Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Elzéar

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Elzéar

Date :

  • 1852 – 1854 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (9)

Groupes associés (2)

Personnes associées (15)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-Elzéar est un lieu de culte de tradition catholique érigé de 1852 à 1854. Cet édifice en pierre présente un plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par un chevet plat. Sa façade d'inspiration néoclassique comprend trois portails. Elle est surmontée d'un clocher, qui couronne le faîte du toit à deux versants droits, et de deux clochetons latéraux, disposés à chaque extrémité du pignon. La sacristie est greffée au chevet, dans le prolongement du choeur. De plan rectangulaire à un étage et demi, elle est coiffée d'un toit à deux versants droits. L'église est située sur un promontoire naturel, au coeur du noyau villageois de Saint-Elzéar.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Neuf objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Sacristie

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1960-06-07
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Elzéar présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte, construit de 1852 à 1854, constitue un bon exemple des églises rurales en pierre du XIXe siècle. Ces dernières reprennent le modèle répandu durant le Régime français, mais sont en général plus vastes et possèdent un plus grand nombre d'ouvertures en façade. De plus, elles comportent pour la plupart des éléments inspirés du néoclassicisme, un courant alors en vogue au Québec. Élevée vraisemblablement d'après les plans de Charles Baillairgé (1826-1906), l'église de Saint-Elzéar illustre sa filiation avec les églises du Régime français par son plan en croix latine, son clocher en façade et ses élévations. Sa façade reflète l'influence néoclassique par ses trois portails à arc surbaissé, ses ouvertures cintrées et son oculus. La sacristie occupe un bâtiment greffé à l'abside, une pratique apparue à la fin du XVIIIe siècle qui déplace cet espace jusqu'alors aménagé derrière une cloison du choeur. Par ailleurs, l'église de Saint-Elzéar est l'une des plus anciennes églises beauceronnes.

L'église de Saint-Elzéar présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Celui-ci témoigne de l'esthétique néoclassique des Baillairgé, qui caractérise plusieurs églises du XIXe siècle. Réalisé essentiellement entre 1855 et 1860 par Pierre Fortier et Léandre Parent (1809-1899), le décor intérieur traduit cette influence par sa rigueur et son ordonnance classique qui se reflètent notamment dans la voûte à arc surbaissé rythmée par des arcs doubleaux et dans le retable du choeur traité à la manière d'un arc de triomphe. La chaire, le dorsal du banc d'oeuvre et des fonts baptismaux sont également représentatifs de l'esthétique des Baillairgé. À la fin du XIXe siècle, s'ajoutent des oeuvres issues entre autres de l'école de sculpture de Saint-Romuald. Les ateliers appartenant à cette école, actifs pendant plus d'un siècle, ont acquis une grande renommée qui s'est même étendue à l'extérieur du Québec. En 1895, les autels latéraux sont exécutés par le sculpteur Ferdinand Villeneuve (1831-1909), initiateur du plus ancien de ces ateliers. Par ailleurs, le tombeau à la romaine du maître-autel, sculpté en 1803 et 1804 pour l'église de Saint-Henri de Lévis, est typique de la production de l'atelier des Écores. L'église de Saint-Elzéar renferme également des oeuvres d'art d'intérêt, dont un tableau de l'atelier des Soeurs du Bon-Pasteur de Québec et deux toiles attribuées à Antoine Plamondon (1804-1895).

L'église de Saint-Elzéar présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Composantes distinctives de nombreuses municipalités du Québec, les églises forment des points de repère importants qui signalent la présence des paroisses et des noyaux villageois. L'église de Saint-Elzéar est représentative de l'implantation des lieux de culte catholique par sa localisation au sein d'un ensemble institutionnel se trouvant au coeur de la municipalité. La situation du bâtiment sur un promontoire naturel, en retrait de la voie publique, contribue également à augmenter sa visibilité et à souligner son importance dans la trame villageoise.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Elzéar liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- sa situation sur un promontoire naturel, au coeur du noyau villageois de Saint-Elzéar, dans un ensemble institutionnel;
- son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par un chevet plat, le toit à deux versants droits (muni de croupes au transept), le clocher à une lanterne couronnant le faîte à l'avant ainsi que les clochetons à une lanterne disposés à chaque extrémité du pignon et au chevet;
- les composantes de la façade d'inspiration néoclassique, dont le portail central et les portails latéraux à arc surbaissé, les fenêtres cintrées et celle à arc surbaissé, l'oculus et les retours de corniche à la base du pignon;
- les composantes de la nef, du transept et du choeur, dont les fenêtres cintrées et les chambranles ainsi que la corniche moulurée;
- les composantes de la sacristie située dans le prolongement du choeur, dont le plan rectangulaire à un étage et demi, le toit à deux versants droits ainsi que les fenêtres et les chambranles;
- les matériaux de l'église et de la sacristie, dont la maçonnerie de moellons, la couverture en tôle à la canadienne, le recouvrement en tôle du clocher ainsi que les ouvertures et les chambranles en bois;
- le chemin couvert;
- le décor architectural intérieur, dont la fausse voûte à arc surbaissé, les arcs doubleaux, le retable en arc de triomphe au centre de l'abside et les retables latéraux d'ordre ionique, l'entablement du choeur se poursuivant dans le transept et la nef, les pilastres et les colonnes ioniques ainsi que la tribune arrière;
- le maître-autel et les autels latéraux, la chaire (composée d'une cuve ovale, d'un dorsal et d'un abat-voix surmonté d'un couronnement) et son escalier, le dorsal du banc d'oeuvre à fronton arrondi et les fonts baptismaux dotés d'un dorsal à fronton arrondi;
- les nombreux ornements du décor architectural et du mobilier liturgique;
- les bancs.

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Informations historiques

L'église de Saint-Elzéar s'élève dans une ancienne seigneurie concédée en 1736 à Thomas-Jacques Taschereau (1680-1749) et dont la partie située au sud-est de la rivière Chaudière était désignée sous le nom de Linière.

Vers 1805, les premiers colons s'établissent sur le territoire de la future paroisse. Érigée canoniquement en 1835, cette dernière est d'abord desservie par le curé de Sainte-Marie, et les offices religieux sont célébrés dans la maison d'Étienne Perreault. Vers 1845, les fidèles se dotent d'une chapelle temporaire en bois. L'abbé Louis-Honoré Grenier (1818-1890), premier curé résidant, arrive en 1846. Un presbytère est alors bâti.

Dès 1842, les paroissiens demandent à Joseph Signay (1778-1850), archevêque de Québec, de désigner un emplacement pour l'église. Choisi en 1845, le lieu est composé de terrains donnés par les paroissiens et cultivateurs Jean-Baptiste Drouin, Ambroise Paré, François Routier, Joseph Ouellet et Jean Tessier dit Laplante.

Les travaux sont confiés au maître charpentier Pierre Fortier de Sainte-Marie-de-Beauce. Ils sont amorcés en 1852, vraisemblablement d'après les plans de l'architecte Charles Baillairgé (1826-1906). En 1854, le gros oeuvre est terminé et l'église est bénite par le curé de Sainte-Marie, Louis Proulx (1804-1871).

Le décor intérieur est complété entre 1855 et 1860 par Fortier et Léandre Parent (1809-1899), un élève de Thomas Baillairgé (1791-1859). Ils réalisent entre autres la voûte, le retable du choeur, la chaire, le banc d'oeuvre et probablement le dorsal des fonts baptismaux. L'autel principal et les autels latéraux proviennent de l'église de Sainte-Marie. En 1883, le retable du choeur est doté d'un tableau peint par l'atelier des Soeurs du Bon-Pasteur de Québec, intitulé « L'Apparition du Sacré-Coeur à sainte Marguerite-Marie Alacoque ». La même année, la fabrique acquiert le tombeau du maître-autel, réalisé en 1803 et 1804 par l'atelier des Écores pour l'église de Saint-Henri de Lévis. Un tabernacle conçu dans l'esthétique des Baillairgé au cours de la première moitié du XIXe siècle remplace l'ancien, à une date inconnue. En 1893 et 1894, l'église fait l'objet d'importants travaux qui touchent notamment les planchers, la couverture et le clocher. De plus, le décor intérieur est complété par des oeuvres issues de l'école de sculpture de Saint-Romuald. Les ateliers appartenant à cette école, actifs pendant plus d'un siècle, ont acquis une grande renommée qui s'est même étendue à l'extérieur du Québec. Le sculpteur Ferdinand Villeneuve (1831-1909), initiateur du plus ancien de ces ateliers, exécute de nouveaux autels latéraux.

En 1915, l'église nécessite des travaux de consolidation qui sont effectués par la maison Labbé et Roberge de Sainte-Marie-de-Beauce. Des contreforts en béton viennent contrebuter la pression exercée par la charpente sur les longs-pans. En 1958, l'église nécessite à nouveau des travaux de consolidation. Réalisés sous la direction de l'architecte Paul Voyer de Sainte-Marie-de-Beauce, ils consistent notamment à substituer des poutres en métal aux solives de bois et à construire des murs en béton armé.

L'église de Saint-Elzéar est classée en 1960.

Neuf objets patrimoniaux associés à l'église sont classés en 1965. Au cours de cette même année, le portail de l'église est démoli.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • La Nouvelle-Beauce

Municipalité :

  • Saint-Elzéar

Adresse :

  • avenue Principale

Latitude :

  • 46° 24' 22.363"

Longitude :

  • -71° 3' 38.603"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Beauce Paroisse de Saint-Elzéar Absent 218 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • CAMERON, Christina. Charles Baillairgé, architect (1826-1906). Université Laval, 1982. 693 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GOBEIL-TRUDEAU, Madeleine. « Église de Saint-Elzéar et sacristie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 432-433.
  • Groupe Harcart Inc. Inventaire des oeuvres d'art et des pièces de mobilier du culte. Fabrique Saint-Elzéar de Beauce, Saint-Elzéar, comté de Beauce. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1991. 150 p.
  • NOPPEN, Luc. Le renouveau architectural proposé par Thomas Baillairgé au Québec de 1820 à 1850 : l'architecture néo-classique québécoise. Toulouse, Université Toulouse-Le Mirail, 1976. s.p.
  • s.a. Centenaire de la première messe célébrée en l'église paroissiale de St-Elzéar de Beauce, 25 juillet 1854 à 1954. Sainte-Marie, Imp. Gendron, 1954. 12 p.
  • s.a. Histoire d'une belle époque 1835-1985: Saint-Elzéar. Sherbrooke, Les Albums souvenirs québécois, 1985. 392 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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