Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Pierre-du-Sud

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Saint-Pierre

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud

Date :

  • 1784 – 1785 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (16)

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

L'église de Saint-Pierre-du-Sud est un lieu de culte catholique construit en 1784 et 1785. L'édifice en pierre crépie présente un plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle. La façade, très simple, est percée d'une porte centrale et d'une rosace encadrée de niches. Elle est couronnée d'un clocher, qui surmonte le faîte du toit à deux versants droits. La sacristie, érigée en 1848 et agrandie en 1885, est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. De plan rectangulaire à un étage et demi, elle est coiffée d'un toit à deux versants droits. Implantée face au chemin public, cette église se situe dans le noyau villageois de la municipalité de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection inclut le terrain.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1978-03-22

Statuts antérieurs

  • Classement, 1972-06-28
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Pierre-du-Sud présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte, élevé en 1784 et 1785, est représentatif des églises catholiques construites en milieu rural dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Il correspond au modèle inspiré de la tradition française et proposé par l'évêque de Québec Jean-Olivier Briand (1715-1794), notamment pour des raisons d'unité architecturale et de solidité des constructions. L'église de Saint-Pierre-du-Sud, construite selon les voeux de Mgr Briand, est une illustration de ce modèle par sa façade très simple surmontée d'un clocher central, sa nef à vaisseau unique, son transept et son choeur en hémicycle. Dès l'origine, la sacristie était située dans un bâtiment greffé à l'abside plutôt que dans un espace délimité par une cloison à l'arrière du sanctuaire. Cette pratique, encouragée par Mgr Briand, permettait de dégager le choeur. En 1897 et 1898, l'édifice est modifié selon les plans de l'architecte Georges-Émile Tanguay (1857-1920). La façade, restaurée dans les années 1970, rappelle un type d'églises dont peu d'exemples subsistent, mais autrefois courant dans le paysage québécois.

L'église de Saint-Pierre-du-Sud présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Ce décor témoigne de l'influence du néoclassicisme, un courant en vogue au Québec au XIXe siècle et qui était très prisé par l'abbé Jérôme Demers (1774-1853), vicaire général de Québec. Il a été réalisé de 1868 à 1871 par l'abbé Pierre-Stanislas Vallée, architecte et professeur au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, où était utilisé le « Précis d'architecture » de l'abbé Demers. Dans le choeur, entre autres, le retable en arc de triomphe, l'entablement ainsi que la fausse voûte en arc surbaissé et rythmée d'arcs doubleaux alignés aux pilastres se rattachent au néoclassicisme. Un tableau représentant saint Pierre de François Baillairgé (1759-1830) orne le maître-autel. Par ailleurs, l'architecte David Ouellet (1844-1915) a contribué au mobilier liturgique en 1877 et 1878, en plus d'agrandir et de redécorer la sacristie en 1885. Cet architecte prolifique a conçu ou modifié plus de 250 églises, situées en majorité dans l'Est-du-Québec. L'ornementation de cette église témoigne ainsi de l'évolution de l'architecture religieuse québécoise au XIXe siècle.

L'église de Saint-Pierre-du-Sud présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Composantes distinctives de nombreuses municipalités du Québec, les églises forment des points de repère importants qui signalent la présence des paroisses et des noyaux villageois. L'église de Saint-Pierre-du-Sud est représentative de l'implantation des lieux de culte catholique par sa localisation au sein d'un ensemble institutionnel se trouvant au coeur de la municipalité. Elle fait face à l'est, ce qui est rare pour une église québécoise, le choeur étant habituellement tourné vers le soleil levant, symbole du Christ ressuscité. La situation du bâtiment sur un terrain surélevé contribue également à augmenter sa visibilité et à souligner son importance dans la trame villageoise.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Pierre-du-Sud liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- sa situation sur une élévation, au coeur du noyau villageois;
- sa façade orientée vers l'est;
- son volume, dont le plan en croix latine (composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle), le toit à deux versants droits (doté d'une corniche avec retours soulignant le pignon de la façade et ceux du transept), le clocher surmontant le faîte en façade (composé d'une base carrée, d'une chambre des cloches carrée ornée de pilastres et d'ouvertures cintrées, d'un lanternon octogonal et d'une flèche incurvée couronnée d'une croix et d'un coq) ainsi que la sacristie située dans le prolongement du choeur et le chemin couvert reliant la sacristie au bras nord du transept;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en moellons crépie, la couverture en tôle à la canadienne, les chaînes d'angle en façade et les chambranles des ouvertures (entre autres ceux des fenêtres latérales ornées d'une clef) en pierre de taille ainsi que les ouvertures en bois;
- ses ouvertures, dont la porte centrale à deux vantaux surmontée d'un tympan vitré en plein cintre, les portes latérales encadrées de pilastres supportant un entablement et protégées par un petit toit à fronton ainsi que les fenêtres latérales cintrées à petits carreaux;
- les composantes de la sacristie de plan rectangulaire à un étage et demi, dont le choeur en saillie à chevet plat et à fenêtres cintrées, le toit à deux versants droits, le parement de planches à clins, les planches cornières traitées en pilastres, la porte surmontée d'une imposte et protégée par un petit toit à fronton, les fenêtres à grands carreaux et les chambranles;
- les composantes du chemin couvert, dont la porte protégée par un petit toit à fronton supporté par des consoles;
- le décor architectural intérieur, dont la fausse voûte de la nef, rythmée par des arcs doubleaux surbaissés d'une portée plus courte que la largeur de la nef et reposant sur des consoles imposantes séparées par de larges lunettes et la fausse voûte en cul-de-four du choeur, rythmée par des arcs doubleaux alignés aux pilastres;
- la tribune arrière dotée d'un orgue et les galeries latérales;
- les éléments sculptés, dont le large entablement, la voûte ornée de gloires, le retable du choeur en arc de triomphe composé de pilastres corinthiens cannelés supportant un arc en plein cintre, le maître-autel et les autels latéraux, le dorsal des fonts baptismaux orné d'un bas-relief représentant le baptême du Christ, les pilastres supportant un entablement aux extrémités du choeur, le banc d'oeuvre et la pietà dans le bras ouest du transept;
- la finition intérieure de la sacristie, dont le plafond en planches à couvre-joints, la corniche, les chambranles et le meuble de sacristie.

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Informations historiques

La seigneurie de la Rivière-du-Sud est concédée en 1646 à Charles Huault de Montmagny (1583-1653), premier gouverneur de la Nouvelle-France. Des colons s'établissent en bordure de la rivière du Sud. Ils construisent une église en pierre sur la rive nord de la rivière, vraisemblablement en 1713, année de fondation de la paroisse de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud. À la demande de l'évêque Henri-Marie Dubreil de Pontbriand (1708-1760), elle est remplacée en 1751 par une église plus vaste. Trente ans plus tard, l'évêque Jean-Olivier Briand (1715-1794) décide de changer l'emplacement pour accommoder plus de fidèles.

L'église actuelle est érigée en 1784 et 1785 à l'endroit désigné par l'évêque, situé du côté sud de la rivière. Déjà en 1808, un nouveau clocher remplace celui d'origine, mais il est à son tour démoli en 1836. Le clocher en place, conçu par l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859), date de 1839. Très influencé par le courant néoclassique, Baillairgé a marqué l'architecture de son époque. En 1897 et 1898, des modifications sont effectuées selon les plans de Georges-Émile Tanguay (1857-1920), un architecte qui a conçu de nombreux bâtiments religieux. Elles sont supervisées par l'entrepreneur Joseph Saint-Hilaire (1863-1943). L'église est revêtue d'un crépi à faux joints imitant la pierre de taille. Les croupes du transept sont remplacées par des pignons en maçonnerie percés d'un oculus. La façade est dotée d'un portail néoclassique, d'une fenêtre serlienne et d'un oculus.

Dès l'origine, la sacristie était située dans un bâtiment greffé à l'abside plutôt que dans un espace délimité par une cloison à l'arrière du sanctuaire. Cette pratique, encouragée par Mgr Briand, permettait de dégager le choeur. Une nouvelle sacristie est bâtie en 1811. En 1827, un chemin couvert la relie au bras nord du transept. En 1848, la sacristie actuelle remplace la précédente. En 1885, celle-ci est modifiée d'après les plans de David Ouellet (1844-1915), architecte prolifique qui a conçu ou modifié plus de 250 églises, situées en majorité dans l'Est-du-Québec. Le bâtiment est mis au goût du jour, prolongé vers l'ouest et doté d'un choeur en saillie à chevet plat.

Lorsque l'église a été ouverte au culte en 1785, l'intérieur était orné d'oeuvres conçues pour l'ancienne église, tels la croix et les chandeliers d'autel réalisés en 1739 et 1744 par Jean Valin (1691-1759). En 1796 et 1797, des tableaux peints par François Baillairgé (1759-1830), dont le « Saint Pierre repentant » du maître-autel, viennent parer les murs. D'autres éléments sont ajoutés de 1802 à 1825, entre autres la tribune arrière en 1817 (agrandie en 1928). Le dorsal des fonts baptismaux est sculpté en 1841, vraisemblablement par André Paquet (1799-1860) ou un autre disciple de Thomas Baillairgé. Les galeries du transept datent de 1866, et la fausse voûte, de 1868. Elle est réalisée par l'abbé Pierre-Stanislas Vallée (1830-1875), architecte et professeur de dessin et de musique au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, qui sculpte également le maître-autel entre 1869 et 1871. Ce dernier sera modifié par David Ouellet en 1877 et 1878, alors qu'il exécute les autels latéraux. L'église compte aussi une pietà sculptée en 1877 par Jean-Baptiste Côté (1832-1907).

L'église de Saint-Pierre-du-Sud est classée en 1972 et sa façade est restaurée selon un état originel hypothétique. Un nouveau classement en 1978 précise la subdivision cadastrale.

L'orgue est restauré en 2013. Les consoles, la plupart des tuyaux et le sommier de l'orgue sont remplacés.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Montmagny

Municipalité :

  • Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud

Adresse :

  • rue Principale

Lieux-dits :

  • Saint-Pierre-Montmagny

Latitude :

  • 46° 54' 52.871"

Longitude :

  • -70° 37' 37.797"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montmagny Paroisse de Saint-Pierre Absent 105-2

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CHOUINARD, Gaétan. Les églises et le trésor de Saint-Pierre de la Rivière-du-Sud. Les retrouvailles, 4. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1978. 30 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GALARNEAU, Claude. « Demers, Jérôme ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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