Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Château d'eau

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Outaouais

Municipalité :

  • Gatineau

Date :

  • 1902 – 1905 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Aqueducs, réservoirs d'eau et égoûts)
  • Transport, communication et services publics (Installations électriques)

Éléments associés

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Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le château d'eau est un édifice municipal érigé entre 1902 et 1905, et agrandi en 1910. Le bâtiment en pierre, au plan en « L » composé de deux ailes rectangulaires, est coiffé d'un toit à deux versants droits à faible pente. L'édifice comprend trois niveaux, dont deux sont partiellement souterrains. Le château d'eau est situé en bordure de la chute du ruisseau de la Brasserie, dans le secteur de Hull de la ville de Gatineau.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

Plan au sol :

En «T»

Nombre d'étages :

1

Groupement :

Détaché

Saillies :

  • Cheminée

Élévations :

  • Toutes les façades : Pierre (À bossages)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits

Fenêtre(s) :

  • à arc surbaissé, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • cintrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • cintrée, Fixe

Éléments architecturaux :

  • Amortissement
  • Pierre millésimée

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Gatineau) 1999-01-19
 

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Valeur patrimoniale

Le château d'eau présente un intérêt pour sa valeur historique liée à son emplacement. Le bâtiment occupe un site important de l'histoire de Gatineau. Le terrain est concédé au fondateur de la région, Philemon Wright (1760-1839), dès 1806. Celui-ci y construit d'abord des distilleries produisant du whisky. Dans les années 1820, une brasserie, dont la production de bière est destinée aux militaires et aux milliers de travailleurs d'origine irlandaise recrutés pour la construction du canal Rideau, s'ajoute aux industries de Wright. Vers le milieu du XIXe siècle, l'ancienne brasserie est acquise par un manufacturier de haches, Sexton Washburn. À la mort du fils de ce dernier en 1886, la manufacture est cédée à la Henry Walters and Sons. L'ancienne brasserie est à l'origine du nom donné au bras de la rivière des Outaouais qui la borde. Ce petit cours d'eau formant une chute est aujourd'hui connu sous le nom de ruisseau de la Brasserie, traduction littérale de « Brewery Creek ». D'ailleurs, toutes les industries majeures de la ville, dont la E.B. Eddy, la Canada Packers et la Hanson Mills, ont vu le jour le long de ce ruisseau au cours des XIXe et XXe siècles. Une digue construite au haut de la chute dirigeait l'eau vers un canal d'amenée et de turbines, permettant ainsi à ces industries d'exploiter le pouvoir hydraulique du ruisseau. Le château d'eau construit sur ce site au début du XXe siècle exploitait également cette énergie. Tout en puisant et en filtrant l'eau potable destinée au système d'aqueduc, le complexe municipal comprenait aussi une centrale hydroélectrique qui permettait d'éclairer une partie du Vieux-Hull et quelques édifices municipaux. L'emplacement du ruisseau de la Brasserie est donc un site industriel de la plus haute importance pour l'histoire et le développement de la ville.

Le château d'eau présente également un intérêt pour sa valeur historique reposant sur sa représentativité par rapport aux aqueducs municipaux. Les installations de Hull s'inscrivent dans une foulée de travaux commencés durant la deuxième moitié du XIXe siècle pour améliorer les systèmes d'approvisionnement en eau potable des principales villes du Québec. Le courant hygiéniste de l'époque, qui associe certaines maladies à la mauvaise qualité de l'eau, et les avancées scientifiques en microbiologie incitent les municipalités à concevoir de meilleures conditions d'hygiène et à filtrer leur eau potable. De plus, les nombreux incendies qui dévastent les villes ne peuvent être enrayés sans des systèmes d'approvisionnement en eau plus efficaces. En 1897, la municipalité de Hull décide de remplacer l'aqueduc existant, jugé inefficace, par un nouveau situé près de la chute du ruisseau de la Brasserie. Ce bâtiment érigé entre 1902 et 1905 comprend trois pompes hydrauliques actionnées par une chaudière à vapeur. À l'exemple des systèmes d'aqueducs alors érigés, le nouvel aqueduc de Hull filtre l'eau avant que celle-ci ne soit distribuée par un système de canalisation. Le château d'eau a fourni en eau Hull jusqu'en 1971 en utilisant jusqu'à neuf pompes dans la station.

Le château d'eau présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Les ailes qui le composent sont représentatives de l'architecture industrielle du tournant du XXe siècle, qui emploie de nouveaux matériaux tout en conservant des traits stylistiques connus. Ainsi, les deux ailes principales se présentent comme de longs volumes rectangulaires constitués d'une ossature métallique dissimulée derrière des murs en pierre. Ils sont coiffés d'un toit à deux versants droits. La façade principale possède une avancée centrale coiffée d'un pignon galbé qui est emprunté à l'architecture hollandaise comme on en retrouve, par exemple, à la Pulperie de Chicoutimi. Enfin, les fenêtres cintrées utilisées pour l'ensemble du bâtiment sont caractéristiques de l'architecture industrielle de cette période.

Source : Ville de Gatineau, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du château d'eau liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- l'implantation sur un ancien site industriel, à proximité de la chute du ruisseau de la Brasserie, dans le secteur de Hull de la ville de Gatineau;
- les diverses plaques commémoratives apposées sur l'édifice témoignant de ses différentes phases d'occupation;
- les différents volumes rectangulaires de trois étages implantés dans une forte pente, dont l'aile parallèle à la rivière munie d'une avancée centrale et d'un toit à deux versants (1902-1905), l'aile perpendiculaire au volume initial coiffé d'un toit à deux versants (1910) et le petit volume à la jonction des deux ailes principales, à toit plat, muni d'une imposante cheminée en brique;
- la maçonnerie en pierre à bossage;
- les corniches moulurées, dont celle qui couronne l'avancée centrale de l'entrée principale munie d'un pignon galbé emprunté à l'architecture hollandaise;
- les ouvertures cintrées et à arc surbaissé, dont les portes à imposte vitrée et les fenêtres à grands carreaux;
- la poutre d'acier au-dessus de la porte de l'aile de 1910 servant de palan.

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Informations historiques

En 1806, Philemon Wright (1760-1839) prend possession d'une terre qui sera plus tard désignée sous le nom de ferme Columbia. Cette dernière est bordée par un bras de la rivière Outaouais qui comprend une chute. Wright y construit des distilleries et une malterie destinées à la transformation des céréales qu'il cultive. À la production de whisky et de levure s'ajoute celle de la bière dans les années 1820. La brasserie aménagée par Wright est surtout destinée à approvisionner les militaires cantonnés de l'autre côté de la rivière des Outaouais ainsi que les milliers de travailleurs recrutés en Irlande pour creuser le canal Rideau. Cette industrie sera de courte durée et vers le milieu du siècle, l'ancienne brasserie de Wright est acquise par un manufacturier de haches, Sexton Washburn. À la mort du fils de ce dernier en 1886, la manufacture est cédée à la Henry Walters and Sons qui poursuit la même entreprise. L'ancienne brasserie a laissé sa trace dans la toponymie de Hull. En effet, un pont, une rue et le ruisseau qui bordait la brasserie ont à une certaine époque porté les noms de Brewery Bridge, Brewery Road et Brewery Creek. Le cours d'eau a conservé le nom de ruisseau de la Brasserie.

Plusieurs autres industries majeures de la ville, dont la E.B. Eddy, la Canada Packers et la Hanson Mills, ont vu le jour le long de ce ruisseau au cours des XIXe et XXe siècles. Une digue construite au haut de la chute dirigeait l'eau vers un canal d'amenée et de turbines, permettant ainsi à ces industries d'exploiter le pouvoir hydraulique du ruisseau.

Le 29 décembre 1899, les propriétaires de la manufacture de haches sont avisés de leur future expropriation. Ils sont priés de quitter les lieux avant le 1er avril 1900. La municipalité de Hull, insatisfaite de l'efficacité de l'aqueduc, décide d'installer des pompes électriques plus puissantes à la chute du ruisseau de la Brasserie suivant une recommandation faite par le Comité de prévention des incendies en 1897.

La construction du château d'eau ne commence qu'en 1902 en raison de litiges liés au site. Érigé sous la supervision des ingénieurs Read et Berthiaume, le bâtiment est complété en janvier 1905. Il comprend alors trois pompes hydrauliques actionnées par une chaudière à vapeur. Situé en contrebas de la rivière des Outaouais, le château d'eau est destiné à jouer à la fois le rôle d'usine de filtration, de réseau d'aqueduc et celui de centrale électrique. Une aile est ajoutée au bâtiment en 1910, et une nouvelle turbine est installée en 1916-1917. Ce nouvel équipement, en plus de permettre d'actionner des pompes de l'aqueduc, éclaire une partie du Vieux-Hull et quelques édifices municipaux.

À la suite du gel des conduites d'eau au cours de l'hiver 1920, d'importants travaux sont effectués au château d'eau ainsi qu'au réseau d'aqueduc.

Au milieu du XXe siècle, l'eau de la ville est distribuée par l'entremise d'environ 63 kilomètres de conduites principales. Les pompes, dont le nombre s'élève jusqu'à neuf, fournissent alors 55 millions de litres d'eau en moyenne chaque jour. L'une d'elles est uniquement mue par la pression de l'eau et permet une alimentation minimale en cas de panne d'électricité. En 1968, afin de contrer le débit d'eau décroissant du ruisseau et en vue de répondre aux besoins grandissants de la municipalité en matière d'électricité, le conseil municipal recommande la construction d'un nouvel aqueduc à proximité du parc Moussette. Le château d'eau cesse ses opérations au mois d'avril 1971. Désaffecté, le bâtiment se détériore. En 1983, la Ville de Hull entreprend des travaux de restauration qui touchent la structure et les fondations du bâtiment. On cherche alors une nouvelle vocation à l'édifice. En 1996, il est recyclé en écomusée d'après les plans de l'architecte hulloise Ann-Lynn St-Cyr.

Le château d'eau est cité en 1999. En 2004, l'écomusée ferme ses portes.

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Emplacement

Region administrative :

  • Outaouais

MRC :

  • Gatineau

Municipalité :

  • Gatineau

Adresse :

  • 170, rue Montcalm

Lieux-dits :

  • Hull

Latitude :

  • 45° 25' 47.1"

Longitude :

  • -75° 43' 36.5"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 288 370 Ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • BRAULT, Lucien. Hull 1800-1950. Ottawa, Les Éditions de l'Université d'Ottawa, 1950. 262 p.
  • CARPENTIER, Paul. Deux siècles de développement à Hull. Hull, Écomusée de Hull, 2000. 132 p.
  • GOSSELIN, Pierre. « Les impacts de la brasserie du ruisseau sur la destinée de Hull ». Histoire Québec. Vol. 11, no 1 (2005), s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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