Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Monastère du Bon-Pasteur

Carte

Description

Le monastère du Bon-Pasteur est un ensemble conventuel de style néoclassique construit à partir de 1846. Le bâtiment en pierre de taille est formé d'un corps central traversé par trois ailes perpendiculaires. Les bâtiments forment un plan en « E » du côté ouest et un plan en « F » du côté est. Les ailes du monastère sont dotées d'un soubassement et présentent une élévation de trois étages et demi. Elles sont coiffées de toits à deux versants droits percés de lucarnes. Une tour-lanterne à dôme surmontée d'un clocheton s'élève au-dessus de la chapelle publique. Un presbytère en brique, construit en 1896, complète l'ensemble. Le monastère du Bon-Pasteur est implanté en bordure d'une voie publique importante, dans l'arrondissement de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il bénéficie d'une aire de protection.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1979-07-11
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1981-01-27

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

Le monastère du Bon-Pasteur présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment témoigne de l'histoire des communautés religieuses féminines au Québec. En 1844, les soeurs de Notre-Dame du Bon Pasteur d'Angers s'établissent à Montréal. Elles répondent ainsi à l'invitation de monseigneur Ignace Bourget (1799-1885), évêque de Montréal, qui demande à certaines communautés françaises de s'installer dans son diocèse, en manque de personnel religieux. Les soeurs s'engagent à prendre soin des jeunes filles « protégées » (délinquantes) et « préservées » (pauvres, abandonnées ou inadaptées). Trois ans plus tard, elles s'installent dans leur nouveau monastère. Leur mission s'élargit au fil du temps. Une académie des demoiselles (destinée à l'enseignement) et une école de métiers s'ajoutent au monastère. À l'extérieur, les soeurs fondent entre autres l'académie Saint-Louis-de-Gonzague ainsi que le sanatorium Sainte-Euphrasie et dirigent la prison des femmes. Le monastère du Bon-Pasteur témoigne ainsi de l'action diversifiée de cette communauté religieuse féminine au Québec.

Le monastère du Bon-Pasteur présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment, dont la construction s'échelonne de 1846 à 1893, constitue un exemple achevé de l'architecture conventuelle du XIXe siècle. Sans rompre avec la tradition, cette architecture se caractérise notamment par le recours au vocabulaire classique, la sobriété du décor et l'emploi de la pierre de taille. Laissant peu de place à l'architecte, elle repose sur le savoir-faire du maître d'oeuvre et reproduit les éléments du modèle néoclassique élaboré pour le clergé par l'architecte John Ostell (1813-1892) et le jésuite Félix Martin (1804-1886). Le monastère du Bon-Pasteur reflète l'architecture conventuelle d'esprit français, notamment par ses toits à deux versants droits et sa cour intérieure, fermée à l'origine par un mur de pierre. Le bâtiment principal en pierre de taille grise est monumental. Haut de trois étages et demi, il est formé d'un corps central de plan rectangulaire traversé par trois ailes perpendiculaires. La chapelle publique, conçue en 1878 par l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888), se distingue par sa position au centre de l'édifice, le décor de sa façade et sa tour-lanterne à dôme coiffée d'un clocheton. Elle comprend quatre nefs opposées deux à deux autour du choeur : une pour les religieuses, une pour les « protégées », une pour les « préservées » et une pour le public. En 1896, un presbytère s'ajoute à l'ensemble. Le bâtiment en brique est doté d'un soubassement en pierre. Sa fenêtre en saillie, son oriel latéral à pans coupés et sa corniche en encorbellement témoignent de l'influence de l'architecture éclectique. Les différentes ailes du monastère du Bon-Pasteur forment un ensemble homogène qui témoigne de la persistance des formes traditionnelles et du vocabulaire classique dans l'architecture conventuelle du XIXe siècle.

Le monastère du Bon-Pasteur présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. L'édifice s'élève sur un terrain donné aux religieuses en 1846 par Marie-Amable Foretier (1778-1854), épouse de Denis-Benjamin Viger (1774-1861), un homme politique important du Bas-Canada et du Canada-Uni. Le terrain était alors situé en dehors des limites de la ville de Montréal, dans un hameau remontant au XVIIIe siècle nommé Côte-à-Baron. Le monastère est l'un des premiers édifices publics, avec l'Université McGill, à border la rue Sherbrooke. Son emplacement témoigne ainsi de l'essor de la ville de Montréal au milieu du XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du monastère du Bon-Pasteur liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son emplacement dans l'ancien hameau de la Côte-à-Baron, en bordure des rues Sherbrooke Est, Saint-Dominique et De Bullion;
- son volume, dont le plan irrégulier composé d'un corps central rectangulaire traversé par trois ailes perpendiculaires (formant un plan en « E » côté rue et en « F » côté cour), le soubassement dégagé, les trois étages et demi, les toits à deux versants droits couverts de tôle à baguettes et la tour-lanterne à dôme surmontée d'un clocheton couronnant la chapelle centrale;
- les matériaux, dont la maçonnerie de pierre calcaire grise taillée, les murs portants en pierre et les appuis de fenêtre en pierre de taille;
- les ouvertures disposées régulièrement, dont les fenêtres rectangulaires à petits carreaux, les fenêtres à arc surbaissé des pignons ainsi que les lucarnes rampantes et à pignon (parfois sur deux rangées);
- les retours de corniche;
- le porche en pierre de la façade de l'aile nord-est (doté d'un portail cintré, de pilastres, d'un entablement et d'un fronton);
- la façade de la chapelle comportant un pignon central souligné par une arcature et surmonté d'une croix de fer, des piliers latéraux, ainsi qu'un portail dont l'arc s'appuie sur un bandeau, une triple fenêtre et une niche avec la statue du Bon Pasteur, tous à arc en plein cintre;
- les caractéristiques intérieures de la chapelle, dont les quatre nefs opposées deux à deux autour du choeur, les balcons ainsi que les éléments décoratifs (arcs, entablement et doubles pilastres à chapiteau ionique) et le puits de lumière du choeur;
- les caractéristique du presbytère, dont son plan en forme de parallélogramme, son élévation de deux étages, le toit plat, le soubassement en pierre, le parement en brique, la fenêtre en saillie en façade, l'oriel latéral à pans coupés, la porte à double vantail surmonté d'une imposte vitrée, les fenêtres rectangulaires (certaines groupées par deux), la corniche à encorbellement ainsi que les appuis et les linteaux en pierre.

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Informations historiques

Les soeurs de Notre-Dame du Bon Pasteur d'Angers s'établissent à Montréal en 1844. Elles répondent ainsi à l'invitation de monseigneur Ignace Bourget (1799-1885), évêque de Montréal, qui demande à certaines communautés françaises de s'installer dans son diocèse, en manque de personnel religieux. Elles s'engagent à prendre soin des jeunes filles « protégées » (délinquantes) et « préservées » (pauvres, abandonnées ou inadaptées).

La communauté s'installe d'abord dans le quartier Sainte-Marie. Ce secteur ne convient toutefois pas à la réhabilitation de leurs pensionnaires. En 1846, Marie-Amable Foretier (1778-1854), épouse de Denis-Benjamin Viger (1774-1861), homme politique important du Bas-Canada et du Canada-Uni, leur offre un terrain pour établir leur monastère. Ce terrain est alors situé en dehors des limites de la ville de Montréal, dans un hameau remontant au XVIIIe siècle nommé Côte-à-Baron. La construction du bâtiment principal commence la même année. Pendant l'épidémie de typhus de 1847, l'épidémie de choléra de 1849 et l'incendie de Montréal de 1852, il sert de refuge à la population.

La mission des religieuses s'élargit au fil du temps, ce qui entraîne de nombreux agrandissements. En 1861, l'aile nord-est du bâtiment principal est érigée pour abriter l'académie des demoiselles, destinée à l'enseignement. Cette aile est réalisée notamment grâce à un don de Antoine-Olivier Berthelet (1798-1872), homme d'affaires, ancien député à la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada et philanthrope. En 1878, une chapelle publique est greffée à l'avant. Cette chapelle est élevée selon les plans de l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888). Elle permet à la population environnante d'avoir accès à un lieu de culte en attendant la construction d'une église paroissiale. Une nouvelle aile est annexée en 1884 pour y inclure une école de métiers. Cette aile est a allongé de nouveau vers la rue Sherbrooke en 1893. Un presbytère est construit en 1896 à l'angle des rues Sherbrooke et Cadieux (actuellement De Bullion).

Entre 1888 et 1903, une buanderie, des ateliers et des dépendances sont érigés derrière le monastère. Ces bâtiments permettent de fermer la cour intérieure.

L'activité des religieuses s'étend également à l'extérieur du monastère. Elles fondent l'académie Saint-Louis-de-Gonzague, le sanatorium Sainte-Euphrasie, le pensionnat Saint-Hubert, la maison de Lorette et la maison Sainte-Domitille. Le gouvernement de la province de Québec leur confie de plus la direction de la prison des femmes de la rue Fullum.

Dans les années 1960, le rôle des religieuses change à mesure que l'État s'investit dans la mission éducative et sociale. En 1961, la communauté fait construire une nouvelle maison provinciale à Pierrefonds. Le monastère est vendu à la Société d'habitation du Québec en 1979.

Le monastère du Bon-Pasteur est classé en 1979. Il bénéficie d'une aire de protection depuis 1981.

En 1984, la Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA) acquiert l'ensemble et le transforme en un centre multiservice qui comprend une résidence pour personnes âgées, une coopérative d'habitation, une garderie et des copropriétés. Quant à la chapelle publique, elle est devenue une salle de concert. La reconversion du monastère du Bon-Pasteur est soulignée par un prix de la Fondation canadienne pour la protection du patrimoine en 1987.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 100, rue Sherbrooke Est
  • 104, rue Sherbrooke Est
  • 52, rue Sherbrooke Est
  • 56, rue Sherbrooke Est
  • 60, rue Sherbrooke Est

Lieux-dits :

  • Côte-à-Baron

Latitude :

  • 45° 30' 47.8"

Longitude :

  • -73° 34' 7.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Cité de Montréal (quartier Saint-Louis) Absent 781

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GIGUÈRE, Georges-Émile. « Martin, Félix ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • JAMES, Ellen S. « Ostell, John ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • LEFORT, André et Fernand OUELLET. « Viger, Denis-Benjamin ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • NOPPEN, Luc. « Bourgeau (Bourgeault), Victor ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • NOPPEN, Luc. « Maison du Bon-Pasteur ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 94-96.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 2. Montréal, Les Éditions La Presse, 1988. 421 p.
  • SYLVAIN, Philippe. « Bourget, Ignace ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Multimédias disponibles en ligne :

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Gouvernement du Québec

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