Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Édifices E.-B.-Eddy

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Outaouais

Municipalité :

  • Gatineau

Date :

  • 1883 – 1890 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Usines de pâtes et papiers)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (5)

Plaques commémoratives associées (1)

Événements associés (1)

Personnes associées (1)

Images

Carte

Description

Les édifices E.-B.-Eddy sont des bâtiments industriels en pierre. L'ensemble est composé de quatre sections désignées par des numéros, soit les édifices 1, 2, 3 et 6. Les trois premiers sont juxtaposés et sont numérotés d'est en ouest. Ces trois bâtiments, érigés au cours de la décennie 1880, présentent un plan rectangulaire à deux étages et sont coiffés d'un toit plat. Le toit de l'édifice 2 est surmonté d'une claire-voie centrale. L'édifice 6, probablement construit en 1892, est situé à l'ouest des trois autres et il en est séparé par une section de bâtiment qui n'est pas incluse dans le classement. L'édifice 6 présente un plan rectangulaire à trois étages, incluant l'étage formé par le toit mansardé percé de lucarnes à pignon. Les édifices E.-B.-Eddy sont situés dans un vaste ensemble industriel aménagé au confluent de la rivière des Outaouais et du ruisseau de la Brasserie, dans un quartier ancien du secteur Hull de la ville de Gatineau.

Ces biens sont classés immeuble patrimonial. La protection s'applique uniquement à l'enveloppe extérieure des bâtiments 1, 2, 3 et 6.

Groupement :

Adossé

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Agrandissement

Saillies :

  • Cheminée
  • Évent
  • Tambour

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Métal
  • Toutes les façades : Pierre (À bossages)

Toit :

  • Forme : Fausse mansarde
    Matériau : Tôle embossée
  • Forme : Plat

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux et vitrage
  • de garage
  • métallique

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À guillotine

Lucarne(s) :

  • À pignon

Éléments architecturaux :

  • Chaîne d'angle
  • Clé
  • Corniche moulurée
  • Esse
  • Linteau
  • Pierre millésimée
  • Plate-bande

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 2001-12-06
 

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Valeur patrimoniale

Les édifices E.-B.-Eddy présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur historique. Le site qu'ils occupent, au confluent de la rivière des Outaouais et du ruisseau de la Brasserie et à proximité de la chute des Chaudières , est un lieu de passage fréquenté par les Amérindiens puis par les Européens dès le début du XVIIe siècle. Philemon Wright (1760-1839), fondateur de Hull (aujourd'hui un secteur de la ville de Gatineau), choisit cet endroit pour établir les premiers ateliers d'artisans du canton, dont une forge et une scierie, utilisant la force hydraulique importante générée par la chute. Au cours des années 1850, Ezra Butler Eddy (1827-1906) y loue des bâtiments appartenant à la succession de Wright, avant de les acquérir un à un entre 1866 et 1883. Il fonde une manufacture d'allumettes, première fabrique de ce genre au Canada. Il se met ensuite à produire des chaudières et des haches, puis établit une scierie. Alors que le marché du bois scié faiblit, il se lance dans la production de papier, utilisant d'abord la pâte à papier mécanique, puis la pâte à papier chimique. La compagnie manufacturière E. B. Eddy, constituée juridiquement en société par actions en 1886, est le principal employeur de la ville durant plusieurs décennies. Les édifices 1, 2, 3 et 6 témoignent de l'histoire de cette entreprise ayant occupé le site pendant plus d'un siècle. L'édifice 1 est érigé sur un lot acheté en 1883 par Eddy à Charles B. Wright. Le bâtiment, vraisemblablement construit entre 1884 et 1889, abrite à l'origine le mélangeur B. À partir des années 1950, il sert d'entrepôt et de laboratoire. Sur le lot aujourd'hui occupé par les édifices 2 et 3, Eddy fait construire une scierie et une manufacture de portes et de fenêtres. Ces installations sont détruites par un incendie en 1882. Les immeubles actuels sont érigés en pierre en 1883. L'édifice 2 sert alors de forge et d'entrepôt, tandis que l'édifice 3 est occupé par des bureaux. Ces bâtiments sont touchés en avril 1900 par l'incendie qui détruit une partie importante de Hull et d'Ottawa. Ils sont reconstruits et sont utilisés pour les activités de la papetière. L'édifice 6 est probablement érigé en 1892 et est moins touché que les autres par l'incendie de 1900. Il sert principalement d'entrepôt. Vers le milieu du XXe siècle, il est aussi utilisé pour l'expédition des produits. Les édifices E.-B.-Eddy rappellent donc différentes activités de l'entreprise du même nom, l'un des principaux moteurs du développement industriel et économique de la région.

Les édifices E.-B.-Eddy présentent également un intérêt patrimonial pour leur valeur architecturale. Ils constituent un rare exemple d'architecture industrielle en pierre. Ces édifices sont reconstruits en pierre, un matériau choisi pour son ininflammabilité, après avoir été détruits par un incendie qui a rasé plusieurs bâtiments en bois de l'entreprise. À l'époque, c'est surtout la brique, un autre matériau résistant aux flammes, qui est utilisée dans l'architecture industrielle, en raison de son coût inférieur à celui de la pierre. Peu d'immeubles industriels en pierre subsistent au Québec. Les édifices E.-B.-Eddy présentent également un caractère exceptionnel en raison de l'utilisation d'éléments issus du style Second Empire dans l'architecture industrielle. Ce style apparaît en France sous le règne de Napoléon III. Au Québec, il se traduit essentiellement par l'utilisation d'un toit mansardé et d'une ornementation classique. Il est surtout associé à l'architecture institutionnelle et résidentielle. Les édifices E.-B.-Eddy présentent plusieurs éléments associés à ce style, notamment une toiture mansardée percée de lucarnes, des chaînes d'angle en pierre de taille et des clés au-dessus des ouvertures. Ces bâtiments se distinguent donc des autres constructions industrielles de l'époque par leur matériau et le style choisi.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2014.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques des édifices E.-B.-Eddy liés à leurs valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- leur situation au confluent de la rivière des Outaouais et du ruisseau de la Brasserie, dans un secteur industriel ancien;
- leur implantation en bordure du boulevard Alexandre-Taché;
- leur volume, dont les plans rectangulaires, l'élévation de deux étages (édifices 1, 2 et 3) ou de trois étages (édifice 6), le toit plat des édifices 1, 2 et 3 (celui de l'édifice 2 surmonté d'une claire-voie centrale), le toit mansardé de l'édifice 6, le pignon découvert prolongeant le mur coupe-feu de l'édifice 6 ainsi que la cage d'ascenseur;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre, la couverture en plaques de tôle du brisis de l'édifice 6 ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois, en tôle ou en pierre;
- les ouvertures, dont leur nombre restreint, leurs petites dimensions et leur disposition régulière sur la façade nord, les fenêtres rectangulaires à guillotine et à carreaux, les fenêtres groupées à carreaux de plus grandes dimensions du deuxième étage de l'édifice 6, les lucarnes à pignon de l'édifice 6, les larges ouvertures carrées ou rectangulaires des façades sud et ouest ainsi que l'arc surbaissé de l'ancienne porte cochère;
- l'ornementation sobre, dont les chaînes d'angle, les jambages harpés, les platebandes à claveaux (certaines présentant une clé), les appuis de fenêtres en légère saillie, les parapets (celui de l'édifice 2 légèrement plus bas que ceux des édifices 1 et 3) ainsi que la plaque portant l'inscription « The E. B. Eddy Co. 1892 ».

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Informations historiques

Le site où s'élèvent les édifices E.-B.-Eddy se trouve au confluent du ruisseau de la Brasserie et de la rivière des Outaouais, près de la chute des Chaudières. L'endroit est un lieu de passage fréquenté pendant plusieurs siècles par les Amérindiens, puis par les Européens dès le début du XVIIe siècle.

Philemon Wright (1760-1839) obtient la concession du canton de Hull au tournant du XIXe siècle. Rapidement, il établit sur le site des édifices E.-B.-Eddy les premiers ateliers d'artisans, dont une forge et une scierie, profitant de l'importante force hydraulique générée par la chute. L'endroit devient un lieu important dans le commerce du bois équarri après l'aménagement d'un glissoir pour les cages et radeaux de bois. Plusieurs Américains établissent par la suite des scieries dans les environs.

Né au Vermont, Ezra Butler Eddy (1827-1906) se lance dans la fabrication d'allumettes aux États-Unis. Il vient s'établir à Hull au début des années 1850 où il loue des bâtiments appartenant à la succession de Wright. Il établit tout d'abord une fabrique d'allumettes dans une ancienne forge, puis diversifie rapidement sa production : haches, chaudières, bois scié, etc. À compter de 1866, il achète une à une les propriétés dont il est locataire ainsi que d'autres lots situés à proximité de la rivière. Alors que le marché du bois scié faiblit dans les années 1870, Eddy se lance dans la production de papier.

En 1882, un incendie détruit une partie des bâtiments de l'entreprise d'Eddy. La reconstruction est entamée immédiatement, et la pierre est privilégiée pour les nouveaux bâtiments.

En 1883, les immeubles aujourd'hui désignés comme étant les édifices 2 et 3 sont érigés. L'édifice 2 abrite alors une forge, un entrepôt et un moulin à planer, tandis que des bureaux sont aménagés dans l'édifice 3. L'actuel édifice 1 est vraisemblablement érigé entre 1884 et 1889. Il accueille alors le mélangeur B. L'édifice 6 est probablement construit en 1892 et sert d'entrepôt.

Ces quatre bâtiments sont, à l'origine, inspirés de l'architecture Second Empire, un style inusité dans l'architecture industrielle. Cette influence paraît alors notamment dans le toit mansardé percé de lucarnes des édifices 1, 3 et 6 (l'édifice 2 est couvert d'un toit cintré), l'avant-corps des édifices 1 et 3 ainsi que certains détails ornementaux, dont les platebandes à clé, les chaînes d'angle et les crêtes faîtières métalliques.
La compagnie manufacturière E. B. Eddy est constituée juridiquement en société par actions en 1886. Elle est alors le principal employeur de la ville et le demeure durant plusieurs décennies. La compagnie s'adapte aux nouveaux procédés de fabrication. Elle est notamment la première au Canada à faire de la pâte de sulfite selon la méthode Mitscherlich et à utiliser le lessiveur vertical pour fabriquer de la pâte de papier.

En avril 1900, un incendie détruit une partie importante de Hull et d'Ottawa. Les édifices de la compagnie E. B. Eddy sont aussi touchés. Les murs de pierre résistent, mais le toit des édifices 1, 2 et 3 est détruit. Comme la compagnie est le plus gros employeur de Hull, le conseil municipal propose une exemption de taxes municipales durant dix ans si les bâtiments sont reconstruits, ce qui est rapidement accepté et entrepris. Les édifices 1 et 3 sont alors couverts d'un toit plat et l'avant-corps de l'édifice 1 disparaît. L'édifice 2 est couvert d'un toit à deux versants surmonté d'une claire-voie au centre. Ce bâtiment est surhaussé en 1909 et couronné d'un toit plat, comportant toujours une claire-voie centrale.

Les édifices E.-B.-Eddy sont reconnus en 2001. Ils sont devenus classés avec l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Outaouais

MRC :

  • Gatineau

Municipalité :

  • Gatineau

Adresse :

  • boulevard Alexandre-Taché

Lieux-dits :

  • Hull

Localisation informelle :

Situés au 3, boulevard Alexandre-Taché.

Latitude :

  • 45° 25' 28.052"

Longitude :

  • -75° 43' 16.745"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Hull Inconnue Absent 1 620 648
1 620 649
1 620 650

Code Borden

BiFw-43      

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GUITARD, Michelle. E.B. Eddy, site industriel. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 1999. s.p.
  • Les architectes Thompson Brandt. Le site E.B. Eddy. Étude architecturale et historique. s.l. Ville de Hull, 1997. s.p.
  • VINCENT-DOMEY, Odette. « Eddy, Ezra Butler ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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