Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Édifice de la Canada Life

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1894 – 1895 (Construction)

Usage :

  • Services et institutions (Immeubles de bureaux)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (4)

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Description

L'édifice de la Canada Life est un gratte-ciel à fonction commerciale et de services de style néo-Renaissance érigé en 1894 et 1895. L'immeuble à ossature d'acier et revêtement de pierre de plan irrégulier, qui occupe l'ensemble du lot, comprend huit étages et est surmonté d'un toit plat. La déclivité du terrain, en légère pente, dégage des étages supplémentaires à l'arrière. La tour se divise en cinq registres horizontaux nettement séparés par une corniche. La hauteur des registres diminue à mesure qu'on s'élève alors que leur ornementation se fait plus sobre. L'édifice de la Canada Life se situe à l'angle des rues Saint-Jacques et Saint-Pierre, en milieu urbain dense, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est compris dans le site patrimonial de Montréal.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2002-09-10
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-01-08

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

L'édifice de la Canada Life présente un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique reposant sur la technique de construction utilisée, l'ossature métallique. L'immeuble possède la première charpente de ce type au Québec, voire au Canada. Cette technique est d'abord utilisée pour l'édification de bâtiments à Chicago, à partir de 1884. Elle est ensuite diffusée aux États-Unis ainsi qu'au Canada et remplace progressivement la charpente à murs portants en pierre ou en brique au début du XXe siècle pour les édifices en hauteur. Cette ossature se réduit, en quelque sorte, à une structure orthogonale composée de piliers et de poutres en acier assemblés par des rivets et couverte par de la terre cuite ou de la brique afin de la rendre ignifuge. L'ossature métallique permet la réalisation de gratte-ciel, exige une main-d'oeuvre moins spécialisée et réduit le temps de travail. L'édifice de la Canada Life constitue un jalon important dans l'introduction de cette technique au Québec.

L'édifice de la Canada Life présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale comme exemple représentatif des premiers gratte-ciel québécois. L'histoire des gratte-ciel antérieurs à 1939 se divise en trois phases, et cet édifice constitue un témoignage unique de la première phase (1887-1900). La construction d'immeubles en hauteur est alors rendue possible grâce à l'utilisation de la structure en acier et à la présence d'un ascenseur. Ces édifices se multiplient à partir de l'édification du premier gratte-ciel à Montréal, en 1887. En raison de la forte demande pour des bureaux dans la métropole et de leur rareté, la spéculation sur les terrains est forte. Aussi les entreprises construisent-elles en hauteur afin de rentabiliser leur investissement. Ces immeubles sont habituellement érigés par des compagnies d'assurances ou des banques qui en occupent une partie et louent le reste, comme dans le cas de l'édifice de la Canada Life. Les gratte-ciel projettent l'image de pérennité et de succès que recherchent ces institutions au tournant du XXe siècle, époque pendant laquelle Montréal est la métropole financière du Canada.

L'édifice de la Canada Life présente également un intérêt pour sa valeur artistique reposant sur la qualité et la richesse de son ornementation extérieure et intérieure. Ce décor traduit l'image de prestige recherchée par la Canada Life Assurance and Co. Elle comporte, notamment, plusieurs détails sculptés réalisés par l'artiste Henry Beaumont, dont les corniches qui délimitent les cinq registres des façades, les bas-reliefs, les allèges ainsi que les colonnes et les pilastres. L'intérieur se caractérise par ses boiseries ainsi que par l'utilisation de matériaux luxueux comme l'acajou, le bronze et le marbre. Il comprend une cage d'ascenseur en fonte finement ouvragée. L'immeuble, dont l'ornementation a subi très peu de modifications, est le seul gratte-ciel construit avant le XXe siècle dans le Vieux-Montréal qui conserve un décor d'origine intact.

L'édifice de la Canada Life présente en outre un intérêt pour sa valeur historique liée à la renommée de son architecte, Richard A. Waite (1848-1911). Cet architecte américain d'origine britannique travaille à Buffalo, où il conçoit plusieurs résidences privées et édifices publics. Parallèlement à sa carrière aux États-Unis, il construit de nombreux immeubles prestigieux au Canada, dont l'édifice de l'Assemblée législative de l'Ontario (1886-1892). Pour la compagnie Canada Life, il réalise deux autres immeubles, l'un à Hamilton et l'autre à Toronto. À Montréal, il crée quelques bâtiments marquants, dont l'édifice du Grand Tronc (1899-1902) ainsi que l'édifice de la Standard Life (1883-1885), et transforme la maison James-Reid-Wilson (1900).

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'édifice de la Canada Life liés à ses valeurs technologique, architecturale, artistique et historique comprennent, entre autres :
- la situation sur un terrain en légère pente vers l'arrière, à l'angle des rues Saint-Jacques et Saint-Pierre, en milieu urbain dense, dans le site patrimonial de Montréal;
- les caractéristiques liées à sa technique de construction, dont l'ossature d'acier, les planchers en terra cotta et les cloisons en brique;
- les caractéristiques liées à sa représentativité par rapport aux premiers gratte-ciel québécois, dont l'élévation de huit étages (à parement de grès bleu bouchardé) sur un soubassement, le plan irrégulier occupant l'ensemble du lot, le toit plat (à corniche en cuivre débordante) ainsi que les deux ascenseurs (en fonte ornés de motifs végétaux) au centre de l'immeuble;
- les entrées, dont l'accès principal comprenant une porte à imposte cintrée et un portail composé d'un arc de triomphe (clé de voûte proéminente flanquée de bas-reliefs représentant des allégories féminines de l'agriculture et des arts ménagers) encadré de deux colonnes à chapiteau ionique reposant sur des socles massifs et supportant un entablement (architrave, frise ornée de bas-reliefs indiquant la date de fondation de la compagnie et celle de l'ouverture de l'immeuble et corniche à denticules) ainsi que l'accès secondaire surmonté d'un bas-relief portant le mot « Offices » avec embrasure ornementée de consoles;
- les ouvertures, dont les fenêtres à deux battants surmontées d'une imposte cintrée avec clé de voûte ciselée du rez-de-chaussée, les fenêtres rectangulaires du deuxième étage et celles cintrées du troisième séparées par des allèges à motifs végétaux incorporant les lettres CLAC signifiant Canada Life Assurance and Co., les fenêtres rectangulaires des étages quatre, cinq, six, les fenêtres cintrées du septième étage ainsi que les fenêtres cintrées et rectangulaires du huitième étage;
- le soubassement en grès bleu rustiqué avec chanfrein profond;
- les caractéristiques du décor extérieur sculpté en pierre, dont les corniches délimitant cinq registres, les bandeaux, les allèges ornées de motifs végétaux, l'écusson au coin de l'édifice et celui de l'écoinçon de la façade principale, les trumeaux, les pilastres et les colonnes engagées ainsi que les bas-reliefs;
- les caractéristiques du décor intérieur, dont l'entrée aux marches et aux lambris en marbre ainsi que l'aileron sculpté en pierre noire et peint en blanc servant de garde-corps, les mosaïques des planchers, la chute à courrier en bronze, la balustrade en fer forgé, les boiseries en acajou notamment les lambris et les chambranles avec leurs bas-reliefs représentant des figurines ainsi que la quincaillerie d'origine.

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Informations historiques

L'édifice de la Canada Life est érigé en 1894 et 1895, selon les plans de l'architecte de Buffalo Richard A. Waite (1848-1911), à l'angle des rues Saint-Jacques et Saint-Pierre. La compagnie d'assurances Canada Life, fondée à Toronto en 1847, construit cet immeuble afin d'y loger son siège social montréalais. L'entreprise occupe le second étage, alors que le rez-de-chaussée héberge le siège social montréalais de la Banque canadienne de Commerce entre 1896 et 1908. Les espaces vacants sont offerts en location, principalement à des cabinets d'avocats et à d'autres assureurs.

L'édifice de la Canada Life est implanté, au moment de sa construction, au coeur du plus important centre financier du Canada, soit la rue Saint-Jacques. En effet, le Vieux-Montréal, et plus particulièrement cette rue, acquiert une influence considérable durant la seconde moitié du XIXe siècle. La plupart des grandes compagnies d'assurances et des banques y aménagent alors leur siège social. Au tournant du XXe siècle, une quinzaine de compagnies d'assurances d'envergure internationale possèdent ainsi un siège social rue Saint-Jacques ou à proximité.

À l'époque de sa construction, l'édifice de la Canada Life se démarque en raison de sa grande modernité et de sa décoration luxueuse. L'immeuble est le deuxième gratte-ciel québécois. C'est également le premier à posséder une ossature complète en acier au Québec, voire au Canada. Il compte une riche décoration extérieure en pierre réalisée par l'artiste Henry Beaumont. Les sculptures intérieures auraient également été conçues par ce sculpteur. La richesse de l'ornementation projette l'image de prestige et de succès que recherchent les compagnies d'assurances et les banques.

L'architecte américain d'origine britannique Richard A. Waite travaille à Buffalo, où il conçoit plusieurs résidences privées et édifices publics. Parallèlement à sa carrière aux États-Unis, il construit de nombreux immeubles prestigieux au Canada, dont l'édifice de l'Assemblée législative de l'Ontario (1886-1892). Pour la compagnie Canada Life, il réalise deux autres immeubles, l'un à Hamilton et l'autre à Toronto. À Montréal, il crée quelques bâtiments marquants, dont l'édifice du Grand Tronc (1899-1902) et l'édifice de la Standard Life (1883-1885), et transforme la maison James-Reid-Wilson (1900).

L'édifice élevé pour la Canada Life Assurance Co. est vendu à la Federation Insurance Co. of Canada Ltd en 1954. L'entreprise cède l'immeuble aux Entreprises Decelles en 1979, mais elle en demeure locataire jusqu'en 1984. Son départ, au milieu des années 1980, met fin à près d'un siècle de présence de compagnies d'assurances dans le bâtiment.

L'édifice de la Canada Life est classé en 2002. Par la suite, d'importants travaux de restauration et de rénovation sont entrepris afin de recycler l'immeuble à des fins résidentielles.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 275, rue Saint-Jacques
  • 701, rue Saint-Pierre
  • 709, rue Saint-Pierre

Latitude :

  • 45° 30' 10.543"

Longitude :

  • -73° 33' 34.346"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 180 633
  • Lot 3 138 279
  • Lot 3 138 280
  • Lot 3 227 430

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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