Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Dispensaire de la garde

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Dispensaire de La Corne

Région administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

Municipalité :

  • La Corne

Date :

  • 1937 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)
  • Services et institutions (Hôpitaux et autres institutions de soins de santé)

Éléments associés

Personnes associées (2)

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Carte

Description

Le dispensaire de la garde est construit en 1937 pour servir de résidence privée et de clinique médicale. Cet édifice en bois se compose de trois corps de logis accolés. Le premier, de plan rectangulaire et à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants droits. Une véranda est aménagée en façade. Une annexe de plan rectangulaire à un étage est implantée en retour d'équerre derrière le premier corps de logis. Un troisième corps de logis, de plan rectangulaire, au toit à deux versants droits, est accolé à gauche du corps principal. Le dispensaire de la garde est situé sur un grand terrain planté d'arbres matures, dans la municipalité de La Corne.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (La Corne) 1993-01-11
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 2003-06-09
 

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Valeur patrimoniale

Le dispensaire de la garde présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Construit en 1937, cet édifice sert à la fois de résidence privée et de dispensaire. Il est l'un des 61 dispensaires mis en service en Abitibi-Témiscamingue entre 1930 et 1950. Durant la crise économique des années 1930, l'État instaure un programme pour inciter les populations sans travail à coloniser plusieurs régions éloignées du Québec, dont l'Abitibi. Un service médical destiné aux colons est alors prévu. Les médecins refusent toutefois de s'installer dans ces régions. Le gouvernement fait appel à des infirmières. Il leur fournit le logement, l'entretien et un moyen de transport, puisqu'elles doivent se déplacer sur de vastes territoires. Disponible en tout temps, l'infirmière de colonie a des fonctions nombreuses et diversifiées. Ses tâches consistent à appliquer les principes généraux d'hygiène publique, surveiller et contrer l'éclosion de maladies contagieuses, agir comme sage-femme, superviser l'hygiène des écoles et la santé des enfants d'âge scolaire. Le dispensaire de la garde est habité pendant plus de 50 ans par l'infirmière Gertrude Duchemin. Malgré l'abolition de la fonction d'infirmière de colonie en 1972, l'infirmière Duchemin poursuit son travail jusqu'en 1976. Avant sa mort, Gertrude Duchemin exprime le souhait de faire de son dispensaire un lieu d'interprétation pour faire connaître au grand public sa profession. Le dispensaire de la garde témoigne de la vie d'une infirmière de colonie et de l'un des plus récents épisodes de la colonisation dirigée en Abitibi-Témiscamingue.

Le dispensaire de la garde présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Ce bâtiment s'inspire des maisons de colonisation mises au point par le ministère de la Colonisation du Québec dans les années 1930. Ce type d'habitation est planifié selon une logique économique. Il tient aussi compte de la standardisation des matériaux, ce qui en détermine les formes et les dimensions. La maison de colonisation comporte une charpente claire et présente, selon le système de mesures impériales en usage à cette époque, un carré au sol de 20 pieds sur 24 (6,08 m sur 7,29 m), une hauteur de carré de 12 pieds (3,64 m), 10 pieds de hauteur au pignon (3,04 m) et des versants de toit de 14 pieds (4,25 m). Ces dimensions correspondent aux dimensions standardisées des pièces de bois de 8, 10, 12 ou 14 pieds (soit 2,46, 3,04, 3,64, et 4,25 m). Contrairement à la maison de colon qui possède peu d'ouvertures, le dispensaire de la garde est bien fenêtré. Il compte une porte et deux fenêtres en façade, des fenêtres sur les murs latéraux ainsi que dans les pignons pour éclairer les trois chambres et la salle de bains.

Source : Municipalité de La Corne, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du dispensaire de la garde liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en retrait de la voie publique sur un grand terrain planté d'arbres matures;
- le corps de logis principal, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le soubassement en béton, le toit à deux versants droits, la véranda en façade;
- l'annexe, dont son implantation derrière le corps de logis principal, le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le toit à deux versants droits;
- le troisième corps de logis, dont son implantation contre la façade latérale gauche du corps de logis principal, le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage;
- les matériaux, dont le parement en panneau d'amiante-ciment, le bois des éléments architecturaux, la maçonnerie en brique de la cheminée;
- les ouvertures, dont la porte vitrée, les grandes fenêtres à petits carreaux de la véranda, les fenêtres étroites et hautes des murs latéraux et des pignons, les soupiraux;
- l'ornementation, dont les chambranles de facture sobre.

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Informations historiques

Durant la crise économique des années 1930, l'État met en place un programme pour inciter les populations sans travail à coloniser des régions éloignées du Québec, dont l'Abitibi. Un service médical destiné aux colons est instauré, mais les médecins refusent de s'installer dans ces colonies. Aussi, le gouvernement fait-il appel à des infirmières pour s'occuper des soins de santé. Le service médical supervise la mise en place, le financement et l'administration des dispensaires pour les infirmières. L'État fournit aux infirmières le logement, l'entretien et un moyen de transport, puisqu'elles doivent se déplacer sur de vastes territoires. Disponible en tout temps, l'infirmière de colonie a des fonctions diversifiées : appliquer les principes généraux d'hygiène publique, surveiller et contrer l'éclosion de maladies contagieuses, être sage-femme et superviser la santé dans les écoles. C'est elle qui doit, à l'occasion, extraire des dents, faire des embaumements, et même soigner des animaux. La fonction d'infirmière de colonie, qui doit être provisoire, s'avère souvent permanente. Ainsi, de nombreuses infirmières de colonie s'enracinent dans leur milieu de travail.

Née à Saint-Tite, Gertrude Duchemin fait ses études d'infirmière à l'hôpital Saint-Joseph de Lachine de 1929 à 1932. Son frère Georges est agent de colonisation en Abitibi, et il l'invite à venir s'y installer. Elle accepte le poste d'infirmière de colonie, qui s'ouvre en 1936 à La Corne. La population du comté de Vassan, où est située La Corne, compte alors 700 personnes disséminées sur un territoire de 43,5 kilomètres carrés.

Pendant la première année, l'infirmière Duchemin habite au sous-sol de l'église paroissiale. Son dispensaire est construit en 1937, par l'entrepreneur Jean Dumais, sur le terrain de la Fabrique, selon un plan approuvé par le ministère de la Santé. Comme la plupart des dispensaires, celui-ci compte une salle de consultation, une cuisine, un salon et un boudoir au rez-de-chaussée ainsi que trois chambres et une salle de bains à l'étage. À son arrivée, Gertrude Duchemin dispose d'une charrette attelée à un boeuf pour faire ses visites. Elle aura ensuite accès à un cheval et enfin à une automobile. L'infirmière Duchemin oeuvre pendant 40 ans dans le dispensaire de La Corne, qui lui sert également de résidence.

Le service médical destiné aux colons est aboli en 1972. Toutefois, les infirmières, bien intégrées à leur collectivité, continuent d'y pratiquer leur profession. Gertrude Duchemin reste en fonction jusqu'en décembre 1976. À sa retraite, elle devient propriétaire de son dispensaire-résidence et y habite jusqu'à son décès en 1990.

Le dispensaire de la garde est cité en 1993. Avant sa mort, Gertrude Duchemin exprime le souhait de faire de son dispensaire un lieu d'interprétation de la vie des infirmières de colonie de l'Abitibi. Le dispensaire est ouvert au public en 1997. Il présente notamment les instruments et les accessoires de Gertrude Duchemin ainsi que les cahiers dans lesquels elle consigne systématiquement ses tâches. Le dispensaire de la garde est désigné lieu historique national du Canada en 2004.

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Emplacement

Region administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

MRC :

  • Abitibi

Municipalité :

  • La Corne

Adresse :

  • 339, route 111

Latitude :

  • 48° 21' 22.7"

Longitude :

  • -77° 59' 45.6"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Abitibi Canton de La Motte Rang 5 64

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Références

Notices bibliographiques :

  • s.a. L'infirmière Gertrude Duchemin et le Dispensaire de La Corne, Abitibi. Pré-projet d'animation d'un lieu historique. s.l. s.é., 1990. s.p.
  • VINCENT, Odette. Histoire de l'Abitibi-Témiscamingue. Les Régions du Québec. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995. 763 p.

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