Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Vieux palais de justice de Montréal

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Édifice Lucien-Saulnier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1851 – 1857 (Construction)

Usage :

  • Services et institutions (Palais de justice et bureaux d'enregistrement)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Personnes associées (3)

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Images

Carte

Description

Le vieux palais de justice de Montréal est un édifice institutionnel d'inspiration néoclassique construit de 1851 à 1857 et agrandi en 1890. Le bâtiment principal en pierre grise se compose d'un corps central rectangulaire rehaussé d'un portique monumental à colonnade et flanqué de deux ailes latérales bien dégagées. Haut de quatre étages, il est coiffé par un toit en terrasse bordé d'une balustrade qui supporte un étage central de cinq travées couronné d'un dôme. L'annexe en pierre d'esprit Beaux-Arts est greffée un peu en retrait sur le côté ouest. L'ensemble est situé entre le Champs-de-Mars et la rue Notre-Dame, immédiatement à l'est du palais de justice actuel et face à l'édifice Ernest-Cormier, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Le vieux palais de justice de Montréal fait partie du site patrimonial de Montréal.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 1976-11-18
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-01-08

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

Le vieux palais de justice de Montréal présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'immeuble témoigne de la popularité des styles classiques dans la conception des édifices publics au XIXe et au début du XXe siècle. D'inspiration palladienne, il résulte d'un concours organisé en 1849 par le département des Travaux publics et remporté par les architectes John Ostell (1813-1892) et Henri-Maurice Perrault (1828-1903). Le style palladien, apparu en Amérique du Nord vers 1815, propose un retour à la Renaissance italienne et une certaine austérité. Le vieux palais de justice en est une illustration notamment par les ailes latérales encadrant un corps central, la division de la façade en trois registres (soubassement, registre noble composé de deux étages et étage en attique) et l'ornementation sobre issue de la tradition classique. Le portique repose sur une base voûtée et comprend six colonnes ioniques supportant un large fronton triangulaire. Le toit en terrasse est bordé d'une balustrade. La construction de l'édifice s'achève en 1857, année de la mise en place d'une réforme préparée par l'honorable George-Étienne Cartier (1814-1873). Celle-ci prévoit, entre autres, la création d'un plan type pour les palais de justice de district. L'architecture du vieux palais de justice de Montréal se distingue donc de celle des édifices judiciaires qui seront érigés conformément à ce plan type. Le bâtiment est complété en 1890 par l'ajout d'un étage central de cinq travées et d'un dôme, témoignant de la persistance de l'emploi des formes classiques. Par ailleurs, l'annexe construite en 1905 s'inscrit dans l'esprit Beaux-Arts. Ce courant, dérivé de l'enseignement de l'École des beaux-arts de Paris, se caractérise par la symétrie, les parements clairs généralement en pierre, les compositions monumentales et le recours au vocabulaire classique. L'annexe en pierre de taille s'y rattache par la composition tripartite de sa façade, les ornements classiques du portique et le toit en terrasse bordé d'une balustrade. Le vieux palais de justice de Montréal évoque ainsi la solennité de la fonction judiciaire au Bas-Canada et au Québec.

Le vieux palais de justice de Montréal présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'occupation des lieux reflète l'évolution du système judiciaire au Canada et au Québec. Après la Conquête, la résidence de la Compagnie de Jésus, élevée sur cet emplacement appartenant à la communauté depuis 1692, sert à l'administration de la justice. L'Acte judiciaire de 1793 (34 George III, chapitre 6) divise le Bas-Canada en districts judiciaires et entraîne la construction de nombreux palais de justice, qui logent à la fois les tribunaux supérieurs et inférieurs. En 1800, le gouvernement démolit donc la résidence des Jésuites afin d'ériger un palais de justice. Celui-ci est la proie des flammes en 1844, et le château De Ramezay servira de salle d'audience de 1844 à 1857. Le bâtiment principal actuel rappelle, par ses dimensions, la coexistence des deux niveaux de tribunaux et la taille du territoire desservi avant la réforme de 1857. Il est l'un des derniers témoins de l'ancien système judiciaire, bien qu'il n'ait rempli son rôle qu'après l'adoption de la réforme. Utilisé pour sa fonction d'origine jusqu'en 1971, le vieux palais de justice s'élève à proximité du palais de justice actuel, de l'édifice Ernest-Cormier (la Cour d'appel) ainsi que du château De Ramezay et forme avec ces derniers un ensemble qui relate l'histoire judiciaire de Montréal.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du vieux palais de justice de Montréal liés à ses valeurs historique et architecturales comprennent, notamment :
- sa situation dans un secteur institutionnel, la façade principale donnant sur la rue Notre-Dame et la façade arrière soignée donnant sur le Champs-de-Mars, au coeur du site patrimonial de Montréal;
- la proximité du palais de justice actuel, de l'édifice Ernest-Cormier (la Cour d'appel) et du château De Ramezay;
- le volume du bâtiment principal, dont le plan rectangulaire du corps central, les ailes latérales bien dégagées, l'élévation de quatre étages, le toit en terrasse, l'étage central de cinq travées et le dôme;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre grise à joints en V pour le soubassement et à joints pleins pour les autres étages ainsi que la couverture en cuivre du dôme;
- les éléments de sa façade principale, dont la division en trois registres (soubassement, registre noble de deux étages et étage en attique), le portique central hors oeuvre (doté de six colonnes ioniques cannelées et d'un fronton triangulaire), les fenêtres rectangulaires (à guillotine ou à battants à grands carreaux) et les chambranles à fronton triangulaire des quatre fenêtres du portique;
- les éléments de sa façade arrière, dont la division en trois registres (soubassement, registre noble de trois étages et étage en attique) et la disposition symétrique des fenêtres rectangulaires;
- la façade latérale ouest ornée de colonnes à chapiteaux ioniques;
- les éléments ornementaux, dont les bandeaux en pierre entre les étages, les chaînes d'angle, la balustrade en pierre du toit, la corniche à modillons, les tables ornementées de l'attique, la porte en bois à imposte et fenêtres latérales ainsi que les chambranles en pierre;
- le volume de l'annexe, dont son plan rectangulaire, l'élévation de quatre étages et le toit en terrasse;
- ses matériaux, dont le rez-de-chaussée en pierre taillée en rondin, les premier et deuxième étages en pierre à joints à baguette et l'attique en pierre lisse à joints pleins;
- les éléments de sa façade principale, dont la division en trois registres (soubassement, registre noble de deux étages et étage en attique) séparés par des bandeaux, l'avant-corps central (porte centrale vitrée à double battant surmontée d'une imposte cintrée à carreaux et couronnée d'une arcade, portes latérales simples, grande fenêtre cintrée s'élevant sur deux étages et couronnée d'une clé, pilastres et fronton triangulaire brisé), les fenêtres rectangulaires, les frontons sculptés des fenêtres du deuxième étage, les linteaux des fenêtres du soubassement, les fenêtres cintrées ébrasées du troisième étage et l'escalier central en pierre grise.

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Informations historiques

Le vieux palais de justice de Montréal est le troisième édifice à s'élever sur cet emplacement. Propriété des membres de la Compagnie de Jésus à partir de 1692, le lieu est d'abord occupé par leur monastère. Après la Conquête (1760), leur résidence sert à l'administration de la justice. L'Acte judiciaire de 1793 (34 George III, chapitre 6) divise le Bas-Canada en districts judiciaires et entraîne la construction de nombreux palais de justice, qui logent à la fois les tribunaux supérieurs et inférieurs. À la suite de l'interdiction de recruter de nouveaux membres, la Compagnie de Jésus décroît au Canada jusqu'à la prise de possession de ses biens, en 1800, par la Couronne. La même année, le gouvernement démolit donc la résidence des Jésuites pour ériger un palais de justice. Celui-ci est la proie des flammes en 1844. L'immeuble actuel est construit de 1851 à 1857. Entre-temps, le château De Ramezay, situé non loin de là, fait office de salle d'audience.

Les plans du deuxième palais de justice de Montréal sont confiés aux architectes John Ostell (1813-1892) et Henri-Maurice Perreault (1828-1903), qui remportent le premier concours organisé dans le Canada-Est par le département des Travaux publics. Ce palais de justice de district accueille les deux niveaux de tribunaux existants, soit les cours inférieures (Cour de circuit, Cour du magistrat et Cour des commissaires) et la Cour supérieure (causes criminelles et causes civiles importantes). En 1857, une réforme judiciaire préparée par l'honorable George-Étienne Cartier divise le Canada-Est en 21 districts judiciaires. Celle-ci prévoit notamment la création d'un plan type pour les palais de justice de district. Le palais de justice de Montréal est donc l'un des derniers édifices conçus sous l'ancien système judiciaire.

En dépit de ses dimensions imposantes, le bâtiment ne satisfait pas longtemps les besoins du district de Montréal. En 1890, après maintes embûches, un étage est ajouté et il est surmonté d'un étage central de cinq travées et d'un dôme. En dépit de cela, le manque d'espace toujours grandissant force le département des Travaux publics à construire une annexe, du côté ouest, en 1905. Son édification exige la démolition de l'église presbytérienne Saint-Gabriel, érigée en 1792. Les plans sont révisés par l'architecte N. A. Cantin.

En 1971, les tribunaux emménagent dans le palais de justice actuel. L'ancien palais demeure inoccupé quelque temps avant d'abriter le Comité des Jeux olympiques de 1976.

Le vieux palais de justice de Montréal est reconnu en 1976. Après les Jeux olympiques, la Ville de Montréal acquiert le bâtiment, et elle l'occupe toujours. Il est aussi connu sous le nom d'édifice Lucien-Saulnier, à la mémoire du conseiller municipal et cofondateur du Parti civique de Montréal.

Le vieux palais de justice de Montréal est devenu classé à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 105, Rue Notre-Dame Est
  • 155, rue Notre-Dame Est
  • 85, rue Notre-Dame Est

Lieux-dits :

  • Vieux-Montréal

Latitude :

  • 45° 30' 28.704"

Longitude :

  • -73° 33' 18.079"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 181 247

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Beaupré et Michaud, architectes. Étude historique du vieux-palais, 155 rue Notre-Dame Est. s.l. Ministère des Affaires culturelles / Ville de Montréal / SHDU, 1990. 37 p.
  • GIRALDEAU, François. « Le système Beaux-Arts ». Continuité. No 31 (1986), p. 10-14.
  • GIROUX, André. Les palais de justice de la province de Québec de ses origines au début du vingtième siècle. Travail inédit (Parcs Canada. Direction des lieux et des parcs historiques nationaux) . Ottawa, Parcs Canada, 1977. s.p.
  • LA RIVIÈRE, Monica. « Ancien palais de justice de Montréal et son annexe ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 49-51.
  • PINARD, Guy. « Le «vieux» palais de justice ». PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987, p. 187-192.

Multimédias disponibles en ligne :

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