Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison natale de Paul-Émile Borduas

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Mont-Saint-Hilaire

Date :

  • vers 1900 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Personnes associées (2)

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Carte

Description

La maison natale de Paul-Émile Borduas est une résidence villageoise construite vers 1900. La demeure de plan rectangulaire, à deux étages, est coiffée d'un toit mansardé à deux versants. Un perron couvert marque l'entrée principale. La maison natale de Paul-Émile Borduas est située dans le secteur ancien de la municipalité de Mont-Saint-Hilaire, près de la rivière Richelieu.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Mont-Saint-Hilaire) 2000-08-21
 

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Valeur patrimoniale

La maison présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec Paul-Émile Borduas (1905-1960). Ce dernier est une figure majeure de l'histoire de l'art québécois du XXe siècle. Borduas passe son enfance dans cette maison de Mont-Saint-Hilaire, au sein d'une famille modeste. En 1922, il commence son apprentissage auprès du peintre Ozias Leduc (1864-1955) de Saint-Hilaire (ancien nom de Mont-Saint-Hilaire). Leduc devient le professeur et l'ami de Borduas; ils entretiennent des liens durables. Borduas poursuit ensuite ses études artistiques à Montréal, puis il effectue de courts séjours aux États-Unis et en Europe. Ces voyages lui permettent de prendre connaissance des courants avant-gardistes de l'époque. Installé à Montréal durant les années 1930, Borduas oeuvre dans la peinture religieuse et l'ornementation d'églises, tout en commençant une carrière dans l'enseignement. En 1937, il joint l'École du meuble. Sa démarche artistique l'amène à délaisser progressivement l'univers figuratif dans sa peinture. Entouré d'un groupe d'artistes, Borduas devient le chef de file du mouvement Automatiste, qui préconise la spontanéité de la création et l'exploration du monde intérieur. Borduas publie en 1948 le « Refus global », un manifeste déterminant et précurseur de la Révolution tranquille. Incompris et faisant l'objet de vives critiques, il doit quitter l'École du meuble. Il se retire alors à Saint-Hilaire, où il avait construit quelques années auparavant une grande maison pour lui et sa famille. Le contexte difficile entraîne son départ du Québec. Borduas s'installe à New York en 1953, où il connaît un certain succès, puis à Paris en 1955. Il poursuit son oeuvre créative et continue de participer à de nombreuses expositions. Il décède à Paris le 22 février 1960. La maison natale de Paul-Émile Borduas évoque le souvenir de cet artiste qui marque profondément l'histoire de l'art québécois et canadien du XXe siècle.

La maison natale de Paul-Émile Borduas présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle est un exemple de maison mansardée, un type d'habitation vernaculaire découlant de l'architecture Second Empire. Ce style, élaboré en France au milieu du XIXe siècle, est introduit rapidement aux États-Unis et au Canada, grâce aux revues et catalogues d'architecture. Le style Second Empire plaît pour ses qualités esthétiques, mais aussi pour les avantages de sa toiture qui offre plus d'espace sous les combles. Aussi, cet élément distinctif est-il repris par l'architecture vernaculaire. Celle-ci conserve le plan rectangulaire et le volume peu articulé de la maison traditionnelle. Cependant, le toit à deux versants est remplacé par la toiture mansardée. Ce type de maison fait son apparition dans les milieux urbains et ruraux au Québec, durant le dernier quart du XIXe siècle. La maison natale de Paul-Émile Borduas en est caractéristique par sa toiture mansardée, son volume rectangulaire peu articulé et la disposition symétrique de ses ouvertures.

Source : Municipalité de Mont-Saint-Hilaire, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison natale de Paul-Émile Borduas liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en bordure d'une rue du secteur ancien de Mont-Saint-Hilaire;
- sa proximité du chemin des Patriotes et de la rivière Richelieu;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit mansardé à deux versants;
- les matériaux, dont le parement en bardeaux de cèdre et les éléments architecturaux en bois (ornementation);
- les ouvertures, dont leur disposition symétrique en façade et aux murs pignons et les fenêtres à guillotine;
- l'ornementation, dont les chambranles à entablement, les planches cornières, les poteaux et les pilastres à entablement du perron;
- la souche de cheminée en brique;
- l'appentis arrière d'un étage.

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Informations historiques

La maison natale de Paul-Émile Borduas est bâtie probablement vers 1900. À l'origine, cette résidence villageoise est recouverte de planches verticales, un parement remplacé par du bardeau de bois vers 1925.

Paul-Émile Borduas, figure majeure de l'histoire de l'art au Québec, naît dans la maison le 1er novembre 1905. Borduas fréquente l'école du village de 1912 à 1921. À quelques pas de la maison, la rivière Richelieu et le mont Saint-Hilaire lui procurent de multiples occasions de balades et d'observation. Peu de renseignements subsistent sur son enfance.

En 1922, Paul-Émile Borduas commence son apprentissage auprès du peintre Ozias Leduc (1864-1955), citoyen de Saint-Hilaire (ancien nom de Mont-Saint-Hilaire). Leduc devient le professeur et l'ami de Borduas; ils entretiennent des liens durables. Auprès de Leduc, il travaille à l'ornementation d'églises en 1922 et 1923, et ponctuellement par la suite.

Après quelques cours à l'École des arts et métiers de Sherbrooke, Paul-Émile Borduas poursuit sa formation à l'École des beaux-arts de Montréal où il obtient son diplôme en 1927. De 1928 à 1930, il visite plusieurs milieux artistiques, aussi bien à New York et à Boston qu'en Europe. À Paris, en novembre 1928, il participe aux Ateliers d'art sacré dirigés par Maurice Denis (1870-1943). Enrichi de ces multiples expériences et rencontres, Borduas revient au Québec, alors touché par la crise économique. Pendant les années 1930, tout en oeuvrant à la peinture religieuse et l'ornementation des églises, il commence une carrière d'enseignant. En 1937, il entre à l'École du meuble de Montréal comme professeur de dessin et de décoration. En 1939, il est un des membres fondateurs de la Société d'art contemporain et participe au Salon des indépendants en 1941.

En 1942, désirant se rapprocher du cadre naturel de son enfance, Borduas s'établit à Saint-Hilaire en compagnie de sa femme, Gabrielle Goyette, et de ses trois enfants. Il y construit une grande maison près de sa maison natale et de la rivière Richelieu.
Le parcours artistique de Borduas l'amène à délaisser l'univers figuratif. Il s'entoure d'un groupe d'artistes qui préconisent la spontanéité de la création, l'abstraction et l'exploration du monde intérieur. Lors de la première exposition du groupe en 1946, un critique d'art les qualifie d'« Automatistes ». Ce nom identifie le mouvement par la suite, et Borduas en est le chef de file.

Borduas publie le « Refus global » en août 1948. Ce manifeste déterminant, qui suscite de grands remous au Québec, est précurseur de la Révolution tranquille. Le Refus global exprime des positions fermes contre l'idéologie conservatrice du gouvernement Duplessis, de l'élite et du clergé québécois. Incompris et faisant l'objet de vives critiques, Borduas doit quitter l'École du meuble. La période qui suit est consacrée à l'écriture et à la peinture, mais ce contexte difficile engendre différents problèmes. Amené à vendre sa maison, Borduas s'exile aux États-Unis en 1953 où il connaît un certain succès. Il s'installe ensuite à Paris en octobre 1955. Au cours de cette période, malgré l'éloignement et une santé fragile, Borduas poursuit son oeuvre créatrice et participe à de nombreuses expositions tant en Europe qu'en Amérique. Il décède à Paris le 22 février 1960.

Depuis sa construction, la maison natale a connu quelques modifications. Elle est subdivisée en trois logements, ce qui amène l'ajout, à la façade latérale nord-ouest, d'un escalier extérieur en fer ornemental. Une porte latérale est aussi ajoutée au rez-de-chaussée de la façade latérale sud-est.

La maison natale de Paul-Émile Borduas est citée en 2000.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • La Vallée-du-Richelieu

Municipalité :

  • Mont-Saint-Hilaire

Adresse :

  • 39, rue Saint-Henri
  • 43, rue Saint-Henri
  • 45, rue Saint-Henri

Latitude :

  • 45° 34' 13.6"

Longitude :

  • -73° 11' 38.6"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Rouville Paroisse de Saint-Hilaire Absent 45-1

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • GAGNON, François, Isabelle LUSSIER et Caroline ROY. La Vallée-du-Richelieu. s.l. Les éditions GID, 2005. 191 p.
  • GAGNON, François-Marc. Paul-Émile Borduas, catalogue d'exposition. Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal, 1988. 480 p.
  • GAGNON, François-Marc. Paul-Émile Borduas. s.l. 1976. 95 p.
  • ROBERT, Guy. Borduas. s.l. Presses université du Québec, 1972. 340 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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