Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Lord-Atholstan

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1894 – 1895 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Groupes associés (2)

Personnes associées (10)

Images

Carte

Description

La maison Lord-Atholstan est une imposante résidence bourgeoise d'influence Beaux-Arts construite en 1894 et 1895 et agrandie à deux reprises, en 1929 et en 1978. Cette demeure en pierre de taille, de plan rectangulaire et à trois étages sur un soubassement dégagé, est coiffée d'un toit plat ceinturé d'une balustrade en pierre. La façade bipartite comprend un oriel semi-circulaire se développant sur deux niveaux ainsi qu'un porche dans-oeuvre précédé d'un large escalier en pierre. La maison Lord-Atholstan est implantée en bordure du trottoir, à l'angle de deux rues, ce qui met en valeur une des façades latérales. Intégrée à La Maison-Alcan, elle est située dans un secteur à vocation commerciale de l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il fait partie de La Maison-Alcan, un immeuble patrimonial classé et du site patrimonial du Complexe-de-La-Maison-Alcan.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 1974-01-15
 
Classement Situé dans un immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-02-23

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement prorogé, 2016-11-03
  • Avis d'intention de classement, 2015-11-02
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-02-23

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement prorogé, 2016-11-03
  • Avis d'intention de classement, 2015-11-02
 

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Valeur patrimoniale

La maison Lord-Atholstan présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La résidence témoigne d'abord de l'influence Beaux-Arts. Construite d'après les plans des architectes montréalais Alexander Francis Dunlop (1842-1923) et John Charles Allison Heriot (1869-1921), elle est inspirée par les grands principes architecturaux établis par l'École des beaux-arts de Paris. En vogue à la fin du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle, le style Beaux-Arts interprète le classicisme des XVIIe et XVIIIe siècles. La maison est représentative de ce style entre autres par son parement en pierre de taille et par son volume rectangulaire à toit plat couronné d'une corniche à consoles et surmonté d'une balustrade. Le classicisme des façades est exprimé notamment par la division en trois registres marqués par des corniches moulurées, le porche dans-oeuvre d'ordre dorique, les fenêtres rectangulaires encadrées de pilastres et d'entablement ainsi que les tables à motifs en bas-relief. L'architecture intérieure, caractérisée par le respect des ordres et la hiérarchisation des composantes, présente aussi plusieurs éléments de décor en plâtre et en bois, tels que les colonnes et les pilastres de même que les moulures de plafond. Ainsi, les nombreuses références au classicisme confèrent à la maison le prestige recherché par le propriétaire constructeur.

La maison Lord-Atholstan présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La demeure témoigne de la présence de la grande bourgeoisie dans ce secteur de la ville à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. En effet, c'est à cette époque que se développe, sur un ancien territoire agricole, le Mille carré doré. Il est caractérisé par ses habitations cossues, ses larges rues bordées d'arbres et ses institutions, dont l'Université McGill et le Mount Royal Club. Entre 1850 et 1930, ce secteur compte parmi ses occupants les membres les plus riches et les plus influents de la bourgeoisie canadienne. C'est sur la rue Sherbrooke Ouest, la principale artère du Mille carré doré, qu'est érigée la maison de l'homme d'affaires et philanthrope Hugh Graham (lord Atholstan of Huntingdon and Edimbourg, 1848-1938). Après avoir travaillé pour des quotidiens montréalais, il fonde en 1869 et 1870 trois journaux, dont le « Evening Star », avec George T. Lanigan (1845-1886). Au début du XXe siècle, le « Evening Star », devenu le « Montreal Star », est l'un des quotidiens les plus influents et rentables au Canada. La maison Atholstan demeure la propriété de la famille Graham jusqu'en 1938. Située dans un environnement urbain profondément transformé, mais comprenant encore plusieurs résidences cossues, elle rappelle aujourd'hui le faste du Mille carré doré. La valeur historique de la maison Lord-Atholstan repose par ailleurs sur son intérêt pour le mouvement de la conservation architecturale au Québec. L'édifice fait partie de l'un des premiers grands projets commerciaux canadiens qui intègrent entièrement des bâtiments historiques à une nouvelle construction. Il s'agit de la Maison Alcan, abritant le siège social international de la compagnie. Cet ensemble, créé au début des années 1980, est un vaste complexe composé des maisons Atholstan, Béique, Holland et Klinkhoff, de l'hôtel Berkeley et d'une nouvelle construction de sept étages, l'édifice Davis. Dans le cadre de ce projet, l'enveloppe extérieure et le décor intérieur de la maison Lord-Atholstan ont été minutieusement restaurés. La résidence a donc conservé son aspect initial malgré sa reconversion en espaces de bureaux. Cet exemple réussi d'intégration architecturale a entraîné d'autres réalisations d'envergure semblables au pays au cours des années 1980.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Lord-Atholstan liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- la situation dans un environnement urbain à vocation commerciale, à proximité de plusieurs anciennes résidences bourgeoises et d'autres édifices d'intérêt patrimonial;
- l'implantation en bordure du trottoir, à l'angle des rues Sherbrooke Ouest et Stanley, dégageant deux façades;
- l'intégration au complexe architectural de la Maison Alcan, avec les maisons Béique, Klinkhoff et Holland ainsi que l'hôtel Berkeley;
- le volume de la résidence, dont le plan rectangulaire, l'élévation de trois étages sur un soubassement dégagé et le toit plat surmonté d'une balustrade en pierre;
- les matériaux, dont le parement en pierre de taille à refend du soubassement et du rez-de-chaussée et celui en pierre de taille à joints arasés du premier étage;
- les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires et les oculus ovales;
- les oriels semi-circulaires, soit celui de la façade principale montant de fond et à deux niveaux et celui de la façade latérale à un niveau;
- le porche dans-oeuvre, avec ses deux colonnes cannelées à chapiteau orné;
- l'ornementation en pierre, dont la corniche à consoles, les plates-bandes, les chambranles, les corniches couronnant certaines fenêtres, les tables ornées de bas-reliefs à motifs végétaux, le décor sculpté autour des oculus ainsi que les corniches moulurées séparant les registres;
- l'escalier en pierre large et droit conduisant à l'entrée;
- la hiérarchisation des espaces et des éléments du décor et le respect des ordres classiques;
- l'escalier monumental, avec les chandeliers disposés sur des socles de part et d'autre du départ;
- le décor menuisé, dont les chambranles, les plinthes, les moulures, les corniches de plafond à modillons et denticules, les murs à caissons, les trumeaux définis par des moulures, les colonnes et les piliers cannelés à chapiteau orné, les frises ornementales, les panneaux en acajou ainsi que les arches surbaissées;
- le décor en plâtre, dont les ornements de plafond, les moulures et les frises à bas-relief;
- les manteaux de cheminée, dont celui situé à l'extrémité du hall d'entrée orné d'une frise ornementale;
- les vitraux.

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Informations historiques

La maison Lord-Atholstan est construite en 1894 et 1895 sur un terrain ayant autrefois fait partie du domaine de Philip Holland. Située à l'angle des rues Sherbrooke Ouest et Stanley, elle est comprise dans le Mille carré doré. Caractérisé par ses grandes demeures, ses larges rues ombragées et ses institutions dont l'Université McGill et le Mount Royal Club, ce secteur accueille entre 1850 et 1930 les membres les plus riches et les plus influents de la bourgeoisie canadienne.

La résidence est érigée pour l'homme d'affaires et philanthrope Hugh Graham (lord Atholstan of Huntingdon and Edimbourg, 1848-1938). Après avoir travaillé pour les quotidiens montréalais « Daily Telegraph » et « The Gazette », il fonde en 1869, avec George T. Lanigan (1845-1886), l' « Evening Star ». L'année suivante, les associés éditent deux nouveaux journaux, soit le « Family Herald » et le « Weekly Star ». En 1872, Graham se retrouve seul à la direction de l'entreprise. Au début du XXe siècle, l'« Evening Star », devenu le « Montreal Star », est l'un des quotidiens les plus importants, influents et rentables au Canada. Par ailleurs, après avoir assuré son succès financier, Graham contribue à divers organismes et institutions, dont le Fonds de secours contre la famine chez les Indiens, le camp Air pur pour les enfants défavorisés, l'Université McGill et l'Art Association of Montreal.

D'inspiration Beaux-Arts, la résidence de Graham a été construite d'après les plans des architectes Alexander Francis Dunlop (1842-1923) et John Charles Allison Heriot (1869-1921). Formé auprès des architectes George (1811-1885) et John James Browne (1837-1893), Dunlop ouvre sa propre agence à Montréal en 1874. Il s'associe à Heriot de 1893 à 1895. Durant leur courte collaboration, ils conçoivent entre autres la maison Bulmer (1894-1897) dans le Mille carré doré.

Graham fait agrandir sa demeure en 1929 d'après les plans des architectes montréalais Harold Edgar Shorey (1885-1971) et Samuel Douglas Ritchie (1887-1959). Il l'habite jusqu'en 1938, année de son décès. Par la suite, elle connaît différents propriétaires, dont la Compagnie de Jésus et le chah d'Iran.

La maison Lord-Atholstan est reconnue en 1974, dans la foulée de la démolition de plusieurs bâtiments anciens, remplacés par des constructions modernes à plusieurs étages, sans égard à leur environnement bâti.

En 1978, la maison Lord-Atholstan est agrandie du côté de la rue Stanley d'après les plans de l'architecte montréalais George F. Eber. Elle est acquise en 1980 par la compagnie Alcan et restaurée entre 1981 et 1983 d'après les plans des architectes du Groupe ARCOP et de Julia Gersovitz. Avec les maisons Béique, Klinkhoff et Holland ainsi que l'hôtel Berkeley, la maison Atholstan est intégrée à un vaste complexe appelé La Maison-Alcan. Celui-ci comprend un nouveau bâtiment de sept étages, l'édifice Davis, situé à l'arrière des bâtiments anciens et relié à eux par un imposant atrium en verre. L'ensemble, qui abrite le siège social international de la compagnie, est l'un des premiers grands projets commerciaux canadiens intégrant entièrement des bâtiments historiques à une nouvelle construction.

La maison Lord-Atholstan est devenue classée à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. La Maison-Alcan et le site patrimonial de La Maison-Alcan sont classés en 2017.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 1172, rue Sherbrooke Ouest

Latitude :

  • 45° 30' 3.096"

Longitude :

  • -73° 34' 37.688"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 338 859 Ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • BLANCHET, Suzanne. « Maison Alcan. L'ancien et le nouveau: un heureux mariage ». Bâtiment. Vol. 58, no 1 (1983), p. 15-19.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DROUIN, Martin. Le combat du patrimoine à Montréal (1973-2003). Patrimoine urbain. Québec, Presses de l'Université du Québec, 2005. 386 p.
  • FETHERLING, Douglas. « Graham, Hugh, Baron Atholstan ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.ca/
  • GERSOVITZ, Julia. « Plus que le ravalement d'une façade. Le nouveau siège international d'Alcan au centre-ville de Montréal ». Continuité. No 18 (1983), p. 14-17.
  • MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. Demeures bourgeoises de Montréal. Le Mille carré doré. 1850-1930. Montréal, Éditions du Méridien, 1986. 244 p.
  • NOPPEN, Luc. « Maison Atholstan ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 107-108.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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