Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Cinéma Le Château

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Théâtre Château et maison de rapport

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1931 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la modernité

Usage :

  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Cinémas)

Éléments associés

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Personnes associées (4)

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Carte

Description

Le cinéma Le Château est un édifice de style Art déco construit en 1931, conçu à l'origine pour des fonctions récréative, commerciale et résidentielle. L'immeuble est composé de deux parties juxtaposées de plan rectangulaire et s'élève à l'angle de deux rues. La partie qui abritait le cinéma donne sur la rue Saint-Denis. Elle prend la forme d'une vaste boîte de quatre étages, plus profonde que large, d'où excède la cage de scène. La façade du cinéma se divise en trois travées : la partie centrale en pierre présente un grand porche surmonté d'une marquise que surplombe un arc monumental occupé par cinq pilastres et quatre sections de brique intercalaires. Les parties latérales sont également en pierre avec insertion de brique. La partie donnant sur la rue Bélanger compte trois étages clairement délimités. La façade s'habille d'un revêtement de brique rouille orné d'un bandeau de pierre et de trois grandes arches en pierre s'élevant du deuxième au troisième étage. Le rez-de-chaussée comporte des vitrines. Le cinéma Le Château est situé dans un secteur résidentiel et commercial, à proximité du marché Jean-Talon, dans l'arrondissement municipal de Rosemont-Petite Patrie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est également cité immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

4

Groupement :

Adossé

Structure :

  • Béton, ossature en béton armé
  • Composite
  • Métal, ossature métallique

Saillies :

  • Marquise
  • Porche

Fondations :

  • Béton

Élévations :

  • Façade est : Matériau d'imitation (Pierre artificielle), Pierre, Brique

Toit :

  • Forme : Plat
    Matériau : Composite, multicouche

Porte principale :

  • entièrement vitrée, à baies latérales

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À guillotine, à carreaux

Éléments architecturaux :

  • Applique
  • Arc
  • Bandeau
  • Bas-relief
  • Chambranle
  • Éléments polychromes
  • Frise
  • Ornement sculpté
  • Pilastre
  • Plate-bande
  • Tympan
  • Vitrail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2002-02-07
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Montréal) 1991-08-13
 

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Valeur patrimoniale

Le cinéma Le Château présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cet édifice est construit en 1931, à la charnière de deux périodes de l'histoire de l'architecture cinématographique au Québec. De 1915 à 1930, l'industrie du film s'affirme et on assiste à la création d'un type architectural propre aux représentations cinématographiques, qui emprunte néanmoins sa monumentalité à l'architecture théâtrale du XIXe siècle. Les « palaces cinématographiques » sont conçus à l'image des plus grands théâtres et opéras du monde. Ils présentent d'ailleurs du théâtre, généralement du vaudeville, en plus des films. Le cinéma Le Château est un « palace de quartier », entre autres par son volume, ses nombreux espaces en enfilade (hall d'entrée, foyer, balcon, salle de projection, etc.), l'ornementation élaborée de sa façade, la richesse de ses décors intérieurs et sa capacité d'accueil de plus de 1300 spectateurs. Il possède une petite scène, un grillage pour accrocher des décors et des loges au sous-sol qui rappellent que le programme proposait un spectacle de vaudeville en plus de deux films. Par ailleurs, par son style Art déco, il annonce les cinémas des années 1930 conçus dans des styles modernes plus dépouillés. Du point de vue technologique, les abat-son de la salle de projection témoignent de l'avènement du cinéma parlant, qui fait son apparition en 1927. Le cinéma Le Château est l'un des trois « palaces de quartier » montréalais les mieux préservés et les plus intéressants esthétiquement.

Le cinéma Le Château présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Conçu par l'architecte montréalais René Charbonneau (1881-1969), il s'agit d'un bel exemple d'édifice Art déco au Québec. Le style Art déco se développe en Europe dans les années 1920 et 1930 et se répand en Amérique du Nord à la suite de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925. La façade du cinéma Le Château se rattache à ce style par ses ornements aux motifs floraux, précolombiens, égyptiens et ceux représentant les arts, ainsi que par son arc monumental décoré de pilastres et ses fenêtres rehaussées d'oeuvres polychromes peintes sur verre plombé. Les bas-reliefs sont de Joseph Guardo (1901-1978), dont les sculptures parent de nombreux édifices publics et institutionnels de la métropole. À l'intérieur, le décor a été créé par Emmanuel Briffa (1875-1955), qui a participé à l'ornementation de plus de 200 cinémas en Amérique, dont le théâtre Outremont en collaboration avec René Charbonneau. Ce décor comprend des motifs floraux et précolombiens stylisés de couleurs vives et couverts de feuilles d'or ainsi que des vitraux colorés et des pilastres cannelés. Le cinéma Le Château témoigne de la splendeur des « palaces cinématographiques », et son style Art déco évoque l'émergence de la modernité dans l'architecture québécoise.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du cinéma Le Château liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation dans un quartier commercial et résidentiel urbain;
- la division en deux parties, l'une à fonction récréative (cinéma) et l'autre à fonction commerciale et résidentielle;
- son volume, dont le plan rectangulaire plus profond que large, les variations de hauteur (trois étages et plus) et le toit plat;
- ses éléments structuraux, dont la charpente en béton armé avec remplissage de blocs de terre cuite ainsi que les arches paraboliques et les poutres de la toiture en acier;
- ses matériaux, dont le granit gris du rez-de-chaussée, la brique rouille des murs et la pierre artificielle des revêtements ornementaux;
- son élévation de quatre étages avec la cage de scène plus haute;
- la marquise;
- ses éléments intérieurs, dont la disposition des espaces en enfilade (hall d'entrée, foyer, salle de visionnement pour plus de 1300 personnes, balcon);
- ses éléments liés à la fonction de théâtre, dont la scène, le grillage pour accrocher les décors et les loges au sous-sol;
- ses éléments liés au cinéma parlant, dont les abat-son;
- les éléments ornementaux de la façade, dont les trois travées, l'arc monumental central supporté par deux pilastres, les cinq pilastres et les quatre sections de brique intercalaires occupant l'arc central, le bandeau de méandres superposés, les bas-reliefs aux motifs précolombiens, égyptiens (déesses), animaliers (échassiers) et floraux, les oeuvres polychromes peintes sur verre plombé représentant le soleil levant et le soleil couchant, le bandeau séparant le rez-de-chaussée des étages (orné de volutes et de masques de la tragédie et de la comédie);
- les éléments ornementaux du hall d'entrée, dont les lambris de marbre moiré, la frise à motifs floraux stylisés polychromes, les panneaux multicolores en verre plombé et les panneaux en trompe-l'oeil et en verre des deux entrées latérales;
- les éléments ornementaux de la salle, dont l'arche rectangulaire du proscenium couverte de dorures, les piliers monumentaux, l'ornement polychrome à motif rayonnant au-dessus de la porte de secours, la frise Art déco qui divise en deux les murs latéraux, les appliques murales, les pilastres cannelés multicolores surmontés d'un pinacle, les arcs en plein cintre, les vitraux aux couleurs vives, les ornements en plâtre d'inspiration précolombienne au-dessus des vitraux, le rideau de scène en amiante orné de motifs imitant un drapé, d'un masque grotesque et d'enfants exécutant une farandole ainsi que le parapet du balcon orné de motifs précolombiens stylisés et dorés;
- les caractéristiques de la partie commerciale et résidentielle, dont son volume, (notamment le plan rectangulaire à trois étages en brique rouille et son toit plat), ses ouvertures, dont les vitrines au rez-de-chaussée, les fenêtres à guillotine simples ou jumelées et la porte à l'angle des deux rues, ainsi que les trois arcs en pierre de la façade.

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Informations historiques

L'architecture des cinémas antérieure à 1940 se divise en trois phases : les scopes et les théâtres cinématographiques (salles adaptées au cinéma comme genre mineur, 1895-1915), les super palaces et les palaces de quartier (palaces cinématographiques, 1915-1930) et les salles des années 30 (standardisation, 1930-1940). Conçus par des architectes et des décorateurs réputés, ces édifices invitent à l'évasion.

Le cinéma Le Château est construit en 1931, à une date charnière de l'histoire de l'architecture des cinémas. De 1915 à 1930, l'industrie du film s'affirme et on assiste à la création d'un type architectural propre aux représentations cinématographiques, qui emprunte néanmoins sa monumentalité à l'architecture théâtrale du XIXe siècle. Les « palaces cinématographiques » sont conçus à l'image des plus grands théâtres et opéras du monde. Ils présentent d'ailleurs du théâtre, généralement du vaudeville, en plus des films. Les années 1930 seront marquées par la crise économique qui amène les propriétaires de salles à construire des cinémas dans des styles modernes plus dépouillés.

Commandé à la fin des années 1920, le cinéma Le Château présente une ornementation opulente. De style Art déco, sa facture moderne annonce cependant les changements à venir. Le style Art déco se développe dans les années 1920 et 1930 et se répand rapidement en Amérique du Nord à la suite de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925. Il est utilisé dans diverses disciplines, dont l'architecture, la décoration intérieure, la publicité, le mobilier et le design industriel. Les bas-reliefs du cinéma sont de Joseph Guardo (1901-1978), dont les sculptures parent de nombreux édifices publics et institutionnels de la métropole (bureau de poste, écoles, postes de police et pompier, théâtre, églises, Jardin botanique, etc.). Les décors intérieurs ont été réalisés par Emmanuel Briffa (1875-1955), qui a participé à la décoration de plus de 200 salles de cinéma en Amérique. À Montréal, outre les décors du Château, on lui attribue ceux des théâtres ou cinémas Outremont, Métropolis, Corona et Palace.

Le cinéma Le Château, d'une capacité d'accueil de plus de 1300 spectateurs, est équipé d'une scène, de loges au sous-sol et des installations nécessaires à l'accrochage des décors. Jusque dans les années 1940, la programmation de chaque représentation comprend la projection de deux films et une pièce de vaudeville. Le cinéma Le Château est également équipé pour le cinéma parlant, qui fait son apparition en 1927. Les spectacles et les films sont annoncés sur une marquise de style Château jusqu'en 1946. À cette date, une marquise plus moderne la remplace et l'enseigne verticale suspendue au-dessus est retirée.

En 1962, la société Confederation Amusements Limited vend le cinéma à la société United Theatres Limited. En 1974, une seconde salle est formée par le cloisonnement du balcon. Le Château change de fonction à la fin des années 1980. Acquis par le Centre chrétien métropolitain, il sert de lieu de culte depuis 1989.

À la même époque, une étude des salles de cinéma montréalaises des années 1900 à 1940, commandée par le ministère de la Culture et des Communications du Québec, est menée. À cette occasion, le cinéma Le Château se classe parmi les trois « palaces de quartier » les mieux préservés et les plus intéressants esthétiquement.

Le cinéma Le Château est cité par la Ville en 1991. Il est classé en 2002.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Rosemont - La Petite-Patrie

Adresse :

  • 383, rue Bélanger
  • 395, rue Bélanger
  • 6950, rue Saint-Denis
  • 6956, rue Saint-Denis
  • 6960, rue Saint-Denis

Localisation informelle :

Près du marché Jean-Talon.

Latitude :

  • 45° 32' 13.187"

Longitude :

  • -73° 36' 44.67"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Village de Côte-Saint-Louis Absent 8-234
8-235
8-P233

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Références

Notices bibliographiques :

  • BERGERON, Claude. Architectures du XXe siècle au Québec. Québec, Les Éditions du Méridien, 1989. s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture commerciale III : les magasins, les cinémas. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 9. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1985. 413 p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Dossiers d'études du Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, s.d. s.p.
  • JARRY, Monique. Étude historique et évaluation patrimoniale du Théâtre Château, 6950-6960, rue Saint-Denis, Montréal. Montréal, Service de l'habitation et du développement urbain de la Ville de Montréal, 1990. s.p.
  • LACASSE, Germain. « La naissance d'une passion. Les Québécois et le septième art ». Cap-aux-Diamants. No 38 (1994), p. 18-22.
  • LANKEN, Dane. Montreal Movie Palaces, Great Theatres of the Golden Era 1884-1938. Waterloo (Ontario), Archives of Canadian Art and Penumbra Press, 1993. 190 p.
  • LEVER, Yves. « Le cinéma au Québec ». Continuité. No Automne (1988), p. 23-26.
  • MARTINEAU, Jocelyne. Cinémas et patrimoine à l'affiche. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, 1988. 50 p.
  • MARTINEAU, Jocelyne. « Les palaces du septième art ». Continuité. No Automne (1988), p. 18-21.
  • MARTINEAU, Jocelyne. Les salles de cinéma construites avant 1940 sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, 1988. s.p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 6. Montréal, Éditions du Méridien, 1995. 552 p.
  • VALENTINE, Maggie. The Show Starts on the Sidewalk. An Architectural History of the Movie Theatre, Starring S. Charles Lee. New Haven, Yale University Press, 1994. 231 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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