Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Pont de Saint-Edgar

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Pont couvert de Saint-Edgar

Région administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • New Richmond

Date :

  • 1938 – (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Ponts couverts)

Éléments associés

Personnes associées (1)

Carte

Description

Le pont couvert de Saint-Edgar est un ouvrage de génie civil construit en 1938. Ce pont en bois à deux travées mesure 88,38 mètres de long et 5,74 mètres de large. Sa structure de type Town québécois est composée de fermes à treillis ainsi que de poteaux verticaux placés entre les cordes doubles supérieures et inférieures. Elle est recouverte d'un lambris en planches horizontales peint en rouge et coiffée d'un toit à deux versants droits. Le pilier central repose sur un îlot. Situé en milieu rural, à proximité de la route nationale 132, le pont couvert permet d'enjamber la Petite rivière Cascapédia, dans le secteur de Saint-Edgar de la ville de New Richmond.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est également cité immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2009-10-01
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (New Richmond) 2003-08-04
 

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Valeur patrimoniale

Le pont de Saint-Edgar présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à sa représentativité comme pont couvert. Au Québec, entre le début du XIXe siècle et la fin des années 1950, environ 1 500 ouvrages de ce genre ont été bâtis. Un pont couvert est une construction en bois permettant la circulation des personnes ou des véhicules au-dessus d'un obstacle, qui est dotée d'un toit et dont les fermes constituent les éléments porteurs de l'ensemble de la structure. Lieux de passage, ces ponts ont donné accès aux terres de colonisation et permis notamment la mise en marché des produits agricoles. Ils sont donc indissociables de l'histoire du Québec. Celui de Saint-Edgar, élevé en 1938 sur les instances du curé fondateur de la paroisse, Joseph-Edgar Miville (1887-1968), a contribué au peuplement et au développement des hameaux de Saint-Edgar et de Robidoux, de part et d'autre de la Petite rivière Cascapédia. Il constitue donc un témoin important de la colonisation de la vallée de la Matapédia. Il s'agit en outre de l'un des derniers représentants des nombreux ponts couverts qui marquaient autrefois le paysage de la région gaspésienne.

Le pont couvert de Saint-Edgar présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La structure reflète la popularité des ponts du type Town québécois, aussi appelé « Town élaboré », qui fait appel à une variante de la ferme brevetée en 1820 par l'architecte américain Ithiel Town (1784-1844). Bien que le Québec ait connu plusieurs types de ponts couverts à partir du début du XIXe siècle, la plupart de ceux érigés pendant le XXe siècle appartiennent à ce dernier. La ferme Town est constituée de madriers placés en diagonale, formant un large treillis entre les cordes supérieures et inférieures, et attachés l'un à l'autre à chaque intersection par des chevilles de bois. Au Québec, cette structure, reconnue pour sa solidité, sa facilité de construction et sa légèreté, est utilisée de façon presque systématique par les ingénieurs du ministère de la Colonisation. Des modifications lui sont toutefois apportées dès le début du XXe siècle : les dimensions des pièces de charpente sont réduites, des poteaux verticaux sont ajoutés afin de compenser la perte de résistance et des clous et boulons remplacent le chevillage de bois plus complexe. Le type Town québécois, résultant de ces modifications, est plus économique, et sa simplicité permet l'emploi d'une main-d'oeuvre locale. Le pont couvert de Saint-Edgar, le plus long subsistant dans la région gaspésienne, en constitue un exemple remarquable. Il s'y rattache notamment par les poteaux verticaux solidifiant les fermes, les portiques à linteau à angles obliques, le parement en planches horizontales et les ouvertures latérales au milieu du lambris ainsi qu'entre les cordes supérieures. Il se distingue toutefois du modèle par ses cordes supérieures et inférieures doubles ainsi que par la trappe et l'échelle donnant accès à l'îlot sur lequel repose le pilier central. Le lambris extérieur est peint en rouge comme celui de nombreux autres ponts couverts québécois, d'où l'appellation fréquente de « ponts rouges ». Ce pont rappelle donc la diffusion très large du type Town québécois durant la première moitié du XXe siècle.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du pont couvert de Saint-Edgar liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en milieu rural, à proximité de la route nationale 132, sur la Petite rivière Cascapédia;
- son volume, dont les deux travées mesurant au total 88,38 mètres de long et 5,74 mètres de large ainsi que le toit à deux versants droits;
- les caractéristiques de la structure de type Town québécois, dont les fermes à treillis constituées de madriers s'entrecroisant et reliés par des clous, les poteaux verticaux ainsi que les jambes de force;
- la charpente du toit, dont les chevrons, les pièces de contreventement et les pannes;
- les cordes doubles supérieures et inférieures;
- les matériaux, dont le lambris en planches horizontales peint en rouge, le revêtement du tablier en madriers longitudinaux, les culées et le pilier central en bois ainsi que la couverture en tôle;
- les ouvertures, dont les portiques à linteau à angles obliques et à jambage droit, les longues ouvertures latérales au milieu du lambris ainsi que celles situées entre les cordes supérieures;
- les éléments ornementaux, dont les garnitures peintes en blanc.

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Informations historiques

Le pont couvert de Saint-Edgar est érigé sur les instances du curé fondateur de la paroisse, Joseph-Edgar Miville (1887-1968), en 1938. Sa construction facilite le peuplement et le développement des hameaux de Saint-Edgar et de Robidoux, de part et d'autre de la Petite rivière Cascapédia, qu'il enjambe. Il est de type « Town québécois », aussi appelé « Town élaboré ». Sa structure fait par conséquent appel à une variante de la ferme brevetée en 1820 par l'architecte américain Ithiel Town (1784-1844), telle que modifiée au Québec par les ingénieurs du ministère de la Colonisation à partir du début du XXe siècle.

En 1948, le pont résiste à une crue exceptionnelle, mais subit des dommages importants. La même année, l'épouse de Charles Poitras, de Saint-Alphonse, fait installer par le curé Miville une statuette de la Vierge sur une poutre intérieure afin de protéger la structure et les passants. Celle-ci demeurera en place durant de nombreuses années.

En 1980, le lambris extérieur est repeint en rouge et retrouve ainsi sa couleur d'origine.

Le pont couvert de Saint-Edgar est cité en 2003 et il est classé en 2009. La structure est utilisée par les piétons et les cyclistes, alors que les véhicules motorisés empruntent un pont situé un peu plus au nord.

Le pont est endommagé par des inondations en décembre 2010.

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Emplacement

Region administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

MRC :

  • Bonaventure

Municipalité :

  • New Richmond

Adresse :

  • avenue des Ponts

Lieux-dits :

  • Saint-Edgar

Localisation informelle :

Pont enjambant la Petite rivière Cascapédia.

Latitude :

  • 48° 14' 15.854"

Longitude :

  • -65° 43' 32.019"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Bonaventure No 1 Canton de New Richmond Absent 796 du rang 7

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Documents

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Références

Notices bibliographiques :

  • ARBOUR, Gérald, Fernand CARON et Jean LEFRANÇOIS. Les ponts couverts au Québec. Québec, Les Publications du Québec, 2005. 216 p.
  • ARBOUR, Gérald. Les ponts rouges du Québec. Saint-Eustache, Société québécoise des ponts couverts inc., 1993. 82 p.
  • CLUSIAU, Éric. Des toits sur nos rivières: les ponts couverts de l'est du Canada. Montréal, Hurtubise HMH, 2000. 117 p.
  • HÉBERT, Yves. New Richmond, une histoire d'entente et de cordialité. Québec, Éditions GID, 2005. 255 p.
  • JOBIN, Jean-Marie. Histoire de New Richmond: hommage à la population. New Richmond, Ville de New Richmond, 1996. 300 p.
  • THIBAULT, Henri-Paul. Les ponts couverts du Québec : évaluation patrimoniale. Québec, Ministère de la Culture, 1993. s.p.

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