Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Cathédrale d'Amos

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Cathédrale Sainte-Thérèse-d'Avila
  • Église Sainte-Thérèse-d'Avila

Région administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

Municipalité :

  • Amos

Date :

  • 1922 – 1923 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (3)

Personnes associées (7)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

La cathédrale d'Amos est un lieu de culte de tradition catholique érigé en 1922 et 1923. D'influence néobyzantine, cet édifice monumental en béton et en brique présente un plan composé d'une nef circulaire et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Coiffé d'un imposant dôme, il est doté de trois avant-corps percés d'une entrée et d'une rosace. Une annexe entoure l'abside et comprend la sacristie ainsi que la chapelle du Sacré-Coeur, disposées de part et d'autre et reliées entre elles par un déambulatoire. Dominant le paysage, la cathédrale s'élève sur un promontoire naturel, à proximité de la rivière Harricana. Elle est située au coeur de la ville d'Amos.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2003-12-04
 

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Valeur patrimoniale

La cathédrale d'Amos présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'église de la paroisse Sainte-Thérèse d'Avila est érigée en 1922 et 1923, à peine dix ans après la fondation de la municipalité et de la paroisse. Cette dernière ne compte alors que 2 500 fidèles pour assumer les coûts de construction de ce temple de grande envergure. Les matériaux sont transportés par chemin de fer ou par bateau sur la rivière Harricana, puisque la route directe pour se rendre des grands centres urbains à Amos n'est achevée qu'en 1939. L'église devient la cathédrale du nouveau diocèse d'Amos en 1939. Élevée dans un contexte de colonisation, la cathédrale d'Amos reflète la détermination et la volonté de modernité des bâtisseurs de l'Abitibi. L'édifice s'élève sur un promontoire, à proximité de la rivière Harricana, et domine la ville d'Amos et les environs. Il constitue un élément marquant du paysage par sa position privilégiée, sa taille imposante et son architecture distinctive.

La cathédrale présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte est représentatif de l'influence du courant néobyzantin, qui connaît une certaine popularité au Canada et au Québec entre 1910 et 1930. Ce style intègre des éléments issus de l'architecture byzantine et de l'architecture chrétienne médiévale de l'Europe de l'Est produite sous l'Empire byzantin (395-1453). De façon générale, il se caractérise par l'utilisation d'arcades, d'arcs en plein cintre et de dômes ainsi que par l'insertion de mosaïques dans l'ornementation. La cathédrale d'Amos, érigée en 1922 et 1923 d'après les plans de l'architecte montréalais Aristide Beaugrand-Champagne (1876-1950), témoigne de l'influence néobyzantine avec son plan circulaire, son imposant dôme nervuré, ses fenêtres cintrées inscrites à l'intérieur d'arcades et les nombreuses mosaïques ornant les avant-corps. Par ailleurs, la structure en béton armé évoque le courant rationaliste et constitue l'une des premières manifestations de la modernité dans un contexte de colonisation. Le dôme, qui est le deuxième plus grand dôme en béton armé construit au Québec, constitue une réalisation technique audacieuse pour l'époque.

La cathédrale présente en outre un intérêt pour ses valeurs architecturale et artistique liées à son décor intérieur. Aussi d'influence néobyzantine, celui-ci se distingue par le vaste espace créé par la nef de plan circulaire couverte d'une imposante coupole hémisphérique et supportée par de grandes arcades en béton retombant sur des piliers corinthiens. Le décor est complété en 1962 et 1963 d'après les plans des architectes René Richard et Raymond Simard. Les travaux sont confiés à la maison T. Carli-Petrucci de Montréal. La coupole est rehaussée de roses et de nervures rayonnant autour d'une gloire centrale. Une immense peinture murale représentant sainte Thérèse d'Avila pare la voûte du choeur, alors que des mosaïques ornent certaines parties, dont les voûtes des absidioles, l'une servant de baptistère. D'autres éléments contribuent à l'intérêt du décor, particulièrement les lambris du choeur, les murs des absidioles en marbre rose d'Italie et les vitraux provenant de l'atelier des Frères Rault à Rennes, en France.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la cathédrale d'Amos liés à ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- sa situation sur un promontoire naturel, à proximité de la rivière Harricana, au coeur de la ville d'Amos;
- son volume, dont le plan composé d'une nef circulaire et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle, les absidioles, l'imposant dôme nervuré surmonté d'une croix, le demi-dôme du chevet ainsi que l'annexe entourant l'abside;
- ses matériaux, dont la structure en béton armé, le revêtement en brique et en blocs de béton crépis imitant la pierre de taille ainsi que la couverture en cuivre;
- les avant-corps, dont le large entablement à fronton arrondi surmonté d'une croix, la porte couronnée d'une imposte vitrée semi-circulaire, la rose, les fausses chaînes d'angle et les mosaïques;
- les ouvertures, dont les fenêtres cintrées, les fenêtres rectangulaires étroites ainsi que leurs chambranles;
- les éléments décoratifs, dont la large corniche soulignant le haut du mur ainsi que les mosaïques;
- les composantes de l'annexe de plan rectangulaire à un étage comprenant la sacristie et la chapelle du Sacré-Coeur reliées par un déambulatoire, dont le toit à croupes, les fenêtres cintrées, les oculus ainsi que les chambranles;
- la haute souche de cheminée en brique;
- le décor architectural, dont la coupole hémisphérique rehaussée de roses et de nervures rayonnant autour d'une gloire centrale et soulignée d'une corniche, les voûtes en cul-de-four du choeur et des absidioles soulignées de corniches, les grandes arcades, les piliers corinthiens, l'entablement et les lambris du choeur, les murs des absidioles en marbre rose d'Italie, les grilles en fer ornemental ainsi que la tribune arrière reposant sur des arcades et logeant l'orgue Casavant et Frères;
- le décor en trompe-l'oeil composé d'une peinture murale couvrant la voûte du choeur et représentant sainte Thérèse d'Avila;
- les mosaïques ornant notamment les voûtes en cul-de-four des absidioles;
- les vitraux;
- le baptistère et la crypte;
- l'autel en marbre et en fer ornemental.

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Informations historiques

La cathédrale d'Amos se situe en Abitibi, une région de colonisation récente. En 1912, les premiers colons arrivent sur le territoire où se développera la ville d'Amos. En 1913, la paroisse est fondée et placée sous la protection de sainte Thérèse d'Avila. Dès lors, elle accueille son premier curé résident, l'abbé Joseph-Oscar-Viateur Dudemaine (mort en 1966). C'est l'évêque Élie-Anicet Latulipe (1859-1922), du diocèse ontarien d'Haileybury dont relève la région, qui détermine l'emplacement de la première chapelle, bâtie en 1913 et 1914. Avec l'arrivée de nouvelles familles, celle-ci est également utilisée comme école. En 1914, Amos est érigée en municipalité. L'année suivante marque l'érection canonique de la paroisse ainsi que la construction d'un presbytère.

Dès 1918, la chapelle ne suffit plus aux besoins de la paroisse. Un comité est alors formé pour étudier le projet de construction d'une église. Compte tenu des risques d'incendie associés au milieu forestier, la fabrique souhaite que le temple soit à l'épreuve du feu. L'architecte montréalais Aristide Beaugrand-Champagne (1876-1950) est choisi pour en dresser les plans. Celui-ci propose un vaste édifice d'influence néobyzantine à structure de béton. Jugée trop coûteuse, cette proposition est mise de côté et d'autres options sont considérées, comme l'agrandissement de la chapelle. En 1921, la fabrique accepte finalement le projet initial. La construction débute en 1922. Les matériaux sont acheminés par train et par bateau sur la rivière Harricana, puisque la route directe pour se rendre des grands centres urbains à Amos n'est achevée qu'en 1939. Les travaux sont confiés à l'entrepreneur montréalais Denis Construction. Les paroissiens y participent à l'occasion de corvées populaires. Achevé en 1923, le lieu de culte est bénit par l'évêque de Joliette, Joseph-Guillaume-Laurent Forbes (1865-1940). L'église devient la cathédrale du nouveau diocèse d'Amos en 1939. En 1954, elle est pourvue d'un orgue Casavant et Frères.

Le décor intérieur est complété en 1962 et 1963 d'après les plans des architectes René Richard et Raymond Simard. Les travaux sont confiés à la maison T. Carli-Petrucci de Montréal. La coupole est rehaussée de roses et de nervures rayonnant autour d'une gloire centrale. Une immense peinture murale représentant sainte Thérèse d'Avila pare la voûte du choeur, alors que des mosaïques d'Italie sont installées à différents endroits. Des vitraux provenant de l'atelier des Frères Rault à Rennes, en France, complètent le décor. De plus, tout le mobilier est renouvelé, à l'exception des bancs. À l'extérieur, les entablements surmontant les trois entrées et le chevet sont ornés de mosaïques représentant sainte Thérèse d'Avila, saint Viateur, saint Jean et saint Joseph.

L'intérieur de la chapelle du Sacré-Coeur est aménagé en 1980. Deux ans plus tard, la cathédrale est consacrée. En 1998, l'extérieur est restauré.

La cathédrale d'Amos est classée en 2003. Sa crypte renferme les sépultures de deux personnages importants liés à l'histoire et au développement de la région. D'abord, celle de Mgr Dudemaine, premier prêtre desservant de l'Abitibi et premier curé d'Amos. Ensuite, celle d'Hector Authier (1881-1971), premier agent des terres et des mines en Abitibi et ancien ministre de la Colonisation dans le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952). L'édifice a fait l'objet de travaux en 2006 et 2007.

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Emplacement

Region administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

MRC :

  • Abitibi

Municipalité :

  • Amos

Adresse :

  • boulevard Monseigneur-Dudemaine

Latitude :

48° 34' 22.595"

Longitude :

-78° 7' 3.216"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Abitibi Village d' Amos Bloc 12 1 ptie

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Documents

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • TREMBLAY, Katia. « La cathédrale Sainte-Thérèse d'Avila à Amos. L'utilisation du béton armé, indice d'une modernité naissante ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/caamos/caamosf.htm

Multimédias disponibles en ligne :

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