Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Henriette-Moreau

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Lionais
  • Manoir des Anges

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1870 – 1873 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Personnes associées (4)

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Description

La maison Henriette-Moreau est une imposante demeure bourgeoise construite entre 1870 et 1873. Cette villa suburbaine en brique rouge, de plan presque carré, est coiffée d'un toit à deux versants droits. Elle possède un soubassement en pierre fortement exhaussé et comprend deux étages et demi. Sa façade comporte un avant-corps central surmonté d'un fronton ainsi qu'une galerie au rez-de-chaussée. Implantée avec une marge de recul importante par rapport à la voie publique, la maison s'élève sur un terrain comportant plusieurs arbres matures. Elle est située dans un secteur résidentiel de l'arrondissement municipal du Plateau-Mont-Royal de la ville de Montréal.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Montréal) 1989-02-02
 

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Valeur patrimoniale

La maison Henriette-Moreau présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale reposant sur sa représentativité par rapport à la villa bourgeoise suburbaine, un type d'habitation qui s'est répandu dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les villas suburbaines sont construites sur de vastes propriétés situées en banlieue de la ville et faisant l'objet d'un lotissement. Elles combinent les avantages d'un environnement pittoresque à ceux que procure la proximité de la ville. Cette maison illustre ce type d'habitation notamment par son architecture teintée de l'éclectisme architectural de la fin du XIXe siècle, qui combine différents styles. La composition symétrique de la façade et la présence d'un avant-corps central surmonté d'un fronton triangulaire interrompu traduisent, entre autres, l'influence de la tradition néoclassique. La présence de corniches monumentales ornées de consoles de même que la concentration du décor au niveau des ouvertures sont caractéristiques de l'architecture d'inspiration néo-italienne. Quant à son soubassement fortement exhaussé et à sa galerie en façade, ils permettent aux occupants de contempler le paysage environnant, évoquant ainsi la popularité du courant pittoresque à cette époque. Par ces divers éléments, la maison témoigne des courants architecturaux en vogue auprès de la bourgeoisie au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.

La maison Henriette-Moreau présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Construite entre 1870 et 1873, cette résidence figure parmi les plus anciennes à avoir été érigée dans le village de la Visitation. Ce village s'est développé de manière importante à partir de 1895 alors qu'il est érigé en municipalité de village et rebaptisé De Lorimier. La maison Henriette-Moreau évoque ainsi les débuts du développement résidentiel de ce secteur de la ville. Par ailleurs, la valeur historique de la maison repose aussi sur son association avec la famille Lionais. Cette famille a fortement contribué aux premiers développements du quartier où s'élève la maison. Ce secteur est le lieu d'une importante spéculation immobilière dans le dernier quart du XIXe siècle, notamment de la part des frères Lionais, Charles, Hardoin et Édouard, associés à titre d'agents immobiliers, qui achètent des lots dans ce secteur. L'un d'eux oeuvre également comme architecte et arpenteur. Henriette Moreau, la femme d'Hardoin, acquiert également plusieurs terrains en 1864, dont la vaste propriété sur laquelle la maison est construite. En 1875, les frères Lionais offrent un terrain pour la construction de l'église de l'Immaculée-Conception. La famille Lionais a joué un rôle significatif dans le développement de l'ancien village de la Visitation.

Source : Ville de Montréal, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Henriette-Moreau liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- sa situation dans un secteur résidentiel typique du Plateau-Mont-Royal;
- son implantation avec un important retrait par rapport à la voie publique, sur un terrain aménagé de grands arbres matures;
- son volume, dont le plan presque carré, le soubassement en pierre fortement exhaussé, les deux étages et demi, le toit à deux versants droits avec retour des avant-toits sur les murs pignons et l'avant-corps central surmonté d'un fronton triangulaire interrompu;
- les matériaux, dont le parement en briques d'argile rouge;
- les ouvertures, dont la porte d'entrée à deux vantaux en bois ouvragé surmontée d'impostes formant un arc en plein cintre et comprenant des carreaux vitrés en forme de goutte, les portes jumelées à l'étage donnant accès au balcon, les fenêtres du rez-de-chaussée et de l'étage surmontées d'une imposte vitrée en forme d'arc surbaissé;
- l'ornementation, dont les corniches monumentales ornées de consoles et les frontons des ouvertures;
- ses éléments en saillie, dont la galerie couverte d'un avant-toit se déployant sur toute la façade au rez-de-chaussée et le balcon aménagé à l'étage sur le toit de la galerie.

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Informations historiques

La maison Henriette-Moreau s'élève sur l'ancien territoire du village de la Côte-de-la-Visitation, renommé village de la Visitation en 1870, puis village De Lorimier en 1895. Ce dernier est annexé à la ville de Montréal en 1909. Les premières traces du développement résidentiel de ce secteur, qui prend de l'expansion surtout à partir de 1895, remontent à 1870.

Henriette Moreau, femme de Hardoin Lionais, acquiert des terrains dans le secteur en 1864. La maison, destinée à la famille Lionais, est construite sur l'un d'eux entre 1870 et 1873. Avec ses frères Charles et Édouard, Hardoin figure parmi les principaux promoteurs qui ont participé au développement du village de la Visitation. À titre d'agents immobiliers, les frères Lionais, dont l'un est également architecte et arpenteur, contribuent au développement du village. En 1875, ils donnent à monseigneur Ignace Bourget (1799-1885), évêque de Montréal, un terrain sur la rue Mont-Thabor, aujourd'hui rue Rachel, pour la construction de l'église de l'Immaculée-Conception.

La famille Lionais demeure propriétaire de la maison jusqu'en 1894. La résidence est alors acquise par le marchand libraire Pierre Donatien Rolland, qui en demeure propriétaire jusqu'en 1910. C'est le manufacturier Camille Bourdon qui l'achète alors. Il la revend en 1923 à la Villa Saint-Joseph inc. En 1955, un garage est annexé sur le côté sud de la maison.

La maison Henriette-Moreau est citée en 1989. La demeure est ensuite transformée en résidence pour personnes âgées.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Le Plateau-Mont-Royal

Adresse :

  • 4100, avenue De Lorimier

Latitude :

45° 31' 56.5"

Longitude :

-73° 33' 0.9"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 289 010

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Communauté urbaine de Montréal / Service de la planification. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la communauté urbaine de Montréal : architecture domestique (vol. I : Les résidences). Montréal, CUM / Service de la planification du territoire, 1987. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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