Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de La Prairie

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Arrondissement historique de La Prairie

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • La Prairie

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (189)

Personnes associées (2)

Carte

Description

Le site patrimonial de La Prairie couvre une superficie de 220 acres et comprend un noyau villageois ainsi que deux zones tampons qui s'étendent au nord et au sud de celui-ci. Il est délimité par le fleuve Saint-Laurent à l'ouest, la rue Saint-Laurent à l'est, la rivière Saint-Jacques au nord et la rue Longtin au sud. Ce périmètre correspond à l'emplacement de la mission des Jésuites, du fort de La Prairie ainsi que du vieux bourg. Le territoire se compose de basses terres fertiles au relief peu accusé, la partie du vieux bourg se trouvant sur l'une des rares éminences.

Ce secteur a rempli plusieurs fonctions au cours de son histoire en raison de son emplacement stratégique sur la route maritime, terrestre et ferroviaire reliant Montréal et la Nouvelle-Angleterre entre les XVIIe et XIXe siècles. En effet, La Prairie se situe sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à l'île de Montréal. La ville occupe les rives d'une baie en aval du lac Saint-Louis et des rapides de Lachine. Le lieu est particulièrement bien desservi par un réseau hydrographique qui facilite l'accès à la rivière Richelieu et donc à tout le territoire continental au sud de Montréal. Le vieux bourg, de forme trapézoïdale, évoque le relief naturel, mais n'en est pas le reflet exact. Par exemple, l'emplacement de l'église paroissiale a été considérablement rehaussé, pour mettre à l'abri des inondations les sépultures qui l'entouraient jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Ce bien est déclaré site patrimonial. Il comprend plusieurs sites archéologiques amérindiens préhistoriques et euroquébécois inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Il compte quelque 283 bâtiments, dont 113 édifices de valeur patrimoniale, 60 édifices contemporains et 90 dépendances.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Déclaration Site patrimonial Gouvernement du Québec 1975-07-23
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de La Prairie présente un intérêt pour sa valeur historique. Longtemps, ce territoire est la tête de pont d'un couloir de liaison majeur entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu. Fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire, il est concédé en seigneurie aux Jésuites en 1647 et une mission est fondée vingt ans plus tard. La Prairie joue un rôle stratégique pour la défense de Montréal avec l'érection d'une palissade en pieux en 1687, dont l'alignement se voit encore dans le tracé de la ville. Le bourg s'impose aussi dans le réseau des échanges commerciaux. La paroisse, créée en 1692, est l'une des plus anciennes de la région de Montréal et l'une des plus populeuses jusqu'à son démembrement en 1752. Après la Conquête (1760), des commerçants britanniques s'installent à La Prairie et prennent en main l'économie. Son expansion est accélérée par la mise en place du premier chemin de fer canadien en 1836. C'est l'âge d'or du bourg. L'incendie de 1846 le détruit presque entièrement et la construction de nouvelles infrastructures de transport entraîne son déclin. Vers 1890, l'ouverture de briqueteries donnera un nouvel essor à son économie. De nos jours, le site témoigne du passé de La Prairie et de son importance dans l'histoire du Québec.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. Les sites recensés permettent de reconstituer les campements amérindiens préhistoriques, la mission jésuite, le fort français, le cadre bâti durant le régime seigneurial ainsi que les briqueteries du XIXe siècle. Les archéologues ont notamment mis au jour les vestiges d'une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle de tradition médiévale peut-être unique au Québec. Les composantes archéologiques illustrent le système défensif en Nouvelle-France, documentent les échanges sociaux et économiques entre les Amérindiens et les colons ou encore évoquent la vie domestique et les pratiques religieuses. Elles témoignent de l'importance géographique du lieu et de l'ancienneté de son occupation.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur urbanistique liée à l'intégrité de sa trame villageoise. Le réseau actuel du vieux bourg est formé d'anciennes rues étroites et irrégulières qui rappellent le tracé trapézoïdal de l'ancien fort. Les deux principales artères sont tracées au XVIIe siècle. Les bâtiments occupent des lots étroits et profonds, mais sont implantés en bordure de la rue ou avec une faible marge de recul de la voie publique. Le chemin Saint-Jean mène de la mission jésuite et de la maison seigneuriale à la rivière Richelieu. L'intersection de la rue Sainte-Marie et du chemin Saint-Jean évoque l'ancienne église paroissiale et la première place du marché. Les rues Saint-Georges et Sainte-Marie sont tracées au XVIIIe siècle. Enfin, le mur d'une digue érigée en bordure du fleuve à la fin du XIXe siècle retrace l'emplacement initial du rivage, aujourd'hui très éloigné en raison du remblayage occasionné par la construction de la voie maritime du Saint-Laurent et d'une autoroute. La trame du site témoigne donc de près de quatre siècles d'histoire.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur architecturale. Le territoire comporte une importante concentration de bâtiments anciens. Environ 50 pour cent de ceux-ci ont plus de cent ans et deux habitations remonteraient au Régime français. Les résidences en bois du XIXe siècle dominent le paysage. L'église, conçue en 1840 par Pierre-Louis Morin (1811-1886), est l'un des éléments architecturaux les plus intéressants du secteur. Sa façade et son décor intérieur, rénovés en 1856, sont l'oeuvre de l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888). L'édifice en brique rouge du Vieux-Marché (milieu du XIXe siècle) et l'ancien bureau de poste en pierre (1892) comptent aussi parmi les édifices remarquables de La Prairie.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de La Prairie liés à ses valeurs historique, archéologique, urbanistique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation stratégique sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à l'île de Montréal, sur les rives d'une baie en aval du lac Saint-Louis et des rapides de Lachine;
- les composantes archéologiques témoignant de l'occupation amérindienne du lieu, dont les vestiges de campements amérindiens du Sylvicole moyen et supérieur (principalement datés entre 500 après J.-C. et 1200 après J.-C.);
- les composantes archéologiques associées au Régime français, dont la mission jésuite et les vestiges de la palissade en pieux du fort français;
- les vestiges d'une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle unique à ce jour au Québec;
- les composantes archéologiques témoignant du cadre bâti au cours du régime seigneurial, dont les vestiges du manoir seigneurial et d'un moulin banal;
- les composantes témoignant des fonctions domestiques, religieuses, commerciales et industrielles, dont les vestiges du vieux marché, d'une auberge, de bâtiments à vocation résidentielle et artisanale (briqueteries), de voies de communication, d'un cimetière et de bâtiments à caractère religieux et institutionnel;
- le tracé étroit et irrégulier des rues;
- l'implantation des bâtiments en bordure ou avec une faible marge de recul de la voie publique;
- les lots étroits et profonds;
- la densité d'occupation du sol;
- la situation de l'ensemble institutionnel dans la trame;
- la rue Saint-Ignace et le chemin Saint-Jean datant du XVIIe siècle;
- les rues Sainte-Marie et Saint-Georges datant du XVIIIe siècle;
- le mur de la digue érigée en bordure du fleuve à la fin du XIXe siècle;
- les bâtiments résidentiels, dont deux maisons remontant probablement au Régime français (240 et 380, rue Saint-Ignace), les maisons en pierre, en brique ou en bois construites ou réaménagées après les incendies de 1846 et de 1901;
- les bâtiments publics et commerciaux, dont l'édifice du Vieux-Marché en brique (milieu du XIXe siècle), le bureau de poste de style richardsonien avec ses ouvertures cintrées et sa maçonnerie en pierre à bossage (1892), l'ancienne banque (dotée d'un toit en ardoise) et l'ancien magasin général;
- les édifices institutionnels, dont l'église (1840-1856), le presbytère (1910), le couvent de la congrégation de Notre-Dame (1902), la chapelle de l'ensemble conventuel des Soeurs de la Providence (deuxième moitié du XIXe siècle), le reste de l'ensemble conventuel des Soeurs de la Providence (après 1901), le charnier au nord-est de l'église (1834) et l'ancien muret du cimetière (1817-1861);
- les nombreux bâtiments secondaires.

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Informations historiques

Le territoire de l'actuel site patrimonial de La Prairie demeure pendant longtemps la tête de pont d'un important couloir de communication entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu. Ce territoire est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. C'est pour eux un lieu de passage et de campement saisonnier avant de pénétrer à l'intérieur des terres.

En 1647, la seigneurie de La Prairie, alors La Prairie-de-la-Magdeleine, est concédée aux Jésuites. C'est l'une des premières seigneuries de la rive sud de Montréal. Vingt ans plus tard, les Jésuites fondent la mission Saint-François-Xavier-des-Prés pour sédentariser les Amérindiens afin de les convertir au christianisme. Cette mission sert notamment de relais pour les missionnaires oeuvrant dans la région des Grands Lacs et au-delà. Parallèlement, les premières censives sont concédées. En 1673, on compte plus de 200 Amérindiens évangélisés vivant près des colons. Après seulement neuf ans d'existence, la mission est déménagée pour diverses raisons; cette dernière sera finalement établie à Kahnawake en 1716.

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, le noyau villageois prend forme. Un premier moulin à farine est construit en 1676 et une première église de bois, en 1687. Les deux principales artères, dont le tracé est déterminé par la rive du fleuve et la palissade, sont alors établies. Ces rues se caractérisent par leur étroitesse et leur irrégularité. Les bâtiments occupent des lots étroits et profonds, mais sont implantés en bordure de la rue ou avec une faible marge de recul de la voie publique.

À cette époque, La Prairie joue un rôle stratégique dans la défense de Montréal. À partir de 1689, le village est entouré d'une palissade de pieux. En 1691, ce fort résiste à l'assaut d'un contingent anglo-iroquois provenant de New York. La Prairie sert à la défense avancée de Montréal contre l'envahisseur américain jusqu'en 1812. En 1775, les Américains y auraient même érigé un blockhaus.

La Prairie s'impose aussi dans le réseau des échanges commerciaux comme plaque tournante dans le trafic des produits vers les États-Unis. Pendant le Régime français, l'endroit est lié au commerce et à la contrebande de fourrures. Après la Conquête (1760), des commerçants britanniques s'y installent et prennent en main l'économie. La Prairie s'imposera comme le chef-lieu de sa région. Son développement est accéléré par la construction du premier chemin de fer au Canada, en 1836; constitué de rails de bois, il relie La Prairie et Saint-Jean-sur-Richelieu. Les voyageurs et les marchandises transportés par les navires et le train et qui transitent par La Prairie font entrer le village dans un véritable âge d'or. Les rues Saint-Georges et Sainte-Marie sont alors tracées. L'église actuelle est construite en 1840 par l'architecte Pierre-Louis Morin (1811-1886); la façade et le décor intérieur seront rénovés en 1856 par l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888).

Le déclin de La Prairie est engendré par un incendie majeur en 1846 et par la construction de nouvelles infrastructures de transport. En 1851, le chemin de fer est prolongé jusqu'à Saint-Lambert, et La Prairie cesse d'être la tête de pont du réseau. Vers 1890, l'établissement de briqueteries donne un nouvel essor à l'économie, qui ne progresse toutefois pas au même rythme que par le passé au XXe siècle. En 1909, La Prairie obtient le statut de ville. La construction du boulevard Taschereau en 1932, l'inauguration de la voie maritime en 1959 ainsi que l'aménagement de la route 132 en 1964 isolent cependant le Vieux-La Prairie de ses anciens axes de développement.

Le site patrimonial de La Prairie est déclaré en 1975. Depuis, les efforts se multiplient pour revitaliser l'arrondissement, témoin du passé de la ville et de sa place déterminante dans l'histoire du Québec et du Canada au XVIIIe et dans la première moitié du XIXe siècle.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Roussillon

Municipalité :

  • La Prairie

Localisation informelle :

Le site est délimité par le fleuve Saint-Laurent à l'ouest, la rue Saint-Laurent à l'est, la rivière Saint-Jacques au nord et la rue Longtin au sud

Latitude :

45° 25' 14.7"

Longitude :

-73° 29' 41.5"

Code Borden

BiFi-11 BiFi-12 BiFi-13 BiFi-14
BiFi-15 BiFi-16 BiFi-18 BiFi-19
BiFi-20 BiFi-21 BiFi-22 BiFi-23
BiFi-26 BiFi-27 BiFi-28 BiFi-29
BiFi-3 BiFi-30 BiFi-31 BiFi-32
BiFi-33 BiFi-34 BiFi-35 BiFi-36
BiFi-37 BiFi-38 BiFi-39 BiFi-4
BiFi-40 BiFi-41 BiFi-42 BiFi-43
BiFi-44 BiFi-45 BiFi-46 BiFi-47
BiFi-48 BiFi-49 BiFi-5 BiFi-50
BiFi-51 BiFi-52 BiFi-53 BiFi-54
BiFi-55 BiFi-56 BiFi-57 BiFi-58
BiFi-59 BiFi-6 BiFi-60 BiFi-61
BiFi-62 BiFi-63 BiFi-7 BiFi-a (en réservation)

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Références

Notices bibliographiques :

  • BRODEUR, Mario. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de La Prairie. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2004. s.p.
  • NOPPEN, Luc. « Arrondissement historique de La Prairie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 203-207.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
  • s.a. Arrondissement historique de La Prairie. Dossier de déclaration. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1975. s.p.
  • Société Technique d'Aménagement Régional inc. (SOTAR). Plan de mise en valeur du Vieux La Prairie. Laval, 1992. s.p.
  • TASCHEREAU, Sylvie. « La Prairie ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • Ville de La Prairie. Ville de La Prairie [En Ligne]. http://www.ville.laprairie.qc.ca

Multimédias disponibles en ligne :

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