Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Joachim

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Saint-Joachim

Date :

  • 1771 – 1779 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (12)

Inventaires associés (2)

Carte

Description

L'église de Saint-Joachim est un lieu de culte catholique érigé entre 1771 et 1779 et doté d'une nouvelle façade en 1895. L'édifice en pierre présente un plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle. Il est coiffé d'un toit à deux versants retroussés doté de croupes au transept. La façade, d'une architecture éclectique, comprend une tour demi-hors-oeuvre de plan carré surmontée d'un clocher. Un clocheton coiffe le faîte du toit de l'abside. Une sacristie en pierre comportant une chapelle terminée par une abside à pans coupés est greffée à l'abside de l'église par un corps de bâtiment plus bas. Construite sur un terrain au relief peu accusé, l'église domine un ensemble paroissial formé également du presbytère, du cimetière incluant un calvaire et d'un monument du Sacré-Coeur. Elle est implantée en bordure de la voie publique, dans le noyau villageois de la municipalité de Saint-Joachim.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. L'église de Saint-Joachim bénéficie d'une aire de protection. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Plan au sol :

Croix latine

Nombre d'étages :

1

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Sacristie

Saillies :

  • Clocher

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Autres façades : Composite (Enduit et crépi)
  • Façade avant : Pierre (Taillée)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle à la canadienne

Porte principale :

  • bois massif, à imposte

Fenêtre(s) :

  • cintrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • cintrée, Fixe

Éléments architecturaux :

  • Chaîne d'angle

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1959-06-18
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1977-08-08
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Joachim présente un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Le décor intérieur, conçu par François Baillairgé (1759-1830) et son fils Thomas (1791-1859), est exécuté entre 1816 et 1829. Guidés par les principes de l'abbé Jérôme Demers (1774-1853), les deux architectes réalisent une oeuvre rompant en de nombreux points avec la tradition et qui constitue un des premiers intérieurs d'église d'inspiration néoclassique formant un tout. L'unité est créée par le traitement uniforme des différentes parties, en conservant notamment la même échelle pour l'ensemble du bâtiment. Bien que décoratifs, les bases, les pilastres, l'entablement et les arcs doubleaux sont disposés logiquement, selon la fonction structurale qu'ils évoquent. Les bas-reliefs qui ornent des endroits privilégiés entre autres du choeur et de la voûte ainsi que le contraste entre les surfaces peintes en blanc et les dorures font la richesse de ce décor. Le retable rompt également avec la tradition. Précédemment, les retables étaient appliqués sur une cloison entre le choeur et la sacristie, n'occupant que le fond du choeur. Celui de Saint-Joachim s'étend plutôt à l'ensemble du sanctuaire en hémicycle. Le maître-autel n'est plus couronné par un baldaquin, élément issu de l'architecture baroque, mais est plutôt encadré par un groupe de colonnes triomphales surmontées d'une gloire. Des statues en ronde bosse, grandeur nature, font partie intégrante du retable. L'intérieur de l'église de Saint-Joachim constitue une oeuvre majeure de François et Thomas Baillairgé et marque de plus le passage des intérieurs sculptés à une véritable architecture intérieure.

L'église de Saint-Joachim présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte est représentatif des églises catholiques construites en milieu rural dans le dernier tiers du XVIIIe siècle au Québec. Entre 1760 et 1790, l'architecture religieuse du Régime français demeure l'objet de référence. L'église de Saint-Joachim, avec sa nef à vaisseau unique, son transept, son choeur en hémicycle et ses longs-pans bas en maçonnerie crépie, correspond au modèle inspiré de la tradition et proposé par l'évêque de Québec, Jean-Olivier Briand (1715-1794), notamment pour des raisons de solidité. Par ailleurs, elle témoigne d'une pratique courante qui consiste à transformer les églises en les dotant de façades monumentales. Une nouvelle façade est en effet construite en 1895 selon les plans de David Ouellet (1844-1915). Elle est représentative des façades conçues par cet architecte, notamment par sa tour centrale demi-hors-oeuvre, le clocher massif qui la surmonte et son ornementation éclectique. Elle rappelle la volonté de conférer un certain prestige aux lieux de culte en les mettant au goût du jour.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église de Saint-Joachim liés à ses valeurs artistique et architecturale comprennent, notamment :
- le décor architectural, dont la fausse voûte à arc surbaissé (ornée notamment d'arcs doubleaux sculptés, de caissons et de gloires), le retable du choeur (composé de pilastres cannelés d'ordre corinthien dont certains jumelés, de panneaux sculptés, d'arcades aveugles ornées de médaillons, de quatre colonnes baguées surmontées de brûle-parfum, de statues en ronde bosse grandeur nature ainsi que d'une gloire), l'entablement du choeur se prolongeant dans la nef, les retables latéraux (composés notamment de pilastres cannelés d'ordre corinthien jumelés) et la tribune arrière logeant l'orgue Napoléon Déry;
- le maître-autel (composé d'un tombeau galbé ainsi que d'un imposant tabernacle ornés de bas-reliefs dorés), les autels latéraux (composés d'un tombeau rectangulaire et d'un petit tabernacle ornés de motifs dorés), la chaire (composée d'une cuve polygonale ornée de trophées, d'un abat-voix ainsi que d'une galerie et d'un escalier au garde-corps orné de motifs végétaux) et le dorsal du banc d'oeuvre (composé de pilastres cannelés d'ordre ionique et d'un fronton cintré surmonté d'urnes);
- les vitraux du choeur;
- le volume de l'église, dont le plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants légèrement retroussés (doté de croupes au transept), le clocheton surmontant le faîte du toit de l'abside, la sacristie et le chemin couvert;
- les matériaux, dont la façade en pierre de taille, la maçonnerie crépie, certains détails architecturaux et ornementaux en pierre de taille ainsi que la couverture en tôle à la canadienne;
- les composantes de la façade, dont l'imposante tour centrale demi-hors-oeuvre de plan carré (munie d'une porte à double vantail surmontée d'un tympan cintré, de deux portes latérales surmontées d'un arc surbaissé, de fenêtres en plein cintre jumelées ou groupées par trois et d'une corniche), le clocher massif (doté de deux chambres des cloches polygonales et d'une flèche surmontée d'une croix), les fenêtres cintrées à petits carreaux ainsi que les chambranles, le bandeau et les chaînes d'angle;
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres à arc cintré ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle;
- les composantes de la sacristie, dont le corps de bâtiment en maçonnerie crépie greffé à l'abside de l'église dans le prolongement du choeur (présentant un plan rectangulaire à un étage et demi et surmonté d'un toit à deux versants à larmiers retroussés) ainsi que le corps principal en pierre plus volumineux (présentant un plan rectangulaire à un étage et demi, une abside plus étroite à pans coupés à parement en planches horizontales, un toit à croupes, des fenêtres rectangulaires à carreaux et des lucarnes à croupe);
- le chemin couvert en maçonnerie crépie reliant la sacristie et un des bras du transept.

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Informations historiques

L'église de Saint-Joachim est le deuxième lieu de culte de la paroisse. Mgr François de Laval (1623-1708) acquiert la seigneurie de Beaupré de 1662 à 1668. Pour subvenir aux besoins du Petit Séminaire, fondé en 1668, le vicaire apostolique en Nouvelle-France met à la disposition de l'institution des terres agricoles situées à Saint-Joachim. Ainsi naissent la Grande Ferme et la Petite Ferme. Une première église est construite en 1685 et 1686 sur le terrain de la Grande Ferme. En 1721, la paroisse de Saint-Joachim (qui dessert les habitants des deux fermes) est érigée canoniquement et le lieu de culte est agrandi en 1725. Le 23 août 1759, les soldats britanniques incendient l'église. Le presbytère, les demeures, la Petite et la Grande Ferme, les clôtures et les moissons sont aussi brûlées.

Après la Conquête, le noyau paroissial se développe dans la plaine sur un emplacement différent. Les travaux de construction d'une nouvelle église débutent vers 1771. Elle est ouverte au culte en 1779, bien que seul l'extérieur soit alors terminé. En 1805, une sacristie est ajoutée dans le prolongement du choeur. Cette dernière est reliée à l'église par un chemin couvert en 1815. Vers 1860, l'édifice est agrandi par la façade. En 1877, la sacristie est aussi agrandie. En 1895, l'église est dotée d'une nouvelle façade et d'un nouveau clocher présentant une ornementation éclectique, conçus par l'architecte David Ouellet (1844-1915). Les cloches sont remplacées en 1921.

Le décor intérieur est à l'origine très modeste. En 1784 et 1785, les premières pièces de mobilier, dont le tabernacle du maître-autel et la chaire, sont réalisées par François Baillairgé (1759-1830). Le tabernacle est la première oeuvre exécutée par l'artiste après son retour de Paris, où il a étudié à l'Académie Royale. Entre 1790 et 1795, les autels latéraux sont sculptés par le maître menuisier Pierre Émond (1738-1808). En 1811, la fabrique reçoit un legs considérable à la suite du décès de Jean-Baptiste Corbin, curé depuis 1769, à la condition de parachever l'intérieur de l'église. L'exécuteur testamentaire, l'abbé Jérôme Demers (1774-1853), fait appel à François Baillairgé et à son fils Thomas (1791-1859). Demers élabore les principes de base de l'ensemble, François Baillairgé en dessine les grandes lignes et l'exécution est laissée à son fils. Les travaux débutent en 1816 et seront complétés une dizaine d'années plus tard. Thomas Baillairgé reçoit un dernier paiement en 1829. En 1833, la chaire et le banc d'oeuvre sont réalisés par Louis-Thomas Berlinguet (1789-1863). Il conserve probablement le garde-corps de la chaire précédente. En 1885, un orgue du facteur Napoléon Déry (1840-1909) est acquis et installé dans la tribune arrière, qui est dotée de gradins en 1953.

L'église de Saint-Joachim compte trois tableaux. Celui du choeur, enchâssé dans l'oeuvre des Baillairgé et intitulé « Saint Joachim offrant la Vierge au Très-Haut », est réalisé en 1779 par l'abbé Jean-Antoine Aide-Créquy (1749-1780). Le « Saint Jean-Baptiste » et la « Vierge de Sainte-Croix », disposés au-dessus des autels latéraux, ont été peints par Antoine Plamondon (1804-1895) vers 1869. Il s'agit de copies de tableaux de Guido Reni (1575-1642) et de Raphaël (1483-1520).

L'église de Saint-Joachim est classée en 1959. En 1965, le décor intérieur est nettoyé et repeint et les dorures sont restaurées. Des réparations sont également effectuées au clocher. Le lieu de culte bénéficie d'une aire de protection depuis 1977. En 1993, des dorures sont ajoutées au décor intérieur.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • La Côte-de-Beaupré

Municipalité :

  • Saint-Joachim

Adresse :

  • rue de l'Église

Latitude :

  • 47° 3' 16.29"

Longitude :

  • -70° 50' 37.07"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montmorency Paroisse de Saint-Joachim Absent 98 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • CARON, Pierre et Jacques LACOURSIÈRE. Québec et sa région. Histoire vivante du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2008. 371 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • CROTEAU, André. Les belles églises du Québec. Vol. 2, Québec et la vallée du Saint-Laurent. Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, 1996. 222 p.
  • GAUMOND, Michel. La première église de Saint-Joachim, 1685-1759. Québec, Service d'archéologie, Ministère des Affaires culturelles, 1966. 37 p.
  • KAREL, David, Luc NOPPEN et Claude THIBAULT. François Baillairgé et son oeuvre (1759-1830). Québec, Groupe de recherche en art du Québec de l'Université Laval, Musée du Québec, 1975. 85 p.
  • NOPPEN, Luc. « Église Saint-Joachim ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 337-338.
  • NOPPEN, Luc. Le renouveau architectural proposé par Thomas Baillairgé au Québec de 1820 à 1850 : l'architecture néo-classique québécoise. Toulouse, Université Toulouse-Le Mirail, 1976. s.p.
  • PARÉ, Josaphat et Aurore RACINE. Notre église Saint-Joachim de Montmorency, 1779-1979. Saint-Joachim, Fabrique de Saint-Joachim, 1979. 109 p.
  • s.a. Église de Saint-Joachim de Montmorency. Québec, s.n., 1991. 1 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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