Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Jean-Port-Joli

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Saint-Jean-Baptiste

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Jean-Port-Joli

Date :

  • 1779 – 1781 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (17)

Inventaires associés (2)

Carte

Description

L'église de Saint-Jean-Port-Joli est un lieu de culte de tradition catholique construit entre 1779 et 1781 et allongé par la façade en 1815. Le bâtiment en moellons se compose d'une nef rectangulaire à un vaisseau et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Deux petites chapelles latérales sont accolées à la nef au niveau du transept. La façade comporte une porte centrale flanquée de deux niches et surmontée par une fenêtre palladienne et deux oculus. Le clocher de la façade fait écho à celui situé au-dessus du choeur. Le bâtiment est couvert d'un toit à deux versants retroussés et à corniche cintrée. Une sacristie en pierre de plan rectangulaire a été érigée en 1815 dans le prolongement du choeur, puis dotée d'une chapelle de plan polygonal en 1875. Le lieu de culte, dont la façade est orientée vers l'ouest, est situé en bordure de la route, au coeur du noyau villageois de la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli, près du fleuve Saint-Laurent.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1963-02-26
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Jean-Port-Joli présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Érigée entre 1779 et 1781, cette église illustre la persistance de l'architecture religieuse d'inspiration française pendant les premières décennies du Régime anglais. Elle en témoigne par son plan simple, composé d'une nef rectangulaire et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle, et la sobriété de sa façade. Deux petites chapelles latérales sont accolées à la nef au niveau des transepts pour rappeler le plan en croix latine et la sacristie est greffée au choeur, conformément aux exigences de Mgr Jean-Olivier Briand (1715-1794), qui avait approuvé le plan du bâtiment en 1774. En 1815, la nef est prolongée par l'avant, un type d'agrandissement courant pour les églises aux XVIIIe et XIXe siècles. La façade est reconstruite et les deux clochers, représentatifs de leur époque par leur forme élancée et leurs deux lanternons, sont élevés. Une sacristie en pierre remplace celle en bois d'origine. Par ailleurs, l'influence du néoclassicisme anglais se remarque dans les larmiers retroussés, la corniche cintrée caractéristique de la région et la fenêtre palladienne, qui remplace l'oculus au centre de la façade en 1861. Bien que l'église de Saint-Jean-Port-Joli ait subi quelques transformations, elle demeure un témoin éloquent de l'architecture religieuse d'inspiration française et est l'une des plus anciennes à subsister au Québec.

L'église de Saint-Jean-Port-Joli présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Le décor a été exécuté en plusieurs étapes par des artistes de renom et présente des éléments exceptionnels. Réalisé entre 1794 et 1797 par Jean (1726-1805) et Pierre-Florent (1761-1812) Baillairgé, le retable est l'un des plus anciens du Québec. Par sa forme à trois volets, il rappelle celui de la chapelle des Jésuites de Québec (démolie en 1807). La fausse voûte à arc surbaissé de la nef, entreprise entre 1816 et 1820 par Chrysostôme Perrault (1793-1829), est représentative de la production de l'atelier des Écores, où il a fait son apprentissage. Elle se compose d'une multitude de petits caissons en forme de losange ornés de rosettes. Ce travail est achevé par l'architecte-sculpteur Amable Charron (1785-1844) en 1839. Les galeries ont été construites en 1845 et 1846 par l'architecte François Fournier (1790-1864). Elles figurent parmi les rares exemples du premier type de galeries installées dans les églises du Québec, qui se détachaient de la structure. Par ailleurs, le tabernacle du maître-autel, probablement réalisé par Pierre-Noël Levasseur (1690-1770) vers 1740, est l'un des plus anciens à subsister au Québec. Le tombeau sur lequel il repose a été exécuté en 1805 par François Baillairgé (1759-1830) et conserve ses marbrures anciennes. Des oeuvres d'art d'un grand intérêt complètent le décor, comme celles créées par le peintre Louis Dulongpré (1759-1843), Médard Bourgault (1897-1967), le père de la sculpture à Saint-Jean-Port-Joli, et son frère Jean-Julien (1910-1996). L'église de Saint-Jean-Port-Joli illustre ainsi le savoir-faire de plusieurs artistes d'écoles et d'époques différentes.

L'église de Saint-Jean-Port-Joli présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le lieu de culte abrite le banc seigneurial de la famille Aubert de Gaspé, sous lequel repose Philippe-Joseph Aubert de Gaspé (1786-1871), dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli et célèbre auteur du roman « Les Anciens Canadiens ». Il s'agit d'ailleurs de l'une des rares églises du Québec à avoir conservé ce symbole de la préséance du seigneur dans le cadre des activités paroissiales et religieuses.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Jean-Port-Joli liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- sa situation en bordure de la route, à proximité du fleuve Saint-Laurent, au coeur du noyau villageois de la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli;
- ses caractéristiques rattachées à l'architecture religieuse d'inspiration française, dont la maçonnerie en moellons, le toit à deux versants, la nef rectangulaire, le choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle, les chapelles latérales peu saillantes coiffées d'un toit à croupe, la composition de la façade comprenant une porte centrale, deux niches (ornées de statues) et deux oculus ainsi que la charpente complexe du toit constituée de poutres de bois assemblées par des tenons, mortaises et chevilles;
- ses caractéristiques rattachées à l'influence néoclassique britannique, dont le portail à tympan cintré, la fenêtre palladienne de la façade, les fenêtres cintrées, les chaînes d'angle, les larmiers retroussés et la corniche cintrée;
- les longs-pans percés de fenêtres cintrées à petits carreaux et d'une porte près de la façade;
- les deux clochers, l'un sur le faîte en façade et l'autre au-dessus du sanctuaire, formés de deux lanternons sous une flèche élancée et reposant sur un tambour octogonal et une base carrée;
- le toit couvert de tôle;
- la sacristie en moellons adossée à l'abside, de plan rectangulaire, à un étage et demi, coiffée d'un toit à deux versants couvert de tôle;
- la chapelle de forme polygonale dans le prolongement de la sacristie, coiffée d'un toit à croupes couvert de tôle et surmonté d'une croix, ses fenêtres cintrées ainsi que les consoles sous la corniche;
- le décor architectural intérieur, dont la fausse voûte à arc surbaissé de la nef et du sanctuaire comprenant une gloire, des sarments de vigne et une multitude de petits caissons en forme de losange ordonnés en arc de cercle et ornés de rosettes dorées;
- les lambris de bois couvrant les murs de la nef;
- la décoration du choeur, dont les panneaux ornés d'entrelacs et de motifs végétaux ainsi que les boiseries sculptées des fenêtres représentant les attributs du pape et de l'évêque;
- le retable à trois volets épousant l'abside, présentant un entablement supporté par des colonnes et des pilastres cannelés à chapiteau corinthien ainsi qu'un fronton en segment de cercle;
- les galeries latérales supportées par une colonnade détachée de la structure de l'église ainsi que la tribune arrière;
- le maître-autel (tombeau à la romaine peint de marbrures et doré attribué à François Baillairgé et tabernacle doré attribué à Pierre-Noël Levasseur), les autels latéraux (tombeau à la romaine peint de marbrures et doré réalisé par Chrysostôme Perrault et tabernacle de David Ouellet) et la chaire devenue l'ambon (Médard Bourgault et Jean-Julien Bourgault);
- le banc seigneurial des Aubert de Gaspé;
- la sépulture de Philippe-Joseph Aubert de Gaspé sous le banc seigneurial et de sept prêtres sous le choeur;
- les vitraux.

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Informations historiques

La paroisse de Saint-Jean-Port-Joli est érigée canoniquement en 1721. Vers 1738, une chapelle est bâtie sur le domaine de la seigneurie de Port-Joly, pour laquelle Pierre-Noël Levasseur (1690-1770) réalise un tabernacle. Cette chapelle devient rapidement exiguë. En 1756, le seigneur Ignace-Philippe Aubert de Gaspé (1714-1787) cède donc un terrain pour la construction d'une église.

En 1774, les paroissiens soumettent un plan à l'évêque de Québec, Mgr Jean-Olivier Briand (1715-1794). Ce plan fait l'objet d'un compromis entre les marguilliers, qui désirent une nef rectangulaire, et Mgr Briand, qui souhaite un bâtiment en croix latine et exige l'ajout d'une sacristie extérieure.

L'église de Saint-Jean-Port-Joli est construite entre 1779 et 1781, avec une nef rectangulaire, à laquelle deux petites chapelles latérales sont accolées. Une sacristie en bois est greffée au choeur. Le tabernacle de Levasseur est vraisemblablement transporté dans l'église, où est installée la lampe du sanctuaire que François Ranvoyzé (1739-1819) aurait exécutée entre 1778 et 1783.

Vers 1794, le décor est entrepris. Jean (1726-1805) et Pierre-Florent Baillairgé (1761-1812) réalisent le retable entre 1794 et 1797, en s'inspirant de celui de la chapelle des Jésuites de Québec. François Baillairgé (1759-1830) sculpte le christ en croix. Viennent s'ajouter trois tableaux peints en 1798 et 1799 par Louis Dulongpré (1759-1843). En 1805, François Baillairgé fabrique le tombeau du maître-autel.

En 1815, la nef est prolongée par l'avant et une nouvelle façade, qui présentait un oculus au lieu de la fenêtre palladienne actuelle, est élevée. Les deux clochers sont aussi érigés cette année-là. Une sacristie en pierre remplace celle en bois.

À la suite de ces travaux, les marguilliers engagent Chrysostôme Perrault (1793-1829), de l'atelier des Écores. Entre 1816 et 1820, il poursuit la décoration du sanctuaire et sculpte la balustrade, la chaire, le banc d'oeuvre, les tombeaux des autels latéraux et le chandelier pascal. Il entreprend également l'ornementation de la voûte, qui sera achevée par l'architecte-sculpteur Amable Charron (1785-1844) en 1839.

En 1845 et 1846, des galeries latérales sont construites par l'architecte et sculpteur François Fournier (1790-1864), un élève de Thomas Baillairgé (1791-1859).

En 1860 et 1861, les murs extérieurs de l'église sont recouverts d'un crépi imitant la pierre de taille et l'oculus central est remplacé par une fenêtre palladienne. Des coyaux sont aussi installés aux extrémités des fermes pour retrousser le larmier et une corniche cintrée reliant le mur à cette avancée du toit est ajoutée.

En 1875, la sacristie est remodelée selon les plans de David Ouellet (1844-1915), qui y ajoute une chapelle. Dix ans plus tard, Ouellet réalise les tabernacles des autels latéraux.

Pendant les premières décennies du XXe siècle, l'église subit quelques modifications. Le toit est notamment couvert de tôle à baguettes en 1937. Cette année-là, Médard Bourgault (1897-1967), le père de la sculpture à Saint-Jean-Port-Joli, et son frère Jean-Julien (1910-1996) commencent la réalisation d'une chaire en bois, devenue l'ambon, des statues et des statuettes.

Dès 1948, l'église subit une nouvelle série de réfections. Le crépi extérieur est enlevé. Les niches de la façade sont ornées de statues de Médard Bourgault, deux ans plus tard. En 1951, le toit est peint en vermillon, à la demande du curé.

En 1960, le plancher est refait en ciment. Les ossements des personnes inhumées dans l'église sont alors déplacés vers le cimetière. Seuls les restes de Philippe-Joseph Aubert de Gaspé (1786-1871) et de six prêtres y reposent toujours.

L'église Saint-Jean-Port-Joli est classée en 1963. Depuis, d'autres campagnes de restauration y ont été effectuées.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • L'Islet

Municipalité :

  • Saint-Jean-Port-Joli

Adresse :

  • 2, place de l'Église

Latitude :

  • 47° 12' 56.78"

Longitude :

  • -70° 16' 10.311"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 873 828

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BELISLE, Jean et John R. PORTER. La sculpture ancienne au Québec : trois siècles d'art religieux et profane. Montréal, Éditions de l'Homme, 1986. 503 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • MORIN, Raymonde. « L'église de Saint-Jean-Port-Joli ». Fédération Histoire Québec. Histoire Québec [En ligne]. www.histoirequebec.qc.ca/publicat/vol4num2/v4n2_15e.htm
  • MORISSET, Gérard. « L'église de Saint-Jean-Port-Joli ». La Patrie, 28 mai 1950, p. 40, 41-45.
  • NOPPEN, Luc. « Baillairgé, Jean ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • NOPPEN, Luc. « Église Saint-Jean-Baptiste ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 391-392.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • SAINT-PIERRE, Angéline. Église de Saint-Jean-Port-Joli. Québec, Éditions Garneau, 1977. 217 p.
  • SAINT-PIERRE, Angéline. Saint-Jean-Port-Joli : les paroissiens et l'église (1779-2004). Cap Saint-Ignace, Québec, La Plume d'Oie, 2004. 127 p.
  • TRAQUAIR, Ramsav. The Church of St-John the Baptist, St-Jean-Port-Joli, Que. Montréal, McGill University Publications, 1939. 11 p.
  • TREMBLAY, Katia. « L'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-Port-Joli et les pseudo bas-côtés québécois ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sjeaportjoli/sjeaportjolif.htm

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