Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Gare du CN de Sherbrooke

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Gare ferroviaire du Canadien National
  • Gare Union
  • Union Station

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Sherbrooke

Date :

  • 1890 (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Gares et autres structures ferroviaires)

Éléments associés

Groupes associés (4)

Personnes associées (1)

Carte

Description

La gare du CN (Canadien National) de Sherbrooke est une gare ferroviaire construite en 1890 et agrandie en 1907. L'édifice allongé en brique rouge, de plan rectangulaire, est coiffé d'un toit à croupe qui se prolonge en larges avant-toits supportés par des consoles. Un deuxième étage, émergeant de la partie centrale de l'édifice, est surmonté d'un toit à deux versants et est muni de deux pignons collatéraux. Une annexe, construite en 1907, est reliée au bâtiment principal par une structure vitrée. La gare du CN est érigée à proximité de la rivière Saint-François, dans l'ancien centre-ville de Sherbrooke, maintenant compris dans l'arrondissement municipal du Mont-Bellevue.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Sherbrooke) 2000-05-01
 
Désignation (Canada) Gare ferroviaire patrimoniale Commission des lieux et monuments historiques du Canada 2000-05-01
 

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Valeur patrimoniale

La gare du CN de Sherbrooke présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'arrivée du réseau de chemin de fer à Sherbrooke constitue une étape décisive dans le développement de la ville. Au milieu du XIXe siècle, l'avènement du chemin de fer dans les Cantons-de-l'Est révolutionne l'industrie et le commerce de cette région, tout en inaugurant une ère de prospérité sans précédent. La ligne proposée en 1843, reliant Montréal et Portland (Maine) en passant par Sherbrooke, est réalisée entre 1845 et 1853. Une première gare est construite en 1852. Elle est remplacée en 1890 par la gare actuelle, à laquelle on donne le nom d'Union Station, puisqu'elle est commune à plusieurs compagnies. Les compagnies de chemins de fer transitant par Sherbrooke à la fin du XIXe siècle, qui seront absorbées par le Canadien National au début du XXe siècle, confèrent à la ville une vocation de centre de services pour les localités environnantes. La gare Union de Sherbrooke est alors une plaque tournante à la fois pour plusieurs compagnies ferroviaires, pour les industries de la région qui y acheminent leurs produits ainsi que pour tous les habitants des environs qui viennent s'approvisionner à Sherbrooke.

La gare du CN de Sherbrooke présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Ce bâtiment est représentatif de la deuxième génération de gares érigées par la compagnie du Grand-Tronc dans les années 1880-1900. Les plans de l'édifice ont été dressés par l'ingénieur de la compagnie, E. P. Hannaford (1834-1902). Jusqu'en 1880 environ, les gares restent des bâtiments secondaires et sont considérées comme des dépendances des lignes de chemin de fer. Par la suite, les choses changent un peu. L'accent est mis sur la traduction des fonctions et des services de ces bâtiments, ce qui donne une certaine homogénéité à l'architecture des gares. Celles-ci se présentent sous la forme d'un bâtiment rectangulaire, généralement à un seul étage, coiffé d'un toit à croupe avec de larges avant-toits servant à protéger les usagers des intempéries. Les accès des salles d'attente sont habituellement concentrés sur la façade qui borde la voie ferrée. Ainsi en est-il de la gare du CN de Sherbrooke. L'allure générale est semblable, mais dans le détail, chacune possède ses caractéristiques particulières souvent reliées à l'architecture domestique. Il n'est pas facile de définir le style de la gare du CN de Sherbrooke. Celle-ci se distingue par son décor qui emprunte des éléments tantôt au néogothique, comme les pignons, tantôt au néoroman tel qu'interprété par l'architecte américain Henry Hobson Richardson (1834-1886). Les éléments décoratifs inspirés du néoroman de Richardson sont les fenêtres cintrées et jumelées de l'étage, les arcades en anse de panier des portes et des fenêtres du rez-de-chaussée, les bandeaux en brique qui ceinturent le bâtiment ainsi que la rythmique des ouvertures. Enfin, les grandes consoles de bois qui soutiennent les avant-toits ne sont pas sans rappeler le mouvement Arts and Crafts. La gare du CN de Sherbrooke est représentative de la deuxième génération de gares érigées par le Grand-Tronc entre 1880 et 1900. C'est une architecture fonctionnelle dans sa forme générale, mais créative et représentative de son époque par ses éléments décoratifs en lien avec l'architecture domestique.

Source : Ville de Sherbrooke, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la gare du CN de Sherbrooke liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en bordure de la voie ferrée d'un côté et en bordure de la rue de l'autre côté, tout près de l'ancien quartier des affaires dans le centre-ville de Sherbrooke;
- la proximité de la rivière Saint-François;
-son volume, dont le plan rectangulaire, le faible dégagement du soubassement, l'élévation d'un étage et demi, le toit à croupe, les avant-toits débordants ainsi que le corps central à deux étages coiffé d'un toit à deux versants doté de pignons hauts;
- les matériaux, dont le parement en brique rouge ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois ou en pierre;
- les ouvertures, dont les fenêtres cintrées et jumelées à l'étage, les fenêtres à arc surbaissé au rez-de-chaussée, les appuis de fenêtres en pierre;
- l'ornementation, dont les bandeaux en brique à appareillage anglais, les consoles en bois ouvragées des avant-toits, le médaillon de terre cuite avec l'inscription « 1890 », les jeux d'appareillage au-dessus des fenêtres jumelées et la corniche à modillons;
- la souche de cheminée;
- l'annexe à un étage en brique rouge, avec son toit à comble en croupe à pignon, ses avant-toits supportés par des consoles ainsi que ses fenêtres à arc segmentaire et aux appuis en pierre.

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Informations historiques

En 1852, une première gare est construite à Sherbrooke. À l'instar des autres gares construites à l'époque, son architecture est inspirée des gares britanniques. Ces dernières sont érigées directement sur les voies; les trains passent donc à l'intérieur de la gare. La première gare de Sherbrooke est une longue construction en brique qui couvre deux voies et qui abrite des bureaux, des salles d'attente et des entrepôts de fret. Sur la voie ouest, les trains du Grand-Tronc entrent en gare pendant que, sur le côté est, le Passumpsic (plus tard le Boston & Maine) et le Quebec Central ont leurs voies.

En 1890, on remplace la première gare par la gare actuelle, plus vaste et plus fonctionnelle. À cette époque, la compagnie du Grand-Tronc construit quelques gares aux dimensions plus spacieuses en Ontario et au Québec. En Ontario, il s'agit des gares de Chatham (1882) et de Strathroy (1887). Deux grandes gares sont aussi construites au Québec : celle de Lévis (1889) et celle de Sherbrooke (1890). Les plans de la nouvelle gare de Sherbrooke sont dressés par l'ingénieur de la compagnie du Grand-Tronc, E. P. Hannaford (1834-1902). Comme toutes les gares construites par le Grand-Tronc entre 1880 et 1900, c'est avant tout un bâtiment fonctionnel, à l'architecture assez homogène, donc facilement reconnaissable. Si les gares du Grand-Tronc de cette époque ont une allure générale semblable, elles possèdent chacune des éléments distinctifs. Le modèle proposé par Hannaford est un long rectangle en brique, posé sur des fondations en pierre à peine visibles. L'édifice est coiffé d'un toit à croupe qui se prolonge par de larges avant-toits supportés par des consoles de bois. Un deuxième étage émerge dans la partie centrale de l'édifice. Cet étage est pourvu d'un toit à deux pentes et est percé de deux pignons. Tous les accès sont placés sur la façade, qui longe la voie ferrée.

En 1907, on agrandit la gare en construisant une annexe du côté sud. L'ajout s'harmonise parfaitement à la gare originale. L'annexe est liée à l'édifice principal par un passage cocher. Ce passage sert à abriter les chariots à bagages ainsi que les chariots de la poste contenant les sacs des postiers. Quant à l'annexe, on y trouve à l'époque les bureaux de la Boston & Maine Railroad et du Quebec Central.

En 1923, le Canadien National acquiert la compagnie du Grand-Tronc et devient propriétaire, par la même occasion, de la gare Union de Sherbrooke.

Dans les années 1960, le passage entre l'annexe et la gare est fermé par une structure vitrée. De 1976 à 1982, la gare est occupée par Via Rail, une division du Canadien National qui devient une Société d'État en 1978. En 1977, la partie nord de la gare est louée à la municipalité qui y aménage un bureau d'information touristique. Jusqu'en 1978, l'annexe sert à loger les cheminots en congé, puis l'espace est transformé en ateliers pour le Canadien National. À partir de 1994, la gare ne reçoit plus de passagers ni de marchandises.

La gare du CN de Sherbrooke est citée en 2000. Elle est également désignée gare ferroviaire patrimoniale par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Depuis 2003, elle est propriété de Limocar, une compagnie de transport de passagers par autobus. En 2007, une micro-brasserie s'établit dans la partie nord du bâtiment.

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Sherbrooke

Municipalité :

  • Sherbrooke

Adresse :

  • 80, rue du Dépôt

Latitude :

  • 45° 24' 3.1"

Longitude :

  • -71° 53' 18.7"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 480 147

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Références

Notices bibliographiques :

  • Ethnotech inc. Le patrimoine ferroviaire au Québec. Rapport synthèse. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1991. 111 p.
  • HALLÉ, Jacqueline. « Gare du Canadien National de Sherbrooke ». Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Rapport sur les gares ferroviaires. s.l. s.é., 1995, p. 323-359.
  • KESTEMAN, Jean-Pierre. Histoire de Sherbrooke, tome 1 : De l'âge de l'eau à l'âge de la vapeur (1802-1866). Sherbrooke, Éditions GGC, 2000. s.p.
  • KESTEMAN, Jean-Pierre. Histoire de Sherbrooke, tome 2 : De l'âge de la vapeur à l'ère de l'électricité (1867-1896). Sherbrooke, Sherbrooke, Éditions GGC, 2001. s.p.
  • RUEL, Andrée et Barbara SALOMON DE FRIEDBERG. Les gares de chemins de fer au Québec. Analyse typologique et sélection. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 191 p.

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