Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Louis-Joseph-Forget

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • United Services Club

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1882 – 1884 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (4)

Images

Carte

Description

La maison Louis-Joseph-Forget est une résidence bourgeoise d'inspiration Second Empire construite entre 1882 et 1884. Le bâtiment monumental en pierre de taille de trois étages présente un plan rectangulaire et est coiffé d'un toit en fausse mansarde percé de trois lucarnes. Une fenêtre en saillie, du côté ouest, orne sa façade. La demeure est située un peu en retrait de la chaussée, le long de la rue Sherbrooke, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 1974-01-15
 

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Valeur patrimoniale

La maison Louis-Joseph-Forget présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle est représentative de l'architecture bourgeoise urbaine de la fin du XIXe siècle. Les luxueuses résidences appartenant à cette catégorie, habituellement conçues par des architectes, se présentent dans des styles variés et possèdent une ornementation élaborée qui reflète le statut social des propriétaires. La maison Louis-Joseph-Forget, construite entre 1882 et 1884 et située dans le Mille carré doré, est attribuée à l'architecte Maurice Perrault (1857-1909). Elle est associée au style Second Empire en raison de son toit en fausse mansarde. Certains de ses attributs en font toutefois un bâtiment plutôt éclectique, comme la fenêtre en saillie et les fenêtres à guillotine couramment utilisées dans l'architecture victorienne. Quant au regroupement des fenêtres deux à deux, il est caractéristique de la Renaissance. L'ornementation et la qualité des matériaux utilisés, comme la pierre de taille, sont la manifestation du prestige des Forget. L'intérieur, tout aussi riche que l'extérieur, a été rénové en 1902 par les architectes réputés Edward Maxwell (1867-1923) et William Sutherland Maxwell (1874-1952). Les boiseries qu'ils ont dessinées y sont toujours conservées, comme des encadrements de portes en chêne sculpté et des lambris de bois. La maison comprenait une chapelle logée dans une pièce en abside, forme particulière et peu commune dans les résidences urbaines. La maison Louis-Joseph-Forget constitue un ensemble prestigieux avec les édifices voisins, soit le Mount-Royal Club et la maison James-Reid-Wilson, deux immeubles patrimoniaux classés.

La maison présente aussi un intérêt pour sa valeur historique reposant sur son association avec Louis-Joseph Forget (1853-1911), une figure marquante de l'histoire du Québec. Courtier, homme politique et homme d'affaires, ce dernier est sans doute le francophone le plus prospère du Canada au tournant du XXe siècle. S'exprimant avec autant d'aisance en anglais qu'en français, il sait se faire accepter par les deux communautés et en tirer parti dans ses entreprises. Premier Canadien français à entrer à la Bourse de Montréal, il fonde, en 1876, la L. J. Forget et Cie, qui devient rapidement une importante maison de courtage. Au cours de sa carrière, Forget a siégé à de nombreux conseils d'administration, notamment à celui de la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique, au sein duquel il est le premier Canadien français. En 1896, il est nommé sénateur. À l'aube du XXe siècle, il s'implique dans l'industrie de l'hydroélectricité et devient l'un des principaux administrateurs de la Montreal Light, Heat and Power Company. Pour construire sa maison, Forget choisit le Mille carré doré, le secteur le plus riche de Montréal et le quartier de l'élite anglophone, plutôt que celui alors privilégié par la bourgeoisie francophone près de la rue Saint-Denis.

La maison Louis-Joseph-Forget présente également un intérêt pour sa valeur ethnologique. À l'époque de Forget, le rez-de-chaussée regroupait les pièces de réception, comme le salon, la bibliothèque et la salle à manger, et constituait l'étage noble. Accessibles aux visiteurs, ces pièces étaient les plus belles et les plus riches de la résidence et témoignaient de la fortune et de la réussite du premier propriétaire. Le soubassement abritait des fonctions de services, comme la cuisine et les appartements des domestiques, séparés du reste de l'habitation comme l'exigeaient les convenances. Ces fonctions sont exprimées, à l'extérieur, par la pierre bouchardée qui constitue la maçonnerie du soubassement et le distingue des autres étages. Par son architecture, la maison Louis-Joseph-Forget évoque le mode de vie bourgeois du tournant du XXe siècle, où la résidence est à la fois considérée comme un symbole de réussite sociale et un lieu de préservation de l'intimité.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Louis-Joseph-Forget liés à ses valeurs architecturale, historique et ethnologique comprennent, notamment :
- sa situation rue Sherbrooke, au coeur du Mille carré doré;
- sa relation avec les deux édifices voisins, soit le Mount-Royal Club et la maison James-Reid-Wilson, deux immeubles patrimoniaux classés;
- son volume, dont le plan rectangulaire, le soubassement, l'élévation de deux étages et le toit en fausse mansarde;
- ses matériaux, dont la pierre bouchardée du soubassement, le revêtement en pierre de taille des autres étages et les nombreux détails ornementaux en pierre (bandeaux, entablement, corniche, chambranles, chaînes d'angle);
- sa façade symétrique, comprenant une porte centrale à deux vantaux et à imposte, vitrée et garnie de ferronnerie décorative, ainsi qu'une fenêtre en saillie, des fenêtres à guillotine jumelées et des lucarnes à croupe ornées d'un chambranle et d'une corniche menuisés;
- ses éléments intérieurs, dont la pièce en forme d'abside, les encadrements de portes en chêne sculpté, les manteaux de cheminée en chêne et en marbre, les lambris de bois et l'escalier en spirale.

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Informations historiques

Lorsque Louis-Joseph Forget (1853-1911) décide de se faire construire une résidence dans le Mille carré doré, il est l'un des rares francophones à s'y établir. En effet, la bourgeoisie francophone habite alors plus à l'est, près de la rue Saint-Denis. La luxueuse maison des Forget, attribuée à l'architecte Maurice Perrault (1857-1909) et associée au style Second Empire, est érigée entre 1882 et 1884 en bordure de la prestigieuse rue Sherbrooke.

Louis-Joseph Forget est probablement l'un des francophones canadiens les plus prospères de son époque. S'exprimant avec autant d'aisance en anglais qu'en français, il sait se faire accepter par les deux communautés et en tirer parti dans ses affaires. Il devient notamment le premier Canadien français à siéger à la Bourse de Montréal, en 1873, et fonde sa propre maison de courtage, la L. J. Forget et Cie, en 1876. Celle-ci connaît un succès fulgurant qui lui permet de faire fortune. Par ailleurs, l'homme d'affaires siège à de nombreux conseils d'administration, notamment à celui de la compagnie du Canadien Pacifique, au sein duquel il est le premier Canadien français. Il s'implique également dans des secteurs d'activités aussi diversifiés que l'hydroélectricité, le coton et le transport naval. En 1896, il est nommé sénateur.

En 1902, la famille Forget engage les architectes réputés Edward Maxwell (1867-1923) et William Sutherland Maxwell (1874-1952) pour concevoir les plans de rénovation de sa résidence. La porte d'entrée principale extérieure date de ce moment, tout comme l'annexe à l'arrière. Les travaux les plus importants sont cependant réalisés à l'intérieur et incluent les vitraux cintrés, les encadrements de porte en chêne sculpté, les manteaux de cheminée en chêne et en marbre, les lambris de bois et l'escalier en spirale.

Les filles de Louis-Joseph Forget vendent la maison en 1927 au United Services Club Inc. Ce club social, fondé en 1922, était destiné aux vétérans de la Première Guerre mondiale.

La maison Louis-Joseph-Forget est reconnue en 1974. Un an plus tard, le United Services Club cède ses droits de propriété à la Fondation Macdonald-Stewart. Il continue néanmoins d'occuper le rez-de-chaussée et le sous-sol, tandis que la Fondation utilise le reste de l'édifice.

La maison Louis-Joseph-Forget est devenue classée à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 1195, rue Sherbrooke Ouest

Latitude :

  • 45° 30' 3.108"

Longitude :

  • -73° 34' 40.804"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Inconnue Absent 1759-3
1759-4

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Références

Notices bibliographiques :

  • CAMERON, Christina et Janet WRIGHT. Le style second Empire dans l'architecture canadienne. Lieux historiques canadiens : cahiers d'archéologie et d'histoire, 24. Ottawa, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1980. 246 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • JEDWAB, Jack. « Forget, Louis-Joseph ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • LABERGE, André. « Perrault, Maurice ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • MALARD, Patrick. « United Services Club ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 102.
  • MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. Demeures bourgeoises de Montréal, Le Mille carré doré, 1850-1930. Montréal, Méridien, 1986. 242 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 5. Montréal, Éditions du Méridien, 1992. 500 p.
  • PORTER, John R., dir. Un art de vivre: le meuble de goût à l'époque victorienne au Québec. Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal, Musée de la civilisation, 1993. 527 p.
  • WAGG, Susan. « Maxwell, Edward ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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