Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Poste de traite du Lac-aux-Allumettes

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Fort William
  • Poste de traite du Lac-des-Allumettes

Région administrative :

  • Outaouais

Municipalité :

  • Sheenboro

Thématique :

  • Patrimoine autochtone (Patrimoine amérindien)

Usage :

  • Fonction commerciale (Postes de traite)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (5)

Groupes associés (1)

Personnes associées (3)

Images

Carte

Description

Le poste de traite du Lac-aux-Allumettes est un ensemble aménagé à partir de 1828 pour servir au commerce des fourrures, de magasin général et de centre de villégiature. Il comprend notamment la maison du bourgeois en bois (1845), la chapelle en bois (1857), le magasin général en brique (vers 1880), l'ancien hôtel Pontiac en bois (vers 1880), des bâtiments utilitaires ainsi que les ruines d'une forge. Le terrain compte également un cimetière amérindien ouvert vers 1845. Le poste de traite se situe sur une plage sablonneuse qui borde le lac aux Allumettes, dans la municipalité de Sheenboro.

Ce bien est classé site patrimonial. La protection s'applique à l'ensemble des bâtiments, aux aménagements, aux vestiges ainsi qu'au terrain partiellement boisé. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1981-09-05
 

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Valeur patrimoniale

Le poste de traite du Lac-aux-Allumettes présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme établissement servant au commerce des fourrures. La traite constitue une activité économique majeure en Nouvelle-France et se poursuit après la Conquête (1760). Les comptoirs occupent des endroits stratégiques en bordure du fleuve et de ses principaux affluents, dont la rivière des Outaouais. Ces établissements comptent principalement un magasin où les Amérindiens échangent leurs fourrures contre diverses marchandises. Habituellement, d'autres bâtiments s'ajoutent afin d'assurer l'autosuffisance alimentaire et de minimiser les coûts d'exploitation. Les commerçants et les explorateurs français, puis anglais, fréquentent la rivière des Outaouais, car elle donne accès aux ressources de la région des Grands Lacs, de l'Ouest canadien et du bassin de la baie d'Hudson. Au XIXe siècle, des postes de traite sont créés toujours plus en amont du cours d'eau en raison de la concurrence croissante qui oppose la Compagnie de la baie d'Hudson et les commerçants indépendants. L'aménagement du poste du lac aux Allumettes par cette compagnie débute en 1828. Le poste comprend entre autres la maison du bourgeois en bois (1845), la chapelle en bois (1857), un magasin (disparu), des bâtiments utilitaires ainsi que les ruines d'une forge. Les éléments qui subsistent sont aujourd'hui les seuls témoins des comptoirs de la Compagnie de la baie d'Hudson dans l'Outaouais.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur ethnologique. Les postes de traite sont des lieux de rencontre et d'échange commercial qui revêtent une grande importance pour les Amérindiens. Celui du lac aux Allumettes est surtout fréquenté par les Algonquins, et une chapelle ainsi qu'un cimetière leur étaient destinés. Les activités de troc se déroulent dans le magasin de la Compagnie de la baie d'Hudson. Par ailleurs, les surplus de la ferme du poste sont vendus. L'amélioration des moyens de transport le long de la rivière des Outaouais et l'installation de colons à proximité du poste entraînent sa vente et sa fermeture en 1869. Un nouveau magasin général est construit vers 1880. Ce bâtiment se compose d'un corps de logis en brique à deux étages coiffé d'un toit à deux versants droits et repose sur le solage en pierre de l'ancien magasin de la compagnie. Il dessert à la fois les colons et les compagnies forestières. Le site du poste de traite a donc participé au développement de tout le territoire environnant le lac aux Allumettes.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur historique comme centre de villégiature. La croissance urbaine ainsi que le développement des moyens de transport favorisent l'émergence de la villégiature au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Les familles bourgeoises, en quête d'air pur et de détente, fuient les villes considérées comme insalubres. Les estivants envahissent les lacs du Québec et logent dans les nombreux hôtels bâtis à cette fin. La beauté de l'emplacement de l'ancien comptoir de Sheenboro et sa plage sablonneuse favorisent sa conversion en centre de villégiature durant le dernier quart du XIXe siècle. L'endroit est alors accessible aux estivants par bateau à vapeur. Construit vers 1880, l'hôtel Pontiac est caractéristique de ce type d'établissement par ses deux volumes principaux simples juxtaposés, en bois et de petites dimensions. Le site du poste de traite du Lac-aux-Allumettes est donc un témoin des activités de villégiature au tournant du XXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du poste de traite du Lac-aux-Allumettes liés à ses valeurs historique et ethnologique comprennent, entre autres :
- la situation en bordure du lac aux Allumettes, formé par un élargissement de la rivière des Outaouais, sur une plage sablonneuse;
- la présence de la maison du bourgeois (1845), de la chapelle en bois (1857), du magasin général en brique (vers 1880), de l'ancien hôtel Pontiac en bois (vers 1880), de bâtiments utilitaires, de ruines d'une forge et du cimetière amérindien (ouvert vers 1845);
- le site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec et les vestiges archéologiques pouvant illustrer les occupations humaines et les activités;
- les caractéristiques de la maison du bourgeois, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le toit aigu à deux versants droits ainsi que la galerie couverte en façade, ses matériaux, dont le parement en planches à clins, ainsi que l'annexe en retour d'équerre;
- les caractéristiques de la chapelle Sainte-Theresa, notamment son volume, dont la nef de plan rectangulaire prolongée par une sacristie formée d'un appentis et le toit à deux versants, ses matériaux, dont le parement en planches à clins et la couverture en tôle à fausses baguettes, ses ouvertures, dont l'entrée principale comprenant un porche couvert à deux colonnes et toit à deux versants ainsi que les fenêtres en arc brisé, le clocher reposant sur le faîte en façade, formé d'une base carrée, d'une lanterne octogonale et d'une flèche surmontée d'une croix et d'un coq;
- les caractéristiques du magasin général, notamment son volume, dont le corps de logis de plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le solage dégagé, le toit à versants droits, les deux cheminées (une à chaque pignon) et la galerie en façade, ses ouvertures à arc surbaissé, l'appentis d'un étage appuyé contre la façade latérale est, l'annexe d'un étage disposée en retour d'équerre et coiffée d'un toit à deux versants droits, l'appentis d'un étage en bois coiffé d'un toit à un versant, les matériaux, dont la maçonnerie en brique (corps de logis et appentis de la façade est), la maçonnerie en pierre (solage et annexe), la couverture en tôle à la canadienne (corps de logis) et la couverture en tôle à fausses baguettes (galerie, annexe et appentis);
- les caractéristiques de l'hôtel Pontiac, notamment son volume, dont les deux parties juxtaposées (l'une à deux étages et coiffée d'un toit incliné vers l'arrière et l'autre à un étage et surmontée d'un toit à deux versants droits) et ses matériaux, dont le parement en bois.

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Informations historiques

Le poste de traite du Lac-aux-Allumettes est aménagé à proximité de la rivière des Outaouais. Les commerçants et les explorateurs français, puis anglais, fréquentent les abords de cette rivière, car elle donne accès aux ressources de la région des Grands Lacs, de l'Ouest canadien et du bassin de la baie d'Hudson. Au XIXe siècle, des postes de traite sont créés toujours plus en amont du cours d'eau en raison de la concurrence croissante qui oppose la Compagnie de la baie d'Hudson et les commerçants indépendants. La stratégie consiste à intercepter les cargaisons de fourrures et à offrir aux Amérindiens les meilleurs prix. Aeneas MacDonnell, un commerçant indépendant, s'installe en 1823 à proximité du lac aux Allumettes. La Compagnie de la baie d'Hudson réagit en aménageant un avant-poste sur l'île des Petites-Allumettes l'année même. Cet avant-poste est reconstruit de manière permanente sur l'emplacement actuel en 1828. Afin d'assurer son autosuffisance, la compagnie érige plusieurs bâtiments au fil des ans. Le poste est doté, à titre d'exemple, d'une ferme dont les surplus sont troqués ou vendus aux Amérindiens, aux compagnies forestières et aux colons.

La Compagnie de la baie d'Hudson entreprend la construction de la maison du bourgeois en 1845. Le bâtiment accueille le principal administrateur de la compagnie dans cette partie de l'Outaouais, Hector McKenzie (né en 1811), après la vente de Fort-Coulonge. Le poste de traite du Lac-aux-Allumettes devient ainsi le centre des opérations de la compagnie dans la région pour les quinze années suivantes. En 1848, il est rebaptisé Fort-William, lors de l'ouverture d'un bureau de poste. L'ensemble comprend aussi une forge, aujourd'hui à l'état de ruines.

Les missionnaires et les Amérindiens accordent une grande importance à ce lieu de rencontre et d'échange. Aussi la compagnie érige-t-elle à leur intention, en 1857, la chapelle Sainte-Theresa et une école maintenant disparue. De plus, les Algonquins aménagent un cimetière en bordure du lac.

La compagnie entreprend la réorganisation de ses activités dans l'Outaouais en 1862. En raison de l'amélioration des transports, plusieurs postes, dont celui du lac aux Allumettes, deviennent moins rentables. L'exploitation forestière intensive et l'installation de colons à proximité du poste détruisent également l'habitat des animaux. Les Amérindiens se déplacent donc vers le nord pour suivre le gibier, et le poste est finalement vendu en 1869 à James McCool, qui y tient un magasin général et un bureau de poste.

McCool construit un nouveau magasin général, en brique et à deux étages, sur les fondations de celui de la Compagnie de la baie d'Hudson vers 1880. Le commerce dessert les compagnies forestières et les colons établis dans la région.

L'emplacement de l'ancien poste de traite revit dans les années 1880, avec la navigation à vapeur. Des estivants remontent la rivière des Outaouais jusqu'au lac aux Allumettes. Ils y jouissent du lac et de sa plage sablonneuse. L'hôtel Pontiac est érigé durant les années 1880.

Le poste de traite du Lac-aux-Allumettes est classé en 1981.

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Emplacement

Region administrative :

  • Outaouais

MRC :

  • Pontiac

Municipalité :

  • Sheenboro

Adresse :

  • chemin Perrault

Lieux-dits :

  • Chapeau
  • Sheenborough

Localisation informelle :

Situé à l'extrémité sud-ouest du chemin Perrault

Latitude :

  • 45° 57' 6.9"

Longitude :

  • -77° 16' 14.8"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Pontiac Canton de Sheen Rang 3 Aa (ptie)

Code Borden

BlGh-1      

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Groupe pour la sauvegarde du patrimoine du Pontiac. Le patrimoine architectural du Pontiac. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1981. 127 p.
  • LAPOINTE, Pierre-Louis. « Old Fort William ». Bulletin of the Association for Preservation Technology. Vol. 8, no 1 (1976), p. 43-60.
  • LAPOINTE, Pierre-Louis. « Poste du Lac-aux-Allumettes (aussi appelé Fort-William) ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 524-526.
  • SALOMON DE FRIEDBERG, Barbara. Le poste du lac aux Allumettes, Fort William, Pontiac (Outaouais). Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1979. s.p.

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