Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Matane

Date :

  • 1887 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Mission curiale)
  • Patrimoine religieux (Vie quotidienne)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Presbytères et bâtiments associés)

Éléments associés

Personnes associées (4)

Images

Carte

Description

Le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane est une résidence curiale d'influence Second Empire construite en 1887 et agrandie vers 1916. L'édifice en bois, de plan rectangulaire à trois étages, est coiffé d'un toit mansardé à quatre versants. La façade principale comprend une imposante lucarne centrale ainsi qu'une galerie couverte. Une véranda s'élève sur deux niveaux à l'arrière du bâtiment. Implanté sur un vaste espace vert dégagé, le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane se situe dans l'ancien noyau villageois de Matane, à côté de l'église paroissiale.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Matane) 2004-07-05
 

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Valeur patrimoniale

Le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Il est représentatif de l'architecture d'influence Second Empire. D'origine française, ce style devient populaire sous le règne de l'empereur Napoléon III (1808-1873), notamment avec la construction du Nouveau Louvre, érigé de 1852 à 1857. Introduit d'abord en Angleterre et aux États-Unis, où il connaît une grande vogue, ce style apparaît ensuite dans l'architecture canadienne à la fin des années 1860. Il est abondamment utilisé dans la construction d'édifices publics et institutionnels, et également dans l'architecture domestique bourgeoise. Pour les bâtiments résidentiels, la popularité de ce courant est attribuable, entre autres, à la plus grande habitabilité des combles grâce aux toits mansardés. Construit en 1887 et agrandi vers 1916, le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane illustre l'influence Second Empire notamment par son toit mansardé à quatre versants, ses ouvertures à arc surbaissé et ses éléments menuisés puisant au répertoire classique. Ainsi, le recours à ce style architectural confère au presbytère la prestance et la notoriété recherchées par l'Église à cette époque.

Le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec l'architecte Georges-Émile Tanguay (1858-1923). Le bâtiment est représentatif de la production ayant marqué les débuts de la carrière de Tanguay. Celle-ci est influencée par le répertoire formel classique de son maître, Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903). Tanguay réalise plusieurs bâtiments prestigieux de la ville de Québec, dont l'hôtel de ville (1895-1896). Il conçoit aussi dans la dernière décennie du XIXe siècle les plans de nombreuses églises au Québec. L'architecte dresse d'ailleurs les plans de l'église paroissiale de Saint-Jérôme-de-Matane en même temps que ceux du presbytère. Ce bâtiment constitue un témoin de l'un des plus anciens ensembles paroissiaux réalisés par l'architecte Tanguay au Québec.

Le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Dès 1822, l'évêque de Québec, Joseph-Octave Plessis (1763-1825), choisit d'établir un site paroissial près du fleuve Saint-Laurent, à l'embouchure de la rivière Matane. Ce lieu, autrefois connu sous le nom de « Grand-Matane », accueille une chapelle en 1822. Un premier presbytère est complété en 1846. La maison curiale actuelle est construite sur l'emplacement de l'ancien cimetière paroissial. Le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane constitue dans le paysage matanais un témoin important de la structuration de l'espace villageois.

Source : Ville de Matane, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du presbytère Saint-Jérôme-de-Matane liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation à proximité du fleuve Saint-Laurent, à l'embouchure de la rivière Matane, sur un vaste espace vert, au coeur d'un ancien noyau villageois;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de trois étages et le toit mansardé à quatre versants à base recourbée;
- les matériaux, dont la pierre des fondations (partie ancienne), le parement de planches horizontales posées à clins, la couverture en tôle à baguettes et les éléments architecturaux en bois (fenêtres, portes, ornementation);
- la structure en pièce sur pièce de la partie ancienne et la charpente claire en bois de l'agrandissement;
- les ouvertures, dont la disposition symétrique en façade, la porte à baies latérales et à imposte vitrée en arc surbaissé, les fenêtres à grands carreaux à arc surbaissé, les lucarnes à pignon, l'imposante lucarne centrale, les fenêtres carrées à grands carreaux ainsi que les chambranles;
- la galerie protégée de la façade principale formant une avancée centrale ainsi que la véranda arrière s'élevant sur deux niveaux;
- l'ornementation, dont la corniche à modillons, la menuiserie ornementale des lucarnes ainsi que les planches cornières.

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Informations historiques

Le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane est la seconde résidence curiale de la première paroisse matanaise. Dès le XVIIe siècle, des missionnaires jésuites séjournent à Matane qui devient officiellement une mission au tournant du XIXe siècle. En 1822, à la suite de la visite pastorale de l'évêque Joseph-Octave Plessis (1763-1825), l'emplacement du site paroissial est établi à l'embouchure de la rivière Matane, sur la rive ouest. Ce lieu, alors connu sous le nom de « Grand-Matane », accueille une chapelle la même année. Celle-ci est aménagée dans un bâtiment situé sur un terrain offert par la veuve du seigneur John McGibbons. La construction d'un presbytère se fait à l'initiative de François Buteau. Celui-ci est un marchand de Québec impliqué dans l'industrie du bois de sciage près de la rivière Matane. La résidence curiale, complétée en 1846, est située du côté ouest du chemin royal, sur un terrain concédé par Pierre Keable. Vers 1858, un nouveau lieu de culte en pierre est érigé à proximité du premier presbytère. La paroisse de Saint-Jérome-de-Matane est érigée canoniquement en 1861.

Monseigneur Jean Langevin (1821-1892), alors évêque de Rimouski, autorise en 1885 la construction sur le même site d'une nouvelle église en pierre et d'une nouvelle maison curiale en bois. Il répond ainsi aux besoins d'un nombre grandissant de fidèles. Le presbytère actuel est finalement construit en 1887 sous la cure de Narcisse Lévesque (1836-1898) sur l'emplacement de l'ancien cimetière paroissial. Les plans du presbytère, tout comme ceux de l'église, sont réalisés par l'architecte Georges-Émile Tanguay (1858-1923). Le contrat de construction est confié aux entrepreneurs Augustin Audet dit Lapointe et Joseph-Hubert Morin de Trois-Pistoles. Ceux-ci travaillent aux côtés de l'architecte David Ouellet (1844-1915), notamment lors du chantier de l'église de Trois-Pistoles entre 1883 et 1887. Avec son toit mansardé, ses lucarnes à pignon et ses ouvertures à arc surbaissé, le presbytère d'influence Second Empire est représentatif de la production des débuts de Tanguay. Elle est d'abord influencée par le répertoire formel classique de son maître, Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903). Il conçoit aussi, surtout dans la dernière décennie du XIXe siècle, les plans de nombreuses églises québécoises, participant ainsi au renouvellement de l'architecture religieuse. Tanguay dessine par la suite les plans de plusieurs bâtiments prestigieux dans la ville de Québec, dont ceux de l'hôtel de ville.

Au début du XXe siècle, le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane, accessible par un escalier central et par deux escaliers latéraux, est ceinturé d'une galerie à l'étage. Un balcon coiffé d'un toit en hémicycle et surmonté d'une croix occupe également la partie centrale de la façade. La couverture du bâtiment est alors en bardeau de cèdre. À cette époque, des bâtiments de ferme s'élèvent au sud-ouest du presbytère, près du cimetière clôturé. Vers 1916, le bâtiment est agrandi vers l'arrière, doublant ainsi presque son volume. La véranda annexée à l'arrière du bâtiment date vraisemblablement de cette époque. Au cours des décennies suivantes, le toit est recouvert de tôle à baguettes. Dans les années 1950, les galeries latérales disparaissent, le balcon est remplacé par une grande lucarne à fronton et l'ornementation de la galerie de la façade est simplifiée. L'escalier central de la façade est enlevé au début des années 2000.

Le presbytère de Saint-Jérôme-de-Matane est cité en 2004. De nos jours, les bureaux paroissiaux occupent les étages du bâtiment, alors que des espaces à louer sont aménagés au rez-de-chaussée.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Matane

Municipalité :

  • Matane

Adresse :

  • 527, avenue Saint-Jérôme

Latitude :

  • 48° 50' 56.4"

Longitude :

  • -67° 31' 51.1"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Matane Paroisse de Saint-Jérôme-de-Matane Absent 2158-2 rang I

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGER, Jules. Mémoire de bâtisseurs du Québec. Répertoire illustré de systèmes de construction du 18e siècle à nos jours. Montréal, Méridien, 1998. s.p.
  • BÉRUBÉ, Léo. « Les églises de Matane (2). La première église de pierre ». L'Histoire, Au « pays » de Matane , Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 3, no 1 (1967), p. 9-12.
  • BÉRUBÉ, Léo. « Les églises de Matane (3). La première église de pierre ». L'Histoire, Au « pays » de Matane, Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 4, no 2 (1969), p. 9-12.
  • BÉRUBÉ, Léo. « Les églises de Matane (5). La première chapelle ». L'Histoire, Au « pays » de Matane», Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 6, no 1 (1970), p. 5-10.
  • BÉRUBÉ, Léo. « Les églises de Matane (6). Deuxième et troisième église de Matane ». L'Histoire, Au « pays » de Matane , Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 6, no 2 (1971), p. 23-26.
  • BOUFFARD, Georgy. « Un grand reportage : l'incendie de la quatrième église de Matane, le 6 décembre 1932 ». L'Histoire, Au « pays » de Matane, Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 12, no 1 (s.d.), p. 5-9.
  • GAGNON, Antoine. Histoire de Matane, 1677-1977, tricentenaire de la seigneurie. Matane, Société d'histoire et de généalogie de Matane, 1984. 638 p.
  • GAGNON, Antoine. Monographie de Matane, pays de brumes, de soleil, de visions. Rimouski, Évêché de Rimouski, 1945. 380 p.
  • L'Histoire, Au « pays » de Matane, Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 16, no 1 (1981).
  • L'Histoire, Au « pays » de Matane, Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 16, no 2 (1981).
  • L'Histoire, Au « pays » de Matane, Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 17, no 1 (1982).
  • L'Histoire, Au « pays » de Matane, Revue de la Société d'Histoire de Matane. Vol. 20, no 2 (1986).
  • MIMEAULT, Mario. L'industrie forestière en Gaspésie de 1763 à 1875 [En Ligne]. http://www.encyclobec.ca/main.php?docid=120
  • PEARSON, Annie. « Héritage Matane ». Au pays de Matane, Revue de la Société d'histoire et de généalogie de Matane. Vol. 40, no 2 (2005), p. 31-32.
  • s.a. « Presbytère de Saint-Jérôme de Matane ». Au pays de Matane, Revue de la Société d'histoire et de généalogie de Matane. Vol. 34, no 2 (1999), p. 20-22.

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