Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Thématique :

  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (24)

Groupes associés (1)

Personnes associées (8)

Images

Carte

Description

Le site patrimonial de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste est un noyau institutionnel qui comprend des bâtiments mixtes et des résidences datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Il compte une vingtaine d'édifices, dont l'église de Saint-Jean-Baptiste, l'hospice Auclair (transformé en copropriété) et l'académie Marie-Rose. Ces trois bâtiments institutionnels, alignés sur la rue Rachel, sont construits entre 1875 et 1914. Ils affichent une architecture aux influences stylistiques variées où prédomine la pierre calcaire grise. Le site compte également de petits immeubles résidentiels, en pierre et en brique, de l'avenue Henri-Julien et de la rue Drolet. Il comprend aussi des bâtiments à vocation mixte de la rue Saint-Denis, incluant une ancienne banque érigée en 1931. Le site patrimonial de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste s'étend de part et d'autre de la rue Rachel, entre les rues Laval à l'ouest et Saint-Denis à l'est. Il est situé dans l'arrondissement municipal du Plateau-Mont-Royal de la ville de Montréal.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments ainsi qu'aux terrains.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Montréal) 1990-09-19
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et urbanistique. Le site témoigne de l'expansion de la ville de Montréal vers le nord et de l'introduction de nouvelles pratiques urbanistiques. Le village de Saint-Jean-Baptiste, constitué en 1861, est l'un des premiers secteurs près de Montréal touché par l'urbanisation. Le noyau institutionnel formé autour de l'église de Saint-Jean-Baptiste témoigne d'une étape fondamentale dans la constitution des secteurs urbains pendant la deuxième moitié du XIXe siècle et rappelle le rôle clé des institutions religieuses dans la vie montréalaise. La construction de la première église sur ce site, de 1872 à 1874, s'inscrit en effet dans un mouvement d'expansion de ce village vers l'est, auparavant concentré près du boulevard Saint-Laurent. L'implantation du noyau institutionnel est le fruit de l'initiative de promoteurs qui lotissent le secteur environnant et souhaitent stimuler son peuplement. Leur plan de lotissement définit une nouvelle trame urbaine. La standardisation des lots avec des fronts de propriétés de plus ou moins 12 mètres et la présence généralisée de ruelles, introduites à Montréal dès les années 1840, sont appliquées à cet ancien territoire agricole. Cette grille de rues orthogonale conçue pour le développement résidentiel vaut aussi pour les trois bâtiments du noyau institutionnel dont les gabarits témoignent des contraintes du lotissement dans le programme architectural. Les trois bâtiments institutionnels occupent entièrement des têtes d'îlots et sont implantés en fonction de l'alignement du trottoir. Il s'agit de l'un des premiers exemples de noyau institutionnel de ce type à Montréal. Par ses caractéristiques, le site patrimonial de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste témoigne de la mise en place d'un certain modèle urbanistique à Montréal.

Le site patrimonia de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le noyau institutionnel comprend deux bâtiments qui s'articulent autour de l'église de Saint-Jean-Baptiste (1898-1903, reconstruite en 1912-1914), l'une des plus imposantes de l'île de Montréal. La façade de cette église, qui combine les influences néo-Renaissance et néoclassique, domine complètement le paysage urbain immédiat. Il s'agit de l'une des oeuvres maîtresses de l'architecte et ingénieur Joseph-Émile-Vanier. La partie la plus ancienne de l'académie Marie-Rose (1875-1876, agrandie au XXe siècle), conçue par l'architecte Albert Mesnard, représente bien les édifices conventuels de l'époque avec son plan rectangulaire, son parement de pierre à bossage et son toit mansardé. L'hospice Auclair (1895-96), oeuvre de l'architecte Casimir Saint-Jean, reflète une certaine modernité par l'utilisation de matériaux comme le ciment et la terra cotta pour contrer les risques d'incendie. Quant aux habitations entourant le noyau institutionnel, elles témoignent d'une architecture qui s'adapte à la configuration parcellaire des lots. Les constructions, typiques du Plateau-Mont-Royal, sont pourtant d'une étonnante variété et rappellent les diverses morphologies adaptées par l'architecture résidentielle de l'époque. Par leurs diverses caractéristiques architecturales, ces immeubles témoignent de la mixité sociale et fonctionnelle de ce quartier urbain.

Source : Ville de Montréal, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste liés à ses valeurs historique, urbanistique et architecturale comprennent, notamment :
- la situation sur la rue Rachel des trois bâtiments principaux du noyau institutionnel;
- la position au centre d'un quartier urbain dense de l'arrondissement municipal du Plateau-Mont-Royal de la ville de Montréal;
- le caractère du lotissement, avec notamment les ruelles et la dimension uniforme des lots;
- les édifices formant le noyau institutionnel de l'ancien village de Saint-Jean-Baptiste, dont l'imposante église de Saint-Jean-Baptiste avec sa façade d'inspiration néo-Renaissance et néoclassique, l'académie Marie-Rose avec sa facture typique des édifices conventuels de son époque et l'hospice Auclair avec son important volume et ses matériaux comme le ciment et la terra cotta;
- les édifices commerciaux, dont l'ancienne banque d'esprit Beaux-Arts sur la rue Saint-Denis;
- les divers types d'habitations (maisons unifamiliales, duplex et multiplex) et leurs éléments décoratifs tels que les corniches et les consoles de bois ouvragé, les façades en pierre taillée et en pierre à bossage, les balustrades métalliques des balcons, les fausses mansardes recouvertes d'ardoise et les parapets.

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Informations historiques

Le village de Saint-Jean-Baptiste est créé en 1861 lorsque son territoire est détaché de celui du village du Coteau-Saint-Louis. Le développement de la petite municipalité de banlieue se fait en continuité avec le tissu urbain de Montréal, dans l'axe du boulevard Saint-Laurent. Un premier noyau de peuplement prend forme au carrefour de la rue Rachel et du boulevard Saint-Laurent où est notamment installé un marché public en 1870.

Le village prend son essor dans les années 1870, alors qu'une société immobilière dirigée par Ferdinand C. David (1824-1883), Sévère Rivard (1834-1888), Gustave A. Drolet (1844-1904) et Michel Laurent (1833-1891) achète une vaste propriété appartenant à Benjamin-Godfroi Comte sise en partie dans le village de Saint-Jean-Baptiste. La propriété, qui s'étend de la rue Duluth à l'avenue du Mont-Royal entre les avenues de l'Hôtel-de-Ville et de Chateaubriand, est subdivisée en plus de 1200 lots à bâtir, essentiellement à vocation résidentielle. En juin 1872, pour attirer des ménages dans le village, la société immobilière donne à monseigneur Ignace Bourget (1799-1885) une vingtaine de lots ayant front sur la rue Rachel, entre les voies projetées Drolet et Henri-Julien, pour contribuer à la construction de l'église de Saint-Jean-Baptiste. Le groupe de promoteurs est également responsable de la construction de plusieurs maisons dans le village, en particulier sur la rue Drolet.

L'église, dédiée au patron des Canadiens français, est inaugurée en 1874. L'église actuelle est la troisième à être érigée sur le site, les deux premières ayant été détruites par le feu en 1898 et en 1911. Le noyau institutionnel est complété par la construction, en 1875, de l'académie Marie-Rose de la congrégation des Soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie et, en 1894, de l'hospice Auclair. Alors que la première est destinée à l'éducation des jeunes filles, le second offre des services aux démunis de la paroisse, notamment les enfants et les vieillards. En 1899, la gestion de l'hospice est confiée aux Soeurs de la Providence. Entre-temps, soit en 1886, le village (devenu ville en 1884) est annexé à la ville de Montréal.

Entre 1885 et 1892 et entre 1903 et 1913, le quartier Saint-Jean-Baptiste profite de deux cycles de construction résidentielle. C'est alors que le paysage architectural du quartier caractérisé par une variété de typologies d'habitation prend forme : maisons unifamiliales plus cossues en pierre et au décor architectural élaboré érigées à proximité des institutions ou sur la rue Saint-Denis, petits immeubles d'appartements plus modestes de deux ou trois étages abritant des ménages ouvriers. L'arrivée d'une nouvelle population favorise l'établissement de commerces sur les rues Saint-Denis et Rachel. L'élargissement de la rue Rachel vers 1927 entraîne la démolition de plusieurs édifices sur le côté sud. De plus, cette intervention accentue le caractère monumental de l'église Saint-Jean-Baptiste.

Entre la fin des années 1920 et le milieu des années 1950, des modifications et des agrandissements sont réalisés à l'académie Marie-Rose et à l'hospice Auclair. La décoration intérieure de l'église est renouvelée à deux reprises, en 1932 et en 1976. Dans la foulée de la Révolution tranquille, l'académie devient l'École secondaire Marie-Rose entre 1965 et 1970. En 1988, les religieuses décident de fermer l'institution qui est acquise par une société privée qui fonde le Collège Rachel. En 2001, la fonction éducative de l'édifice prend fin. Quant à l'hospice Auclair, agrandi à trois reprises entre 1947 et 1955, il sert de centre d'hébergement pour les vieillards jusqu'au milieu des années 1980. En 1997, il est converti en 62 appartements en copropriété et renommé le Rachel-Julien.

Le site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Jean-Baptiste est constitué en 1990. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Le Plateau-Mont-Royal

Adresse :

  • rue Rachel Est

Localisation informelle :

Compris de part et d'autre de la rue Rachel entre la rue Saint-Denis et l'avenue Laval.

Latitude :

45° 31' 16.2"

Longitude :

-73° 34' 45.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Non déterminée Inconnue Absent

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Références

Notices bibliographiques :

  • ANCTIL, Pierre. Saint-Laurent, La Main de Montréal. Sillery / Montréal, Septentrion / Musée Pointe-à-Callière, 2002. 109 p.
  • BENOÎT, Michèle et Roger GRATTON. Pignon sur rue : les quartiers de Montréal. Montréal, Guérin littérature, 1991. 393 p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture commerciale I : les banques. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 7. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planificatiom du territoire, 1980. 139 p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture religieuse I : les églises. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 1. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1981. 490 p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture religieuse II : les couvents. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 2. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1984. 391 p.
  • JARRY, Monique. L'église Saint-Jean-Baptiste et ses abords. Étude historique et évaluation patrimoniale. Montréal, Service de l'habitation et du développement urbain de la Ville de Montréal, 1990. 41 p.
  • LEGAULT, Réjean. Architecture et forme urbaine à Montréal. Le développement du quartier Saint-Jean-Baptiste de 1870 à 1914. Université de Montréal, 1986. 210 p.
  • Patri-Arch. Étude typomorphologique de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Montréal, Ville de Montréal, Arrondissement du Plateau-Mont-Royal, 2003. 141 p.
  • Ville de Montréal. Évaluation du patrimoine urbain de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Montréal, Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine, Direction du développement urbain, 2005. 72 p.

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