Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Aile du noviciat du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Aile du noviciat de l'Hôtel-Dieu-de-Québec

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1695 – 1698 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Couvents, monastères et abbayes)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Événements associés (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (6)

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

L'aile du noviciat du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec a été construite en partie de 1695 à 1698 et en partie de 1739 à 1740. Ce bâtiment est utilisé pour former les nouvelles recrues à la vie monastique, pour les services collectifs ainsi que pour le logement des religieuses. Inspiré de l'architecture française classique, l'édifice en pierre crépie présente un plan rectangulaire. Reposant sur une cave voûtée, les trois étages de maçonnerie sont coiffés d'un toit aigu à deux versants droits, réalisé en 1756 et 1757 à la suite d'un incendie survenu en 1755.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. L'aile du noviciat fait aussi partie du site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec. Elle forme un angle presque droit avec l'aile du jardin, également classée, qui présente une architecture semblable. Une passerelle la relie à l'Hôtel-Dieu. L'ensemble conventuel est compris dans le site patrimonial du Vieux-Québec, qui se situe dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2003-11-13
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité, 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité, 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

L'aile du noviciat du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique, comme témoin de l'importance des Augustines, l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. À leur arrivée de Dieppe en 1639, ces religieuses avaient pour mission de pourvoir la colonie naissante en soins hospitaliers. Elles se sont implantées définitivement à la haute-ville de Québec en 1644, où elles ont créé l'Hôtel-Dieu, premier hôpital établi en Amérique du Nord, qu'elles ont administré jusqu'en 1962. Le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) le gère maintenant. L'Hôtel-Dieu de Québec est le premier et le plus important des douze établissements de soins de santé qu'elles ont fondés au Québec. L'aile du noviciat est construite de 1695 à 1698 pour sa moitié est et de 1739 à 1740 pour sa moitié ouest; elle a été réparée après l'incendie du 7 juin 1755, qui a détruit l'ensemble conventuel. Cette aile évoque les bouleversements liés à la Conquête (1759), puisque les religieuses logées dans l'aile du jardin y emménagent durant l'occupation d'une partie de cette dernière par les militaires britanniques (1759-1784). L'aile du noviciat, comme l'ensemble du monastère, reflète ainsi la présence ininterrompue des Augustines en ce lieu depuis 1644 et le rôle essentiel qu'elles ont joué auprès de la population pendant plus de 300 ans. Par ailleurs, le bâtiment constitue un témoin du mode de vie cloîtré des Augustines. Comme son nom l'indique, cette aile abritait le noviciat, où les nouvelles recrues étaient initiées à la vie monastique conformément à la règle de saint Augustin (354-430) et aux Constitutions (1666) des Augustines. Les autres pièces de l'aile ont servi entre autres aux services collectifs (laiterie, cuisine, réfectoire et latrines) et au logement des religieuses (dortoirs et cellules). Par ses différentes fonctions, l'aile illustre donc avec éloquence les usages et le mode de vie des religieuses cloîtrées depuis l'époque de la Nouvelle-France.
L'aile du noviciat présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Exemple exceptionnel de la tradition française classique au Québec, elle forme avec l'aile du jardin un ensemble d'une grande unité, qui borde l'une des rares cours intérieures appartenant à un ensemble conventuel. D'un caractère monumental et de proportions équilibrées, elle illustre le savoir-faire architectural des maîtres artisans de la Nouvelle-France, notamment par le plan rectangulaire, la maçonnerie de moellons, le crépi qui uniformise les surfaces comme le veut l'idéal classique, le toit aigu, le rythme régulier des ouvertures à arc segmentaire, ainsi que les imposantes voûtes intérieures. De plus, l'aile est érigée selon les recommandations des Constitutions (1666) des Augustines. Elle présente une architecture sobre conforme aux règles monastiques, comme le traduisent l'ornementation discrète et le cloître côté cour, unique par son emplacement au premier étage. La grande harmonie et l'intégrité de son architecture intérieure datant de 1756 et 1757 témoignent du souci de continuité et de conservation des Augustines. Issue de l'un des plus ambitieux projets architecturaux en Nouvelle-France, cette aile forme avec celle du jardin le seul ensemble monastique constitué de trois étages en pierre érigé à cette époque. L'aile du noviciat figure aujourd'hui parmi les rares bâtiments institutionnels du XVIIe siècle et de la première moitié du XVIIIe siècle qui subsistent en Amérique du Nord.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de l'aile du noviciat du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec liées à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- les divisions intérieures du rez-de-chaussée, dont le couloir côté cour, l'ancienne cuisine et l'ancien réfectoire;
- les divisions intérieures du premier étage, dont le cloître côté cour formé par un couloir percé de fenêtres à arc segmentaire, les pièces autrefois utilisées comme noviciat et l'ancien dortoir Saint-Joseph;
- les divisions intérieures du deuxième étage, dont les petites pièces distribuées en enfilade de part et d'autre d'un couloir central;
- sa situation dans le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec, compris dans le site patrimonial du Vieux-Québec;
- sa relation avec les autres éléments de l'ensemble, comme l'aile du jardin;
- son volume, dont le plan rectangulaire, les trois étages reposant sur une cave voûtée, le toit à deux versants droits (couvert de tôle à baguettes) doté d'une haute charpente à la française divisée en deux niveaux de combles;
- la maçonnerie en moellons crépie à l'intérieur et à l'extérieur, incluant les voûtes à arc segmentaire, les murs de refend délimitant les couloirs des trois étages, les coupe-feu ainsi que l'escalier en pierre à même la muraille du couloir voûté du sous-sol;
- les ornements en pierre de taille, dont les corbeaux, les bandeaux, les chaînes d'angle et les chambranles;
- les ouvertures disposées régulièrement, dont celles donnant sur la cave voûtée côté nord, les fenêtres rectangulaires ou à arc segmentaire à battants (à petits ou à grands carreaux), les deux croisées du premier étage, les chambranles moulurés, les lucarnes à pignon éclairant les deux niveaux des combles ainsi que les volets et les larges embrasures (parmi lesquelles celles de l'ancienne cuisine aux arêtes arrondies) à l'intérieur;
- les éléments intérieurs en bois, dont les plafonds à solives, les plafonds en planches, les escaliers, les oratoires, le retable de l'ancien noviciat, les nombreuses armoires murales des couloirs (parmi lesquelles les anciennes armoires garde-manger), les armoires murales plus élaborées des pièces (parmi lesquelles celle de l'ancien réfectoire et celle de l'ancien dortoir Saint-Joseph) ainsi que les portes (parmi lesquelles celles à deux caissons superposés des cellules, les portes à trois niveaux de caissons du rez-de-chaussée et du premier étage, de même que celles à deux vantaux des pièces importantes);
- la serrurerie et la quincaillerie d'architecture (comprenant des motifs en volute, en fer-de-lance, en queue-de-poisson, de feuillage et en coeur), les esses, les grilles et les portes en fer.

Haut de la page

Informations historiques

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus constituent l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. À leur arrivée de Dieppe en 1639, ces religieuses avaient pour mission de pourvoir la colonie naissante en soins hospitaliers. Elles se sont implantées définitivement à la haute-ville de Québec en 1644, où elles ont créé l'Hôtel-Dieu, premier hôpital établi en Amérique du Nord, qu'elles ont administré jusqu'en 1962. Le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) le gère maintenant. L'Hôtel-Dieu de Québec est le premier et le plus important des douze établissements de soins de santé qu'elles ont fondés au Québec.

L'aile du noviciat est construite, pour sa moitié est, de 1695 à 1698. Conçue par François de Lajoüe (vers 1656-vers 1719), arpenteur, maître maçon, architecte-entrepreneur et ingénieur, elle s'inscrit dans un projet d'agrandissement de grande envergure, alors parmi les plus ambitieux en Nouvelle-France; ce projet comprend aussi l'aile du jardin. Le monastère comptait à ce moment comme bâtiments principaux la résidence des religieuses, un choeur, une église et deux salles pour les malades. L'aile du noviciat est utilisée pour former les nouvelles recrues à la vie monastique, pour les services collectifs ainsi que pour le logement des religieuses.

La moitié ouest de l'aile est érigée de 1739 à 1740 par les frères Jacques (1697-1780) et Guillaume (1694-1752) Deguise dit Flamand, entrepreneurs et maîtres maçons, selon les plans de Lajoüe.

Le 7 juin 1755, un incendie détruit la quasi-totalité de l'ensemble conventuel. Seule la maçonnerie des ailes du noviciat et du jardin subsiste. Jacques Deguise dit Flamand effectue les réparations et les éléments perdus sont reconstruits au cours des deux années subséquentes grâce aux dons offerts par la population. La haute charpente du toit est exécutée par le maître charpentier François Charlery (1715-1779), selon le modèle d'origine réalisé par les maîtres charpentiers Pierre Ménage (vers 1648-1715) et Jean Caillé (1656-1733). Une partie de l'aile du jardin étant utilisée pour loger l'hôpital, certaines des religieuses sont hébergées dans l'aile du noviciat. Les religieuses de l'aile du jardin y habiteront aussi durant l'occupation de celle-ci par des militaires britanniques de la Conquête (1759) jusqu'en 1784.

Lorsque l'hôpital est déménagé en 1825 dans un bâtiment distinct, les religieuses retournent dans l'aile du jardin et réorganisent l'aile du noviciat. En 1846, cette dernière comporte notamment, au rez-de-chaussée, la laiterie, la cuisine reliée par un escalier en pierre à la cave voûtée où sont conservées les denrées, le réfectoire et des latrines. Au premier étage, le cloître (dont les cinq grandes fenêtres cintrées sont réduites en 1876) donne accès au grand et au petit noviciat, à un dortoir et à des latrines. Le deuxième étage comprend les cellules des religieuses. Les combles servent au séchage du linge et à l'entreposage.

L'effectif de la communauté ne cessant d'augmenter depuis la fin du XIXe siècle, l'aile est réaménagée entre 1906 et 1917. Le premier niveau des combles est doté de cellules et des lucarnes sont percées dans le toit. Plus tard, le mur pignon ouest de l'aile du noviciat est pourvu d'une passerelle qui la relie à la tour de quatorze étages du nouvel hôpital érigé en 1954.

L'aile du noviciat du Monastère-des-Augustines-de-l'Hôtel-Dieu-de-Québec est classée en 2003. Au même moment sont classés le site patrimonial, l'aile du jardin et le choeur des religieuses ainsi que quatre fonds d'archives, un fonds de livres anciens et une collection d'objets. Un cinquième fonds d'archives est également reconnu la même année; il est devenu classé à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. L'église du monastère avait été classée en 1961.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 75, rue des Remparts

Latitude :

46° 48' 56.65"

Longitude :

-71° 12' 37.366"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 213 230

Code Borden

CeEt-80      

Haut de la page

Documents

Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • DUFAUX, François. Le monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec. Relevés et analyse architecturale. s.l. 2007. s.p.
  • LAUZON, Daniel, dir., Paul BERNARD et Michel JOBIN. Bilan du patrimoine. Services et institutions : Série 6000. Patrimoines, Dossiers, 103. Québec, Les Publications du Québec, 1998. 458 p.
  • MAYRAND, Pierre. « Lajoüe, François de ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • NOPPEN, Luc, Claude PAULETTE et Michel TREMBLAY. Québec : trois siècles d'architecture. Montréal, Libre expression, 1979. 440 p.
  • ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 1. Sillery, Septentrion, 1989. 454 p.
  • ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 2. Sillery, Septentrion, 1994. s.p.
  • TRÉPANIER, Paul. Le patrimoine des Augustines du monastère de l'Hôtel-Dieu de Québec. Étude de l'architecture. Québec, Ministère de la Culture et des Communications / Ville de Québec, 2001. 121 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013