Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Sulpice

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Lanaudière

Municipalité :

  • Saint-Sulpice

Date :

  • 1831 – 1832 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (12)

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (12)

Carte

Description

L'église de Saint-Sulpice est un lieu de culte de tradition catholique érigé en 1831 et 1832 et ayant été modifié en 1873. L'édifice en pierre présente un plan composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par un chevet plat. Sa façade est dotée d'un portail dorique central surmonté d'un fronton, d'ouvertures à arc brisé et d'un oculus ovale. Un clocher à deux lanternes surmonte à l'avant le faîte du toit à deux versants droits. Une sacristie en pierre de plan rectangulaire d'un étage est greffée au chevet dans le prolongement du choeur. Construite à proximité du fleuve Saint-Laurent vers lequel elle est orientée, l'église domine un ensemble religieux catholique. L'église de Saint-Sulpice est située dans le noyau villageois de la municipalité de Saint-Sulpice.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Des objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

Plan au sol :

Croix latine

Nombre d'étages :

2

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Autre
  • Chapelle
  • Sacristie

Saillies :

  • Cheminée
  • Clocher

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Structure apparente)
  • Façade droite : Pierre (Structure apparente)
  • Façade gauche : Pierre (Structure apparente)
  • Façade avant : Pierre (Taillée)

Toit :

  • Forme : À croupes
    Matériau : Tôle à la canadienne
  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle à la canadienne

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux, à imposte
  • bois, à panneaux, à imposte
  • bois, à panneaux
  • bois, à panneaux
  • bois, à panneaux et vitrage

Fenêtre(s) :

  • à arc brisé, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • circulaire, Oculus
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, D'aération

Éléments architecturaux :

  • Chaîne d'angle
  • Fronton
  • Pierre millésimée
  • Pilastre
  • Portail
  • Tympan
  • Vitrail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1959-07-29
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Sulpice présente un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Ce décor témoigne de l'influence du courant néogothique sur l'ornementation des lieux de culte du Québec dans la deuxième moitié du XIXe siècle. En 1831, l'église avait été dotée d'un décor d'esprit classique, réalisé par les sculpteurs René Beauvais dit Saint-James (1785-1837) et Urbain Brien dit Desrochers (1781-1860). Toutefois, en 1873, les architectes Victor Bourgeau (1809-1888) et Étienne-Alcibiade Leprohon (1842-1902) reprennent complètement celui-ci. Quelques éléments sont conservés, dont les rosaces du plafond, ainsi que le tombeau et le tabernacle du maître-autel, mais l'intérieur conçu par Bourgeau et Leprohon fait plutôt appel à des formes issues de l'architecture gothique anglaise. La voûte en arc polygonal, rehaussée d'ogives-diaphragmes et de nervures transversales et longitudinales, de même que la corniche en surplomb reposant sur des consoles évoquent les charpentes apparentes médiévales. Les retables mettent également en valeur le vocabulaire néogothique, dont les ébrasements à ressauts, les gâbles en accolade et les pinacles. L'intérieur de l'église de Saint-Sulpice se distingue par l'unicité et l'harmonie de l'ensemble et constitue un exemple achevé de décor néogothique d'inspiration anglaise en milieu rural.

L'église de Saint-Sulpice présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. D'une part, le lieu de culte est représentatif des églises érigées en milieu rural dans la première moitié du XIXe siècle. Le plan en croix latine et le clocher couronnant le faîte du toit à l'avant témoignent de sa filiation avec la tradition architecturale religieuse établie durant le Régime français. La sacristie est cependant greffée au chevet dans le prolongement du choeur, une façon de faire apparue à la fin du XVIIIe siècle. Par ailleurs, la façade illustre l'intégration du vocabulaire néoclassique aux formes traditionnelles dans la première moitié du XIXe siècle par l'utilisation de la pierre de taille, le portail dorique surmonté d'un fronton, l'oculus ovale et les chaînes d'angle. D'autre part, l'extérieur de l'église de Saint-Sulpice reflète, tout comme son intérieur, l'influence néogothique. En 1873, les architectes Bourgeau et Leprohon modifient les ouvertures pour les coiffer d'arcs brisés et haussent le carré de maçonnerie à cette fin. Les portes de la façade sont surmontées de tympans à arcs brisés. Ces transformations démontrent la volonté de mettre le lieu de culte au goût du jour et d'harmoniser l'extérieur de l'édifice au nouveau décor intérieur.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Sulpice liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent, notamment ;
- sa situation sur un terrain paysager au relief peu accusé, dans le noyau villageois, face au fleuve Saint-Laurent;
- son volume, dont le plan composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par un chevet plat, le toit à deux versants droits (muni de croupes au transept) et la sacristie greffée au chevet dans le prolongement du choeur;
- les matériaux, dont la maçonnerie en moellons, la façade ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille et la couverture en tôle à la canadienne;
- les composantes de la façade, dont le clocher surmontant le faîte du toit avant (composé d'une base carrée, de deux lanternes polygonales, d'une flèche et d'une croix), le portail central (composé de pilastres doriques surmontés d'un fronton ainsi que d'une porte en bois à panneaux et à double vantail surmontée d'un tympan vitré à arc brisé ornée d'une rosace), les portails latéraux (dotés de pilastres et d'une porte en bois à panneaux surmontée d'un tympan à arc brisé), les fenêtres à arc brisé avec deux lancettes et un quatre-feuilles, l'oculus ovale, les chambranles et les chaînes d'angle;
- les composantes des longs pans et du choeur, dont les fenêtres à arc brisé avec deux lancettes et un quatre-feuilles, les soupiraux rectangulaires, les chambranles en pierre de taille, les chaînes d'angle et la corniche en bois à consoles;
- les composantes de la sacristie, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le toit à deux versants droits, les fenêtres rectangulaires à carreaux, les soupiraux, les chambranles, la porte en bois à panneaux et la corniche à consoles;
- la souche de cheminée en pierre sur un versant du toit du choeur et celle située sur le toit de la sacristie à l'arrière, recouverte de tôle;
- le décor intérieur, dont la fausse voûte en arc polygonal (ornée d'ogives-diaphragmes, de nervures longitudinales et transversales, de rosaces et de motifs végétaux inscrits dans un losange), la corniche du choeur et des transepts (ornée d'une arcature aveugle et de denticules), la corniche en surplomb et supportée par des consoles de la nef ainsi que la tribune arrière;
- le maître-autel orné de bas-reliefs dorés (composé d'un tombeau à la romaine et d'un tabernacle surmonté d'un dôme à pans coupés), le retable du maître-autel (composé d'un ébrasement à ressauts surmonté d'un gâble en accolade et de pinacles), les autels latéraux (composés d'un tombeau rectangulaire, d'un tabernacle orné de bas-reliefs et d'un retable doté d'un gâble en accolade et de pinacles), le tombeau d'autel galbé placé au centre du choeur ainsi que l'ambon (formé de la cuve de l'ancienne chaire).

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Informations historiques

La paroisse de Saint-Sulpice a été fondée par les Sulpiciens de Montréal au tout début du XVIIIe siècle. Dès 1702, ils déterminent un emplacement pour l'église, face au fleuve Saint-Laurent. Le premier lieu de culte est utilisé de 1706 à 1723, date à laquelle une deuxième église est érigée sur ordre de l'intendant. Celle-ci subsiste jusqu'à l'ouverture du lieu de culte actuel. La construction de ce troisième édifice, avec transept et sacristie, est autorisée par Mgr Bernard-Claude Panet (1753-1833), archevêque de Québec, en 1830. Les travaux débutent en 1831, sous la supervision de l'entrepreneur François Parizeau et du maçon Joseph Doyon. Le gros oeuvre est achevé l'année suivante. À la même époque, le décor intérieur est réalisé par les sculpteurs Urbain Brien dit Desrochers (1781-1860) et René Beauvais dit Saint-James (1785-1837).

Entre 1847 et 1850, la réfection du décor intérieur est entreprise par le sculpteur Louis-Xavier Leprohon. La nature de ces travaux est incertaine, mais les paroissiens se plaignent durant les années suivantes que les modifications ont été mal exécutées et que le sculpteur n'a pas rempli ses engagements.

En 1873, l'intérieur est réaménagé par l'entrepreneur François Archambault, selon les plans des architectes Victor Bourgeau (1809-1888) et Étienne-Alcibiade Leprohon (1842-1902). Le décor initial disparaît, à l'exception de quelques éléments, dont les rosaces de la voûte ainsi que certaines pièces de mobilier, notamment le maître-autel provenant du lieu de culte précédent. L'église de Saint-Sulpice est alors dotée d'un décor d'inspiration néogothique, principalement composé d'une voûte évoquant une charpente apparente et des retables.

L'extérieur est aussi modifié par les architectes Bourgeau et Leprohon. Les arcs en plein cintre des ouvertures sont remplacés par des arcs brisés d'inspiration néogothique. Afin de compléter ces fenêtres, le carré de maçonnerie est élevé de 60 centimètres. Le portail dorique de la façade est conservé ainsi que l'oculus ovale, mais les ouvertures sont aussi pourvues d'arcs brisés. Le mur pignon est haussé et sa pente est adoucie. La façade est encadrée d'acrotères et donne l'impression d'une façade-écran.

L'église de Saint-Sulpice est classée en 1959. Plusieurs de ses biens mobiliers sont également classés en 1965, dont le tabernacle du maître-autel (probablement exécuté par les frères François-Noël (1703-1794) et Jean-Baptiste-Antoine Levasseur (1717-1775), vers 1754), son tombeau (vraisemblablement réalisé par les sculpteurs de l'atelier des Écorres vers 1797-1799), le retable du maître-autel (conçu par Bourgeau et Leprohon vers 1873), trois tableaux (signés ou attribués à Adolphe Rho (1839-1905) et peints vers 1904-1905), les fonts baptismaux (datant du dernier quart du XIXe siècle), une croix de procession ainsi qu'un encensoir datant tous deux du XIXe siècle et des chandeliers d'autels (façonnés par le sculpteur Amable Gauthier (1791-1876) en 1843 ou 1844).

Dans la foulée du renouveau liturgique adopté lors du concile Vatican II (1962-1965), un petit tombeau d'autel provenant de l'église de Saint-Martin a été installé au centre du choeur, les boiseries ont été peintes et la chaire a été transformée en ambon.

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Emplacement

Region administrative :

  • Lanaudière

MRC :

  • L'Assomption

Municipalité :

  • Saint-Sulpice

Adresse :

  • 1095, rue Notre-Dame

Latitude :

  • 45° 49' 36.292"

Longitude :

  • -73° 21' 21.36"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
L'Assomption Paroisse de Saint-Sulpice Absent 105

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Ministère des Affaires culturelles / Direction générale du patrimoine. Les églises du couloir fluvial entre Montréal et Sorel. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction des communications, 1977. 13 p.
  • NOPPEN, Luc. « Église paroissiale de Saint-Sulpice ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 446-447.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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