Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Pierre

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Sorel-Tracy

Date :

  • 1826 – 1831 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (17)

Inventaires associés (2)

Carte

Description

L'église de Saint-Pierre est un lieu de culte de tradition catholique construit de 1826 à 1831. L'édifice en maçonnerie de pierre et de brique crépie présente un plan composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits. D'inspiration néoclassique, sa façade monumentale présente un corps central couronné d'un pignon. Ce corps central est flanqué de deux tours surmontées de clochers à dômes. Une sacristie de plan rectangulaire à un étage et demi est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Elle est reliée aux collatéraux par un chemin couvert qui épouse la forme arrondie de l'abside. L'église de Saint-Pierre est implantée en bordure de la voie publique, sur un terrain dégagé. Elle s'élève à proximité du presbytère et d'une école, en milieu urbain, dans la ville de Sorel-Tracy.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1960-08-30
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Pierre présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte, construit de 1826 à 1831, évoque l'apparition des façades monumentales dans la construction des églises catholiques au Québec à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Ces façades comprennent des tours latérales peu saillantes et leurs ouvertures sont généralement disposées en cinq travées. La façade de l'église de Saint-Pierre illustre ce type, notamment par son corps central couronné d'un pignon et encadré de deux tours ainsi que par ses ouvertures réparties symétriquement en cinq niveaux. Elle rappelle également l'influence du néoclassicisme sur l'architecture religieuse québécoise. Introduit au Québec par les architectes et entrepreneurs britanniques au début du XIXe siècle, le néoclassicisme est ensuite diffusé par des architectes québécois, dont Thomas Baillairgé (1791-1859), qui en appliquent les principes et le vocabulaire dans les édifices religieux. Les concepteurs de l'église de Saint-Pierre, qui sont inconnus, ont adopté plusieurs éléments néoclassiques, notamment les portails composés de pilastres ioniques et d'un entablement, les fenêtres en plein cintre et les chaînes d'angle. Par ailleurs, l'église présente un plan simple, composé d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit, selon un plan courant à cette époque. Plus économique en raison de l'absence du transept, celui-ci permet néanmoins d'aménager des autels latéraux. L'église de Saint-Pierre constitue donc un exemple représentatif des lieux de culte catholiques érigés dans la première moitié du XIXe siècle.

L'église de Saint-Pierre présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Ce décor témoigne des changements qui ont influencé la réalisation des intérieurs d'église aux XIXe et XXe siècles. Le décor sculpté d'origine est réalisé entre 1833 et 1844 par Augustin Leblanc (1799-1882). Sa facture, qui résulte d'une approche plus artisanale qu'académique, illustre la pratique autonome de certains sculpteurs qui s'inspirent des esthétiques de Thomas Baillairgé et de l'atelier des Écores, deux écoles qui ont fortement marqué la décoration des églises au Québec. Ainsi, la colonnade corinthienne surmontée d'un entablement richement orné constitue un élément qui reflète la production de l'atelier des Écores. Dès 1859, certains ornements sculptés, tels que les festons, sont retirés afin de répondre aux goûts de l'époque, qui ne prise plus la surcharge décorative. En 1881, la popularité grandissante de la peinture murale incite la fabrique à faire appel aux menuisiers Nazaire Provost et Pierre-Thibus Cantara ainsi qu'au peintre-décorateur Naphtali Rochon. Les ornements sculptés de la voûte sont enlevés au profit d'un décor pictural contenu dans de nouvelles divisions formant des caissons. De 1919 à 1923, le décor peint à fresque cède la place aux motifs décoratifs qui ornent aujourd'hui la voûte. Les colonnes cannelées du retable sont remplacées par des colonnes torses et les portes de la sacristie sont modifiées afin d'intégrer deux tableaux d'Edmond Lemoine acquis en 1920. L'intérieur de l'église de Saint-Pierre rappelle des transformations courantes qui avaient pour but de mettre les lieux de culte au goût du jour.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Pierre liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent notamment :
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants droits, la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur ainsi que le chemin couvert épousant la forme arrondie de l'abside et reliant la sacristie aux collatéraux;
- les matériaux, dont la maçonnerie crépie (pierre et brique) de l'église et de la sacristie, la couverture en tôle à la canadienne, les portails et le cordon de la façade ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes de la façade monumentale divisée en cinq travées, dont le corps central de trois travées couronné d'un pignon surmonté d'une croix, les tours en faible saillie surmontées d'un clocher (composé d'une chambre des cloches, d'un dôme à pans coupés, d'un lanternon à dôme et d'une croix), les portails (composés de pilastres ioniques et d'un entablement encadrant une porte en bois à carreaux et à imposte cintrée), les ouvertures disposées symétriquement en cinq niveaux, les oculus, les fenêtres cintrées (certaines jumelées), la fenêtre palladienne, la mosaïque du portail central, le cordon, la niche recevant une statue et son socle, la corniche, les chambranles et les chaînes d'angle;
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres cintrées, les chambranles ainsi que les soupiraux rectangulaires;
- les composantes de la sacristie, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le soubassement dégagé, le toit à deux versants droits, l'entrée dans le mur pignon arrière, la porte en bois à carreaux et à imposte cintrée, les fenêtres rectangulaires à grands carreaux, les lucarnes à croupe, les retours de corniche, les chambranles et les chaînes d'angle;
- les composantes du chemin couvert, dont la maçonnerie en pierre à bossage, le toit plat, les portes en bois à double vantail, à carreaux et à imposte cintrée, la corniche et les chambranles;
- le décor intérieur, dont la fausse voûte à arc surbaissé du vaisseau central et des collatéraux (ornée de caissons et de gloires), le retable du choeur (composé de colonnes torses surmontées d'un fronton encadrant un tabernacle doré, une mosaïque et un crucifix), la colonnade corinthienne du choeur portant un entablement richement orné se prolongeant dans la nef et séparant le vaisseau central et les collatéraux, la tribune arrière logeant l'orgue Casavant, les motifs dorés, les éléments peints, la table de communion, les vitraux et les mosaïques du choeur.

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Informations historiques

L'église de Saint-Pierre est la première implantée sur cet emplacement, mais elle succède à plusieurs lieux de culte dans la paroisse. La mission de Sorel est érigée en 1678. Une chapelle, située hors du fort Richelieu, est bâtie en 1708. La mission est érigée en paroisse à la même époque. Un deuxième lieu de culte est édifié en 1732, mais est remplacé dès 1750. Ce troisième édifice est partiellement reconstruit en 1769 et agrandi vers 1799. En 1822, les paroissiens demandent l'autorisation d'élever une nouvelle église. Le site utilisé étant sujet aux inondations, on choisit un autre terrain, donné en 1823. Les plans initiaux sont modifiés en 1824 afin de réduire les coûts; le transept est éliminé et la hauteur des murs est abaissée d'environ trois mètres.

En 1826, les syndics font paraître l'appel d'offres pour la construction de l'église. Les concepteurs de l'édifice et les entrepreneurs demeurent inconnus. En 1829, le maître maçon François Larue réalise le portail. Il engage le maître maçon Pierre Deauplaise pour travailler avec lui à cet ouvrage, qu'ils terminent en septembre de la même année. En 1831, les clochers sont achevés et la toiture est couverte en fer-blanc. En 1906 et 1907, les clochers sont refaits, tandis que l'étage du couronnement de la façade est modifié. Les murs en maçonnerie sont crépis. Ces transformations sont exécutées par l'entrepreneur Joseph Cardin, selon les plans des architectes Louis-Zéphirin Gauthier (1842-1922) et Joseph-Égilde-Césaire Daoust (1881-1946).

La sacristie est bâtie en même temps que l'église, entre 1826 et 1831. Elle est agrandie d'environ six mètres en 1881. Un chemin couvert la reliant à la nef est construit en 1958 et 1959.

Le décor sculpté est réalisé entre 1833 et 1844 par Augustin Leblanc (1799-1882), sculpteur et entrepreneur de Saint-Grégoire de Nicolet. Il exécute aussi la menuiserie de la tribune arrière. En 1851, des tribunes latérales sont construites par Calixte Matton. Dès 1859, certains ornements sculptés, tels que les festons, sont retirés afin de répondre aux goûts de l'époque. L'intérieur est de plus entièrement repeint. Les travaux sont exécutés par Élie Girard, Eusèbe Pelletier et John Humphry. En 1860, une tribune est ajoutée dans le choeur.

En 1881, la popularité grandissante de la peinture murale incite la fabrique à faire appel aux menuisiers Nazaire Provost et Pierre-Thibus Cantara ainsi qu'à Naphtali Rochon, peintre-décorateur de Saint-Eustache et élève de Napoléon Bourassa (1827-1923), pour remanier le décor. Les ornements sculptés de la voûte sont enlevés au profit d'un décor pictural contenu dans de nouvelles divisions formant des caissons. Ce décor à fresque compte notamment 26 personnages et huit scènes. Entre 1919 et 1923, l'intérieur est encore transformé, selon les plans de l'architecte L.-P. Héroux. Le décor peint à fresque cède la place aux motifs décoratifs qui ornent aujourd'hui la voûte. Les colonnes cannelées du retable sont remplacées par des colonnes torses et les portes de la sacristie sont modifiées afin d'intégrer deux tableaux d'Edmond Lemoine acquis en 1920. De 1957 à 1959, les architectes René (1881-1969) et Gérard (né en 1907) Charbonneau réaménagent l'intérieur. Les tribunes latérales ainsi que celle de choeur sont démolies, la tribune arrière est agrandie et les colonnes en bois sont changées pour des colonnes en acier recouvertes de leur fini original. Des mosaïques de la maison Carli-Petrucci et des vitraux de la maison Osterrath sont installés dans le choeur.

L'église de Saint-Pierre est classée en 1960.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Pierre-De Saurel

Municipalité :

  • Sorel-Tracy

Adresse :

  • rue George

Lieux-dits :

  • Saint-Pierre-de-Sorel

Latitude :

46° 2' 43.818"

Longitude :

-73° 6' 26.973"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Richelieu Ville de Sorel Absent 679-1-P
679-2-P
679-4-P

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CHOUINARD, Gaétan. « Église Saint-Pierre ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 248-249.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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