Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Manoir Boucher-De Niverville

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Description

Le manoir Boucher-De Niverville est une résidence d'inspiration française comprenant un corps de logis dont l'origine remonte à 1668 environ, qui a été allongé en 1729. La demeure en pierre de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffée d'un toit à croupes. Le manoir Boucher-De Niverville est situé dans le noyau ancien de la ville de Trois-Rivières.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique au manoir et au terrain. Le manoir Boucher-De Niverville bénéficie d'une aire de protection. Un site archéologique euroquébécois lui est associé.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

1 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Béton, ossature en béton armé
  • Bois
  • Maçonnerie en brique
  • Maçonnerie en pierre

Saillies :

  • Cheminée
  • Entrée de cave

Fondations :

  • Béton
  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (À bossages)
  • Façade droite : Pierre (À bossages)
  • Façade gauche : Pierre (À bossages)
  • Façade avant : Pierre (À bossages)

Toit :

  • Forme : À croupes
    Matériau : Bois, bardeaux

Porte principale :

  • bois massif et vitrage, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif et vitrage, à imposte

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux

Lucarne(s) :

  • À croupe

Éléments architecturaux :

  • Bardeau
  • Chambranle
  • Persienne / jalousie

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1960-03-30
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1977-09-13
 

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Valeur patrimoniale

Le manoir Boucher-De Niverville présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette valeur repose entre autres sur l'ancienneté de la construction. Le corps de logis initial, probablement en colombage, est érigé vers 1668 pour Jacques Leneuf de La Poterie (1606-vers 1685), seigneur du fief et commerçant intéressé par la traite des fourrures, qui sera à plusieurs reprises gouverneur suppléant de Trois-Rivières. En 1729, un nouveau propriétaire, François Châtelain, officier de la marine royale, transforme substantiellement le bâtiment, entre autres en remplaçant la première structure par une maçonnerie de pierre et en l'allongeant. Bien que son volume et la disposition de ses ouvertures aient par la suite été modifiés, le manoir garde néanmoins plusieurs éléments d'origine. En 1908, l'édifice échappe à la conflagration qui détruit une grande partie de la ville de Trois-Rivières. En 1972, les travaux de restauration effectués par le ministère des Affaires culturelles du Québec lui redonnent certains de ses éléments disparus et son cachet ancien. Joyau unique du patrimoine bâti hérité du Régime français, ce manoir rassemble les caractéristiques essentielles de la maison rurale d'inspiration française, dont un corps de logis bas peu dégagé du sol et un toit aigu aux versants droits sans débordements couvert en bardeaux de cèdre. De plus, le remplacement d'une structure probablement en colombage par une maçonnerie de pierre et l'agrandissement par l'adjonction d'une allonge témoignent de l'évolution de ce type de construction. Le manoir conserve, de même, des éléments de la charpente du toit du premier corps de logis, qui comptent parmi les plus anciens au Québec.

Le manoir Boucher-De Niverville présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique en tant que témoin du régime seigneurial. Construit sur le domaine seigneurial, le manoir est une demeure, généralement plus vaste que les autres habitations, qui sert à la fois de résidence et de bureau au seigneur. Sur le domaine, autour du manoir, on peut trouver un moulin à farine, de même que d'autres bâtiments nécessaires à la subsistance du seigneur et de ses censitaires. Le manoir Boucher-De Niverville, qui était à proximité du bourg de Trois-Rivières et comprenait bâtiments secondaires, cour et jardin, a vu se succéder les seigneurs du fief De La Poterie ou De Niverville. La valeur historique du manoir repose aussi sur son association avec le fief De Niverville et certains personnages importants de la famille du même nom. Le premier est Joseph Boucher de Niverville (1715-1804), officier illustre de l'armée française puis de la milice canadienne, nommé plus tard surintendant des affaires indiennes du district de Trois-Rivières. Après sa mort, le manoir demeure la propriété de la famille pendant une quarantaine d'années. Il sera notamment la résidence de Charles Boucher de Niverville (1825-1869), petit-fils du précédent, avocat, député provincial et maire de Trois-Rivières.

Le manoir Boucher-De Niverville et de son terrain présentent également un intérêt patrimonial pour leur valeur archéologique. Les vestiges d'origine euroquébécoise ont notamment contribué à la restauration du manoir, en permettant de comprendre son évolution et les techniques utilisées lors de sa construction.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du manoir Boucher-De Niverville liés à ses valeurs architecturale, historique et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation sur un terrain rectangulaire perpendiculaire à la rue Bonaventure, dans le noyau ancien de la ville de Trois-Rivières;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le carré bas et peu dégagé du sol et le toit aigu à croupes aux versants droits sans débordements couvert en bardeaux de cèdre;
-ses matériaux, dont la maçonnerie de pierre et les cheminées en brique française;
- la charpente du toit du premier corps de logis;
- ses ouvertures disposées de façon asymétrique, dont les fenêtres à battants à petits carreaux avec contrevents doubles en façade et les lucarnes;
- son décor intérieur, dont les murs blanchis et ornés de plinthes noircies à la suie, les foyers en pierre de taille et les éléments de quincaillerie d'époque;
- les vestiges euroquébécois.

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Informations historiques

Le terrain sur lequel est construit le manoir Boucher-De Niverville est concédé en 1646 par la Compagnie des Cent-Associés au gouverneur de Trois-Rivières, le sieur François de Champflour. En 1649, celui-ci vend son fief à Jacques Leneuf de La Poterie (1606-vers 1685), commerçant intéressé par la traite des fourrures, qui sera à plusieurs reprises gouverneur suppléant de Trois-Rivières. Leneuf de La Poterie fait ériger le premier corps de logis, probablement en colombage, vers 1668. Ce bâtiment, qui possède un rez-de-chaussée, un grenier et une cave, est alors situé à proximité du bourg de Trois-Rivières et comprend dépendances, cour et jardin.

En 1729, François Châtelain, officier de la marine royale et seigneur de Sainte-Marguerite, fait l'acquisition du fief De La Poterie et du manoir. Il modifie considérablement la maison en remplaçant la première structure par une maçonnerie de pierre et en l'allongeant.

En 1761, Joseph Boucher de Niverville (1715-1804), officier illustre de l'armée française puis de la milice canadienne, devient seigneur et propriétaire du manoir. Nommé plus tard surintendant des affaires indiennes du district de Trois-Rivières, il accueille dans les jardins du manoir, à certaines périodes de l'année, les Abénaquis, les Algonquins et les Attikameks de la région. Après sa mort, le manoir demeure la propriété de la famille pendant une quarantaine d'années. Il sera notamment la résidence de Charles Boucher de Niverville (1825-1869), petit-fils du précédent, avocat, député provincial et maire de Trois-Rivières.

Au XIXe siècle, le manoir change de mains à quelques reprises. Désormais inclus dans la trame urbaine de Trois-Rivières, il subit quelques transformations. En 1908, il échappe à la conflagration qui détruit une grande partie de la ville, dont l'église paroissiale datant du Régime français. En 1940, le Comité du troisième centenaire de Trois-Rivières entre en possession du manoir et, onze ans plus tard, le vend à la Ville.

Le manoir Boucher-De Niverville est classé en 1960. En 1972, le ministère des Affaires culturelles du Québec procède à sa restauration. Le manoir bénéficie d'une aire de protection depuis 1977.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Trois-Rivières

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Adresse :

  • 168, rue Bonaventure

Latitude :

  • 46° 20' 37.2"

Longitude :

  • -72° 32' 25.6"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Trois-Rivières Cité de Trois-Rivières Absent 2163 ptie

Code Borden

CcFd-14      

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BERGERON, Pierre. « Manoir de Niverville ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 30-31.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DUFOUR, Pierre. « Boucher de Niverville, Joseph ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • GAUTHIER, Raymonde. Les manoirs du Québec. Québec, Fides, 1976. 247 p.
  • s.a. Manoir Boucher de Niverville [En Ligne]. http://manoirdeniverville.ca/
  • VOISINE, Nive. « Boucher de Niverville, Louis-Charles ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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