Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Manoir de Tonnancour

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Galerie d'art du Parc
  • Maison Deschenaux

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Date :

  • 1795 – 1797 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (3)

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

Le manoir de Tonnancour est une vaste résidence bourgeoise urbaine érigée entre 1795 et 1797, à partir d'une demeure plus ancienne partiellement détruite par un incendie. L'édifice en pierre de plan rectangulaire, à trois étages, est coiffé d'un toit mansardé et comporte trois hautes souches de cheminée, dont une double. Le manoir de Tonnancour se situe en milieu urbain, dans la ville de Trois-Rivières.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain. Le manoir de Tonnancour est compris dans le site patrimonial de Trois-Rivières. Un site archéologique est associé au lieu.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

3 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois
  • Colombage pierroté
  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Latrine

Saillies :

  • Cheminée
  • Entrée de cave
  • Mur coupe-feu

Fondations :

  • Béton
  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (À bossages)
  • Façade droite : Pierre (À bossages)
  • Façade gauche : Pierre (À bossages)
  • Façade avant : Pierre (À bossages)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Bois, bardeaux
  • Forme : Mansardé
    Matériau : Tôle profilée

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif, à imposte
  • bois massif, à imposte
  • bois massif, à imposte

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux

Lucarne(s) :

  • À fronton

Éléments architecturaux :

  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Corniche moulurée
  • Persienne / jalousie

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1966-03-29
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-05-06
 

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Valeur patrimoniale

Le manoir de Tonnancour présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La demeure érigée entre 1795 et 1797 constitue un exemple représentatif de la maison urbaine bourgeoise du tournant du XIXe siècle, qui perpétue la tradition française tout en intégrant des apports britanniques. Le quartier du Platon, où elle se situe, comporte quelques résidences de ce type. En Nouvelle-France, le modèle de la maison urbaine s'impose surtout après la promulgation des ordonnances des intendants Michel Bégon de la Picardière (1667-1747) et Claude-Thomas Dupuy (1678-1738) en 1721 et 1727, qui instaurent de nouvelles mesures de prévention des incendies. Le manoir de Tonnancour en est une illustration notamment par sa maçonnerie de pierre et ses murs coupe-feu. Le manoir présente, par ailleurs, un toit mansardé caractérisé par des terrassons pentus qui débordent sur de courts brisis percés de lucarnes. Le toit mansardé avait été interdit par les intendants de la Nouvelle-France parce que trop inflammable. Celui du manoir de Tonnancour serait associé à une influence des Loyalistes. Ce type de toit ne connaît cependant qu'une diffusion limitée au tournant du XIXe siècle, et il s'agit de l'un des très rares exemples connus. Certains éléments intérieurs du manoir sont également d'un grand intérêt, comme les foyers dont l'un avec jambage en pierre taillée, l'escalier principal avec un garde-corps aux balustres tournés, le plafond à caissons et les moulures.

Le manoir de Tonnancour présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à la diversité de ses fonctions. Le bâtiment remplit successivement un rôle social, militaire, religieux, puis scolaire. René Godefroy de Tonnancour (vers 1669-1738), procureur du roi, lieutenant général civil et criminel de Trois-Rivières et propriétaire de la seigneurie de Tonnancour située dans le secteur Pointe-du-Lac de l'actuelle ville de Trois-Rivières fait ériger une somptueuse résidence sur l'emplacement entre 1723 et 1725. Ce n'est pas, à proprement parler, un manoir seigneurial, car elle n'est pas située sur le territoire de son fief. Un incendie endommage gravement l'immeuble en 1784. Le juge Pierre-Louis Deschenaux (1759-1802) acquiert la propriété entre 1795 et 1798 et fait bâtir sa résidence à partir des vestiges de l'ancienne (fondations, murs de maçonnerie, solives de la cave ainsi que poutres du plafond du rez-de-chaussée). Le manoir est ensuite acheté par les autorités britanniques pour loger les officiers de la garnison de Trois-Rivières, fonction qu'il remplit de 1812 à 1822. Vendu à l'évêque de Québec en 1822, il abrite d'abord le presbytère, de 1822 à 1852, puis l'évêché de Trois-Rivières, de 1852 à 1874, et devient ainsi le centre de la vie religieuse trifluvienne. L'édifice est cédé en 1902 à la communauté des Filles de Jésus, qui y ouvre une école primaire pour garçons, le Jardin de l'Enfance. La succession des fonctions démontre ainsi la richesse historique du bâtiment. La valeur historique du bâtiment repose aussi sur l'ancienneté du manoir. Ce dernier,, qui est l'une des plus anciennes constructions de Trois-Rivières, a été épargné par la conflagration qui a détruit une grande partie de la ville en 1908. De plus, certaines parties de la résidence de René Godefroy de Tonnancour, érigée entre 1723 et 1725, ont été intégrées à la demeure du juge Pierre-Louis Deschenaux. Un site archéologique euroquébécois est associé au lieu.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du manoir de Tonnancour liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- sa situation en milieu urbain, en bordure de la place d'Armes, au coeur du site patrimonial de Trois-Rivières;
- ses éléments représentatifs de l'architecture résidentielle urbaine du tournant du XIXe siècle, dont le plan rectangulaire, l'élévation de trois étages, la maçonnerie de pierre crépie, les murs coupe-feu, les hautes souches de cheminée en pierre (une double à l'extrémité gauche et deux simples);
- le toit mansardé (couvert en bardeaux de cèdre) constitué de terrassons pentus débordant sur de courts brisis percés de lucarnes;
- les ouvertures, dont la porte de la façade principale en bois surmontée d'une imposte vitrée, les fenêtres à battants à 24 petits carreaux flanquées de contrevents au rez-de-chaussée, les soupiraux et les chambranles en bois;
- les éléments intérieurs, dont les foyers (l'un avec jambage en pierre taillée), l'escalier principal avec garde-corps aux balustres tournés, les cloisons en brique, les portes à panneaux, le plafond à caissons, les moulures et la ferronnerie;
- les éléments architecturaux d'origine, dont les fondations, les murs de maçonnerie, les solives de la cave ainsi que les poutres du plafond du rez-de-chaussée;
- le site archéologique euroquébécois.

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Informations historiques

René Godefroy de Tonnancour (vers 1669-1738), procureur du roi, lieutenant général civil et criminel de Trois-Rivières et propriétaire de la seigneurie de Tonnancour située dans le secteur Pointe-du-Lac de l'actuelle ville de Trois-Rivières, fait ériger une somptueuse résidence sur la rue des Ursulines entre 1723 et 1725. La demeure n'est pas, à proprement parler, un manoir seigneurial, car elle n'est pas située sur le territoire du fief. Un incendie endommage gravement l'immeuble en 1784.

Le juge Pierre-Louis Deschenaux (1759-1802) acquiert la propriété entre 1795 et 1798 et fait bâtir sa résidence à partir des vestiges de l'ancienne (fondations, murs de maçonnerie, solives de la cave ainsi que poutres du plafond du rez-de-chaussée). Le manoir est ensuite acquis par les autorités britanniques pour loger les officiers de la garnison de Trois-Rivières, fonction qu'il remplit de 1812 à 1822. Vendu à l'évêque de Québec en 1822, il abrite d'abord le presbytère de Trois-Rivières de 1822 à 1852. Des travaux importants modifient l'aspect extérieur de l'immeuble en 1837. Le pignon nord-est et la façade reçoivent un lambris de bois qui dissimule le brisis du toit. Le curé Thomas Cook (1792-1870) est nommé évêque de Trois-Rivières en 1852, et la demeure logera l'évêché de Trois-Rivières entre cette date et la construction d'un palais épiscopal en 1874. Désirant favoriser l'installation de communautés religieuses à Trois-Rivières, monseigneur François-Xavier Cloutier (1848-1934) offre le bâtiment à la communauté des Filles de Jésus en 1902, qui y ouvre une école primaire pour garçons, le Jardin de l'Enfance, l'année suivante. La communauté y demeure jusqu'en 1966, date de son déménagement à Cap-de-la-Madeleine.

Le manoir de Tonnancour est classé en 1966. L'immeuble est acquis par la Ville de Trois-Rivières en 1976. La municipalité le rénove avec l'aide du ministère des Affaires culturelles entre 1976 et 1979 et lui rend son apparence du tournant du XIXe siècle. Le manoir abrite maintenant une galerie d'art.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Trois-Rivières

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Adresse :

  • 864, rue des Ursulines

Latitude :

  • 46° 20' 34.804"

Longitude :

  • -72° 32' 18.871"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Trois-Rivières Cité de Trois-Rivières Absent 2173 ptie

Code Borden

CcFd-15      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LEFEBVRE, Jean-Charles. « Manoir de Tonnancour ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 27-28.
  • s.a. Le manoir de Tonnancour. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1981. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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