Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Moulin à vent de Pointe-Claire

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Moulin banal de Pointe-Claire

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Pointe-Claire

Date :

  • 1709 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Moulins à farine)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (3)

Images

Carte

Description

Le moulin à vent de Pointe-Claire est construit en 1709. Cette tour cylindrique en pierre des champs est coiffée d'un toit conique et munie d'une hélice à quatre ailes. Érigé sur une pointe de terre qui s'avance dans le lac Saint-Louis, le moulin à vent s'élève dans un environnement au relief plat et dégagé, à proximité d'un couvent, dans la ville de Pointe-Claire.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1983-03-21
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Pointe-Claire) 2013-04-02
 

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Valeur patrimoniale

Le moulin à vent de Pointe-Claire présente un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. Dans ce type de moulin, la force du vent actionne les ailes qui transmettent le mouvement de rotation aux mécanismes. À l'instar de plusieurs moulins à vent érigés du XVIIe au XIXe siècle dans la vallée du Saint-Laurent, celui de Pointe-Claire est implanté dans un environnement au relief plat et dégagé, aux abords du lac Saint-Louis, afin de tirer profit des vents dominants. L'édifice, qui ne contient plus ses mécanismes internes, constitue néanmoins un témoin évocateur d'une ancienne technique de production. Le Québec ne compte plus qu'une vingtaine de moulins à vent et celui de Pointe-Claire, construit en 1709, est l'un des plus anciens.

Le moulin présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Comme les autres moulins-tours, le moulin à vent de Pointe-Claire présente un corps de bâtiment massif en pierre des champs de forme cylindrique, ici à trois niveaux, coiffé d'un toit conique. Les deux portes au rez-de-chaussée, diamétralement opposées, sont orientées en fonction des vents dominants. Il est doté d'une hélice à quatre ailes, placée au centre d'un pignon situé à la base du toit, et d'une queue, longue tige oblique servant à faire tourner le toit afin de positionner les ailes selon le vent. Ces éléments font partie des composantes essentielles au fonctionnement d'un moulin à farine.

Le moulin présente également un intérêt pour sa valeur historique. Un moulin à farine comme celui-ci est dit « banal », car le régime seigneurial impose aux seigneurs l'obligation de construire un moulin pour leurs censitaires, qui doivent y faire moudre leur grain et payer en retour un droit de mouture, nommé le droit de banalité. Le moulin de Pointe-Claire est construit en 1709 pour les Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal depuis 1663, sur une portion de terre qu'ils se sont réservée en 1698 dans l'une de leurs concessions. Ils le louent à bail à des meuniers qui ont pour charge de l'exploiter, de l'entretenir et de le réparer en percevant les quote-parts annuelles dues au seigneur. Ce moulin témoigne de l'importance des Sulpiciens dans le développement de Montréal et, de façon plus générale, de l'influence des communautés religieuses dans la colonie sous le Régime français. Par ailleurs, outre sa vocation première, moudre le grain des censitaires, ce moulin a rempli une fonction défensive. Muni de meurtrières, il sert de redoute, assurant ainsi une sécurité relative à Pointe-Claire. Cet usage s'applique aussi à d'autres moulins situés autour du lac Saint-Louis, dont les rives sont fréquentées par les Iroquois, tels ceux de Senneville et de Châteauguay. En 1729, le moulin de Pointe-Claire est également entouré d'une enceinte de pieux. Lorsqu'il est désaffecté entre 1880 et 1885, il est utilisé comme observatoire. Son toit conique est alors remplacé par un toit en terrasse et sert de support à une éolienne activant la pompe qui alimente l'aqueduc privé du couvent des soeurs de la congrégation de Notre-Dame. Ce moulin est donc révélateur de plusieurs fonctions qui ont été associées aux moulins-tours au cours des siècles.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du moulin à vent de Pointe-Claire liés à ses valeurs technologique, architecturale et historique comprennent, notamment :
- sa situation dans un environnement au relief plat et dégagé, sur une pointe de terre qui s'avance dans le lac Saint-Louis;
- son volume, dont la forme massive de la tour cylindrique en pierre des champs, l'élévation de trois niveaux et le toit conique comprenant un pignon à sa base;
- ses éléments architecturaux, dont les deux portes au rez-de-chaussée diamétralement opposées, l'hélice composée de quatre ailes située au centre du pignon et la queue.

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Informations historiques

En 1698, les prêtres du Séminaire de Saint-Sulpice, seigneurs de l'île de Montréal depuis 1663, se réservent une portion de terre à l'endroit désigné comme étant la pointe Claire, où ils prévoient ériger un moulin à vent. À cette époque, le régime seigneurial impose aux seigneurs l'obligation de construire un moulin à farine pour leurs censitaires. Ceux-ci doivent y faire moudre leur grain et payer en retour un droit de mouture, nommé le droit de banalité. Le moulin à vent de Pointe-Claire est construit en 1709 et sera entouré d'une enceinte de pieux en 1729. Ses mécanismes et ouvrages de charpente sont l'oeuvre de Léonard et Charles Paillé, tandis que sa tour est façonnée par Jean Mars, maître maçon. Il est muni de meurtrières et sert aussi de redoute, conférant ainsi un rôle défensif à Pointe-Claire.

Les Sulpiciens louent ce moulin à bail. Les meuniers ont pour charge de l'exploiter, de l'entretenir et de le réparer en percevant les quote-parts annuelles dues au seigneur. Après de nombreuses années de production, il est désaffecté entre 1880 et 1885. Il est utilisé comme observatoire et son apparence est modifiée. Son toit conique est alors remplacé par un toit en terrasse et sert de support à une éolienne activant la pompe qui alimente l'aqueduc privé du couvent des soeurs de la congrégation de Notre-Dame. Au XXe siècle, il reprend en partie son allure d'origine. Sa restauration est amorcée en 1954. Le toit conique est rétabli en 1962 et les ailes sont ajoutées en 1967.

Le moulin à vent de Pointe-Claire est classé en 1983.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Pointe-Claire

Adresse :

  • 1, avenue Saint-Joachim

Latitude :

  • 45° 25' 30.32"

Longitude :

  • -73° 49' 32.21"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Paroisse de Pointe-Claire Absent 42

Code Borden

BiFk-3 (moulin et intérieur) BiFk-8 (extérieur du moulin)    

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DESJARDINS, Pierre. Les moulins à vent du Québec. Analyse et proposition d'intervention. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 18 p.
  • GAUTHIER, Raymonde et Pierre LANDRY. Les moulins à vent du Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1978. 68 p.
  • NOPPEN, Luc. « Moulin banal de Pointe-Claire ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 181.
  • Société pour la sauvegarde du patrimoine de Pointe-Claire. À la pointe claire. s.l. 2005. 48 p.

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