Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Persillier-Dit-Lachapelle

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Paschal-Persillier dit Lachapelle

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • vers 1840 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (2)

Images

Carte

Description

La maison Persillier-Dit-Lachapelle est une résidence bourgeoise d'inspiration néoclassique érigée vers 1840. La demeure, en pierre calcaire grise, présente un plan presque carré. Elle compte deux étages et demi et est coiffé d'un toit à quatre versants à pente douce percé de lucarnes. Le bâtiment est situé en bordure du boulevard Gouin, à proximité du parc-nature de l'Île-de-la-Visitation, dans l'arrondissement municipal d'Ahuntsic-Cartierville de la ville de Montréal.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment. La maison se trouve dans le site du patrimoine de l'ancien village du Sault-au-Récollet.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Montréal) 1987-10-29
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Montréal)
 

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Valeur patrimoniale

La maison Persillier-Dit-Lachapelle présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Érigée vers 1840, cette résidence illustre la pénétration du courant néoclassique associé, notamment, à la présence britannique dans la vallée du Saint-Laurent au XIXe siècle. Caractérisé par l'emploi d'un vocabulaire architectural classique, le néoclassicisme est d'abord apparu dans les milieux publics et institutionnels puis s'est répandu dans l'architecture commerciale et résidentielle. Entre 1830 et 1860, les villas néoclassiques se multiplient sur le territoire québécois. La maison Persillier-Dit-Lachapelle est une illustration de ce type par la composition sobre de sa façade, ses ouvertures symétriquement disposées et soulignées de jambages, son utilisation de la pierre équarrie de meilleure taille en façade principale, son toit à croupes à pente douce avec son avant-toit courbé inspiré des cottages Regency, sa corniche à consoles ainsi que ses deux cheminées en pierre des façades latérales. Par ses formes et sa composition, la maison Persillier-Dit-Lachapelle témoigne de l'influence du courant néoclassique sur le paysage bâti québécois au XIXe siècle. Il s'agit d'un exemple unique dans la trame architecturale de l'ancien village du Sault-au-Récollet.

La maison Persillier-Dit-Lachapelle présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec une illustre famille. La famille Persillier dit Lachapelle a joué un rôle considérable dans l'histoire de la paroisse du Sault-au-Récollet. Pascal Persillier dit Lachapelle père (1781-1851), tanneur et homme d'affaires de la côte des Neiges, obtient des Sulpiciens dans les années 1820 des baux d'exploitation pour les moulins de Lachine sur le fleuve Saint-Laurent et du Gros-Sault sur la rivière des Prairies, dans la paroisse du Sault-au-Récollet. Il initie à la même époque la construction d'un pont à péage dont le tracé évoque celui du pont Lachapelle. Pascal Persillier dit Lachapelle fils (1806-1853) acquiert des Sulpiciens, en 1837, la digue des Moulins ainsi que les terres non concédées de l'île de la Visitation. Entre 1837 et 1845, l'achat de terres adjacentes lui permet de constituer une vaste propriété qui fait face à la digue des Moulins. Vers 1840, une imposante maison en pierre est construite sur ces terres, évoquant l'aisance et la prospérité de ses premiers occupants. La demeure constitue le principal témoin de ce domaine. La présence de la maison rappelle l'importance de la famille Persillier dit Lachapelle dans le développement de l'économie du nord de l'île de Montréal au XIXe siècle.

Source : Ville de Montréal, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Persillier-Dit-Lachapelle liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan presque carré, l'imposant corps de logis à deux étages et demi, le toit à quatre versants à pente douce, l'avant-toit légèrement retroussé et le soubassement dégagé du sol;
- ses matériaux, dont les murs en maçonnerie de pierre calcaire équarrie à appareillage régulier pour la façade principale et en pierre des champs pour les façades secondaires, les esses de fer des façades est et ouest;
- les ouvertures, dont leur ordonnance régulière, leurs dimensions décroissantes en progressant dans les niveaux d'habitation , les lucarnes à pignon disposées dans l'axe des fenêtres;
- l'ornementation sobre dont la corniche à consoles en bois et les jambages en pierre des ouvertures;
- les deux cheminées en pierre;
- sa situation en bordure du boulevard Gouin, dans le site du patrimoine de l'ancien village du Sault-au-Récollet, à proximité de la digue des Moulins et de l'île de la Visitation.

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Informations historiques

Pascal Persillier dit Lachapelle fils (1806-1853) se fait construire une résidence en pierre d'inspiration néoclassique vers 1840, affichant ainsi son aisance et sa prospérité. À l'origine, la maison, qui comportait vraisemblablement une galerie sur les quatre façades, est implantée sur un vaste domaine lui assurant un dégagement et un panorama sur la campagne environnante et la rivière des Prairies.

Jusqu'en 1866, la maison est occupée par la famille Persillier dit Lachapelle dont certains membres s'affirment dans le développement économique du nord de l'île de Montréal. Dans la décennie 1820, Pascal Persillier dit Lachapelle père (1781-1851), tanneur et marchand de la côte des Neiges, obtient des Sulpiciens des baux d'exploitation pour les moulins de Lachine sur les rives du fleuve Saint-Laurent et du Gros-Sault en bordure de la rivière des Prairies. Après avoir exploité avec un associé la traverse de l'Abord-à-Plouffe assurant un lien entre l'île Jésus et l'île de Montréal, il initie à cet endroit, vers 1834, la construction d'un pont à péage dont le tracé annonçait celui de l'actuel pont Lachapelle. Son fils Pascal est associé, quant à lui, à la construction du pont des Saints-Anges au milieu des années 1840, à l'endroit même où l'on érige le pont Papineau-Leblanc à la fin des années 1960. Cependant, il est davantage connu pour le rôle de propriétaire foncier qu'il joue dans le village du Sault-au-Récollet. En 1837, il achète des Sulpiciens les moulins de la digue du Sault-au-Récollet et les terres non concédées de l'île de la Visitation. À la même époque, il acquiert six terres adjacentes lui permettant de constituer une propriété de six arpents de front par vingt-quatre arpents de profondeur au sud du chemin public (l'actuel boulevard Gouin). Outre la maison qui porte son nom, il fait bâtir vers 1845 à l'extrémité sud-est de son domaine une petite maison de pierre destinée à un employé des moulins et connue aujourd'hui sous le nom de maison Laporte.

À partir de 1866, la maison Persillier-Dit-Lachapelle passe entre les mains de différentes familles de marchands et d'agriculteurs dont les Pelletier, Henderson, McKenzie et Bromby. Vers 1896, le domaine est subdivisé en lots à bâtir.

Durant les années 1930, une galerie, un balcon ainsi qu'une porte accessible par un escalier sont construits. Des volets de bois ornent aussi les fenêtres à cette époque. Entre 1975 et 1985, des travaux de restauration sont réalisés. La porte aménagée à une date inconnue au second étage de la façade principale est remplacée par une fenêtre à petits carreaux et des chambranles de bois sont ajoutés aux fenêtres du rez-de-chaussée.

À la fin des années 1980, la demeure est divisée en deux copropriétés. L'intérieur du bâtiment est modifié tandis qu'un balcon et une porte sont ajoutés à l'étage à l'arrière.

La maison Persillier-dit-Lachapelle est citée en 1987.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ahuntsic-Cartierville

Adresse :

  • 2084, boulevard Gouin Est
  • 2086, boulevard Gouin Est

Latitude :

  • 45° 34' 27.0"

Longitude :

  • -73° 39' 31.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 745 009

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Jean. « De la Nouvelle-Angleterre nous vint... ». Décormag. Vol. IV, no 2 (1975), p. 54-59.
  • BENOÎT, Michèle et Roger GRATTON. Pignon sur rue : les quartiers de Montréal. Montréal, Guérin littérature, 1991. 393 p.
  • BODSON, Gabriel. Étude maison Persillier-Lachapelle. Montréal, Comité consultatif de Montréal sur la protection des biens culturels, 1987. 4 p.
  • Communauté urbaine de Montréal / Service de la planification. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la communauté urbaine de Montréal : architecture domestique (vol. I : Les résidences). Montréal, CUM / Service de la planification du territoire, 1987. s.p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Dossiers d'études du Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal. Maison Paschal-Persillier-dit-Lachapelle. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, s.d. s.p.
  • DESROCHERS, René. Le Sault-au-Récollet, paroisse de la Visitation, 1736-1936 : fêtes du 2ème centenaire. Montréal, 1936. 132 p.
  • LAPIERRE, Michel. « Familles du Sault-au-Récollet IV, les Persillier-Lachapelle ». Cahiers d'histoire du Sault-au-Récollet. No 4 (1993), p. 11-25.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Montréal, Éditions le Méridien, 1987. s.p.
  • Société pour la conservation du Sault-au-Récollet. Demain le Sault ?. Montréal, Société pour la conservation du Sault-au-Récollet, 1981. s.p.

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