Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Pulperie de Chicoutimi

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Saguenay

Date :

  • 1897 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Usines de pâtes et papiers)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (34)

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (2)

Personnes associées (7)

Images

Carte

Description

La Pulperie de Chicoutimi est un ancien complexe industriel dont la construction s'est étalée de 1897 à 1957. Le site autrefois voué à la production de pâte de bois comprend une vingtaine de structures, dont quatre moulins, un atelier de réparation, une sous-station électrique, des barrages, des conduites d'eau et des voies ferrées. L'ensemble s'étend sur un demi-kilomètre carré le long de la rivière Chicoutimi, à peu de distance de l'endroit où elle se jette dans la rivière Saguenay, tout près du centre-ville du secteur Chicoutimi de la ville de Saguenay.

Ce bien est classé site patrimonial. Un site archéologique est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1984-07-09
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1983-01-01
 

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Valeur patrimoniale

La Pulperie de Chicoutimi présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme témoin d'une importante période de développement de Chicoutimi. Fondée en 1896 par Joseph-Dominique Guay (1866-1925), maire de la ville, la Compagnie de pulpe de Chicoutimi joue un rôle de premier plan dans son secteur d'activité de la fin du XIXe siècle jusqu'à 1930. Première usine de fabrication de pâte de bois fondée par des Canadiens français, la Pulperie devient le plus grand fabricant de pâte mécanique (matière première du papier journal) au Canada en 1910, sous la direction de l'industriel Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947). Dix ans plus tard, elle se classe parmi les plus grands fabricants au monde et fait de Chicoutimi l'une des capitales mondiales de cette industrie. Le premier syndicat catholique en Amérique du Nord est fondé par ses employés. À l'échelle locale, l'exploitation de la Pulperie marque la troisième étape de l'évolution économique et démographique de Chicoutimi, après celles du poste de traite (1676-1816) et de la grande scierie Price (1893-1901).

La Pulperie de Chicoutimi présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, ce type d'industrie s'installe à proximité de cours d'eau capables de fournir l'énergie nécessaire au fonctionnement de la machinerie. Les installations de la Pulperie s'étendent sur un demi-kilomètre carré en bordure de la rivière Chicoutimi, à proximité de son embouchure, suivant le dénivelé du terrain et les sinuosités du cours d'eau. Elles sont situées au fond d'une cuvette rocheuse et argileuse, près de l'avant-dernière chute, à un endroit stratégique où le relief accidenté entraîne un fort débit d'eau. Son emplacement a donc été choisi de manière à profiter au maximum des avantages de la rivière et constitue un témoignage éloquent des pratiques de l'industrie de la pâte de bois à cette époque.

La Pulperie de Chicoutimi présente par ailleurs un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Les vestiges, notamment le barrage, les murs des bâtiments, les traces des ouvertures des conduites d'eau des moulins, les ancrages au sol et les dalles de béton de la machinerie, témoignent de l'industrie de la pâte de bois au Québec au début du XXe siècle.

La Pulperie de Chicoutimi présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Les édifices qui la composent sont représentatifs de l'architecture industrielle du tournant du XXe siècle, qui emploie de nouveaux matériaux tout en conservant des traits stylistiques connus. Ainsi, les bâtiments se présentent comme de longs volumes rectangulaires constitués d'une ossature métallique combinée à du béton, dissimulée derrière des murs de brique ou de granit. Ils sont coiffés d'un toit métallique à deux versants droits, à l'exception de la sous-station électrique couverte d'un toit plat. Les façades avant et arrière à pignons galbés sont empruntées à l'architecture hollandaise. Enfin, les fenêtres en arc de cercle utilisées pour l'ensemble des bâtiments sont caractéristiques de l'architecture industrielle de cette période.

La Pulperie présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale liée à son association avec des concepteurs de renom. Les bâtiments portent la signature de nombreux architectes et ingénieurs, dont René-Pamphile Lemay (1870-1915), l'un des architectes les plus en vue de l'est du Canada au début du XXe siècle. Par les plans du deuxième (1903) et du troisième moulin (1911), ce dernier confère à l'ensemble son style architectural particulier. En 1921, l'ingénieur Édouard Lavoie prend la relève de Lemay et fait construire l'atelier de réparation et le quatrième moulin selon le même modèle. La participation de ces professionnels à la construction de la Pulperie a contribué à faire entrer la région du Saguenay dans la modernité.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la Pulperie de Chicoutimi rattachés à ses valeurs historique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation le long de la rivière Chicoutimi, à proximité de son embouchure, suivant le dénivelé du terrain et les sinuosités du cours d'eau;
- son emplacement au fond d'une cuvette rocheuse et argileuse, près de l'avant-dernière chute, à un endroit stratégique où le relief accidenté entraîne un fort débit d'eau;
- la présence de quatre moulins, d'un atelier de réparation et d'une fonderie, d'une sous-station électrique et d'une cheminée d'équilibre;
- le barrage, les murs des bâtiments, les traces des ouvertures des conduites d'eau des moulins, les ancrages au sol et les dalles de béton de la machinerie;
- les éléments liés au style des bâtiments, dont les façades avant et arrière à pignons galbés;
- les éléments liés à l'architecture industrielle, dont les longs volumes rectangulaires, l'ossature de métal et de béton, les revêtements de brique et de granit, les toits métalliques à deux versants, le toit plat de la sous-station électrique ainsi que les fenêtres cintrées à petits carreaux de type industriel (possiblement en acier);
- la centrale hydro-électrique de la Eastern Mining and Smelting.

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Informations historiques

La Compagnie de pulpe de Chicoutimi est fondée en 1896 par Joseph-Dominique Guay (1866-1925), maire de la ville, et quelques associés. L'année suivante, Julien-Alfred-Édouard Dubuc (1871-1947) en devient le directeur-gérant et la construction du premier moulin débute. Ce moulin est l'oeuvre d'Alex Wendler, ingénieur allemand, et de C.E. Eaton, architecte de Québec. L'industrie connaît dès ses débuts un vif succès et l'édification du deuxième moulin est annoncée dès 1899.

Les plans du deuxième moulin sont réalisés par les ingénieurs Wallace C. Johnson de Pittsburgh et Johan Winsness de Norvège ainsi que par l'architecte québécois René-Pamphile Lemay (1870-1915). Lemay fait partie des principaux architectes de l'est du Canada au XXe siècle. Fort de son expérience au sein d'une firme américaine d'architectes, il introduit à Chicoutimi les premières oeuvres d'architecture moderne, parmi lesquelles figurent les bâtiments de la Pulperie.

Lors de l'Exposition universelle de Paris en 1900, la Pulperie obtient une médaille d'or pour la qualité de sa pâte de bois mécanique. Trois ans plus tard, au moment de son inauguration, le deuxième moulin est considéré comme le plus grand au monde. En 1907, les employés de la Pulperie fondent le premier syndicat catholique en Amérique du Nord, la Fédération ouvrière de Chicoutimi qui deviendra en 1912 la Fédération ouvrière mutuelle du Nord.

À compter de 1909, l'entreprise connaît une nouvelle phase d'expansion et un troisième moulin est construit en 1911. Les ingénieurs en charge de l'installation du système hydraulique sont Wallace C. Johnson et Édouard Lavoie, tandis que René-Pamphile Lemay dresse les plans de la nouvelle usine.

En 1915, l'entreprise s'associe à l'un des plus grands consortiums de pâtes et papier en Amérique du Nord, la North American Pulp and Paper Company. La construction du quatrième moulin est amorcée quatre ans plus tard, selon les plans des ingénieurs Lorenzo Delisle, Burroughs Pelletier et Édouard Lavoie. Ils préparent aussi les plans d'un bâtiment qui reprend le gabarit des moulins et sert d'atelier de réparation et de fonderie.

Chicoutimi compte parmi les capitales mondiales de la pâte de bois en 1920. Durant cette décennie, les activités de la Pulperie commencent cependant à décliner et l'entreprise cesse définitivement ses activités en 1930. Des incendies ravagent le premier moulin en 1935 et en 1940 et le site est laissé à l'abandon durant quelques années. Le gouvernement québécois en devient propriétaire au début des années 1940, puis le revend à la Eastern Mining and Smelting Corporation. Cette entreprise amorce l'installation d'une centrale hydroélectrique et d'une usine d'affinage des métaux en 1956-1957, mais le projet est interrompu deux ans plus tard.

En 1966, la compagnie Union Carbide achète les installations hydroélectriques de la Eastern Mining and Smelting Corporation. Ayant de la difficulté à assurer la sécurité des lieux, elle songe à détruire les moulins en 1978, mais à la suite de pressions du milieu, la Ville de Chicoutimi refuse le permis de démolition. Au début des années 1980, une société est créée afin de restaurer et de mettre en valeur ce site industriel.

La Pulperie de Chicoutimi est classée en 1984. La même année, elle est également reconnue d'importance historique nationale par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

Au début des années 1990, un projet de mise en valeur est enclenché et le troisième moulin est alors transformé en salle de théâtre. Après les inondations catastrophiques de juillet 1996 qui détruisent ou endommagent certaines installations et structures, le site est réaménagé. Il comprend, outre un circuit d'interprétation, le musée régional dans lequel est intégrée la maison Arthur-Villeneuve. La Pulperie de Chicoutimi est aujourd'hui l'un des principaux lieux de mémoire et de tourisme culturel du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Saguenay

Municipalité :

  • Saguenay

Arrondissement municipal :

  • Chicoutimi

Adresse :

  • 300, rue Dubuc

Latitude :

48° 25' 14.3"

Longitude :

-71° 4' 59.6"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 686 486
  • Lot 2 686 671
  • Lot 2 686 672
  • Lot 2 686 677
  • Lot 2 686 846
  • Lot 2 686 955 Ptie
  • Lot 2 688 848
  • Lot 2 691 019
  • Lot 2 691 033
  • Lot 2 691 034
  • Lot 2 691 035
  • Lot 2 691 036
  • Lot 2 691 037
  • Lot 2 691 038
  • Lot 2 691 039
  • Lot 2 691 040
  • Lot 2 691 041
  • Lot 2 691 042
  • Lot 2 691 572
  • Lot 4 067 181 Ptie
  • Lot 4 981 121 Ptie
  • Lot 4 981 122
  • Lot 4 981 123

Code Borden

DcEs-3      

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DIEUDONNÉ, Patrick, Lucie K. MORISSET et Luc NOPPEN. Patrimoines modernes : l'architecture du vingtième siècle à Chicoutimi. Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 2004. 191 p.
  • GAGNON, Gaston. La pulperie de Chicoutimi, guide d'excursion et d'interprétation. Chicoutimi, Centre d'interprétation de Chicoutimi, 1981. 24 p.
  • GAGNON, Gaston. « Pulperie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 460-463.
  • HÉBERT, Jean-François, dir. La pulperie de Chicoutimi, un siècle d'histoire. Chicoutimi, La Pulperie de Chicoutimi, 1998. 100 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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