Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de La Grave

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site historique de La Grave

Région administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Usage :

  • Production et extraction de richesses naturelles (Pêcheries fixes)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (36)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (2)

Images

Carte

Description

Le site patrimonial de La Grave est un ensemble de bâtiments et de structures relié à l'activité traditionnelle de la pêche. Ce site contient 33 bâtiments aux volumes et aux matériaux similaires. Ces constructions en bois, érigées au cours des XIXe et XXe siècles, occupent un isthme en forme d'hameçon de quelques mètres de largeur reliant la pointe Shea et le cap Gridley, en bordure du golfe du Saint-Laurent. Le site patrimonial de La Grave se situe dans la partie est de l'île du Havre Aubert, qui est la plus grande de l'archipel des îles de la Madeleine, dans la municipalité des Îles-de-la-Madeleine.

Ce bien est classé site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1983-09-07
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de La Grave présente un intérêt pour sa valeur historique. Pendant le XVIe siècle, l'endroit était fréquenté par des groupes amérindiens venant du continent et des pêcheurs basques, bretons et normands, qui faisaient sécher leurs prises sur la grave, grève formée de sable et de gravier alluvionnaire. Le site de La Grave est aussi le lieu d'implantation des premiers habitants des îles de la Madeleine. C'est en 1762 que l'entrepreneur Richard Gridley (1710-1796) établit aux Îles un poste de pêche et de chasse aux morses. Il engage pour ce faire un groupe d'Acadiens et de Canadiens, ces derniers pour la plupart d'origine acadienne. Ce sont les premiers occupants permanents des Îles. Ils auraient vraisemblablement habité la partie ouest (île du Havre Aubert) et mené leurs activités de chasse dans la partie nord-est (Grosse-Île, Old Harry) de l'archipel. Gridley exploite le site jusqu'en 1765. Le premier noyau de peuplement sédentaire grossit rapidement avec l'arrivée d'autres réfugiés de la déportation des Acadiens (1755). Pendant près de deux siècles, le site de La Grave est utilisé pour le débarquement, la transformation, le salage et le séchage du poisson. Le lieu est entre autres fréquenté par les mareyeurs (marchands en gros des produits de la mer) qui achètent la production de poisson séché ou salé des pêcheurs. Dans les années 1960, les activités de pêche cessent sur le site de La Grave en raison de l'amélioration des procédés de conservation et de l'utilisation grandissante des transports terrestres.

Le site patrimonial de La Grave présente également un intérêt pour ses valeurs historique et architecturale liées à sa représentativité comme site de pêche traditionnelle. Le site comprend des bâtiments aux fonctions variées : magasin général, saline, ferblanterie, magasin d'agrès de pêche, comptoir de vente du poisson, petits entrepôts et chafauds. Les bâtiments du site sont caractéristiques des constructions en milieu maritime, souvent temporaires et rudimentaires. Ils présentent, pour la plupart, un volume de plan rectangulaire, à un ou deux étages et demi, et sont constitués d'une charpente claire recouverte de planches et de bardeaux de cèdre. Leurs toits à deux versants droits sont aussi couverts de bardeaux. Le magasin général Savage et l'ancienne ferblanterie s'imposent par leurs dimensions. Le site de La Grave revêt donc une grande importance pour la compréhension de l'évolution des activités de pêche aux îles de la Madeleine.

Le site patrimonial de La Grave présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère liée à sa configuration naturelle peu commune qui influe sur son utilisation historique. Le site patrimonial se présente comme un isthme, soit un étroit ruban de sable couvert de galets et de gravier. Cet isthme unit deux étendues terrestres, le village de Havre-Aubert à l'est et les falaises de la pointe Shea et du cap Gridley à l'ouest, en plus d'être bordé par deux étendues d'eau, le havre Amherst au sud et l'anse à Painchaud au nord. La configuration naturelle de l'isthme en fait un port de pêche idéal fréquenté depuis le XVIe siècle. L'isthme est traversé par une route, et, de chaque côté, des lots de petites dimensions accueillent des constructions modestes et rapprochées les unes des autres. Il en résulte un paysage unique au Québec.

Le site patrimonial de La Grave présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Depuis le XVIe siècle, La Grave a connu trois grandes périodes d'occupation, d'abord comme lieu d'escale pour les navigateurs, puis comme lieu de transformation du poisson et enfin comme lieu à vocation récréotouristique. Les deux premières périodes ont laissé relativement peu de témoins bâtis, mais elles auraient laissé des témoins importants enfouis dans le sol. Ainsi, le site patrimonial possède un potentiel archéologique élevé, son sol ayant été peu perturbé.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2018.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de La Grave comprennent, notamment :
- son implantation sur un isthme en forme d'hameçon de quelques mètres de largeur reliant la pointe Shea et le cap Gridley, en bordure du golfe du Saint-Laurent;
- sa situation dans la partie est de l'île du Havre Aubert, la plus grande de l'archipel des îles de la Madeleine;
- la diversité des fonctions de ses bâtiments et structures ayant autrefois servi aux activités de pêche, dont les magasins généraux, la grande saline, les chafauds, la ferblanterie, le magasin d'agrès de pêche, le comptoir de vente du poisson et les petits entrepôts;
- les caractéristiques architecturales de ses bâtiments, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi ou deux étages et demi, la charpente claire, le revêtement extérieur constitué de planches et de bardeaux de cèdre, la façade sur un mur pignon, la disposition irrégulière des ouvertures, les fenêtres à grands carreaux en façade et le toit à deux versants droits couvert de bardeaux.

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Informations historiques

Le site historique de La Grave est l'un des plus anciens lieux de pêche des îles de la Madeleine. Pendant le XVIe siècle, il est fréquenté par des Amérindiens et des pêcheurs basques, bretons et normands qui font sécher leurs prises sur la grave, grève formée de sable et de gravier alluvionnaire. En 1762, l'entrepreneur Richard Gridley (1710-1796), un ancien officier et ingénieur militaire de l'armée britannique, s'installe sur l'île du Havre Aubert, avec quelques familles majoritairement acadiennes pour pêcher et chasser le morse. Ce sont les premiers habitants permanents des îles de la Madeleine. Ils auraient vraisemblablement habité la partie ouest (île du Havre Aubert) et mené leurs activités de chasse dans la partie nord-est (Grosse-Île, Old Harry) de l'archipel. Gridley exploite le site jusqu'en 1765. Dix ans plus tard, il joint les rebelles américains en lutte contre les Britanniques. En raison du rôle qu'il joue pendant ce conflit, Gridley est considéré comme le fondateur de l'actuel « United States Army Corps of Engineers ».

Pendant les années qui suivent l'arrivée de Gridley, le premier noyau de peuplement sédentaire de La Grave grossit avec l'arrivée d'autres réfugiés de la déportation des Acadiens (1755). En 1798, la seigneurie des îles de la Madeleine est cédée à l'amiral sir Isaac Coffin (1759-1839), mais la majorité des 500 insulaires refuseront de lui verser des rentes.

Pendant près de deux siècles, le site est un centre névralgique. Les pêcheurs y débarquent, transforment, salent et font sécher leurs prises. Des mareyeurs (marchands en gros des produits de la mer) fréquentent le lieu et achètent les cargaisons de poisson séché ou salé des pêcheurs. Au milieu du XIXe siècle, les bâtiments et structures liés à l'activité traditionnelle de la pêche s'entassent sur la grave. Les chafauds, qui constituent l'habitation temporaire des pêcheurs, sont nombreux. Dans ces constructions, l'étage sert de logement, tandis que le rez-de-chaussée est un lieu pour la salaison du poisson, la réparation des filets et l'entreposage des agrès. D'autres bâtiments, tels que magasins généraux, saline, ferblanterie, magasin d'agrès de pêche, comptoir de vente du poisson et petits entrepôts se voisinent.

Le monde de la pêche connaît de profondes mutations au XXe siècle. Un quai en eau profonde est construit près de La Grave au début siècle et, dans les années 1930, la compagnie Maritimes Packers s'installe au pied du cap Gridley. Les premières coopératives de pêcheurs sont formées en 1933. En 1965, la compagnie National Sea Products s'établit aux îles de la Madeleine. La construction d'un entrepôt frigorifique rend désuètes salines et chafauds. En raison de l'amélioration des procédés de conservation, de l'utilisation grandissante des transports terrestres, les activités de pêche du site de La Grave cessent. À cela s'ajoutent des facteurs naturels, dont de désastreuses tempêtes.

Le site patrimonial de La Grave est classé en 1983. De nos jours, ce lieu est un attrait touristique majeur des Îles-de-la-Madeleine.

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Emplacement

Region administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

MRC :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Lieux-dits :

  • Havre-Aubert
  • L'Étang-du-Nord

Localisation informelle :

Le site patrimonial de La Grave se situe dans la partie est de l'île du Havre Aubert, de part et d'autre de la route 199. Il débute 325 mètres à l'est de l'intersection avec le chemin des fumoirs et s'étend sur une distance de 450 mètres de longueur.

Latitude :

  • 47° 14' 12.8"

Longitude :

  • -61° 50' 9.0"

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DORION, Jacques. « Site de La grave ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 530-531.
  • Ethnotech inc. Les établissements de pêche aux Îles-de-la-Madeleine. Inventaire et évaluation patrimoniale contextualisée. Québec, ministère des Affaires culturelles, 1981. 246 p.
  • SUTHERLAND, Stuart R. J. « Gridley, Richard ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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