Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Monastère de l'Hôtel-Dieu-de-Québec
  • Monastère des Augustines
  • Site historique du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (14)

Patrimoine mobilier associé (6)

Plaques commémoratives associées (1)

Événements associés (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (10)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec est un ensemble conventuel de tradition catholique composé de bâtiments en pierre, de structures et d'aménagements paysagers datant du Régime français, du XIXe siècle et du XXe siècle. Il comprend le terrain avec tous les bâtiments, circonstances et dépendances, notamment l'aile du jardin, l'aile du noviciat, l'aile des Remparts, la sacristie, le choeur des religieuses, l'aile Saint-Augustin, le jardin, le cimetière et le mur d'enceinte.

L'aile du jardin a été érigée de 1695 à 1698, tandis que celle du noviciat a été construite en partie de 1695 à 1698 et en partie en 1739 et 1740; incendiées en 1755, elles ont été reconstruites en 1756 et 1757. L'aile des Remparts, la sacristie et le choeur des religieuses ont été bâtis en 1930 et 1931. L'aile Saint-Augustin date de 1957.

Les bâtiments sont regroupés dans la partie ouest du site. Les ailes du jardin et du noviciat ainsi que la sacristie et le choeur des religieuses bordent une cour intérieure. À l'exception de l'aile Saint-Augustin qui est coiffée d'un toit plat, tous les bâtiments comportent un toit à deux versants couvert de tôle ou de cuivre à baguettes. La moitié est du site est occupée par le jardin. Planté d'arbres matures, ce jardin parcouru d'allées et ponctué de monuments commémoratifs englobe le cimetière des religieuses. Un haut mur en pierre le délimite et clôture le site, qui est bordé sur trois côtés par des rues.

Le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec est situé dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec. Peu visible de la rue, il jouxte l'Hôtel-Dieu de Québec, qui le domine à l'ouest, et l'église des Augustines, classée immeuble patrimonial.

Ce bien est classé site patrimonial. Le choeur des religieuses, l'aile du jardin et l'aile du noviciat sont classés immeubles patrimoniaux. Le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec est compris dans le site patrimonial du Vieux-Québec. Le lieu comprend au moins un site archéologique inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2003-11-13
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec présente un intérêt pour sa valeur historique liée à la continuité de sa fonction hospitalière et de son rôle social. Le site est occupé sans interruption depuis 1644 par les Augustines, une des communautés fondatrices de la Nouvelle-France. À leur arrivée de Dieppe en 1639, ces religieuses avaient pour mission de pourvoir la colonie naissante en soins hospitaliers. Elles se sont implantées à la haute-ville de Québec, où elles ont créé l'Hôtel-Dieu, premier hôpital établi en Amérique du Nord, qu'elles ont administré jusqu'en 1962. Le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) le gère maintenant. L'Hôtel-Dieu de Québec est le premier et le plus important des douze établissements de soins de santé qu'elles ont fondés au Québec. Par sa pérennité, le site illustre ainsi la fonction institutionnelle initiale de la haute-ville de Québec et compte parmi les ensembles conventuels les plus importants et les plus anciens à subsister au Québec. La longévité de la mission des Augustines et son importance pour la collectivité confèrent également au site un intérêt historique unique, indissociable de l'histoire de la médecine au Québec.

Le site présente aussi un intérêt pour ses valeurs architecturale et paysagère. Le lieu illustre par ses bâtiments, ses structures et ses aménagements paysagers un type de monastère inspiré de la tradition européenne. Il l'évoque notamment par l'organisation caractéristique de ses bâtiments autour d'une cour intérieure autrefois carrée. En outre, le mur de pierre, le cimetière et le jardin contribuent à créer un enclos conventuel typique, dans lequel prennent place des bâtiments dont la fonction est propre à un ensemble monastique, comme l'aile du noviciat (formation) ou le choeur des religieuses (chant des offices). Érigé selon les recommandations des Constitutions des Augustines datant de 1666, cet ensemble rarissime constitue un symbole éloquent de la vie monastique au Québec. Par ailleurs, le monastère présente une grande unité formelle, notamment par la sobriété classique de son architecture et l'usage de la pierre. Les ailes du jardin et du noviciat sont les seuls bâtiments à trois étages faisant partie d'un couvent construits au Québec avant le XIXe siècle. Elles remontent à 1698 et sont un exemple exceptionnel de la tradition française classique. L'aile des Remparts, le choeur des religieuses et la sacristie, construits en 1930 et 1931, s'intègrent aux bâtiments anciens par leur vocabulaire classique et le respect des matériaux. L'aile Saint-Augustin témoigne, quant à elle, du fonctionnalisme qui marque l'architecture monastique du tournant des années 1960. Le site est l'un des ensembles les plus importants du site patrimonial du Vieux-Québec, notamment par son architecture, son mur d'enceinte et son vaste jardin, l'un des rares espaces verts datant des premières décennies de la colonie. Ses limites demeurent inchangées depuis 1862 et conservent en partie le tracé d'origine du terrain. Présence discrète dans le paysage urbain depuis plus de trois siècles, l'ensemble est caractérisé par son périmètre clos et la disposition de ses entrées et de ses façades. En raison de ses bâtiments, de ses aménagements et de sa relation avec la ville, le site constitue donc un ensemble conventuel urbain des plus significatifs du Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les caractéristiques du site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec liées à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- sa contiguïté avec l'Hôtel-Dieu de Québec;
- sa situation à l'intérieur du site patrimonial du Vieux-Québec;
- l'organisation caractéristique de certains bâtiments autour d'une cour intérieure;
- ses éléments rattachés aux fonctions monastiques et répondant aux besoins de vie, de prière et de travail en communauté cloîtrée, notamment le culte (sacristie), le culte et le chant des offices en intimité (choeur des religieuses), la formation (aile du noviciat), les rassemblements (ailes du jardin et des Remparts), les soins aux soeurs malades (aile Saint-Augustin), la circulation (couloirs) et l'exercice (cloître à l'étage de la cour intérieure éclairé par onze fenêtres au chambranle mouluré);
- ses éléments témoignant d'un enclos conventuel typique, dont le mur d'enceinte, le cimetière, le jardin, les monuments commémoratifs et le pavillon d'entrée (de plan circulaire);
- ses éléments témoignant de la tradition française classique, dont le plan rectangulaire, les trois étages en maçonnerie de moellons, le toit aigu à deux versants droits couvert de tôle à baguettes, les avant-corps légèrement en saillie de l'aile du jardin, les coupe-feu avec leurs corbeaux en pierre de taille, les façades crépies, les ouvertures disposées selon un rythme régulier ainsi que les bandeaux d'étage en pierre de taille;
- ses éléments témoignant du souci d'intégration, puisés entre autres dans le vocabulaire classique, de l'aile des Remparts, du choeur des religieuses, de la sacristie et du pavillon d'entrée, dont le volume respectant celui des bâtiments anciens, le parement de moellons équarris et de pierre de taille à refend, la couverture de cuivre à baguettes, les hautes fenêtres du choeur des religieuses ainsi que les ouvertures disposées régulièrement;
- le périmètre du site, bordé sur trois côtés par des rues et souligné par un haut mur de pierre;
- le vaste jardin d'agrément, planté d'arbres matures, parcouru d'allées et ponctué de monuments commémoratifs.

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Informations historiques

Le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec est aménagé sur un terrain concédé en 1637 à la duchesse d'Aiguillon (Marie-Madeleine de Vignerot, 1604-1675), qui fait entreprendre le chantier du monastère en 1638. Les Augustines de la Miséricorde de Jésus débarquent à Québec en compagnie des Ursulines en 1639 et dispensent aussitôt leurs soins hospitaliers à la population. Elles prennent possession de leur monastère en 1644.

En 1691 naît le projet d'agrandir le monastère qui comprend alors comme principaux bâtiments la résidence des religieuses, un choeur, une église et deux salles pour les malades. François de Lajoüe (vers 1656-vers 1719), arpenteur, maître maçon, entrepreneur et ingénieur est chargé de construire l'aile du jardin et l'aile du noviciat, dont seulement une moitié est complétée. Ces ailes se greffent au monastère et ferment une cour intérieure carrée. Entrepris en 1695, les travaux se terminent en 1698. Un mur en pierre vient ceindre le terrain en 1732. La seconde moitié de l'aile du noviciat est érigée en 1739 et 1740, selon les plans initiaux.

Le 7 juin 1755, un incendie détruit l'ensemble des bâtiments. Seule la maçonnerie des ailes du jardin et du noviciat subsiste. Ces ailes sont reconstruites en 1756 et 1757 grâce aux dons offerts par la population. En plus de loger les religieuses, elles intègrent les fonctions des édifices disparus, dont l'hôpital. Peu touché par les bombardements du siège de Québec (1759), le monastère est ensuite réquisitionné en partie par des militaires britanniques, qui cohabitent avec les religieuses jusqu'en 1784.

En 1799, l'évêque de Québec, Mgr Pierre Denaut (1743-1806), appuie l'idée de reconstruire, par souscription, l'église, le choeur des religieuses et la sacristie. Ce projet est réalisé de 1800 à 1803. En 1825, l'hôpital est déménagé dans un bâtiment distinct, ce qui permet aux religieuses de récupérer tout l'espace de leur monastère. La partie actuelle la plus ancienne du mur de pierre, rue Charlevoix, a aussi été élevée cette année-là. Celle de la rue Hamel est refaite en 1862 et en 1865, les Augustines ayant cédé une portion de terrain pour percer la rue. Les limites du site demeurent les mêmes depuis ce temps.

L'effectif de la communauté ne cessant d'augmenter depuis la fin du XIXe siècle, des réaménagements sont effectués au début du XXe siècle. En 1929, les Augustines confient le projet d'agrandissement à l'architecte Pierre Lévesque (1880-1955), qui conçoit le choeur des religieuses et la sacristie actuels reconstruits sur ceux de 1803, l'aile des Remparts et le pavillon d'entrée. Ces bâtiments sont élevés en 1930 et 1931. Le cimetière des religieuses, situé à l'origine dans la cour intérieure, est alors transféré à proximité du calvaire (1909). Le terrain occupé depuis trois siècles par le potager devient un jardin d'agrément en 1936 en vue du tricentenaire de l'institution en 1939. Toujours problématique, le manque d'espace est comblé par l'ajout de l'aile Saint-Augustin de 1955 à 1957. Conçue par l'architecte Henri Talbot (1905-1996), déjà engagé pour la construction de l'hôpital, elle abrite notamment le Musée des Augustines, fondé en 1958.

Les Augustines ont administré l'Hôtel-Dieu de Québec jusqu'en 1962. C'est le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) qui le gère maintenant.

Le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec est classé en 2003. Au même moment sont aussi classés l'aile du jardin, l'aile du noviciat et le choeur des religieuses, ainsi que quatre fonds d'archives, un fonds de livres anciens et une collection d'objets. Un cinquième fonds d'archives est également reconnu la même année; ce dernier est devenu classé à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Le classement du site suit celui de l'église du monastère avec son terrain, effectué dès 1961.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 32, rue Charlevoix
  • 75, rue des Remparts

Latitude :

46° 48' 55.0"

Longitude :

-71° 12' 38.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 315 298
  • Lot 1 315 299
  • Lot 1 315 300
  • Lot 1 315 301
  • Lot 3 725 541

Code Borden

CeEt-80      

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Documents

Références

Notices bibliographiques :

  • BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Vieux-Québec, Cap-Blanc : place forte et port de mer. Québec, Ville de Québec, 1989. 80 p.
  • DUFAUX, François, dir. Bâtiments cherchent vocations! Le monastère des Augustines et l'hôpital de l'Hôtel-Dieu de Québec, rapport d'atelier de maîtrise en architecture. Québec, Faculté d'aménagement, d'architecture et des arts visuels de l'Université Laval, 2006. s.p.
  • LAUZON, Daniel, dir., Paul BERNARD et Michel JOBIN. Bilan du patrimoine. Services et institutions : Série 6000. Patrimoines, Dossiers, 103. Québec, Les Publications du Québec, 1998. 458 p.
  • MAYRAND, Pierre. « Lajoüe, François de ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Foi et patrie : Art et architecture des églises à Québec. Québec, Les Publications du Québec, 1996. 179 p.
  • NOPPEN, Luc, Claude PAULETTE et Michel TREMBLAY. Québec : trois siècles d'architecture. Montréal, Libre expression, 1979. 440 p.
  • Patri-Arch. Évaluation patrimoniale des couvents, monastères et autres propriétés de communautés religieuses situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Patri-Arch, 2006. s.p.
  • ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 1. Sillery, Septentrion, 1989. 454 p.
  • ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 2. Sillery, Septentrion, 1994. s.p.
  • TRÉPANIER, Paul. Le patrimoine des Augustines du monastère de l'Hôtel-Dieu de Québec. Étude de l'architecture. Québec, Ministère de la Culture et des Communications / Ville de Québec, 2001. 121 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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