes Joseph Dalbé Viau (1889-1938) et Louis-Alphonse Venne (1875-1934) établissent les plans du couvent. Ils optent pour des caractéristiques de style Art déco, dont la brique vernissée de couleur claire, les élans verticaux créés par les renfoncements de certaines fenêtres et les jeux de brique en ressaut. Finalement, le presbytère, également dessiné par Henri Sicotte-Labelle, est construit en 1956 et 1957. De facture plus moderne, il s'intègre à l'ensemble de la cathédrale par son parement en pierre, son élévation de trois étages et son toit couvert de tôle à baguettes. L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile illustre la cohabitation de diverses formes architecturales au sein des ensembles institutionnels catholiques.

Source : Ville de Salaberry-de-Valleyfield, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- l'allée monumentale et son terre-plein, reliant la cathédrale à l'ancien canal;
- la situation au coeur du noyau historique, à proximité d'une rue commerciale;
- les caractéristiques du couvent des soeurs de la Providence, entre autres son volume, dont le plan irrégulier, l'élévation de trois étages et demi, le soubassement et le toit plat, les matériaux, dont le parement en brique rouge, le soubassement en pierre calcaire bosselée, le béton ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en pierre, les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires (dont certaines sont inscrites dans une ouverture à arc surbaissé) et les portes à simple vantail, ainsi que l'ornementation, dont la corniche, la croix, les pilastres, les motifs sculptés, les bandeaux et la marquise;
- les caractéristiques de la cathédrale de Sainte-Cécile, entre autres son volume, dont le plan en croix latine composée d'une nef rectangulaire, de bas-côtés, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants droits couvert de cuivre posé à baguettes et le clocheton avec crochets, la façade en granit bosselé, dont les deux tours latérales surmontées d'un clocher (doté d'une chambre des cloches carrée percée d'ouvertures en arc brisé, d'une flèche ouvragée et d'une croix), le pignon couronné d'une croix, le portail triple à arc brisé (composé de portes à double vantail en bronze ornées de bas-reliefs, de tympans vitrés et d'une frise), la large ouverture en arc brisé à remplage en pierre et en bois, les fenêtres jumelées à arc brisé ou rectangulaires, les lucarnes, les tourelles ornementales, les chambranles et le jambage harpé en pierre de taille ainsi que le bandeau en cuivre, les murs de la nef et du choeur, dont la maçonnerie en pierre à bossage, le soubassement en béton, les fenêtres à arc brisé (certaines groupées par deux ou trois), les soupiraux rectangulaires, les chambranles en pierre de taille lisse et les portes à double vantail surmontées d'un tympan vitré à arc brisé;
- les caractéristiques du couvent Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, entre autres son volume, dont le corps de logis principal en « L », l'élévation de quatre étages, le soubassement et le toit plat, les matériaux, dont le parement en brique vernissée beige, le soubassement en pierre à bossage ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en béton, les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à guillotine, la porte vitrée à double vantail surmontée d'une imposte et les soupiraux, ainsi que l'ornementation, dont les renfoncements, les jeux de brique en ressaut, les bandeaux, la croix et la cartouche;
- les caractéristiques du presbytère, entre autres son volume, dont le plan irrégulier, l'élévation de trois étages, le soubassement peu dégagé et le toit brisé, les matériaux, dont le parement en pierre à bossage, la couverture en tôle à baguettes et les éléments ornementaux et architecturaux en pierre de taille, les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à imposte et la porte vitrée à double vantail surmontée d'une imposte, ainsi que l'ornementation, dont les chambranles et le bandeau.

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Informations historiques

L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile est situé au coeur du noyau historique de Salaberry-de-Valleyfield. Le développement de la ville s'accélère au moment de la construction du canal de Beauharnois, de 1842 à 1845. Cette voie de transport maritime favorise l'implantation d'industries. Dix ans après l'inauguration du canal, la paroisse de Sainte-Cécile est fondée. La première église est érigée en 1856 et 1857, suivie du presbytère en 1864. Les soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie enseignent aux jeunes filles campivallensiennes à partir de 1866; toutefois, leur couvent n'est édifié que quatre ans plus tard. La population de Salaberry-de-Valleyfield croît rapidement. Les architectes Maurice Perrault (1857-1909) et Albert Mesnard (1847-1909) conçoivent donc une église plus grande, érigée à l'emplacement de la première. Le chantier s'échelonne de 1882 à 1884. Le noyau institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile prend de l'expansion au cours de la deuxième moitié de la décennie avec la construction de l'hospice Saint-Vincent-de-Paul et d'un nouveau presbytère. Les soeurs de la Providence deviennent responsables de l'hospice et s'y installent en 1889. La paroisse de Sainte-Cécile est choisie comme siège épiscopal lors de la création du diocèse de Valleyfield en 1892. L'église de Sainte-Cécile devient donc cathédrale.

Le premier hospice étant devenu trop petit, l'architecte L.-H. Thibodeau dessine un nouvel édifice pour les soeurs de la Providence en 1894. En plus d'héberger les religieuses, plusieurs services y sont offerts, notamment l'éducation des jeunes enfants ainsi que l'hospitalité aux prêtres retraités, aux orphelines, aux dames âgées et infirmes. À partir de 1898, les vieillards ont également accès à l'hospice. De 1925 à 1928, d'autres travaux sont effectués pour l'agrandir du côté nord et le surhausser.

En 1933, un incendie se déclare dans la cathédrale, puis s'étend aux édifices des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie. Le lieu de culte et le couvent sont reconstruits l'année suivante. Joseph Dalbé Viau (1889-1938) et Louis-Alphonse Venne (1875-1934) dressent les plans de ce dernier. La cathédrale est conçue par l'architecte montréalais Henri Sicotte-Labelle (né en 1896), assisté des architectes Eugène Perron, Jean-Marie Lafleur (1902-1985) et Louis-Napoléon Audet (1881-1971). L'artiste Guido Nincheri réalise trois séries de verrières pour ce projet. Par ailleurs, la statue de sainte Cécile et les portes en bronze, représentant des événements de la vie du Christ, sont l'oeuvre d'Albert Gilles.

Au cours de la seconde moitié de la décennie 1950, d'autres travaux sont effectués dans l'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile. D'abord, le couvent des soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie est agrandi selon les plans de Jean-Marie Lafleur. Une chapelle et un auditorium sont notamment ajoutés. Puis, en 1957, Henri Sicotte-Labelle participe une autre fois à l'architecture du noyau diocésain en réalisant les plans de l'évêché.

Les soeurs de la Providence quittent en 1979 leur bâtiment alors transformé en résidence pour personnes âgées autonomes. La cathédrale de Sainte-Cécile est consacrée en 1985 et elle est déclarée basilique mineure par un décret du pape Jean-Paul II en 1991. Quelques années plus tard, la congrégation des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie quitte à son tour le couvent.

L'arrondissement institutionnel de la paroisse de Sainte-Cécile est constitué site du patrimoine en 1997. En 2002, un autre incendie endommage la cathédrale de Sainte-Cécile. Au cours des années suivantes, des travaux sont amorcés pour restaurer la cathédrale.

L'ensemble est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Beauharnois-Salaberry

Municipalité :

  • Salaberry-de-Valleyfield

Lieux-dits :

  • Valleyfield

Latitude :

  • 45° 15' 19.0"

Longitude :

  • -74° 8' 8.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Beauharnois Paroisse de Sainte-Cécile Absent 1077
1082
1083
1453-P
239-1

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CODEBECQ, Me Charles. Inventaire historique de la cité de Salaberry-de-Valleyfield. Salaberry-de-Valleyfield, Hôtel-de-ville, 1973. 88 p.
  • s.a. La cathédrale de Salaberry-de-Valleyfield : histoire, souvenirs, méditation. Québec, 1963. 63 p.
  • SAINT-AUBIN, Mgr Joseph Damien. Salaberry-de-Valleyfield, 1842 à 1972 : histoire religieuse, municipale, scolaire, commerciale et industrielle. Valleyfield, Imprimerie Brault, 1972. 219 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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