Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église Plymouth Trinity

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Plymouth Trinity United
  • Plymouth Congregational Church

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Sherbrooke

Date :

  • 1855 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Protestantisme (Congrégationnaliste))
  • Christianisme (Protestantisme (Église Unie))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (2)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (2)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église Plymouth Trinity est un lieu de culte de tradition congrégationaliste érigé en 1855. L'édifice en brique présente un plan rectangulaire et est coiffé d'un toit à deux versants droits à pente faible. Un clocher à double lanterne surmonte le faîte à l'avant. La façade comporte un portique à colonnade dorique fermé aux extrémités ainsi qu'un fronton. Le bâtiment est implanté à une intersection, sur un terrain dénivelé, à proximité de plusieurs édifices d'intérêt patrimonial, dont l'hôtel de ville de Sherbrooke, classé immeuble patrimonial. L'église Plymouth Trinity est située dans un secteur ancien de l'arrondissement municipal de Jacques-Cartier, dans la ville de Sherbrooke.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur de l'église ainsi qu'aux vitraux.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

1 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois, ossature en bois
  • Maçonnerie en brique
  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Agrandissement
  • Chapelle

Saillies :

  • Cheminée
  • Clocher
  • Escalier monumental
  • Lanterneau
  • Perron
  • Portique

Fondations :

  • Béton, blocs
  • Pierre

Élévations :

  • Toutes les façades : Brique

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle pincée

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux, à battants

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, Soupirail

Éléments architecturaux :

  • Boiserie ornementale
  • Colonne
  • Corniche moulurée
  • Entablement
  • Fronton
  • Linteau
  • Pilastre
  • Vitrail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1989-05-15
 

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Valeur patrimoniale

L'église Plymouth Trinity présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le temple témoigne de l'influence du style néogrec dans la conception des lieux de culte au milieu du XIXe siècle. Le néoclassicisme, apparu vers la fin du XVIIIe siècle, puise au départ son inspiration dans la Rome antique. Au début du siècle suivant, l'architecture grecque est redécouverte. Associée à des idéaux démocratiques, elle gagne rapidement en popularité aux États-Unis, notamment en Nouvelle-Angleterre. Entre 1820 et 1865, des édifices de toutes fonctions sont construits sur le modèle du temple grec, dont des lieux de culte. Ils se distinguent notamment par leur fronton et par l'emploi de colonnes ou de pilastres doriques sans base. L'église Plymouth Trinity, attribuée à l'architecte montréalais d'origine allemande William Footner (1799-1872), se rattache à ce modèle par sa façade hexastyle (2 colonnes et 4 pilastres), son fronton, son portique, son toit à deux versants droits à pente faible, ses longs-pans à quatre travées, ses ouvertures rectangulaires plutôt que cintrées ainsi que son clocher à base carrée doté d'une double lanterne octogonale et d'une flèche. Les extrémités fermées du portique permettent de dégager plus d'espace intérieur. L'utilisation de pilastres plutôt que de colonnes dans les sections latérales est un procédé très répandu qui réduit les coûts de construction. L'église Plymouth Trinity constitue l'un des plus beaux exemples subsistants de l'utilisation du style néogrec en architecture religieuse au Québec.

L'église Plymouth Trinity présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'édifice rappelle l'importance des communautés originaires de la Nouvelle-Angleterre et de foi réformée dans le peuplement du sud du Québec. Cette immigration commence dans la foulée de la guerre de l'Indépendance américaine (1775-1782), et la création des « townships » ou cantons, en 1792, la favorise. La Guerre de 1812 (1812-1815), qui oppose les États-Unis et le Royaume-Uni, accentue le mouvement. Par ailleurs, les réseaux routiers et hydrographiques reliant les Cantons-de-l'Est à la Nouvelle-Angleterre entretiennent les échanges entre les deux côtés de la frontière. À partir de 1852, le chemin de fer entre Montréal et Portland, dans le Maine, passe par Sherbrooke. Cette voie ferrée renforce les liens entre la ville et la région de Boston. Le choix d'un style très populaire aux États-Unis pour la construction de l'église congrégationaliste sherbrookoise, en 1855, témoigne de l'influence culturelle étasunienne à cette époque. En outre, la communauté, constituée principalement de familles provenant du Massachusetts, choisit en 1862 de la désigner sous le nom de Plymouth Congregational Church. Cette appellation évoque le lieu d'établissement des pèlerins du « Mayflower », à l'origine de la tradition congrégationaliste en Amérique du Nord. La proportion d'anglophones de foi réformée dans les Cantons-de-l'Est décroît considérablement dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec l'arrivée massive de Canadiens français catholiques. Les Sherbrookois de langue anglaise, notamment ceux rattachés à l'église Plymouth, forment toutefois une large part de la bourgeoisie locale et conservent une grande influence dans les milieux industriels, commerciaux et politiques. Les vitraux de l'église Plymouth Trinity, dédiés à des membres importants de la communauté et ajoutés graduellement au décor, évoquent la contribution de nombreux fidèles au développement de Sherbrooke et du sud du Québec.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église Plymouth Trinity liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- le volume, dont le plan rectangulaire, le toit à deux versants droits à pente faible ainsi que le clocher (composé d'une base carrée, d'une double lanterne octogonale et d'une flèche surmontée d'une girouette);
- les matériaux, dont le soubassement en moellons, la maçonnerie en brique, la couverture en tôle ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois;
- les caractéristiques de la façade aménagée sur un mur pignon, dont le portique hexastyle fermé aux extrémités, les colonnes doriques cannelées sans base, les pilastres doriques sans base, l'entablement, le fronton et la porte en bois à panneaux (composée de deux vantaux et d'une partie fixe);
- les caractéristiques des longs-pans et du chevet, dont les quatre travées latérales, les grandes fenêtres rectangulaires à carreaux, les soupiraux rectangulaires à carreaux, les linteaux et les appuis, les pilastres corniers doriques ainsi que l'entablement;
- la souche de cheminée en brique;
- les vitraux représentant des scènes religieuses ou des motifs végétaux et dédiés à des membres de la communauté;
- l'implantation à une intersection, sur un terrain dénivelé, à proximité de plusieurs édifices d'intérêt patrimonial, dont l'hôtel de ville de Sherbrooke, classé immeuble patrimonial, dans un secteur ancien de l'arrondissement municipal de Jacques-Cartier.

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Informations historiques

L'église Plymouth Trinity est implantée dans un secteur ancien de Sherbrooke. L'immigration de communautés originaires de la Nouvelle-Angleterre et de foi réformée dans le sud du Québec commence dans la foulée de la guerre de l'Indépendance américaine (1775-1782). La création des « townships » ou cantons, en 1792, la favorise. La Guerre de 1812 (1812-1815), qui oppose les États-Unis et le Royaume-Uni, accentue le mouvement. Par ailleurs, les réseaux routiers et hydrographiques reliant la région à la Nouvelle-Angleterre entretiennent les échanges entre les deux côtés de la frontière. Dès les débuts du peuplement des Cantons-de-l'Est, des membres de l'église congrégationaliste sont présents. En 1835, une communauté congrégationaliste se forme à Sherbrooke. L'année suivante, le révérend James Robertson (1776-1871), établi au Vermont, accepte de la desservir. Les premiers services religieux se tiennent dans une école, mais un lieu de culte est érigé à la fin de 1837 ou au début de 1838.

Au milieu du XIXe siècle, la population de la ville croît rapidement, notamment après la construction d'un chemin de fer entre Montréal et Portland, dans le Maine. Cette voie ferrée, qui passe par Sherbrooke à partir de 1852, favorise le développement industriel de la ville ainsi que les échanges avec la Nouvelle-Angleterre. Le 19 mars 1855, la communauté congrégationaliste sherbrookoise, en pleine expansion, acquiert de la British American Land Company un terrain en bordure de la rue Commerciale, dans un secteur très recherché par la classe aisée et par les institutions de la ville. Elle y fait construire, la même année, un lieu de culte, qui est consacré dès le 26 août. La conception de cet édifice est généralement attribuée à l'architecte montréalais d'origine allemande William Footner (1799-1872). Ce dernier est déjà connu à Sherbrooke, puisqu'il a dressé les plans du deuxième palais de justice, bâti de 1839 à 1841. L'édifice se rattache au style néogrec, très répandu alors en Nouvelle-Angleterre.

En 1862, la communauté, constituée principalement de familles provenant du Massachusetts, choisit de désigner son église sous le nom de Plymouth Congregational Church. Cette appellation rappelle le lieu d'établissement des pèlerins du « Mayflower », à l'origine de la tradition congrégationaliste en Amérique du Nord. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la proportion d'anglophones de foi réformée décroît considérablement à Sherbrooke. Ceux-ci, notamment ceux rattachés à l'église Plymouth, forment néanmoins une large part de la bourgeoisie locale et conservent une grande influence dans les milieux industriels, commerciaux et politiques. En 1925, à la suite du rassemblement des méthodistes, des congrégationalistes et d'une partie des presbytériens pour former l'Église unie du Canada, le temple est renommé Plymouth United Church.

L'extérieur de l'église subit très peu de modifications. Une salle communautaire, nommée Plymouth Hall, est construite contre le mur arrière entre 1863 et 1880. En 1924, elle est considérablement agrandie par l'ajout de plusieurs pièces. En mars 1952, un incendie endommage l'intérieur de l'édifice. Deux ans plus tard, un véhicule s'écrase contre la façade, brisant une des colonnes, qui est ensuite réparée. L'aménagement du stationnement à l'arrière remonte à 1965.

Les vitraux, dédiés à des membres importants ou à des familles de la communauté et représentant des scènes religieuses ou des motifs végétaux, ont été acquis au fil du temps. Certains proviennent du temple méthodiste Trinity (1886), démoli en 1971. Situé dans le même secteur, ce dernier appartenait aussi à l'Église unie du Canada depuis 1925. Les fidèles des deux lieux de culte réunis adoptent le nom de Plymouth-Trinity United Church.

L'église Plymouth Trinity est classée en 1989. La protection s'applique à l'extérieur de l'église et aux vitraux. L'édifice est toujours utilisé pour le culte et pour des activités communautaires.

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Sherbrooke

Municipalité :

  • Sherbrooke

Arrondissement municipal :

  • Jacques-Cartier

Adresse :

  • 380, rue Dufferin

Latitude :

  • 45° 24' 24.624"

Longitude :

  • -71° 53' 44.142"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 048 129

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • KESTEMAN, Jean-Pierre. Histoire de Sherbrooke, tome 1 : De l'âge de l'eau à l'âge de la vapeur (1802-1866). Sherbrooke, Éditions GGC, 2000. s.p.
  • KESTEMAN, Jean-Pierre. Histoire de Sherbrooke, tome 2 : De l'âge de la vapeur à l'ère de l'électricité (1867-1896). Sherbrooke, Sherbrooke, Éditions GGC, 2001. s.p.
  • MAITLAND, Leslie. L'architecture néo-classique au Canada. Études en archéologie, architecture et histoire. Hull, Parcs Canada, 1984. 149 p.
  • s.a. Plymouth Church. Historique, description, évolution. Sherbrooke, La Société d'histoire des Cantons de l'est, 1978. s.p.
  • SANGSTER, F. J. Plymouth Trinity United Church, 1835 to 1985. One Hundred and Fifty Years. Sherbrooke, s.n., 1986. 20 p.
  • Société d'histoire de Sherbrooke. « Plymouth Trinity United Church ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 480.

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