Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Vézina

Carte

Description

La maison Vézina est une habitation rurale d'inspiration française, construite vers 1720 et agrandie avant 1758. L'habitation en pierre, de plan rectangulaire, s'élève sur un étage et demi. Elle est coiffée d'un toit à deux versants qui se prolongent par des larmiers incurvés.. Implantée sur un plateau, face au fleuve Saint-Laurent, elle se situe dans la municipalité de Boischatel.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment. La maison Vézina se situe à l'intérieur du site patrimonial de la Chute-Montmorency. Un site archéologique est associé à ce lieu.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

1 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Toutes les façades : Composite (Enduit et crépi)
  • Façade droite : Bois (Planche verticale)
  • Façade gauche : Bois (Planche verticale)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Bois, bardeaux

Porte principale :

  • bois, à panneaux et vitrage

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux

Lucarne(s) :

  • À pignon

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1994-12-15

Transfert de responsabilité

  • Déclaration de transfert de responsabilité à la municipalité (Boischatel), 2015-08-17
 
Avis d'intention de classement échu Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1990-11-21
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Boischatel) 1991-11-18
 

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Valeur patrimoniale

La maison Vézina présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son ancienneté et à sa rareté. La maison, construite vers 1720 sur une terre acquise en 1666 par François Vézina, fils du premier Vézina venu s'établir en Nouvelle-France, est le berceau de l'une des familles souches de la Côte-de-Beaupré. Elle est habitée par neuf générations successives de Vézina. Témoin exceptionnel de la guerre de la Conquête, la maison aurait été utilisée par les troupes britanniques pendant le siège de Québec (1759) alors que le commandant James Wolfe (1727-1759) en aurait fait son quartier général. Elle figure aussi parmi les plus anciennes habitations de Boischatel et de la Côte-de-Beaupré. Sa situation, face au fleuve Saint-Laurent, est caractéristique du mode d'implantation dans la vallée du Saint-Laurent à l'époque de la Nouvelle-France. Elle témoigne des premiers établissements, qui se veulent le plus près possible du fleuve, constituant alors la principale voie de circulation. Peu de maisons érigées sous le Régime français sur la Côte-de-Beaupré subsistent aujourd'hui. La maison Vézina constitue l'un des rares survivants de cette époque.

La maison Vézina présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle est représentative des maisons rurales d'inspiration française. D'une part, cette maison est caractéristique de l'architecture traditionnelle d'inspiration française par sa maçonnerie en pierre, son corps de logis d'un étage et demi faiblement dégagé du sol, la distribution asymétrique de ses ouvertures et son toit aigu à deux versants. De plus, l'orientation de sa façade vers le sud, où se trouvent le plus grand nombre d'ouvertures, illustre l'adaptation du savoir-faire au contexte climatique du Québec à l'époque de la Nouvelle-France. En orientant ainsi la façade, aménagée sur le mur le plus long, les occupants profitent d'un maximum d'ensoleillement et de la chaleur du soleil. De cette manière, la façade est également protégée des vents dominants. D'autre part, la demeure comporte des ajouts fréquemment effectués sur les maisons rurales aux XVIIIe et XIXe siècles, qui sont alors adaptées aux besoins des occupants et au goût du jour. Ainsi, la partie est de sa maçonnerie résulte d'un agrandissement (avant 1758) sur le plan longitudinal de son carré d'origine. Les lucarnes, apparues au XIXe siècle, évoquent les changements survenus dans les manières d'habiter au cours de ce siècle. Elles viennent éclairer les combles, qui ne servent plus seulement de grenier mais deviennent désormais habitables. La maison témoigne également de nouvelles influences stylistiques apparues au contact des Britanniques à la fin du XVIIIe siècle. Elles s'illustrent notamment par les larmiers incurvés ajoutés à la base des versants du toit, qui permettent également d'éloigner l'eau de pluie de la surface des murs gouttereaux. Le nombre et la diversité des composantes de la maison Vézina en font un exemple des maisons rurales du début du XVIIIe siècle et de leur évolution architecturale.

Source : Municipalité de Boischatel, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Vézina liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation face au fleuve Saint-Laurent, sur le plateau de Boischatel, à l'intérieur du site patrimoniale de la Chute-Montmorency;
- son volume, dont le corps de logis de plan rectangulaire d'un étage et demi faiblement dégagé du sol, le toit aigu à deux versants et les larmiers incurvés sur chaque versant
- ses matériaux, dont l'épaisse maçonnerie à moellons et la couverture en bardeaux de cèdre;
- ses ouvertures, disposées de manière asymétrique, dont les fenêtres en bois à battants à carreaux, ainsi que les lucarnes à pignon;
- la façade orientée vers le sud, comportant un plus grand nombre d'ouvertures en façade.

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Informations historiques

La maison Vézina est érigée sur une terre acquise en 1666 par François Vézina, fils du premier Vézina venu s'établir en Nouvelle-France. La terre, large de quatre arpents, est située dans la seigneurie de Beaupré, la deuxième seigneurie concédée en Nouvelle-France (1636). Le carré d'origine, soit la partie ouest du corps de logis, est construit vers 1720 et allongé du côté est avant 1758. Les vestiges d'un mur au sous-sol et la charpente du toit témoignent de cet agrandissement. En outre, des traces dans la maçonnerie du mur pignon ouest laissent croire que le mur a été rehaussé lors de l'agrandissement.

Pendant le siège de Québec (1759), le commandant James Wolfe (1727-1759) et ses troupes occupent la partie est du plateau surplombant la chute Montmorency, la rivière et la chute formant la frontière entre les campements des Français de Louis-Joseph de Montcalm (1712-1759) et des Britanniques de Wolfe. Le voisinage de la maison Vézina devient alors un important camp militaire défendu par des redoutes, et la maison aurait servi de logis aux officiers britanniques et de quartier général à Wolfe. La bataille de Montmorency, survenue le 31 juillet, s'est déroulée à proximité de la maison, à l'ouest de la chute.

Au XIXe siècle, des ajouts sont effectués sur la maison, notamment des larmiers incurvés à la base des versants du toit ainsi que des lucarnes. La villa que le gouverneur sir Frederick Haldimand (1718-1791) se fait ériger en 1780 à proximité de la chute Montmorency (site actuel du manoir Montmorency) comporte alors de tels larmiers.

La demeure est habitée par neuf générations successives de Vézina, l'une des familles souches de la Côte-de-Beaupré. La famille pratique l'agriculture sur sa propriété jusqu'à ce qu'elle se départisse de la maison au début des années 1970.

La maison Vézina est citée en 1991. Elle fait l'objet d'une restauration entre 2002 et 2005.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • La Côte-de-Beaupré

Municipalité :

  • Boischatel

Adresse :

  • 171, rue des Grenadiers

Lieux-dits :

  • Saint-Jean-de-Boischatel

Latitude :

  • 46° 53' 30.7"

Longitude :

  • -71° 8' 32.9"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 208 351

Code Borden

CfEs-32      

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Références

Notices bibliographiques :

  • CASGRAIN, René Édouard. Histoire de la paroisse de L'Ange-Gardien. Québec, Dussault & Proulx, 1902. 374 p.
  • Groupe de recherches en histoire du Québec rural inc. La Côte de Beaupré (XVIIe au XXe siècle), son développement socio-économique et son potentiel archéologique. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. s.p.
  • HUOT, Benoît et Denis NADEAU. Album souvenir : municipalité de Boischatel, 1920-1995. Boischatel, Comité 75e anniversaire Boischatel, 1996. 107 p.
  • s.a. La Côte des beaux prés, chemin des ancêtres : un circuit pour connaître son patrimoine présent et passé. Château-Richer, Municipalité régionale de comté de La Côte-de-Beaupré, 1982. 52 p.
  • TREMBLAY, Sylvie. Les maisons Vézina, St-Jean-de-Boischatel (lots 317 et 319). Recherche historique et chaîne de titres. s.l. 1991. 40 p.

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