Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique rupestre de Pepeshapissinikan

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site rupestre de Pepeshapissinikan

Région administrative :

  • Côte-Nord

Période :

  • Sylvicole moyen ancien (2 400 à 1 500 AA)

Thématique :

  • Patrimoine autochtone (Patrimoine amérindien)

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Personnes associées (1)

Images

Description

Le site archéologique rupestre de Pepeshapissinikan est une haute paroi granitique ornée de 145 pictogrammes peints au doigt avec de l'ocre rouge il y a plus de 2000 ans. Cette paroi présente différents motifs géométriques (traits rectilignes horizontaux, verticaux ou obliques et motifs polymorphes) ainsi que 15 figures anthropomorphes et zoomorphes mesurant entre un et vingt-cinq centimètres. Ces motifs couvrent une surface d'environ 14 mètres carrés. La paroi plonge dans un lac de la forêt boréale de la Haute-Côte-Nord, à l'embouchure d'un petit chenal reliant deux portions du plan d'eau.

Ce bien est classé site patrimonial. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2001-05-31
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique rupestre de Pepeshapissinikan présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique. Ce site rupestre est l'un des plus complexes et des mieux conservés au Québec. Il est mentionné sur plusieurs cartes dessinées par le missionnaire jésuite Pierre-Michel Laure (1688-1738) dans les années 1730; il s'agit de la première mention d'art rupestre au Canada. La paroi granitique est ornée de 145 pictogrammes peints au doigt avec de l'ocre rouge probablement entre 2300 et 2100 ans avant aujourd'hui (Sylvicole moyen ancien). L'ocre rouge est un pigment minéral obtenu par le broyage d'hématite mêlée à un liquide. La plupart des pictogrammes sont des traits rectilignes (124 motifs sont constitués de traits rectilignes horizontaux, verticaux ou obliques et quelques-uns sont polymorphes), mais 15 motifs plus élaborés représentent schématiquement des êtres humains et des animaux. Les motifs ont vraisemblablement été peints durant l'hiver, lorsque le lac gelé permettait d'accéder facilement à la paroi. Ils illustrent l'art et l'univers symbolique des peuples fréquentant alors ce territoire et les techniques utilisées pour reproduire ces symboles. La vocation du lieu n'est pas confirmée, mais ce dernier pourrait être relié à la pratique de rites de passage, à l'enregistrement de connaissances astronomiques ou être un lieu de pratiques chamaniques. Pepeshapissinikan, situé entre eau, terre et ciel, a peut-être en effet été considéré comme un pont vers le monde surnaturel, un lieu où le chamane entrait en contact avec les esprits (manitous) afin d'acquérir le savoir sacré et certains pouvoirs comme celui de guérison. L'emplacement choisi, à l'embouchure d'un petit chenal reliant deux portions du lac, semble répondre à un désir d'assurer la visibilité de la paroi peinte pour les voyageurs en canot. Par ailleurs, la présence de fissures dans la pierre pouvait signifier pour le chamane un passage vers le monde des esprits souterrains, tandis que les effets sonores occasionnés par le vent, l'écho et le bruit des vagues frappant contre la paroi rocheuse ont pu contribuer à la fonction du lieu. Un ensemble de croyances, d'idées et un pan de l'univers symbolique des Autochtones sont donc consignés sur cette pierre. Aussi, depuis sa découverte récente, les Innus de Betsiamites, qui participent d'ailleurs au programme de recherche et de protection du site, ont repris contact avec le lieu, notamment par des pratiques cérémonielles et des offrandes et pour l'initiation des jeunes et des moins jeunes à la spiritualité et aux croyances ancestrales.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique rupestre de Pepeshapissinikan liés à ses valeurs historique et ethnologique comprennent, notamment :
- la présence de pictogrammes peints au doigt avec de l'ocre rouge sur une paroi rocheuse à l'embouchure d'un petit chenal reliant deux portions d'un lac de la forêt boréale;
- la relation entre les pictogrammes et la paroi rocheuse (hauteur, visibilité, qualité de la surface, crevasses);
- la relation entre les pictogrammes et les éléments du paysage, dont le couvert végétal et le lac.

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Informations historiques

Le site archéologique rupestre de Pepeshapissinikan est une haute paroi granitique ornée de pictogrammes peints au doigt. Pepeshapissinikan signifie « on y voit dans le roc des figures naturellement peintes ». Les datations obtenues au carbone 14 ont établi que ces pictogrammes ont été peints à une époque comprise entre 2300 et 2100 ans avant aujourd'hui (Sylvicole moyen ancien). À cette époque, les réseaux d'échanges s'intensifient, ce qui encourage la diffusion de certaines pratiques culturelles parmi les peuples du Bouclier canadien. Les parallèles qu'il est possible de faire entre Pepeshapissinikan et les autres sites d'art rupestre du Québec portent à croire que les différents groupes autochtones de l'époque ont adopté, sur un vaste territoire, des éléments symboliques apparentés. Le site figure sur des documents cartographiques dessinés par le missionnaire jésuite Pierre-Michel Laure (1688-1738) dans les années 1730. À l'emplacement du « lac Pepechapissinagan », il a écrit la remarque « on y voit dans le roc des figures naturellement peintes ». Il s'agit de la première mention historique de ce site.

Les 145 pictogrammes peints au doigt avec de l'ocre rouge (15 d'entre eux représentent des figures humaines ou animales, 124 sont constitués de traits rectilignes horizontaux, verticaux ou obliques et quelques-uns sont polymorphes) ont été probablement peints durant l'hiver, lorsque le lac gelé permettait d'accéder facilement à la paroi assurant une meilleure stabilité. La vocation du lieu n'est pas confirmée, mais ce dernier pourrait être relié à la pratique de rites de passage, à l'enregistrement de connaissances astronomiques ou être un lieu de pratiques chamaniques.

Le site de Pepeshapissinikan a fait l'objet de recherches dans les années 1990. Des équipes composées d'archéologues, d'ethnologues et de représentants de la communauté innue de Betsiamites ont assuré sa protection et sa conservation et se sont affairées à élucider les secrets des pictogrammes en relation avec leur environnement.

Le site archéologique rupestre de Pepeshapissinikan est classé en 2001.

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