Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison D'Ailleboust-De Manthet

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1845 – (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Personnes associées (5)

Carte

Description

La maison D'Ailleboust-De Manthet est une résidence bourgeoise construite en 1845 et modifiée en 1932 et 1933. Le bâtiment en pierre présente un corps de logis principal de plan rectangulaire et une élévation de deux étages et demi. Il est coiffé d'un toit à quatre versants tronqué percé de lucarnes et de deux hautes souches de cheminée. Un porche en hémicycle surmonté d'un balcon est situé au centre de la façade. Deux annexes et un garage surmonté d'une terrasse sont greffés au bâtiment. La maison D'Ailleboust-De Manthet est située en retrait d'une voie publique ancienne dans l'arrondissement de L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2012-07-12
  • Reconnaissance, 1975-02-11
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

La maison D'Ailleboust-De Manthet présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. La résidence est située en bordure d'une ancienne voie de communication qui a contribué au développement du nord de l'île de Montréal. Le chemin de la côte Sainte-Geneviève (aujourd'hui une partie du boulevard Gouin) est ouvert à partir de 1731. La route présente un tracé sinueux qui suit la rivière des Prairies. Dès le milieu du XVIIIe siècle, un noyau institutionnel s'implante en bordure du chemin, à la hauteur de l'île Blizzard. L'endroit correspond à l'ancien village de Sainte-Geneviève. En 1845, le docteur John Lewis Forbes (1807-1856) acquiert de la fabrique Sainte-Geneviève un terrain triangulaire à proximité du noyau villageois pour y ériger sa résidence. Celle-ci se distingue des habitations rurales du secteur par son importante marge avant et sa façade principale orientée vers la rivière. La maison D'Ailleboust-De Manthet rappelle ainsi les premiers établissements d'une classe bourgeoise dans le noyau villageois de Sainte-Geneviève au milieu du XIXe siècle.

La maison D'Ailleboust-De Manthet présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'habitation témoigne des goûts de la bourgeoisie en matière d'architecture résidentielle au cours des XIXe et XXe siècles. Construite en 1845, la maison se distingue des habitations rurales du secteur par ses dimensions, son parement en pierre taillée et sa composition architecturale soignée. Le bâtiment comporte plusieurs éléments influencés par l'esthétique du mouvement pittoresque, qui préconise un rapport étroit entre l'architecture et la nature. À l'origine, la maison possédait un toit en pavillon aux larmiers formant des avant-toits, une galerie sur quatre côtés et de grandes portes-fenêtres en façade principale qui permettaient aux occupants de profiter de la nature environnante. En 1932 et 1933, la résidence est mise au goût du jour. Le toit en pavillon est remplacé par un toit à quatre versants tronqué, et la galerie disparaît au profit d'un porche en hémicycle à colonnes surmonté d'un balcon. La maison D'Ailleboust-De Manthet prend donc à ce moment l'aspect plus classique qu'elle conserve aujourd'hui. Par ailleurs, l'intérieur de la résidence comporte plusieurs caractéristiques architecturales intéressantes. Un escalier en vis suspendu permet notamment d'accéder aux différents niveaux de la maison. Une grande armoire encastrée a été conservée, ainsi que des foyers moulurés. Certaines pièces de l'étage principal sont dotées d'ouvertures en arc surbaissé et sont ornées de larges plinthes et corniches moulurées. La maison D'Ailleboust-De Manthet rappelle les formes architecturales privilégiées pour les résidences bourgeoises des XIXe et XXe siècles.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2013.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison D'Ailleboust-De Manthet liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, entre autres :
- sa situation en retrait d'une voie publique ancienne dans le noyau villageois de Sainte-Geneviève;
- l'orientation de la façade principale vers la rivière des Prairies;
- son volume, dont le plan rectangulaire du corps de logis principal, l'élévation de deux étages et demi, le toit à quatre versants tronqué, le porche en hémicycle surmonté d'un balcon, ainsi que les deux annexes et le garage surmonté d'une terrasse;
- ses matériaux, dont la maçonnerie de la façade et des murs latéraux en pierre de taille, la maçonnerie du mur arrière en moellons équarris, ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois et en pierre;
- les ouvertures, dont les portes flanquées de baies latérales (certaines à double vantail surmontées d'une imposte vitrée et inscrites dans un arc surbaissé), les grandes fenêtres surmontées d'une imposte vitrée et inscrites dans un arc surbaissé, les fenêtres à battants à petits et à grands carreaux, et les lucarnes cintrées;
- l'ornementation, dont les colonnes, la corniche moulurée et le bandeau;
- les souches de cheminée en pierre de part et d'autre du corps de logis;
- les éléments de l'intérieur, dont les moulures, les deux foyers moulurés, l'armoire encastrée et l'escalier en vis suspendu faisant toute la hauteur de la maison.

Haut de la page

Informations historiques

Cette demeure de l'ancienne municipalité de Sainte-Geneviève est érigée vers 1845 pour le docteur et entrepreneur John Lewis Forbes (1807-1856) et son épouse Marie-Marguerite-Esther Testard de Montigny. Le maître maçon Narcisse Prévost, l'artisan qui a construit la maison, est actif dans l'ouest de l'île de Montréal au milieu du XIXe siècle; il participe notamment à la construction de l'église de Sainte-Geneviève (1843-1844) et du presbytère de Pointe-Claire (1848). Au moment de sa construction, la résidence D'Ailleboust-De Manthet présente un toit en pavillon aux larmiers débordants, une galerie sur quatre côtés et de grandes portes-fenêtres en façade. Un escalier central permet d'accéder à la galerie qui donne sur l'étage principal, et le rez-de-chaussée sert aux domestiques.

Décédé sans enfant, Forbes lègue sa maison à sa nièce Marie-Sophie d'Ailleboust de Manthet (1813-1884). La résidence demeure entre les mains de cette famille jusqu'en 1932, date à laquelle elle est vendue au docteur Daniel Ladouceur. Ce dernier réalise en 1932 et 1933 plusieurs travaux qui font perdre à la demeure ses éléments d'influence pittoresque. Ainsi, la galerie est remplacée par un porche en hémicycle surmonté d'un balcon en façade principale, un bandeau en pierre vient dissimuler les marques laissées par la galerie, et les larges larmiers qui la couvraient disparaissent.

La maison est subdivisée en trois logements au cours des années 1940. Elle est également dotée d'annexes, dont l'une comporte un garage surmonté d'une terrasse.

La maison D'Ailleboust-De Manthet est reconnue en 1975. Elle est devenue classée à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • L'Île-Bizard - Sainte-Geneviève

Adresse :

  • 15886, boulevard Gouin Ouest

Latitude :

  • 45° 28' 50.787"

Longitude :

  • -73° 52' 11.194"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 843 705 Ptie

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • ARCHAMBAULT, Diane. « Maison D'Ailleboust-de-Manthet ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 174.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture domestique I : les résidences. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 10. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1987. 803 p.
  • PINARD, Guy. « La maison John Lewis Forbes ». La Presse, 22 mars 1992, p. A9.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013