Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-François

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Saint-François-de-Sales

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Saint-François-de-l'Île-d'Orléans

Date :

  • 1734 – vers 1739 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (35)

Plaques commémoratives associées (2)

Personnes associées (20)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-François est un lieu de culte de tradition catholique érigé vers 1734 et reconstruit en 1991 et 1992. L'édifice en pierre présente un plan rectangulaire composé d'une nef à un vaisseau et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits. La façade comporte un portail cintré et est surmontée d'un clocher terminé par une flèche. Construite sur un terrain au relief peu accusé, l'église domine un ensemble religieux catholique comprenant également le presbytère, l'ancienne école de fabrique ainsi que le cimetière paroissial pourvu d'un calvaire et partiellement délimité par un enclos. Elle est implantée en bordure de la voie publique, dans le noyau villageois de la municipalité de Saint-François-de-l'Île-d'Orléans.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. L'église de Saint-François est comprise dans le site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1957-01-03
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1970-03-11
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-François présente un intérêt pour sa valeur historique. Le bâtiment remonte à 1734 et reflète le développement de l'île d'Orléans sous le Régime français. La paroisse est érigée canoniquement en 1679. La chapelle en bois construite avant 1683 est remplacée en 1707 par un deuxième lieu de culte, qui était situé à quelques mètres au sud de l'église actuelle. L'utilisation de la pierre pour le troisième lieu de culte lui confère un caractère plus permanent et révèle la présence d'une communauté bien établie. Cette église, dont il ne reste que le carré de maçonnerie après un incendie survenu en 1988, a été reconstruite en 1991 et 1992. Par ailleurs, l'église de Saint-François constitue un témoin privilégié de la Conquête. En mai 1759, à l'annonce de l'arrivée de la flotte anglaise, les habitants évacuent l'île. Les troupes britanniques établissent un campement, puis un hôpital pour leurs blessés, dans l'église et le presbytère de Saint-François. Un graffiti inscrit en 1759 dans une ancienne couche de crépi par David Chapman, second artilleur du Neptune, vaisseau amiral de la flotte ancré près de la pointe est de l'île, a été découvert à la suite de l'incendie de 1988. Ainsi, l'église de Saint-François est un témoin de l'histoire de l'île d'Orléans, et de l'occupation britannique durant la guerre de Sept Ans.

L'église de Saint-François présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le volume du lieu de culte témoigne de la tradition architecturale religieuse de la Nouvelle-France. Les édifices religieux construits en milieu rural durant le Régime français se caractérisent notamment par la simplicité de leur plan et la sobriété de leur façade. Érigée par le maître maçon Thomas Allard (1709-1762), l'église de Saint-François présente un plan composé d'une nef rectangulaire à un seul vaisseau et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Ce type de plan, largement diffusé au XVIIIe siècle, est inspiré de celui de l'église des Récollets à Québec. Quant à la façade, elle comporte uniquement un portail à tympan cintré, un oculus et une niche recevant une statue. Bien que le lieu de culte ait été largement reconstruit, le carré de maçonnerie original constitue un exemple représentatif de l'architecture religieuse catholique du XVIIIe siècle.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église de Saint-François liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire à un vaisseau et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle ainsi que le toit à deux versants droits;
- les matériaux, dont la maçonnerie de pierre, certains éléments architecturaux en pierre de taille et le toit en bardeaux de cèdre;
- les composantes de la façade, dont le portail central (muni d'une porte en bois à double vantail surmontée d'un tympan cintré et vitré), l'oculus, la niche recevant une statue, le clocher (doté d'une base carrée, d'une chambre des cloches polygonale, d'une flèche et d'une croix) ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres à petits carreaux et à arc cintré ainsi que les chambranles en pierre de taille;
- le graffiti de 1759;
- son orientation dans l'axe est-ouest, le choeur tourné vers l'est.

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Informations historiques

L'église de Saint-François, érigée en 1734, est le troisième lieu de culte de la paroisse du même nom. Une première chapelle en bois est construite avant 1683. Un deuxième lieu de culte est érigé en 1707, à quelques mètres au sud de l'église actuelle. En 1730, l'édifice en bois est déjà en très mauvais état. En 1731 et 1732, les paroissiens doivent ramasser des pierres et les apporter à l'emplacement de la nouvelle église. En 1734, les travaux commencent, sous la direction du maître-maçon Thomas Allard (1705-1762) de Québec et du charpentier Gabriel Gosselin (1690-1769). La première messe est célébrée dans le lieu de culte en 1736. Le parachèvement de l'édifice est ordonné en 1739.

En 1759, les troupes britanniques installent un campement à Saint-François, puis transforment l'église et le presbytère en hôpital pour leurs blessés. David Chapman, second artilleur du Neptune, vaisseau amiral de la flotte anglaise ancré près de la pointe est de l'île, laisse un témoignage de cette occupation en gravant son nom et la date sur le crépi dans l'embrasure de la porte latérale. À la fin de la guerre, quelques travaux doivent être effectués afin de réparer les dommages subis par l'église, notamment aux fenêtres et à la cloche.

En 1815, une sacristie est ajoutée dans le prolongement du choeur. En 1821, un nouveau clocher à deux lanternes est élevé par le maître charpentier Jean-Baptiste Caillouet. En 1862, ce clocher, en mauvais état, est démoli et remplacé en 1864 par François Gosselin. La même année, ce dernier couvre la façade d'un lambris de bois, et le toit est prolongé par des larmiers retroussés. En 1877, la sacristie est agrandie et exhaussée, selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915).

Le décor intérieur, originellement très sobre, est modifié et complété à partir de 1770, année durant laquelle les frères François-Noël (1703-1794) et Jean-Baptiste-Antoine Levasseur (1717-1774) entreprennent un nouveau retable en arc de triomphe. En 1773, des statues sont ajoutées et le maître-autel est remplacé. De 1835 à 1846, un décor intérieur conçu par Thomas Baillairgé (1791-1859) est exécuté par le sculpteur André Paquet (1799-1860), aidé de Raphaël Giroux (1815-1869) et de Léandre Parent (1809-1899). Le sculpteur Louis-Xavier Leprohon (1795-1876) est l'auteur de la chaire installée en 1840. Certaines pièces de mobilier sont aussi mises au goût du jour. Ainsi, un banc d'oeuvre est réalisé par Louis-Flavien Berlinguet en 1843 et 1844; il exécute aussi les bancs, en 1850, avec son frère Louis-Thomas Berlinguet (1790-1863).

De 1953 à 1955, des travaux de restauration sont effectués sous la direction de l'historien d'art Gérard Morisset (1898-1970) et de l'architecte André Robitaille (né en 1922). Un clocher à deux lanternes remplace le précédent, des statues de Denys Morisset sont installées dans les niches de la façade débarrassée du lambris de bois et le maître-autel des Levasseur est retrouvé et réinstallé dans le choeur.

L'église de Saint-François est classée en 1957. Certains des objets d'art qu'elle contient sont classés en 1966. Durant la décennie 1960, divers travaux de restauration sont entrepris. La maçonnerie jusqu'alors crépie est laissée à nu. En 1985, une voiture percute la façade de l'église, qui s'enfonce d'environ 15 centimètres. Des travaux de restauration sont exécutés jusqu'en 1988. À nouveau, durant la nuit du 1er juin 1988, une voiture s'écrase dans la partie sud de la façade, allumant un incendie qui gagne rapidement tout l'édifice. Seul le carré de maçonnerie subsiste. L'incendie met au jour le graffiti de 1759, qui est sauvegardé, restauré et replacé ultérieurement dans l'église.

En 1991 et 1992, le lieu de culte est reconstruit à partir des murs subsistants, selon les plans des architectes Yves Gagnon et Jean Grondin, par la firme Nova Construction. Les architectes s'inspirent des formes qui prévalaient pour la construction des églises au XVIIIe siècle.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • L'Île-d'Orléans

Municipalité :

  • Saint-François-de-l'Île-d'Orléans

Adresse :

  • 3497, chemin Royal

Lieux-dits :

  • Saint-François-d'Orléans

Latitude :

  • 47° 0' 7.464"

Longitude :

  • -70° 48' 45.507"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Paroisse de Saint-François Absent 192 ptie

Code Borden

CgEq-13      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • CARON, Pierre et Jacques LACOURSIÈRE. Québec et sa région. Histoire vivante du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2008. 371 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • CÔTÉ, Jacques. St-François, Île d'Orléans. Sainte-Foy, Éditions Saint-Yves, 1979. 117 p.
  • DE VISSER, John et Harold KALMAN. Pioneer Churches. Toronto, McClelland and Stewart, 1976. 192 p.
  • LESSARD, Michel. L'île d'Orléans : aux sources du peuple québécois et de l'Amérique française. Montréal, Éditions de l'Homme, 1998. 415 p.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • OUELLET, Gérald. « Les travaux de rénovation venaient d'être complétés ». Le Soleil, 2 juin 1988, p. A5.
  • PÉPIN, André. « L'impact d'une voiture met le feu à l'église historique de Saint-François de l'île d'Orléans ». La Presse, 2 juin 1988, p. A1-A2.
  • ROY, Guy-André et Andrée RUEL. Le patrimoine religieux de l'île d'Orléans. Cahiers du patrimoine, 16. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 313 p.
  • ROY, Pierre-Georges. L'Île d'Orléans. Québec, Librairie Garneau / Éditeur officiel du Québec, 1976. 571 p.
  • s.a. Un graffiti de 1759: un nom, une date, un navire!. Québec, Éditions Continuité, s.d. 4 p.
  • ST-ONGE, Carole. « 250 ans d'histoire en fumée: l'auto fonce dans l'église et explose ». Le Journal de Québec, 2 juin 1988, p. C3.
  • TRAQUAIR, Ramsay. The Church of St. François de Sales, Island of Orleans. Montréal, McGill University, 1926. 14 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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